Parmi les moines des rizières, la quête d’Alexandre Barbe au cœur du Bouddhisme Zen

Le Journal du Japon vous propose de venir suivre un nouvel aspect du Japon avec la collection Komon des éditions Les Arènes et sa nouveauté parue en janvier 2026 : Parmi les moines des rizières d’Alexandre Barbe. Nous vous avions déjà fait découvrir cette collection –avec des ouvrages comme Les évaporés du Japon de Léna Mauger, Vu à Harajuku et Tokyo Crush de Vanessa Montalbano, ou encore La parfaite Tokyoïte de June Fujiwara – qui vise à créer un lien entre le Japon, ses auteurs et ses lecteurs, en offrant une expérience de vie quotidienne du pays sans artifice et sans idéalisation.

Parmi les moines des rizières n’en fait pas exception et témoigne d’un Japon intime où l’art de vivre se fonde sur les principes du bouddhisme zazen. Loin des grandes villes et de ses nombreuses nuisances sonores, l’auteur nous emmène dans un lieu calme, rythmé par le temps et le silence des méditations. Venez suivre pas à pas le périple de cet auteur.

Un récit de non-fiction autobiographique

Auteur et journaliste français, Alexandre Barbe vit aujourd’hui au Japon. Il nourrit un fort intérêt pour le pays depuis son adolescence, en particulier pour le bouddhisme zen. C’est ce qui l’a poussé à écrire le livre que nous vous présentons dans cet article.

Parmi les moines des rizières livre Alexandre Barbe
©lesarènes
Parmi les moines des rizières d’Alexandre Barbe
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Alexandre Barbe raconte dans Parmi les moines des rizières la quête qui l’a mené à Antaiji – monastère bouddhiste de l’école Sôtô, situé dans la préfecture de Hyôgô – et sa pratique du bouddhisme zazen, qui signifie en méditation assise.

Dès le premier chapitre, il pose un cadre et embarque le lecteur au cœur des pratiques de la philosophie zen. Contrairement à ce qui se fait habituellement dans ce type de livre, Alexandre Barbe nous introduit le lui du présent. Et il nous présente son quotidien marqué à jamais par ce qu’il a vécu au sein de son voyage. Nous accédons ainsi à la finalité de sa quête spirituelle avant même d’en avoir été témoin. Il commence par le présent, par nous présenter l’homme qu’il est devenu. Il va, dans les chapitres suivants, développer la longue et intrigante histoire qui l’a mené jusqu’au sein de ce monastère. Ce choix narratif n’est pas anodin. Il intrigue le lecteur par une immersion directe sur l’attention qu’il porte au rapport au temps, à l’espace, ou encore aux gestes du quotidien qu’il effectue avec minutie.

C’est un dong grave et solennel, dont l’écho prolongé fait vibrer la nuit froide. Au loin, la lourde cloche en bronze du Myoshinji, le temple du Cœur merveilleux, a retenti. Un premier coup, suivi d’un deuxième, trente ou quarante secondes plus tard. Ces dong qui vont se succéder lentement pendant de longues minutes, chacun laissant croire qu’il est le dernier, éveillent encore en moi de sourdes résonances. Je les entends depuis mon bureau, une étroite pièce de quatre tatamis et demi située dans le coin sud-est de mon appartement. La cloche sonne pour les moines le terme de la première séance de zazen – méditation assise – de leur jour – née d’ascèse. Elle signifie aussi la fin de ma session d’écriture du japonais, mon rituel matinal. J’ai gardé de mon expérience dans un monastère bouddhiste semblable au Myoshinji le goût du quotidien réglé et de la discipline. Le temple, je ne l’ai jamais vraiment quitté. Il est demeuré au fond de moi. 

L’auteur construit ainsi le reste de son récit comme une rétrospective autobiographique que l’on suivra durant près de 200 pages. L’origine de sa fascination pour les kanjis, pour le bouddhisme zen, pour la culture japonaise, son voyage à bord du Transsibérien, ses rencontres à bord, son arrivée en Chine, son départ pour le Japon et ses diverses étapes pour arriver à ce fameux monastère d’Antaiji, tout sera retranscrit par l’auteur tel qu’il l’a vécu. Il nous embarque ainsi dans une lecture contemplative de sa vie.

