Polar, roman, classique de la littérature japonaise, DIY, art, agenda, voyage : des livres pour tous les goûts à Noël !

Comme tous les ans à l’approche de Noël, Journal du Japon vous propose une sélection de livres pour offrir de beaux moments de lecture à vos proches. Une sélection variée qui on l’espère répondra à tous les goûts et toutes les passions !

Image de Une créée avec les couvertures des livres et un fond vecteur créé par BiZkettE1 sur Freepik

La team Batista de Takeru Kaidô : un polar médical

La team Batista de Takeru Kaidô, éditions Atelier Akatombo : couvertureVoici un polar original puisqu’il se passe intégralement en milieu hospitalier. Le narrateur, le docteur Taguchi, est neurologue dans cet hôpital depuis une quinzaine d’années. Il s’occupe du « cabinet des grognons », ou pour être plus médicalement correct, du traitement ambulatoire des syndromes indéfinis. Les gens viennent le consulter pour des douleurs qui ne passent pas alors qu’il n’y a pas de maladie, de cause clairement définie pour ces douleurs. Il écoute, rassure, prescrit des médicaments si besoin.

« Je n’ai fait qu’écouter ce que ce patient avait à dire. Y compris ses silences. Si vous écoutez vraiment les gens, vous pouvez résoudre les problèmes. Et, pour vraiment écouter, il faut se taire. C’est tout ce qui importe. Toutefois, c’est plus difficile à pratiquer que ce qu’on imagine. »

Le directeur de l’hôpital le convoque pour lui confier une mission très particulière : enquêter sur l’équipe Batista composée de 7 personnes, dont un chirurgien brillant spécialisé dans les opérations appelées Batista (opération très périlleuse de réduction ventriculaire, alternative à la transplantation cardiaque). Si le taux de succès normal de ce type d’opération est de 60%, cette équipe avait un taux de succès de 100% pendant plusieurs mois… Mais trois décès sont survenus presque coup sur coup lors des derniers mois (sur les 30 réalisées au total). Cela est loin d’être catastrophique, mais cela interroge à la fois le directeur (qui veut éviter que l’affaire ne se retrouve dans les médias) et le chirurgien qui dirige ces opérations et qui ne comprend pas l’origine du dysfonctionnement.

Taguchi va donc interroger individuellement les différents membres de l’équipe, essayer de trouver ce qui pourrait clocher dans le fonctionnement de l’équipe, les conflits, les tensions, les jalousies… et également assister à l’opération du petit garçon de 7 ans venu d’Afrique pour se faire opérer. Ses capacités d’écoute, de perception des émotions, d’observation des gestes et des regards lui seront très précieuses pour avancer dans un milieu où les egos sont parfois très gros, les jalousies fréquentes, et où les ragots circulent très vite.

Il mènera l’enquête par la suite en binôme avec un personnage loufoque qui travaille au ministère… et qui s’avèrera terriblement efficace et complémentaire. Un duo surprenant, une approche psychologique originale pour trouver le ou les responsables de ces morts suspectes.

Une intrigue solide, des personnages qu’on apprend à connaître plus finement au fil des pages, une plongée dans les arcanes d’un hôpital universitaire. C’est passionnant comme une partie d’échecs et très instructif sur le fonctionnement du milieu hospitalier japonais (et du milieu hospitalier en général). Chacun regarde l’autre, il faut débusquer les amitiés, les haines, les fonctionnement en duo, les rancœurs passées, les lanceurs de rumeurs, les solitaires aigris…

C’est aussi un livre qui fait passer du rire aux larmes, de l’effroi à l’agacement, de l’incompréhension à l’attachement. Car tous ces personnages sont finalement terriblement humains, avec leurs failles, leurs vices, leurs égos et leurs doutes. Parmi eux, le narrateur est un personnage finalement très touchant, un neurologue qui a toujours fui les blocs opératoires, les responsabilités, les promotions, qui a tout fait pour ne pas faire de vagues, mais a toujours essayé d’être utile aux personnes en détresse, se retrouve dans une position nouvelle, et il semble à tout moment sur le point de vaciller.

Vous ne regarderez plus un bloc opératoire de la même façon ensuite…

Plus d’informations sur le site de l’éditeur.

