[Interview] Radwimps, histoire d’un melting rock…

S’il a suscité la joie des connaisseurs de J-music, le prochain passage de RADWIMPS en France est encore très confidentiel. Pourtant, avec ses 14 années d’existence dont dix en major, RADWIMPS est loin de faire figure d’inconnu : sept albums, des singles dont certains ont tutoyé les sommets du top Oricon, une reconnaissance de leurs pairs avec une dizaine de prix depuis l’explosion de leur popularité en 2006-2007… Mais, malgré 1.5 millions d’albums vendus  dans l’archipel nippon, le groupe demeure peu connu du grand public français.

RADWIMPS

Journal du Japon vous propose aujourd’hui de réparer cette erreur. Le groupe ayant accepté de répondre récemment à quelques questions, voici un portrait de ce quatuor assez unique, entre rock, ska, pop et punk… De quoi en savoir plus avant leur concert parisien, le 13 octobre prochain, à la Flèche d’Or !

 

Le mélange des genres…

Dès le départ, le groupe refuse de se cantonner à un seul genre musical et annonce la couleur avec le choix de leur nom : RAD pour « radical » et WIMPS pour « poule-mouillée ». Pourquoi donc s’appeler les « superbes lâches » ? Noda Yojiro, chanteur et co-fondateur du groupe, nous explique : « Nous avons choisi ce nom quand nous étions lycéens en pensant à ce qui représentait idéalement RADWIMPS. Il exprime notre ambivalence et le fait qu’une personnalité soit constituée de ces deux côtés, les forces comme les faiblesses. »

RADWIMPS - Yojiro Noda

RADWIMPS – Yojiro Noda

Nous sommes alors en 2001, dans la région de Kanagawa, quand cinq lycéens qui se connaissent depuis le collège s’intéressent de plus près à la musique. Tandis que Yojiro Noda commence à chanter et jouer du Oasis à la guitare, l’autre co-fondateur et guitariste Akira Kuwahara essaie d’imiter un cousin à la guitare puis s’intéresse au groupe GLAY. La formation initiale de RADWIMPS se met en place (un chanteur, deux guitaristes, un bassiste et un batteur) et le groupe fait ses premières armes dans la ville de Yokohama, dans des concerts de rue. Bien décidé à percer, Akira Kuwahara laissera même tomber les cours pour se focaliser sur le groupe. Les efforts payent car, à l’été 2002, nos jeunes musiciens remportent leur premier prix au Yokohama High School Music Festival : le grand prix pour leur morceau Moshi mo. Amusant, donc, de voir le souvenir qu’ils en ont : « Nous nous en souvenons très bien. Nous l’avions assez mal joué d’ailleurs ! Heureusement ce titre, composé par Yojiro, était tellement bien que nous l’avons joué en étant sûrs de nous et du titre, en pleine confiance, et c’est sans doute ça qui nous a permis de remporter le prix ! »

Moshi mo, leur premier titre donc, marque leur envie de mélange, commençant par une douce ballade qui se teinte de rock avant d’exploser sur une rythmique beaucoup rapide et punk… avec un avant-goût du flow de Yojiro qui va séduire tout un public dans les années qui vont suivre : 

Le prix les galvanisent pour la suite, les décidant à devenir pro. Il ne faudra pas attendre si longtemps pour le rêve se réalise, trois ans, mais cette période s’avère un peu chaotique. Premier album en juillet 2003 chez le label indépendant Newtraxx où le groupe déverse toutes les musiques écrites lors de leurs années de collège. Cette naissance musicale est aussitôt suivi d’un hiatus pour que les membres finissent leur études et passent leurs examens, jusqu’en mars 2004. Mais seul deux des cinq musiciens font leur retour : Kei Asō, Yūsuke Saiki et Akio Shibafumi quittent l’aventure.

RADWIMPSAvec seulement un guitariste et un chanteur, on aurait pu s’attendre à des auditions mais ce seront finalement des amis qui vont arriver pour jouer les remplaçants, l’amitié prenant le pas sur le reste : Satoshi Yamaguchi à la batterie et le bassiste Yusuke Takeda les rejoignent et il forme donc avec Yojiro et Akira le quatuor actuel de RADWIMPS (photo ci-contre).En mars 2005 le second album Hatten Tojô, toujours chez Newtraxx fera aussi bien que le premier, avec près de 100 exemplaires écoulés mais c’est leur tournée de cinq mois qui s’en suit qui commence à les faire connaître à travers leur participation à des festivals célèbre comme Rock in Japan ou le Summer Sonic Festival (nous vous parlions d’ailleurs de ce dernier cet été !).