Ce matin du 17 janvier 2025, NHK News, l’émission d’informations de la chaîne publique nationale s’ouvre sur des images d’archives : une autoroute surélevée effondrée au milieu d’une ville dévastée, des bâtiments en flammes, des femmes et des hommes endeuillés. On commémore aujourd’hui les trente ans du séisme de Kobe 5 […] Je redécouvre ces images. Elles ravivent en moi un lointain souvenir. Je me revois petit garçon. […] Ce mardi 17 janvier 1995 pour la première fois, le Japon émergeait dans ma conscience, avec toute sa fragilité et sa force, et quelque chose en moi s’éveillait. 

Un récit de vie bien plus qu’un récit de voyage

Ce court récit captivera tout autant les curieux du Japon et les amateurs de spiritualisme que les fans de témoignages. L’ouvrage n’a ici aucune prétention à documenter un quelconque enseignement spirituel. Il relate seulement de sa vision à comprendre et à vivre le bouddhisme zazen.

L’ouvrage se veut avant tout autobiographique, mais ce n’est pas pour autant qu’Alexandre Barbe délaisse son lecteur. Ici, nous ne suivons pas un simple récit de voyage autobiographique relatant une immersion dans un monastère. Mais le récit présente un vrai cheminement interne de l’auteur avec son environnement et les personnes qu’il rencontre. Alexandre Barbe ne cherche pas à nous décrire un pays par ses diverses traditions liées au bouddhisme. Tout d’abord, il va nous narrer ce qui l’a poussé à partir à la découverte du bouddhisme zen. Il va décrire comment il a fini par arriver au Japon, un pays qui n’était pourtant pas sa destination première. Il est avant tout question d’une quête spirituelle et personnelle en lien avec le bouddhisme. Ce récit peut toucher directement le lecteur par les réflexions et les valeurs qu’il développe.

Ce périple n’est pas seulement un pèlerinage aux sources du zen : c’est l’épreuve de la peur, du désir, de tout ce qu’un être peut ressentir de plus primaire lorsqu’il s’aventure dans l’inconnu. Autant d’élans que l’on peut chercher à sublimer dans une quête spirituelle.

Lire le résumé de Parmi les moines des rizières dévoile une grande partie de l’ouvrage. En effet, 75 pages sur 200 pages y sont expliquées. On ne cherche pas à cacher des éléments au spectateur mais à faire ressentir le propos de l’auteur. Cette lecture calme, introspective ne vous laissera pas indifférents. Ainsi, divers cheminements de pensées pourraient s’offrir à vous, et vous laisseront peut-être l’envie de découvrir comme Alexandre Barbe le bouddhisme zazen.

Une écriture accessible : la spiritualité à la portée de tous

Bien que cet ouvrage traite de thématiques complexes, comme le bouddhisme zen, les postures assises du zazen, la quête de sens ou encore la quête de soi, l’auteur adopte facilement une écriture simple, fluide et compréhensible, qui ne demande aucune connaissance particulière sur le sujet. Le vocabulaire est facile d’accès, il n’y a aucune mention de jargon religieux ou de pensée philosophique complexe. Le texte n’a pas pour but de nous enseigner le bouddhisme zazen, mais de nous montrer comment l’auteur perçoit et accueille cette expérience.

Avec son ouvrage Parmi les moines des rizières, Alexandre Barbe n’écrit pas qu’un simple récit d’immersion monastique. Il nous livre un témoignage d’un homme en quête de sens, dont il trouvera les réponses tout au long de son voyage, et pourra peut-être vous aider à trouver également les vôtres. Sa quête de sens continue de résonner hors du monastère où il a pratiqué et le touche au quotidien. À travers son écriture, il met en exergue une transformation intérieure qui dépasse le cadre du Japon, et qu’il a pu expérimenter tout au long de son voyage. Parmi les moines des rizières est un ouvrage qui nous incite à faire une pause dans notre vie, à ressentir notre environnement et à évaluer notre vision du temps.

Clara Monnier-Blondeau

Étudiante en master d'Histoire de l'Art, spécialisé en architecture Japonaise

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