Choses qui rendent heureux et autres notes de chevet de Sei Shônagon : un grand classique en version abrégée et format poche

Choses qui rendent heureux et autres notes de chevet de Sei Shônagon, éditions Folio sagesses : couvertureC’est une très bonne idée qu’ont eu les éditions Folio de proposer une version abrégée de ce grand classique de la littérature japonaise écrit au tout début du 11e siècle par une dame de cour. Judicieusement choisies et préfacées par Corinne Atlan, grande spécialiste de la littérature japonaise, elles sont très accessibles et permettent de découvrir la beauté de ces instants du quotidien capturés sous la plume de cette grande autrice. C’est un plaisir de lecture sans cesse renouvelé tant les thèmes choisis touchent le lecteur, le font sourire, l’émerveillent. Corinne Atlan résume très bien le contenu de ces notes dans le dernier paragraphe de sa préface très instructive :

« Son d’une flûte qui s’éloigne, rires derrière des cloisons, cris des corbeaux à l’aube, brouhaha des conversations, frôlements d’étoffes couleur de glycine ou de fleurs de prunier, scintillements de neige au clair de lune : les « choses vues ou entendues » par Sei Shônagon et ses compagnes nous sont restituées intactes, dans la fraîcheur même de l’instant, dans toute la précision de leurs contours. Les désirs, les ambitions ou les drames d’hommes et de femmes d’il y a mille ans, évoluant dans un univers dont les codes souvent nous échappent, trouvent un écho immédiat dans nos cœurs – pour peu qu’en nous aussi le goût pour la beauté et les agréments de ce monde s’allie à la conscience du déclin promis à tout ce qui a un jour existé. »

Ces notes se picorent en fonction du jour et de l’humeur, et chacun y trouvera des petites phrases qui feront écho à ce qu’il vit. Le mieux est de citer quelques exemples…

Dans Choses qui font battre le cœur : « Une nuit où l’on attend quelqu’un. Tout à coup, on est surpris par le bruit de l’averse que le vent jette contre la maison ». Choses qui font naître un doux souvenir du passé : « Un jour de pluie, où l’on s’ennuie, on retrouve les lettres d’un homme jadis aimé ». Choses élégantes : « Sur un gilet violet clair, une veste blanche. Les petits des canards. Dans un bol de métal neuf, on a mis du sirop de liane, avec de la glace pilée. Un rosaire en cristal de roche. De la neige tombée sur les fleurs des glycines et des pruniers. Un très joli bébé qui mange des fraises ». Choses rares : « Un gendre loué par son beau-père. Une bru aimée par sa belle-mère » !

Un classique à découvrir et à faire découvrir autour de soi… et qui donnera peut-être à certains l’envie d’écrire leurs propres notes de chevet ! Une belle idée cadeau à petit prix.

Plus d’informations sur le site de l’éditeur.

Tant que le café est encore chaud de Toshikazu Kawaguchi : un roman magique plein d’émotion

Tant que le café est encore chaud de Toshikazu Kawaguchi, éditions Albin MichelDirection un petit café cosy de Tokyo, dans lequel la légende dit qu’il est possible de voyager dans le temps. Cette accroche m’a un peu intriguée, et j’avais de gros doutes sur l’intérêt de ce type d’intrigue un peu loufoque… Mais je me suis dit pourquoi pas ? Et je suis tombée sur un des romans les plus émouvants de ces derniers mois !

Le Funiculi Funicula est donc un vieux café qui a ouvert en 1874. Il n’a pas la climatisation, mais pourtant il y fait toujours bon, et même frais en plein été ! Nagare et Kei sont le couple qui tient ce café où viennent des habitués : monsieur Fusagi qui n’a plus toute sa tête mais passe des heures à y lire ses magazines de voyage ; mademoiselle Hiraï qui tient un snack-bar et est toujours vêtue de tenues très colorées ; et une mystérieuse cliente, toujours assise à la même place, toujours plongée dans sa lecture. Le café y est délicieux, préparer différemment selon la personne qui le fait… mais ses effluves parviennent jusqu’au nez du lecteur !