Leur musique mûrit peu à peu et reposent, pour les plus connus de cette époque, sur la douceur de la voix de Yojiro au rythmes très fluctuants, ponctuée par une batterie déjà omniprésente et une guitare qui sait se faire douce et pop, ou dans un grondement plus rock pour des morceaux qui possèdent déjà pas mal de relief. Exemple avec leur single The 25th Chromosome aka Nijūgoko-me no Senshokutai en VO, qui sort cette année là : 

 

Le chemin de RADWIMPS…

Lorsque nous évoquons la composition, les messages et les sources d’inspiration du groupe, c’est évidemment Yojiro qui nous répond, puisqu’il écrit aussi bien les paroles que les morceaux : « Je n’ai pas de messages particuliers à transmettre. Les paroles sont toujours nées de mes sentiments, émotions et de doutes en moi. Pour moi, écrire les paroles est aussi bien une façon de m’exprimer qu’une recherche intérieure, au sommet de mes sentiments et émotions. En ce qui concerne les inspirations, je dirais qu’il s’agit de mes pensées de tous les jours, que je laisse vagabonder sans savoir pourquoi, sur mes idées actuelles… Fondamentalement, elles sont sur la vie, la mort et les choses entre deux… »

Le 3e album, Mujintō ni Motte Ikiwasureta Ichimai, marque les débuts du groupe en major chez Toshiba EMI, qui deviendra EMI Records quelques années puis une branche de Universal Music chez qui RADWIMPS officie officiellement depuis 2013. Ce changement marque le début de la popularité au Japon : l’album se hisse à la 13e place de l’Oricon, se vendra à près de 200 000 exemplaires. Le groupe continue de mélanger les genres, renforçant son coté punk à travers certains morceaux comme Tonde Hi ni Iru Natsu no Kimi.

Ce single est issu du 4e album du groupe Okazu no Gohan, qui établit le groupe dans les valeurs sûres de la scène nippone : avec 345 000 exemplaires vendus, il est d’ailleurs le plus gros succès de groupe à ce jour en terme de ventes, même s’il se hisse à la 5e place de l’Oricon là où les suivants seront tous classés second du même top.

Musicalement, le groupe continue de proposer des morceaux en véritables montagnes russes, insérant régulièrement 3 ou 4 tempos différents au sein d’un même morceau avec toujours ce trio batterie rapide/voix douce/guitare tantôt pop et chantante, tantôt rock voire punk. Le flow de Yojiro lui aussi s’affirme et tente même quelques incursions rap, comme dans  Setsuna Rensa

Depuis, le groupe a enchaîné les succès avec des morceaux pourtant très différents les uns des autres. En 2008 par exemple, leur premier single a devenir numéro 1 des charts, la douce balade de Order Made est suivi en 2009 de l’hyper explosif Dada qui renouvelle l’exploit en pole position de l’Oricon… Un titre qui commencera d’ailleurs à les faire connaître dans l’Hexagone de par sa physionomie inhabituelle et sa puissance incontestable  : 

RADWIMPS propose généralement des clips à la hauteur de leurs morceaux, créés dans mélange d’idées du réalisateur et d’eux-mêmes, comme ils nous l’auront expliqué, mais c’est leur tout dernier single, Jikkyouchuukei qui accouche du clip le plus marquant pour le groupe…« celui qui nous a le plus choqué » nous précisent-ils d’ailleurs en interview. Bonne nouvelle, aussi bien pour découvrir que pour apprécier aussi les paroles de RADWIMPS : le groupe a mis en ligne il y a deux semaines Jikkyouchuukei dans une version sous-titrée en anglais que nous vous laissons apprécier : 

Pour finir cette première rencontre et cette découverte, nous laissons une fois de plus la parole à Yojiro, en lui demandant de jeter un œil en arrière sur ces 10 ans écoulées depuis le premier album en major et ce qui a donné sa singularité au chemin de RADWIMPS :« Nous avons connu plein de changement pendant ces 10 ans. L’environnement, l’entourage, la relation entre nous. Nous voudrions avancer en apprenant et changeant aussi pour les 10 ans qui viennent. De toute façon, il faudra faire quelque chose de nouveau, mais nous ne voulons pas le faire par nécessité ou par peur de lasser notre public. On demande à de nombreux groupes de se démarquer, de faire quelque chose de différent par rapport aux autres. Nous, RADWIMPS, avons suivi notre chemin. Le raccourci eut été de prendre un autre chemin, pour plaire, mais finalement il a été celui de RADWIMPS, qui est au final un chemin que nous seuls pouvions prendre. »

Maintenant que vous connaissez RADWIMPS vous pouvez les suivre grâce à leur site internet ou sur les réseaux sociaux : page officielle ou page de la tournée sur Facebook, découvrir leur clip et single sur leur chaîne You Tube, ou enfin les suivre via leur compte Twitter. Rendez-vous pour leur concert le 13 octobre prochain !

Remerciements au groupe Radwimps pour leur temps et à Charlotte Naudin pour la mise en place de l’interview.

Paul OZOUF

Rédacteur en chef de Journal du Japon depuis fin 2012 et fondateur de Paoru.fr, je m'intéresse au Japon depuis toujours et en plus de deux décennies je suis très loin d'en avoir fait le tour, bien au contraire. Avec la passion pour ce pays, sa culture mais aussi pour l'exercice journalistique en bandoulière, je continue mon chemin... Qui est aussi une aventure humaine avec la plus chouette des équipes !

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1 réponse

  1. 15 décembre 2016

    […] compositeur pour un film d’animation, qui démontre encore une fois le talent de ce groupe (que nous présentions en 2015 pour leur venue en France), et offre un spectacle aussi agréable à l’oreille qu’il est beau […]

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