Chroniques Hentai : avec Dr Manga le hentai se met à la page

Que voici que voilà, sorti de nulle part et sans crier gare : un nouveau numéro de Chroniques Hentai ! Depuis notre dernier numéro, le paysage éditorial hentai français a encore évolué, faisant place à de nouveaux labels et éditeurs. Parmi ceux-ci, nous comptons Dr Manga. Nous vous présenterons donc ici ce nouvel acteur du secteur, ainsi que certains des ouvrages qu’il propose. Les illustrations et couvertures sont livrées telles quelles, donc NSFW et pour un public averti, à bon entendeur.

Dr Manga Logo

Dr Manga se divise en deux entités, reconnaissables à leurs extensions du nom de domaine, à savoir DrManga.com pour les mangas de type shônen et seinen, et DrManga.net pour les œuvres orientées yaoi, yuri, et hentai. Cette compartimentation entre deux sites distincts permet d’éviter que des mineurs ne tombent sur du contenu adulte au détour d’une page web. Les deux sites proposent une lecture des mangas en ligne, et à la page. Ce principe original permet de payer sa lecture au fur et à mesure, et si ce qu’il lit ne lui plaît pas, le lecteur n’aura pas le sentiment d’avoir payé un livre entier qu’il ne finira jamais.

Pour les chroniques hentai nous allons logiquement nous attarder sur DrManga.net, et de sa lecture d’hentai en ligne, à la page. L’idée se prête parfaitement aux mangas pornographiques, car on peut souvent lire un contenu qui n’est pas à notre goût (que ce soit par les graphismes ou par la nature des rapports) alors que la couverture était attirante… nous l’avons suffisamment démontré dans cette rubrique. Le système de paiement fonctionne avec des crédits à acheter à l’avance, appelés pilules (docteur > pilule, vous l’avez ?), qui seront ensuite consommés en direct à chaque page tournée. Le processus peut faire peur sur le papier, et on s’imagine être freiné de voir partir nos crédits  à chaque page, mais cela marche finalement plutôt bien, surtout si le stock de pilules est conséquent. Le site propose de recharger son compte en pilules via plusieurs offres, les prix étant logiquement dégressifs à mesure que l’on en prend beaucoup d’un coup. Avec l’offre à 5€, la pilule revient à 0,014€, et avec celle à 100€ à 0.01€. La différence peut sembler anodine, mais sur plusieurs centaines de pages, ces quelques centimes font la différence. À noter que les deux plateformes .com et .net sont compatibles entre elles, les pilules peuvent donc être utilisées sur un site comme sur l’autre. Pour pouvoir tester en toute sérénité ce concept et les œuvres proposées, le site vous offre 50 pilules lors de la validation de votre mail.

Concernant les œuvres disponibles, il est intéressant de noter qu’il y a des hentai classiques, type livre, mais aussi des CG set. Loin d’être de simples compilations d’images érotiques sans lien entre elles, ces packs d’images sont constitués d’illustrations plein-écran avec des textes narrant une histoire. Il n’y a donc pas de découpage type mangas et la part belle est faite à l’illustration, qui se rapproche dans la forme de celles que l’on retrouve dans les Eroge et Visual Novel. Tout est colorisé et les artistes derrières ces dessins travaillent sous Photoshop et à la tablette graphique puisque le terme CG signifie Computer Graphique. L’expérience de lecture est complètement différente d’avec un hentai classique. Parmi les CG set à disposition, vous trouverez deux histoires de monster-girl : une sur une femme-méduse, et l’autre sur une femme-grenouille, surfant clairement sur le fandom qu’a généré Tsuyu de My Hero Academia (qui compte parmi les personnages les plus repris dans les fanarts sur la série avec Ochako).

Pour les hentais traditionnels, nous y trouvons bien-sûr les classiques One Shot, composés de plusieurs petites histoires, mais aussi quelques titres en plusieurs tomes, chose assez rare. Parmi ceux-ci, nous avons retenu tout particulièrement Ayakashi No Me, dont nous vous proposerons une review. Tous les titres proposés sur la plateforme sont exclusifs à celle-ci, et sont introuvables ailleurs légalement et en français.

 

Chroniques sous X

Ayakashi No Me par Saori SATO
275 pages, à 4 pilules par page.
Contenu : Monstre, vanilla, récit.