« On était au début du mois d’août et l’été battait son plein, mais même en cette saison, Mme Kôtake commandait toujours du café chaud. Elle appréciait le parfum du café qui venait d’infuser. Il procurait un plaisir qu’on ne pouvait pas savourer avec un café glacé.
En général, Nagare utilisait une cafetière à siphon. La méthode consistait à verser de l’eau chaude dans le ballon inférieur, qu’on faisait ensuite bouillir avec un réchaud à alcool pour faire monter l’eau en ébullition à travers l’entonnoir qui contenait du café moulu. Mais pour les habitués comme Mme Kôtake qui souhaitaient apprécier au maximum l’arôme du café, il utilisait une machine à filtre. Pour cela, il posait un filtre papier sur le filtre, plaçait le café moulu à l’intérieur, puis il versait de l’eau chaude dessus. D’après lui, cette méthode permettait, selon la manière de verser l’eau et sa température, d’ajuster l’amertume et l’âpreté. Dans la salle calme dépourvue de musique de fond, seul était perceptible le faible son du café qui coulait. Mme Kôtake tendait l’oreille, l’air comblé. C’est moments-là aussi faisaient partie du plaisir de savourer son café. »

La cousine de Nagare y est serveuse.  C’est elle qui verse le café réservé aux personnes qui souhaitent voyager dans le temps. Mais ce voyage dans le temps doit respecter plusieurs règles : il faut s’asseoir à une place bien spécifique ; il faut rencontrer une personne qui est déjà venue dans ce café ; il faut accepter que ce voyage dans le temps ne changera pas le présent… et enfin, le voyage ne dure que tant que le café est encore chaud !

Quatre femmes vont effectuer ce voyage pour voir un être cher : trois iront dans le passé, amoureux parti, mari malade, sœur disparue et une, dans le futur pour rencontrer sa fille. Bien sûr le présent n’en sera pas changé, mais les personnes qui auront voyagé, elles, seront à jamais changées.

Dans ce beau café, les personnages sont attachants, se connaissent et se soutiennent. Toutes les douleurs cachées, tous les sentiments difficiles à mettre en mots, tous les regrets trouveront dans ces voyages dans le temps l’occasion de prendre formes, de sortir des cœurs où ils étaient enfouis. Se mettre à nu, dire les choses, comprendre l’autre… pour vivre pleinement !

Un livre très doux, une ambiance chaleureuse, un cocon où le lecteur se sent bien, des personnages attachants délicatement mis en mots, et l’odeur du café qui apaise les maux. Un livre très beau, très émouvant… N’oubliez pas de garder des mouchoirs à portée de main pour cette lecture !

Plus d’informations sur le site de l’éditeur.

Un bel agenda pour 2022 avec des estampes d’Hasui Kawase

agenda japonais 2022, nouvelles éditions Scala : couvertureDepuis quelques années, les nouvelles éditions Scala nous émerveillent avec leur agenda japonais. Un bel agenda, ni trop grand ni trop petit, illustré de superbes estampes japonaises, avec une estampe pour chaque semaine de l’année, et une grande estampe en double page pour chaque saison.

Pour 2022, ce sont les estampes du merveilleux Hasui Kawase (1883-1957) qui illuminent l’agenda. Souvent enneigées pour les semaines hivernales, les estampes se teintent du rose des cerisiers au printemps, puis de pluie pour le mois de juin (mois de la saison des pluies au Japon). En été, les lotus fleurissent, les jeux d’ombres et de lumières émerveillent, et la mer revient dans plusieurs estampes. Quand vient l’automne, les jaunes et les orange prennent le dessus, suzuki et érables dessinent les paysages, et la lune brille dans le ciel.

En couverture, on trouve le temple Chuzenji d’Utagahama, tandis que le dos de l’agenda est orné des belles glycines du sanctuaire Kameido. Paysages splendides, ponts, temples, sanctuaires, mer, campagne, montagne, de nuit, de jour… ces estampes vous accompagneront toute l’année, pour un émerveillement au quotidien !

Plus d’informations sur le site de l’éditeur.

L’art du livre origami de Jean-Charles Trebbi : admirer et créer des livres de toutes formes

l'art du livre origami de Jean-Charles Trebbi, éditions Alternatives : couvertureVoici un livre qui combine art (les créations photographiées sont tellement belles qu’on peut les regarder pendant des heures) et DIY (car il y a tous les éléments techniques de pliage-origami et de découpe-kirigami pour réaliser soi-même de beaux livres pliés).

Il propose des structures de livres extrêmement astucieuses et souvent sans reliure spécifique (ce qui pourrait compliquer la conception) pour fabriquer des objets simples mais étonnants, aussi bien pour les adultes que pour les enfants.

Plus d’une centaine de créations sont présentées : livre d’artiste, de photographie, brochure commerciale, carnet de notes ou carnet de voyage. Avec un répertoire de formes et de structures, ce livre ravira aussi bien les amateurs de loisirs créatifs que les artistes et même les enseignants qui pourront concevoir des petits projets de livres faits maison à l’école !

Le livre est découpé en grandes parties qui présentent chacune une façon de concevoir le livre.

l'art du livre origami, page intérieureCela commence évidemment par le célèbre Leporello (en accordéon) utilisant différentes formes géométriques pour la base (carrée, rectangulaire, triangulaire…).

Vient ensuite l’origami modulaire avec des fleurs, des boîtes, des chenilles qui semblent surgir comme par magie !

La partie Kirigami montre des modèles où la découpe tient une place importante, ce qui permet de former des volumes délicatement sculptés. On peut ainsi créer des scènes où les personnages s’animent et même des théâtres d’ombres merveilleux !

Dans la partie Labyrinthes, le pliage se fait mathématique, casse-tête et permet au cerveau de pratiquer des jeux passionnants.

Les livres tunnels permettent de donner un volume impressionnant à des scènes en quelques pliages et découpages : de la 3D non numérique mais tout aussi bluffante, avec de nombreuses créations présentées, dont de superbes livres pour enfants !

l'art du livre origami : page intérieureLe livre se termine avec les mini-livres adorables qu’on aimerait tous créer et garder dans notre sac pour un peu d’émerveillement à portée de main.

Un très beau livre très richement illustré grâce à des créateurs de tous les pays et de tous les horizons. Une mine d’idées pour créer toute l’année !

Plus d’informations sur le site de l’éditeur.

 

 

 

 

Soul of Kyoto : pour découvrir cette ville autrement …

Soul of Kyoto, éditions Jonglez : couvertureNous vous avions déjà parlé à Noël l’année dernière de Soul of Tokyo. Cette année, c’est à Kyoto que les éditions Jonglez consacrent ce guide atypique. Le but : vous proposer de vivre des expériences originales dans cette ville fascinante dont on connaît surtout les « classiques ».

Dès l’introduction, le cadre est posé :

« Kyoto est une ville singulière qui, à l’instar du Japon dans son ensemble, ne laisse jamais indifférent. On aime ou on déteste mais jamais entre les deux !
C’est également une ville secrète qui ne se laisse pas découvrir aussi facilement qu’on le pense.
Là réside son attractivité première : chaque jour passé dans Kyoto vous réservera son lot de surprises et de rencontres. Vous pourriez passer 10 ans dans cette ville que vous découvririez encore des endroits cachés au détour d’une promenade, d’une conversation ou d’une sortie entre amis.
Pour respecter et comprendre cette ville unique, il faut accepter de ralentir sa course effrénée et de se laisser gagner par le rythme lent de ses habitants.
Visiter Kyoto demande d’abord de respirer, puis d’observer et enfin de ressentir. Alors, seulement, Kyoto s’ouvrira à vous pour vous émerveiller. »

30 expériences sont donc proposées, cartographiées en début d’ouvrage puis racontées, photographiées et peintes (avec quelques éléments pratiques indispensables fournis, rassurez-vous : adresse en français et japonais, horaires, téléphone, site internet, ordre de grandeur du budget nécessaire).

Les expériences sont très variées et originales : méditer dans un temple secret, découvrir les plus beaux papiers de la ville, déguster un inoubliable sandwich aux œufs, se faire tailler un kimono sur mesure, acheter de magnifiques bonbons, profiter d’un sublime coucher de soleil, faire un brunch hors du temps…

Des idées pour se régaler, boire, se promener, découvrir l’artisanat et bien d’autres choses encore. Tout donne envie et on espère que bientôt nous pourrons prendre un vol direction Kyoto pour la découvrir autrement !

Plus d’informations sur le site de l’éditeur.

Shin Hanga, les estampes japonaises du 20e siècle : un trésor à avoir dans sa bibliothèque !

