[Interview] Anam Kawashima : le folk dans tous ses états

Anam Kawashima Photo Danielle GueugnotAnam Kawashima est ce qu’on appelle une artiste à l’état brut. Respirant la joie de vivre, la japonaise, qui semble être née pour la musique, est totalement habitée par cet art.
Nous avons eu la chance de la rencontrer à Japan Expo lors d’une très courte entrevue de quinze minutes, au cours de laquelle Anam s’est confiée à nous avec simplicité, mais non sans passion.

 

 

Ces quinze minutes imparties ne représentant qu’une goutte dans l’océan musical d’Anam Kawashima, Journal du Japon s’est allié à Paoru.fr, établissant ainsi une interview digne de ce nom.
Dans la première partie de ce tête-à-tête, que vous pouvez lire ici, Anam parle de son enfance et de ses premiers pas dans la musique. Elle nous confie également les raisons de son choix d’autoproduction, et les difficultés qui en découlent.
Pour nous, la chanteuse revient sur ses compositions et ses influences, ainsi que son voyage en Europe.

Vous étiez en quelque sorte prédestinée à la guitare via votre père, donc qu’est-ce qui vous a poussé à aller vers le chant ?

Anam Kawashima : Mon père était aussi chanteur, il me chantait des berceuses et des chansons depuis mon plus jeune âge. Donc c’était tout aussi naturel que la guitare. D’ailleurs depuis ma plus tendre enfance, nous faisions des prestations en famille, donc ça a toujours fait partie de ma vie et de moi-même. C’est un moyen de communication au sein de notre famille !

Quel souvenir gardez-vous de votre expérience au sein du groupe Anam et Maki, et est-ce que vous voudriez former un autre groupe un jour ?

Anam Kawashima : En duo, j’ai appris ce que c’était qu’une relation à deux, car nous faisions tout ensemble, à part dormir, c’était comme si nous vivions ensemble. On s’entraidait l’une et l’autre, on se posait pleins de questions sur la musique et sur la vie.

Mais nous sommes arrivées à un stade où il fallait qu’on se sépare et qu’on apprenne aussi à marcher par nous-mêmes, et donc voilà depuis quelques années j’apprends à marcher par moi-même.
Et si je devais refaire un duo, ce serait avec ma fille (rires) elle a 3 ans !

Pour faire des chansons pour enfants donc ?

Anam Kawashima : Oui oui ! Mon premier album a été composé pour les enfants.

 Anam Kawashima Photo Danielle Gueugnot

Est-ce que la musique traditionnelle japonaise a influencé votre travail ?

Anam Kawashima : Oui effectivement depuis que je suis toute petite j’ai toujours bien aimé les temples bouddhistes, ou les sanctuaires shinto où il y avait de la musique pour différentes cérémonies. Ça faisait partie de moi. Tout naturellement, je m’en suis donc servie pour créer ma musique par la suite.

Et justement, au niveau des techniques vocales, avez-vous également pioché dans la musique traditionnelle japonaise, par exemple dans l’enka (style de chant populaire japonais datant de l’ère Shōwa, ndlr) ?

Anam Kawashima : Quand j’étais petite, j’ai gagné un concours karaoké d’enka ! (rires) Donc oui j’ai beaucoup chanté d’enka. Mais ça, c’était quand j’étais petite.
Après, quand nous avons fait le duo, vu que nous chantions à deux, il y avait un besoin de s’accorder avec la personne avec qui l’on chantait. Donc nous sommes revenues à quelque chose d’un peu plus plat parfois, vu que nous étions moins libres dans notre façon de chanter.
Là, ce retour à ma carrière solo me permet de donner libre cours à ce que je veux vraiment faire en chanson, et c’est très intéressant aussi. Le fait d’aller à l’étranger et d’y jouer me permet aussi de découvrir des choses que moi-même je ne connaissais pas, c’est toujours des expériences très enrichissantes !

Parmi ces expériences à l’étranger au niveau musical, avez-vous eu d’autres influences, et plus généralement avez-vous des références musicales étrangères ?

Anam Kawashima : Le premier dont j’ai été fan quand j’étais jeune était Prince. Sinon j’aime beaucoup les Cranberries : une femme qui joue de la guitare en chantant, je trouve ça vachement bien, et ça m’a beaucoup influencé.

Showcase Anam Kawashima Photo LōluL’année dernière, vous avez beaucoup tourné en Europe. Que vous a apporté cette tournée ?
Anam Kawashima : Je me suis rendue compte dans mes live en Europe qu’il y avait un vrai jeu d’échange entre le public et l’artiste, ce qui n’est pas forcément le cas au Japon dans la mesure où le public est assez calme, limite un peu timide par rapport à l’artiste. Pour moi, qui ai tendance à m’emporter assez facilement sur scène, le public japonais ne suit pas tout le temps, alors que le public français ou européen part tout-de-suite avec moi, et ça c’est très très bien pour moi qui suis une femme très vivante et très active ! (rires)
En Europe, je peux laisser parler mes entrailles et laisser sortir tout ce qu’il y a en moi sur scène, ce qui n’est pas forcément le cas au Japon.
Quel serait votre meilleur souvenir de votre tournée européenne?
Anam Kawashima : Et bien … c’était très bien l’année dernière et j’ai beaucoup de bons souvenirs, mais là j’ai envie de profiter du moment présent. C’est la première fois que je viens à Paris pour jouer et ça m’excite vraiment, j’en attends vraiment beaucoup ! Je suis vraiment dans le moment présent en fait (rires).
Quels sont vos futurs projets, et pensez-vous revenir plus souvent en Europe et/ou en France ?
Anam Kawashima : Pour le moment, je vais rester en Europe jusqu’à l’automne, je vais voyager avec ma fille, et je vais essayer de rencontrer le plus d’artistes possible pour essayer de faire quelque chose qui prenne idéalement la forme d’un album. En tout cas au moins faire des chansons avec des artistes européens pendant que je suis là, et sinon j’ai déjà prévu de revenir en octobre à Paris, pour aussi essayer de faire quelque chose si possible.
Est-ce que vous avez déjà une idée des artistes avec qui vous voulez collaborer ?
Anam Kawashima : Non pas du tout, ce sera suivant les rencontres ! (Rires)

Et c’est sur ce dernier rire, franc et communicatif, que s’achève notre très courte entrevue avec l’artiste. Son passage au JE Live House, aussi explosif que bref, frustrera autant le public que les professionnels, tous charmés par la chaleur et la sincérité émanant d’Anam Kawashima. Qu’importe, considérons cela comme un amuse-bouche : le plat principal arrivera en octobre avec cette fois, un vrai concert où elle pourra « laisser parler ses entrailles ».

Merci à Anam Kawashima pour son temps et sa bonne humeur.

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Photo Danielle Gueugnot  &  Lolu © journaldujapon.com. Tous droits réservés.

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