Ayakashi no meCe manga nous raconte l’histoire de Kizu Akaru, une lycéenne timide possédant depuis toujours le « don » de voir la vraie nature de certains Ayakashi (les fantômes et démons du folklore japonais) présents dans notre société, et cachés sous forme humaine. Ce pouvoir sera complètement libéré après la rencontre de Rin, qui, en coupant la frange qui gênait son regard (hé oui, désolé pour les amoureux de filles timides cachées derrière leurs franges, au bout de quelques pages ça sera front apparent tout le temps) donne au pouvoir d’Akaru son plein potentiel. Rin est un ayakashi lui aussi, mais en tant que Kirin de statut divin, il se place au sommet de leur hiérarchie. Pour suivre notre héroïne dans son quotidien, Rin revêt une apparence humaine sous les traits d’une jeune fille aux longs cheveux argentés (allez hop, un peu de gender swap, c’est gratuit).

Avec les temps modernes, les ayakashi se font de plus en plus rares et Rin veut tout simplement protéger la conservation de leurs espèces en mettant en place une sorte de banque du sperme des yokai.

Étant donné que cela se fait déjà dans notre monde avec des espèces protégées ou encore avec les plantes, ce pitch est finalement d’une logique implacable et l’on en viendrait presque à se dire que si les yokai existaient, le procédé a du sens. Évidemment, puisque nous sommes ici dans un hentai, cela se traduit par une récolte manuelle de la part d’une jeune fille prude – sinon ça ne serait pas drôle ! – et donc par copulation avec des monstres.

Cela peut paraître peu, mais poser de telles bases permet de faire tomber beaucoup d’a priori négatifs. Car, comme le sexe avec ou sans sentiments change complètement la manière dont l’acte est perçu, résumer l’histoire à : « des monstres couchent avec une fille » peut nous faire entrevoir des scènes des plus atroces (Hot House, sort de mon esprit). Or, et même si les ayakashi ont par nature un comportement et une apparence bestiale, ce contexte, ainsi que l’humanisation des ayakashi s’étant intégrés dans la société humaine, change la donne et dresse des ébats avec des gens ayant simplement une apparence différente. D’ailleurs, le taux de scène de sexe n’est pas si élevé que ça, par rapport à la moyenne des autres hentai, et une grande place est faite à la narration.

Cette comparaison pourrait sembler un peu hasardeuse, mais Ayakashi No Me fait penser dans le fond à Fruits Basket. Le triangle amoureux entre Rin, Akaru et Inukami ressemble à celui entre Kyo, Yuki et Tohru, et le plot de la jeune fille pouvant voir la vraie forme d’humain à l’aspect animal coïncide. Plus la lecture d’Ayakashi No Me avance, et plus cette association se fait sentir. Ce n’est pas une tare, bien au contraire, car cela démontre à quel point ce hentai sort du lot.
Notons enfin que le manga compte plusieurs tomes (seul le premier est disponible sur le tout jeune site, mais nul doute que les suivants viendront) pour proposer une vraie histoire qui prend de l’ampleur au fil des pages. Dans ce premier volume déjà, le personnage de Tsukasa et l’arrivée de Satori viennent relancer le récit avant même qu’il ne faiblisse, ce qui laisse présager une intrigue soutenue pour la suite.

Pour ne rien gâcher à tout cela, le dessin de Saori SATO est bien maîtrisé et très agréable, mais surtout entièrement colorisé ! Des illustrations en début de chapitre sont d’ailleurs l’occasion pour l’auteure de montrer l’étendue de son talent avec des dessins s’inspirant parfois d’estampe, plein de dégradés et de fioritures. Nous vous proposons après ces lignes une galerie d’images pour que vous vous fassiez une idée de son habileté.

Pour résumer : avec ses cheveux en forme d’oreilles de chat (qui se dressent lorsqu’elle est surprise) et ses grands yeux, Akaru a un charme qui vous fera fondre, et la seule chose que vous voudrez après avoir fini ce tome, c’est de lire le suivant !

 

Lecture érotique par Jake
201 pages, à 3 pilules par page.
Contenu : vanilla, squirt, megane.

