Space Battleship Yamato : Une légende remise à flot

Yamato. À l’évocation de ce nom, chaque Japonais pensera directement au fleuron de la flotte nippone qui entra en service fin 1941. Véritable monument de l’Histoire, le cuirassé de la marine impériale japonaise inspira, dès 1974, Yoshinobu Nishizaki et Leiji Matsumoto à la création de la série animée Space Battleship Yamato (malheureusement encore inédite chez nous).

Six films, deux OAVs et deux autres séries plus tard, la saga Yamato ajoute en 2010 une adaptation live à son palmarès. Intitulé Space Battleship Yamato, le film, sortie en France en Blu-ray et DVD chez Wild Side sous le titre Space Battleship : l’ultime espoir en août dernier, fit l’objet d’une projection lors des Utopiales de Nantes mi-novembre. L’occasion pour nous de revenir sur cette superproduction japonaise et d’embarquer vers Iscandar.

Construction du Yamato original

La bataille des étoiles

Pari fou que de transposer l’histoire de ce navire de guerre, long de 256 mètres et pesant plus de 72 000 tonnes chargé, dans un space opera, genre qui gagnera en popularité 3 années plus tard avec le début de la célèbre trilogie de George Lucas. Le futur papa d’Albator nous plonge ainsi dans une aventure épique qui provoqua, avec quelques autres, le boom de l’animation japonaise de la fin des années 70. Si bien qu’il n’est pas surprenant qu’aujourd’hui encore celle-ci fasse l’objet d’une nouvelle adaptation.

Le Yamato de Matsumoto ©Academy Productions/ Leiji Matsumoto/ Toshio Matsuda

Réalisé par Takashi Yamazaki, qui officie également en tant que superviseur des effets spéciaux, le long-métrage de plus de 2 h 10 reprend le scénario de la première série animée. En l’an 2199, tout semble perdu, l’ennemi Gamilien continu d’envoyer des bombes météoriques radioactives vers la Terre, les Hommes se retrouvent reclus dans les souterrains afin de survire. Après 5 années d’attaques ennemie, la flotte de la planète bleue est quasiment anéantie mais l’espoir renaît grâce à une mystérieuse capsule contenant un message venu de la planète Iscandar.

Petit trek dans l’espace

Celui qui trouve cette capsule n’est autre que Susumu Kodai, notre héros interprété par Takuya Kimura, membre du groupe à succès SMAP. Kodai est un ancien pilote chef de l’escadron des navettes des Black Tigers, reconverti à la récolte de métaux avec son seul ami, Analyzer, un robot d’analyse de données. La capsule contiendrait un message des habitants d’Iscandar informant les terriens qu’ils doivent venir chercher un appareil pouvant décontaminer les zones radioactives de la Terre.

Kodai et le Yamato © 2010 Space Battleship Yamato Production Committee

Les Terriens envisagent le voyage et sortent alors leur dernier espoir, leur dernier cuirassé, bâti à partir de l’épave du plus grand navire de guerre jamais construit : le Yamato. Il faut dire qu’entre la mer et l’espace le géant d’acier garde le même but : contrer la flotte ennemi en surnombre. Pour parcourir les 148 000 années-lumière qui séparent les deux planètes, le Yamato est donc équipé d’un botte secrète (il faut dire qu’avec les 27,4 noeuds de vitesse de pointe de son cousin maritime le voyage aurait été long) : le Warp, dont les plans se trouvaient dans la capsule envoyée par Iscandar et qui permet la téléportation du vaisseau.

C’est donc un périple semé d’embûches que le Yamato et son équipage, rejoint par Kodai, devront surmonter. Son ancêtre était équipé du plus gros calibre jamais vu sur un navire de guerre avec pas moins de trois tourelles de triple canon 460mm, c’est grâce à un tout nouveau canon à ondulation que notre Yamato devra faire face aux attaques gamiliennes.

Plan neuf du cosmos

Alors que l’original accueillait 2 750 membres d’équipage, l’action du film tourne, elle, autour d’une poignée de personnages. Le capitaine Okita, le navigateur Shima et son assistant Ôta l’officier scientifique Sanada et bien entendu l’officier tactique Kodai. Tout le commandement en somme avec en prime le docteur Sado qui devient une femme pour l’occasion (passer d’un petit binoclard chauve et alcoolique à une jeune femme plantureuse provoquera un choc chez les puristes). Kodai retrouve également les Black Tigers avec parmi eux la belle Yuki. À noter que dans la VF, qui ne dessert en rien le film, l’équipe de doublage a eu la bonne idée d’utiliser l’accent méridional pour l’un des membres de l’escouade qui utilise un dialecte du kansai dans la version originale.

Le Yamato dans l’espace © 2010 Space Battleship Yamato Production Committee

Entre le héro hanté par la mort de son frère au combat, l’ami fidèle jusqu’au bout et la tsundere qui sombre sous les charmes du ténébreux héro, même si l’on reste dans les clichés il y avait de quoi faire. Malheureusement la prestation des acteurs n’est pas à la hauteur d’une superpoduction à vocation internationale (avec son budget de plus de 20 millions d’euros qui n’est rien face à Hollywood mais qui fait partie des plus grosses productions japonaises de ces dernières années).

Le Yamato en pleine bataille © 2010 Space Battleship Yamato Production Committee

Les effets spéciaux, quant à eux, n’ont pas à rougir, surtout lorsque l’on regarde le standard des productions japonaises, le film remporte même le prix des meilleurs effets spéciaux aux Asian Film Awards en 2011. Takuya Kimura a lui-même tenu à faire baisser son salaire afin de réajuster les effets spéciaux après avoir été bluffé par ceux des Na’vis de James Cameron. Le jeu des acteurs et les situations cocasses nous font suivre le long-métrage comme si on suivait une série Z et certaines situations plus que sérieuse en feront éclater de rire plus d’un. Il est peut-être dommage que cette adaptation soit la première apparition de la saga Yamato en France, tant celle-ci mériterais qu’on la découvre sous un meilleur jour. Au final le film suit peut-être l’exemple du Yamato original, un monstre de guerre qui ne tient pas ses promesses de victoire et qui se retrouvera gisant à 300 mètres de profondeur…

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


En 2026, rejoignez la team de Journal du Japon !

Vous aimerez aussi...