Peace, Love, Odori Unity & Having Fun

Mêler danse hip-hop classique et figures plus traditionnelles japonaises, c’est le pari qu’a relevé le groupe nantais Odori Unity. Rattachée à l’association Jeunesse France Japon, le jeune collectif était présent lors de la soirée spéciale Nantes-Japon organisée par la convention des Utopiales.

Odori Unity aux Utopiales de Nantes © Photo Ludovic Failler

Grâce à l’action de différents labels musicaux, de chaînes de télévision (notamment Nolife), et de webradios, la musique nippone commence à gagner en notoriété dans l’Hexagone. Le fait qu’un grand groupe comme NRJ ait récemment lancé sa radio consacrée aux musiques asiatiques (intelligemment nommé NRJ Asia…) ne fait que confirmer cette donne. Si nous pouvons donc nous gaver de Kyary Pamyu Pamyu, Morning Musume。, PASSPO☆ et autre soupes populaires sans trop de soucis, de nombreux styles musicaux restent dans la marge. Parmi eux, le rap. Or, le hip-hop nippon a une histoire aussi ancienne que le rap français. Et dans les deux pays, cette culture musicale mais surtout urbaine est arrivée grâce à la danse du Rock Steady Crew.

Depuis, le hip-hop nippon (tout comme son cousin français, par ailleurs) a fait du chemin. Le rap est présent à peu près partout, dans sa forme originelle comme en support back-up sur la pop la plus mièvre pour lui donner une touche « urbaine », en passant par les génériques d’animes ou les publicités. Et les breakers japonais connaissent une renommée internationale, puisque les équipes du pays figurent généralement en bonne place sur le podium de la Battle of the Year (contest international de breakdance, sorte de Coupe du Monde de la discipline), souvent au coude à coude avec les Français, par ailleurs.

Dans ce contexte, dire que la naissance d’un projet comme Odori Unity est naturelle est peut-être un peu extrême. Cependant, l’existence de ce collectif n’est pas absurde en soit. Jalal Souihili, co-fondateur et leader du groupe nous parle de sa genèse : « J’ai fait partie du programme Jeune Ambassadeur Nantes-Niigata. On a entendu parler de Soh-Odori, et de fil en aiguille, on s’est dit qu’on pourrait créer un échange dynamique entre les jeunes des deux villes. En octobre 2010, 5 Japonais sont venus à Nantes dans le cadre d’un échange. Leur performance nous a beaucoup surpris, et a été très communicative. Ils nous ont appris leurs techniques de danse, et l’énergie qu’ils arrivent à communiquer par cette dernière. »

Odori Unity, c’est donc un projet de co-création artistique avec la troupe Soh-Odori, de Niigata. Soh-Odori représente le deuxième plus gros festival du Japon. « On essaye de mettre tout en œuvre pour pouvoir y aller et y participer en septembre 2012. On cherche à mettre au point une chorégraphie d’environ 20 minutes. » Alors que les différents membres nantais du collectif viennent tous du hip-hop, Soh-Odori puise ses inspirations dans les danses traditionnelles rythmées au son dynamiques des tambours traditionnels, mais remises au goût du jour. « Notre ambition, c’est de mélanger les deux arts, et de faire quelque chose de nouveau et de frais. Dans le hip-hop, l’esprit est parfois dans la confrontation, le combat presque. On voit bien ça dans les battles. Alors que dans la danse de Soh-Odori, on ressent une énergie très positive. Les danseurs sourient ! Aujourd’hui, quand on danse, même si ça n’est que du hip-hop, on essaye de toujours transmettre cette joie de vivre. »

Odori Unity aux Utopiales de Nantes © Photo Ludovic Failler

À l’heure actuelle, les performances de Odori Unity reste donc très hip-hop, au-delà de l’énergie qu’ils cherchent à communiquer. À l’image de la performance des Utopiales, les figures alternes entre break, pop, lock, capoeira,… Il en va de même pour les musiques qui accompagnent les chorégraphies. Cependant, tout comme leur danse qui est amenée à évoluer rapidement, les accompagnements vont bientôt changer : « On tend à intégrer des sons japonais dans nos créations afin d’une part de faire connaître la musique japonaise aux Français, et d’autre part de s’amuser sur des sons qu’on n’a pas l’habitude d’écouter. Des artistes comme nobodyknows+, Kick The Can Crew, Kobuta Toshinobu,… On va plutôt chercher du funk, de la soul, avec des rythmes urbains… »

D’ailleurs, l’annonce s’annonce sereinement, au-delà de la barrière que peut représenter la langue : « En décembre 2010, suite à la venue de Soh-Odori à Nantes, 4 jeunes Nantais, dont moi, sont partis à Niigata pour danser et s’imprégner de la culture locale. Par ailleurs, l’accueil qu’on a reçu là-bas à été magnifique. On avait l’impression d’être chez nous ! Tous les a priori qu’on pouvait avoir sur le Japon et sa société se sont évanouis instantanément. Depuis, l’échange est pérenne. C’est vraiment ça qui nous motive aujourd’hui. »

Actuellement en pleine création pour intégrer la danse de Soh-Odori à sa chorégraphie, Odori Unity n’a pas de date précise à annoncer par rapport à une prochaine performance mêlant Orient et Occident. On peut cependant suivre les avancées du groupe sur le site de l’association Jeunesse France Japon.

Pour aller plus loin :
Soh-Odori
Odori Unity

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