Liam Wong, photographe d’un Tokyo cyberpunk

Les photographies de Liam WONG font le tour de la toile. Ses créations aux airs de Blade Runner représentent un Tokyo fantastique, cyberpunk, aux couleurs vives et aux ombres très contrastées. Un livre sera publié au printemps 2020 aux éditions Volume, qui a fait l’objet d’une campagne de financement participatif. Journal du Japon l’a rencontré à cette occasion.

Liam Wong banniere

Liam Wong

Né et ayant grandi en Écosse, Liam Wong déménage au Canada deux ans après l’obtention de son diplôme, devenant le plus jeune réalisateur d’Ubisoft. Parallèlement à sa carrière dans les jeux vidéo, Wong apprend la photographie en autodidacte.

En décembre 2015, il achète son premier reflex numérique (un Canon 5D III) et sa première série de photos ‘Tokyo Nights (TO:KY:OO)’ qui capture la beauté de la nuit jusqu’après minuit, inspiré par la science-fiction, le neo-noir, le cyberpunk et le cinéma japonais, a été vue par un million de personnes dans le monde, et qui lui a fait démarrer sa carrière de photographe. Wong a depuis collaboré avec de nombreuses compagnies, artistes, musiciens et réalisateurs.

En 2019, ‘TO:KY:OO’ est devenu le livre le mieux financé en crowdfunding au Royaume-Uni, qui sera suivi d’une sortie mondiale, avec des interventions du créateur de jeux Hideo KOJIMA et de l’artiste Syd Mead. Wong est maintenant freelance et travaille sur des projets dans les domaines du cinéma, des jeux vidéo et de la photographie… Et nous avons eu la chance de l’interviewer pour parfaire son portrait !

Liam WONG : secrets de photographe et projets

Journal du Japon : Bonjour Liam WONG, et merci pour votre temps. Pourriez-vous vous présenter et présenter votre travail à notre public français ?
Liam WONG : Je suis directeur artistique, développeur de jeux et photographe. Pendant les cinq dernières années, j’ai travaillé comme directeur artistique chez Ubisoft. Je travaille maintenant en freelance sur plusieurs projets.

Comment avez-vous découvert la photographie ? Quand avez-vous commencé ?
J’ai commencé à photographier en voyageant. Je prenais des photos sur mon téléphone et c’est rapidement devenu une de mes passions. En 2015, j’ai économisé pour mon premier reflex numérique avec l’intention d’en apprendre plus sur le cinéma ; au lieu de cela, cela m’a emmené en voyage dans l’univers de la photographie.

Quelles sont vos principales influences ou votre référence en photographie ?
Je pense qu’avec tout nouveau passe-temps, il est important de regarder les classiques. Pour ma part, je me suis inspiré d’Henri Cartier-Bresson (et de sa façon d’appréhender le mouvement et les silhouettes) et de Fan Ho (pour sa façon de saisir l’ombre, la lumière et la composition).
Je m’inspire aussi beaucoup du cinéma, en particulier des directeurs de la photographie qui jouent avec la couleur comme Benoît Debie, Christopher Doyle et Roger Deakins.

Blade runner blues / Memories of green ©Liam Wong

Pourquoi Tokyo ? Qu’est-ce qui semble si étrange ou particulier dans cette ville ?
En tant que créatif, Tokyo est l’un des endroits les plus fascinants à visiter et encore plus en tant que développeur de jeux. Il y a tellement d’endroits différents, tous avec leurs propres caractères et styles uniques que vous ressentez à travers la mode, le design et l’architecture.

A Tokyo, avez-vous un ou deux endroits préférés que vous pouvez partager avec nous ? Et pourquoi ceux-là ?
Shimbashi, c’est calme le jour, mais la nuit, il prend vie. Des foules de gens d’affaires et d’izakaya [NDLR : bars/bistrots japonais] sont cachés sous la voie ferrée.
Koenji, à seulement un saut de Shinjuku, mais j’adore l’ambiance de cet endroit. La vue depuis la gare est particulièrement belle au lever et au coucher du soleil avec le Mont Fuji en arrière-plan.

La plupart de ces photos sont principalement contemplatives, comme le film Blade Runner. Que voulez-vous exprimer, que voulez-vous faire quand vous prenez une photo ?
L’un des points forts de Blade Runner est son intemporalité. J’aime capturer des moments réguliers et les transformer en surréalistes, pour que le spectateur questionne l’image. Je me concentre moins sur les gens eux-mêmes que sur les silhouettes. Il ajoute un élément d’intrigue et de mystère.

Neon Noir / ©Liam Wong

Au moment de la prise de vue, avez-vous déjà une idée du rendu final de la photo ?
Avec une formation artistique, c’est une partie de moi qui s’éteint rarement ; et donc je pense toujours à ce que je vais capturer et comment. J’ai une sensibilité pour le genre de choses que je recherche et de ce qui me fait “cliquer”.

Qu’est-ce qu’une bonne photo, pour vous ?
Il y a trois choses sur lesquelles je me concentre toujours. La composition d’abord et avant tout, suivie du contenu. La composition aide à attirer l’attention, et le contenu de la photo montre au spectateur ce à quoi vous tenez – votre style. Je joue ensuite avec la couleur et j’introduis des lumières pour mettre en valeur l’ambiance.

Quels sont les équipements utilisés ?
J’ai une liste complète de mon équipement à : www.liamwong.com/gear [NDLR : principalement des appareils Canon, et de nombreux accessoires].

Pourquoi cette marque d’équipement plus qu’une autre ?
On me pose souvent des questions sur mon matériel, mais je trouve qu’il est moins pertinent en tant qu’artiste. Un équipement de meilleure qualité est évidemment avantageux mais j’ai aussi pris (et édité) beaucoup d’images uniquement sur des smartphones.

The Crossing ©Liam Wong

Combien de temps ce processus peut-il prendre en moyenne ?
Cela dépend de l’image. Mais d’habitude, j’y passe plus ou moins quelques heures.

Quel est le processus de post-production ?
J’utilise un mélange de programmes Adobe pour modifier les couleurs, mettre au point les éléments et resserrer les compositions.

Faites-vous des masterclasses pour parler de votre travail ?
Oui, j’ai pris la parole à la BAFTA [NDLR : British Academy of Film and Television Arts, l’équivalent britannique des Oscars américains ou des Césars français] l’année dernière et dans quelques pays. J’ai d’autres conférences prévues cette année, c’est toujours gratifiant de pouvoir partager mes connaissances.

Memory lane ©Liam Wong

Seriez-vous intéressé par des expériences dans le monde du cinéma ?
Tout à fait. Je suis actuellement en pré-production pour ma première aventure dans le cinéma.

Envisagez-vous d’exposer votre travail en France un jour ?
J’aimerais beaucoup.

Votre travail semble aller au-delà de la photographie telle que nous la comprenons. Il s’apparente à l’art numérique. Une collaboration avec TeamLab, par exemple, pourrait-elle être un projet intéressant pour vous ?
Absolument. J’ai visité les expositions TeamLab et j’aimerais beaucoup travailler avec eux.

Book cover ©Liam Wong

Son livre sortira à priori au printemps 2020 et les précommandes sont ouvertes. Retrouvez l’artiste et son travail sur Instagram, Twitter et Facebook. Et vous, aimez-vous ce genre de photos ? Quelle est votre favorite?

Journal du Japon remercie Liam Wong pour avoir accepté cette interview et le temps qu’il nous a consacré.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *