Pachinko, la star des casinos japonais

Véritable star des casinos japonais et des salles de jeux, le pachinko est l’une des machines à sous les plus connues du pays. Journal du Japon s’est donc intéressé à cette dernière et vous dit tout sur ces machines à sous partout dans l’Archipel.

Photo de /kallu (Flickr)

Pachinko : késako ?

Un flipper ?

Machine de pachinko de la marque Sankyo datant des années 1970 – Photo de Fashionslide (Creative Commons)

Il est légitime de se poser la question puisque comme le flipper, le pachinko utilise principalement des billes qui doivent heurter des obstacles, ici des clous, qui les dévient à la manière des dumpers. Mais c’est finalement la seule chose qui rapprochent le flipper et le pachinko. Car oui, cette machine est clairement une machine à sous.

Une machine à sous !

En effet, le pachinko utilise donc ces billes qui sont déviés par les clous pour rentrer dans différents trous. Cela peut occasionnellement déclencher trois rouleaux rotatifs. Le joueur doit ensuite tenter, comme dans les bandits manchots, les machines à levier dans les casinos, de réussir à avoir trois fois une même valeur. Si cela arrive, ce n’est pas de l’argent qui est gagné mais de nouvelles billes qu’il est possible de rejouer  pour en gagner davantage ou bien d’échanger contre différents lots.

Quelle est son histoire ?

Une origine américaine ?

Selon les chercheurs, il y a deux hypothèses probables pour son origine. La première voudrait que le pachinko soit une invention américaine. En effet, dans les années 1920, la société japonaise Osaka Trading Compagny importait alors depuis les États-Unis des jeux de bagatelles, des jeux de hasard inspirés du billard et possiblement fabriqués à Chicago.

Jeu de bagatelle visible au Rupriikki Media Museum – Photo d’Olimar (Wikimedia Commons)

Ces jeux sont ensuite placés dans les confiseries, destinés aux enfants qui, avec un peu de chance, pouvaient marquer de gros scores en réussissant à mettre une bille dans un des nombreux trous placés sur la table de jeu. Car oui, le billard bagatelle (autre nom de ce jeu) se jouait alors à l’horizontal, laissant les billes frapper contre les picots dans un mélodieux pachi-pachi ambiant. Ce même jeu est très certainement aussi à l’origine des billards japonais.

Ce n’est qu’en 1926 qu’un fabricant japonais a l’idée de le mettre à la verticale. On parle alors non pas de billard bagatelle ou encore de korinto gemu (de l’anglais Corinthian Games, venant des décorations de certains modèles américains) mais bien de gachinko. Ce nouveau jeu fait rapidement sensation, permettant de remporter des petits lots en gagnant la partie. Le nom actuel serait venu progressivement par la croisement entre le nom du produit et l’onomatopée des billes tapant sur les picots : pachinko. Mais la mécanisation n’a pas été possible avant les années 1980, période durant laquelle l’électronique a permis la production en masse de machines plus sophistiquées. C’est également durant cette période qu’apparaissent les rouleaux rotatifs ainsi que le jackpot (dit fever « fièvre » au Japon).

Un produit d’Europe ?

La seconde hypothèse émise par les chercheurs indiquerait que les pachinko seraient d’origine européenne. En effet, certains rapprochent cette machine à bille de jeux de sociétés très en vogue au début des années 1900 comme les cascades ou les tivolis, deux jeux de hasard. D’autres les apparentent davantage à la spirale à billes produite par l’entreprise Bussoz entre 1900 et 1910. En effet, le mécanisme ainsi que le but du jeu sont identiques.

Le premier pachinko

Bien que l’origine et les influences soient flous, le premier pachinko tel qu’on le conçoit aujourd’hui remonte à 1920. Un nom est à retenir : Takeichi MASAMURA, honoré au musée du Pachinko de Nagoya. Ce fabricant de flipper a été le premier à créer l’arrangement de picots, baptisé « gabarit Masamura », des machines à sous japonaises.

Billard japonais – Photo de l’association Wellouëj (Wikimedia Commons)

Le pachinko aujourd’hui

Le marché du pachinko n’a jamais cessé de se renforcer, permettant aux constructeurs de machines, aux gérants de salles de jeux, aux fabricants de lecteurs de cartes et aux boutiques de lots de remporter beaucoup d’argent et d’attirer toujours plus de nouveaux joueurs.