Shin Hanga, les estampes japonaises du XXème siècle, nouvelles éditions Scala : couvertureSi les grands maîtres de l’estampe que sont Hokusai, Hiroshige, Utamaro nous sont très familiers en Occident grâce à de nombreux ouvrages et expositions, ceux qui poursuivirent dans l’art de l’estampe dans la première moitié du 20e siècle le sont beaucoup moins. Alors que la photographie se développe, que la lithographie et d’autres techniques pourraient entraîner l’abandon de l’estampe au profit d’autres arts ou de la peinture, Watanabe Shôzaburô, éditeur, commerçant et dénicheur de talents réussit à faire perdurer cet art et à leur donner un nouveau souffle, une nouvelle vie. Le mouvement Shin Hanga (littéralement « estampe nouvelle ») était né. Des années 1910 jusqu’à la fin des années 1950, des artistes et des styles originaux voient le jour. Et c’est ce que ce magnifique livre présente avec une iconographie très riche et des textes toujours brillants, précis, clairs et très  agréables à lire de Brigitte Koyama-Richard. On plonge dans les œuvres des artistes les plus emblématiques de ce mouvement. On découvre le contexte historique, artistique, mais également technique (car l’art de l’estampe est aussi un univers très technique et les évolutions de l’époque permettent des créations originales, avec un travail sur les couleurs, les motifs, les traits d’une finesse impressionnante).

Le sommaire donne déjà un avant-goût :

On découvre d’abord Kobayashi Kiyochika, le dernier maître de l’ukiyo-e qui maîtrise la lumière à la perfection (paysages crépusculaires, effets de lumière aussi bien en intérieur qu’en extérieur, reflets… un très gros coup de cœur !).

Puis la partie consacrée à l’estampe créative permet de découvrir d’autres artistes aux créations très variées, souvent influencées par leurs voyages en Europe (on y trouve même de la Bretagne).

Il y a également tous les artistes qui travaillent dans le domaine de l’illustration (journaux, livres, magazines).

Un chapitre important est consacré à Watanabe Shôzaburô, cet éditeur à l’origine du Shin Hanga, qui permit de faire connaître tous ces artistes au Japon et dans le monde.

Puis vient un chapitre sur les beautés féminines. De nombreux artistes offrent différentes représentations de la femme. Hashiguchi Goyô a une élégance du trait qui impressionne ; Itô Shinsui montre les femmes dans l’intimité (coiffage, maquillage, bain) ; Ishikawa Toraji travaille à la fois la peinture et l’estampe, les femmes qu’il peint sont souvent accompagnées d’animaux ; Kobayakawa Kiyoshi aime travailler sur les couleurs et les motifs des textiles en particulier. Beaucoup d’autres représentations féminines sont montrées dans ce chapitre passionnant où se mêlent styles classiques et modernes.

Il y a également tout un chapitre sur le théâtre Kabuki et ses portraits d’acteurs.

Le chapitre suivant consacré au paysage est juste magnifique… peut-être parce qu’on peut y admirer plusieurs œuvres de Kawase Hasui (un de mes artistes japonais préférés). Il y a une diversité de paysages mais également de styles qui émerveille !

Il est également intéressant de noter qu’un chapitre est consacré aux artistes étrangers du Shin Hanga. Car les échanges artistiques étaient nombreux entre Orient et Occident, et de nombreux artistes sont venus étudier et créer des estampes au Japon. On y trouve : Helen Hyde et ses portraits de femmes et enfants et Bertha Lum et ses adorables scènes de la vie quotidienne. On pourra y admirer les superbes paysages de Charles William Bartlett ou les portraits colorés de Paul Jacoulet.

Le livre honore dans son dernier chapitre Kasamatsu Shirô, le dernier maître du Shin Hanga.

Et en « bonus », vous trouverez la fabrication des estampes Shin Hanga expliquée par le grand Kawase Hasui, et un entretien avec Watanabe Shôichirô, le petit-fils de Wtanabe Shôzaburô, mené par Brigitte Koyama-Richard.

Comme d’habitude chez cet éditeur, le travail est remarquable : iconographie très riche, couleurs magnifiques, mise en page soignée, papier et reliure de grande qualité. Un très très bel objet ! C’est donc un livre fondamental à avoir dans sa bibliothèque à côté de ceux des grands maîtres des siècles précédents. Un livre qui vient combler un grand vide et que nous sommes ravis de pouvoir s’offrir ou offrir en cette fin d’année !

Une sélection pour tous les goûts et tous les budgets. Bonnes fêtes de fin d’année à tous !

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