Tous serrés autour des stars d’abingdon boys school
Takanori Nishikawa et son groupe abingdon boys school ont développé une belle énergie sur la scène de la Loco, à Paris, mercredi 11 novembre.
Dans la salle, la foule est dense, plutôt jeune et féminine. Et surtout toute acquise à la cause de ce monument de la JPop. Qu’un groupe aussi réputé qu’abingdon boys school se produise en Europe est une confirmation supplémentaire de l’intérêt des tourneurs et artistes japonais pour l’Occident. Mais que l’étape française soit prévue à La Loco (une salle à la capacité assez réduite) a de quoi surprendre. Le groupe jouit en effet d’une très bonne aura parmi les fans de culture asiatique grâce, entre autres, aux génériques de séries telles que D.Gray-man, Darker than BLACK ou Tokyo Magnitude 8.0. On peut imaginer que ce passage parisien est un prélude à un projet de plus grande envergure. « Nous commençons tout d’abord par des petites salles, mais la prochaine fois nous nous produirons sur des scènes plus importantes et pourquoi pas sur les festivals », avait déclaré Takanori avant le début de la tournée. Puis, pendant le show, par deux fois, Takanori a tenu à dire que le groupe reviendra bientôt en France. Le public était évidemment aux anges.
Des fans qui, d’abord, avaient été mis à rude épreuve : près d’une heure et demi de retard, avec une attente forcée dans la fraîcheur de novembre, on peut imaginer mieux comme « première partie ». On aurait aimé un peu plus de communication de la part de l’organisation car nul ne savait, à l’issue du concert, ce qui avait pu causer pareil décalage horaire. L’ouverture des portes confirma l’impression générale devant la longueur de la queue : la Loco était remplie au maximum de ses capacités. Certain.es ont eu bien du mal à se frayer un chemin dans la foule, compacte, pour apercevoir les musiciens. Heureusement, le groupe connaît bien la chanson. Et il a suffit de quelques notes pour que les spectateurs ne ressentent plus leur fatigue et se laissent porter par le son rock d’abingdon boys school.
L’enchaînement des titres témoignait du talent du groupe pour faire le show : après une ouverture sur l’un de leurs derniers tubes (STRENGTH., 4e générique de fin de SOUL EATER), les artistes ont ensuite alterné compositions dynamiques et chansons plus lentes. Takanori Nishikawa a mis le feu parmi ses admiratrices en jouant notamment de son sex-appeal et de la complicité avec ses camarades, notamment son guitariste. Quand on est une rock-star, il suffit de faire couler de l’eau sur sa figure et son torse pour déclencher l’hystérie. Alternant les intermèdes en français et en anglais, le leader d’abingdon boys school a réussi à établir le dialogue avec son public. La prestation, parfaitement calibrée pour les fans, était donc à la hauteur des attentes qu’elle avait suscitées. Maintenant que ce coup d’essai a été transformé, croisons les doigts pour que le groupe joue à l’avenir dans une salle plus conforme à ses ambitions.
Le levier de l’animation
D’où viennent cet engouement et ce succès ? Takanori Nishikawa s’est auparavant distingué avec son groupe T.M. Revolution, connu pour avoir signé parmi les génériques les plus connus de ces dernières années : Rurôni Kenshin, Gundam Seed, SOUL EATER, etc. « L’animation joue un grand rôle dans l’exportation de la culture musicale japonaise à l’international. La JPop est en effet confrontée à la barrière de la langue, l’industrie du dessin animé permet de lever cette barrière. » Le groupe a bien les pieds sur terre et sait qu’il doit son succès en France à sa contribution au monde de l’animation. « Nous espérons que notre message soit de ce fait plus accessible, car nous travaillons beaucoup sur les paroles. »
Pour aller plus loin :
www.aabbss.com
myspace.com/abingdonboysschool
Article écrit par Morgan Magnin