Face à cette explosion des jeux depuis les années 1980, le gouvernement a très rapidement pris des mesures pour calmer la fièvre ambiante. Ainsi, dès 1990, il est devenu interdit de gagner de l’argent avec le pachinko. En effet, le Japon interdit les jeux de hasard, et ces machines qui permettaient de gagner jusqu’alors des yens ont dues être transformées pour respecter les nouvelles réglementations. Le joueur ne peut, dès lors, gagner plus que des billes à échanger contre des bons : les boutiques de lots et d’argent doivent fermer.

Le pachinko : entre loi japonaise et fraude

Un nouveau trafic frauduleux a très vite été mis en place avec le milieu de la pègre. En effet, pour contourner les restrictions gouvernementales, plusieurs points d’échanges ont été mis en place non loin des salles de jeux. Officiellement, ces boutiques de lots n’ont rien à voir avec les salles de jeu, les joueurs peuvent donc s’y rendre et échanger les lots récupérés contre des lots ou de l’argent en toute quiétude. Le pachinko redevient alors un jeu de hasard déguisé et toléré, le gouvernement gagnant assez avec l’impôt sur ces salles de jeux pour fermer les yeux sur le trafic.

Cela ne veut pas dire que le problème du pachinko est officiellement réglé pour autant. Ces machines rapportant beaucoup, l’État a également instauré la mise en place de cartes prépayées, permettant ainsi d’avoir un regard sur les gains de chaque joueur mais aussi de vérifier le gain des machines et réduire les fraudes fiscales. Pour contourner ce désagrément, la pègre et les salles de jeux ont tenté de placer des machines trafiquées et gagner ainsi encore plus d’argent.

Face à ce nouveau problème, la loi de légalisation des casinos de 2015 a été la première étape pour contrer l’illégalité instaurée autour du pachinko. Face à l’augmentation du nombre de joueurs, de nouveaux problèmes comme l’addiction aux jeux ont commencé à émerger. Une nouvelle loi est passée en 2019 pour interdire la mise en place de distributeurs de billets au sein même des salles. La question du pachinko d’un point de vue législatif est donc encore loin d’être résolu.

Paniers de billes de pachinko – Photo de Michael Maggs (Wikimedia Commons)

Le pachinko face à la société japonaise

Pachinko moderne d’un salle de Tokyo – Photo de Michael Maggs (Wikimedia Commons)

Bien que la législation autour du pachinko reste encore à ce jour floue, la société l’a quant à elle parfaitement intégrée. En effet, environ 10 % de la population japonaise joue à ces machines au moins occasionnellement. Sur les 125 millions de Japonais, on retrouve ainsi quasiment 12 millions de joueurs répartis dans plus de 15 000 salles de jeux dans l’Archipel. Un business qui rapporte encore aujourd’hui des dizaines de milliards de yens par an soit des centaines de millions d’euros. Les pachinko représentent la 3e activité économique de loisir au Japon.

Outre la possibilité de gagner différents lots ou bien de l’argent, c’est surtout l’ambiance particulière des salles de jeux qui semblent le plus attirer les Japonais. En effet, ces dernières utilisent différentes licences bien connues comme Code Geass, Ultraman, Resident Evil et bien d’autres encore. Niveau pop culture, le pachinko a également eu droit à un manga, First job, New life !, qui expose différents aspects derrière ces machines à sous si populaires au Japon.

Avec une histoire qui lui est propre, ce jeu a rapidement conquis le cœur des Japonais. En véritable objet du patrimoine japonais, malgré les décennies, la machine à sous attire toujours plus de Japonais qui retrouvent dans les salles de jeux de nombreuses franchises d’animés, de mangas et de jeux vidéos. Son expansion, parfois liée au milieu de la pègre, reste tout de même surveillée par les autorités. Malgré cela, le pachinko reste encore aujourd’hui un jeu typiquement japonais qui n’a jamais réussi à s’exporter à l’international, restant ainsi la star des salles de jeux au Pays du Soleil Levant.

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