Lecture érotique DrMangaLecture érotique s’ouvre sur une note de l’auteure à destination des lecteurs français, où elle explique être ravie d’être publiée en France. La première histoire, Le syndrome Sakura, met justement un personnage français en scène : Eve. La dualité des différences de culture entre une Française et un Japonais est au centre de cette nouvelle (notamment la capacité d’être tactile avec un étranger, pour nous autres Européens), avec les personnages de Eve et Chihiro. N’ayez cependant aucune crainte : le traité d’amitié franco-japonaise saura être honoré en profondeur.

Parmi les nouvelles suivantes, nous faisons connaissance avec Shô, un étudiant, et Ryoko, son amie d’enfance qui a du mal à contrôler ses différentes envies (celle de jouir et de faire pipi). Si on garde en toile de fond un thème scato très soft, l’histoire met surtout en avant, et sur deux chapitres, les relations après la première fois : là où toutes les barrières devraient être tombées, mais où la gêne peut continuer à faire son œuvre.

Vient ensuite l’histoire de Fumino, la bibliothécaire perverse. Arrivés à ce chapitre, on peut penser, à raison, que l’auteure tombe dans la facilité avec le coup de la bibliothèque des plus classiques. Il serait pourtant très dommage de s’arrêter sur cela, car c’est réellement à partir de ce moment-là que tout le one shot prend son envol. Fumino va servir de fil conducteur, et relier les histoires entre elles. Nous vous laissons bien-sûr le plaisir de découvrir de quoi il en retourne par vous-même, mais sachez que l’ouvrage prend de l’ampleur à partir de ce deuxième tiers, et ne cessera de s’améliorer jusqu’à la fin. Dans le dernier chapitre, c’est l’auteure elle-même qui se met en scène, ainsi que ses propres fantasmes. De quoi finir l’ouvrage en beauté, et confirmer par la même occasion la capacité de Jake à dessiner des visages féminin débordant de plaisir (Ahegao bonjour), mais aussi les chevelures complexes et détaillées. Un one shot qui a beaucoup plus à offrir que ce que l’on pourrait croire de premier abord, et une auteure à suivre de près (via son Twitter par exemple) !

Potion Magique par Abe TSUKUMO
36 pages, à 8 pilules par page.
Contenu : Changement de sexe, transgenre, bromance (?).

Potion Magique DrMangaPlus qu’une critique, c’est un des aspects de DrManga.net que Potion Magique va nous permettre d’aborder. Comme vous le savez, les recueils d’auteurs de hentai sont souvent des compilations d’histoires courtes publiées sur une plus ou moins longue période. C’est uniquement sous cette forme que ces récits nous parviennent, puisqu’il faut attendre d’avoir suffisamment de pages cumulées pour former un tankōbon (compilation de chapitres en format poche d’environ 200 pages), qui sera alors utilisé pour l’adaptation française. Avant d’avoir droit à un tankōbon, ces histoires courtes sont publiées au Japon sous forme de dōjinshi ou dans un magazine de prépublication. Qu’en est-il alors des œuvres qui ne sont pas incluses dans un one shot ? Pour palier à ce défaut de distribution, Dr Manga est là. Grâce à son format 100% numérique, le nombre de pages d’une œuvre n’est plus un problème, et cette dernière peut connaître une offre légale et rémunérer son auteur. 

Pour quand-même parler de Potion Magique, vous y trouverez une sympathique histoire répondant à interrogation : « que se passerait-il, et à quoi ressemblerais-je si j’étais une femme ?« . Ce changement, c’est Naoki qui va l’expérimenter, en compagnie de Yuji un bon ami à lui. Une trentaine de pages qui, même si elles ne révolutionnent pas le Hentai, ont le mérite d’être plaisantes et de faire découvrir le travail d’Abe TSUKUMO. Si cette nouvelle vous a plu, vous pourrez d’ailleurs trouver sur le site Voyage entre amis (60 pages) et Les infirmières (160 pages) du même auteur.

 

Ce tour d’horizon de Dr Manga.net est désormais terminé, rendez-vous sur le site pour vous faire votre propre idée. Si vous êtes plus format papier ou que que vous êtes tout simplement à la recherche d’autres aventures, retrouvez l’ensemble de nos chroniques hentai ici. Bonnes lectures !

 

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