Momiji et Ramen Fury : plutôt paysage ou gastronomie ?

Pour cette nouvelle présentation de jeux de société sur le thème du Japon, Journal du Japon vous propose de découvrir des jeux qui vous emportent dans deux dimensions que l’on adore tous dans la culture japonaise : la gastronomie et les paysages ! Pour cela, notre sélection se porte sur deux petits jeux aux graphismes très accrocheurs : Momiji, édité il y a à peine quelques mois par Sylex Édition, et Ramen Fury distribué en France par Asmodee. Pour lequel allez-vous craquer ?

Momiji

© Momiji, Sylex

Momiji est un jeu de carte aux couleurs de l’automne nippon. Momiji désignant les érables japonais, le jeu a pour ambition de nous emporter avec lui dans un voyage onirique au cœur des plus beaux paysages du Japon. Et pour cela vous aurez la chance de vous trouver dans l’un des plus magnifiques jardins impériaux du pays afin de récolter le plus de feuilles tombées au sol. Vous l’aurez compris, Momiji est un jeu de collection : le but est d’accumuler les différentes feuilles d’automne japonaises !

Vous commencez la partie avec 6 cartes feuilles et 3 cartes paysages. Celles-ci vous permettent d’activer des pouvoirs de manière unique durant la partie. Tour à tour, vous allez récolter des feuilles, puis les déposer face à vous. Mais attention, la pose de carte est soumise à une règle particulièrement contraignante, qui fait toute la mécanique du jeu : vous devez les poser dans l’ordre chronologique, et sans sauter de numéro ! En effet, chaque feuille est numérotée de 0 à 3, et il existe 6 familles de feuilles différentes. Vous ne pouvez réaliser qu’une pile par famille, et vous êtes obligés de les commencer par le numéro 0, puis 1, puis 2, et finir par un 3. Lorsque le 3 est posé, la pile n’est plus modifiable, vous ne pourrez plus poser de feuilles de cette famille.

Tout l’enjeu est ici de collectionner le plus de cartes possibles par pile. Vous pouvez poser plusieurs 0, 1 ou 2 mais sans jamais pouvoir revenir en arrière (dès lors que vous posez une feuille verte 1, par exemple, vous ne pouvez plus poser de feuille verte 0). Et, vous ne pouvez pas consulter vos piles : il faudra faire appel à sa mémoire ! À la fin de la partie, chaque pile vous rapportera des points en fonction du nombre de cartes qu’elle contient, multipliés par la valeur de la carte la plus haute. Vous avez donc tout intérêt à ne pas trop trainer pour déposer un 3, et en même temps, il ne vaut mieux pas se presser au risque d’avoir une pile trop petite…

Momiji est un jeu de stratégie et de mémoire. Il faut aussi, et surtout savoir gérer son temps : dès lors que la pioche est terminée, chaque joueur joue un dernier tour. La partie peut donc aller très vite ! De plus, l’emplacement de vos différentes piles et la manière dont vous déposez vos cartes feuilles peuvent vous rapporter des points supplémentaires (les jetons glands) qui peuvent faire toute la différence lors du décompte final.

L’avis de Roxane

Difficile de passer à côté d’une si jolie boîte ! Pour une fois que le Japon n’est pas représenté par des sakura, j’apprécie beaucoup l’univers proposé par le jeu. Mais comme j’aime le répéter : un beau jeu n’est pas forcément un bon jeu. Alors concrètement, qu’est-ce que donne ce joli Momiji ?

Tout d’abord, et c’est un point important pour moi, Momiji se joue très bien à 2, et est même tout à fait adapté à un duel. D’ailleurs, le jeu propose également une version solo, ce qui est encore assez rare. Ensuite, je dois avouer que j’ai un faible pour les jeux coopératifs, et qu’il m’arrive d’avoir du mal à jouer à des jeux compétitifs, surtout lorsque la mécanique du jeu permet de se tirer dans les pattes et de bousiller tout ce que l’autre joueur fait. Ici, ce n’est pas du tout le cas : chacun récolte tranquillement ses feuilles et les dépose sans être soumis aux taquineries de l’adversaire. Bien évidemment, il est possible que l’autre joueur récolte les feuilles que vous convoitiez, impactant ainsi toute votre stratégie, mais ce n’est pas un coup volontaire de la part de l’autre de saccager tout ce que vous avez construit jusqu’ici.

Momiji offre une expérience de jeu assez calme et réfléchie, où les premières parties sont assez déconcertantes : nous étions tellement dans un esprit zen que la pioche s’est écroulée bien plus vite que ce que nous l’avions anticipé, et nous nous sommes finalement rendu compte au fil des parties que le jeu est assez rapide et qu’il faut savoir doser son temps de récolte et son temps de dépose.

Les règles sont très faciles à prendre en mains et la mécanique est plutôt simple. Les cartes paysages viennent rajouter un petit plus très intéressant, puisqu’elles permettent de contourner les règles de base une fois par partie, comme par exemple pouvoir débuter une nouvelle pile par un 1 au lieu d’un 0, pouvoir récolter plus de feuilles en un seul coup que la normal ou encore déplacer ses piles pour former de nouvelles combinaisons et obtenir des glands. En plus de tout cela, il y a aussi la possibilité d’obtenir des pions « Objectifs », permettant d’obtenir des points supplémentaires en fin de partie en fonction des piles réalisées. Et ces objectifs s’achètent, ils ne sont pas donnés !

Finalement, le jeu est très simple mais il faut tout de même penser à plusieurs choses, et savoir ni trainer ni se précipiter. C’est donc pour moi une très belle réussite. Momiji est un petit jeu de stratégie qui se sort assez facilement, avec n’importe quel type de joueurs, et dont les parties s’enchainent, ce qui est généralement très bon signe !

Nombre de joueurs : 1 à 4 joueurs

Durée moyenne d’une partie : 30 minutes

Âge : à partir de 12 ans

Prix conseillé : 19,90 euros.

Plus d’informations sur le site de l’éditeur.

Ramen Fury

©Ramen Fury, Novalis, Asmodée France

Dans Ramen Fury, vous allez devoir préparer vos bols de ramen, y ajouter les ingrédients que vous souhaitez, sans oublier votre sauce ! Faites attention à vos adversaires, ces derniers ont tous les droits d’aller vous retirer vos ingrédients préférés, ou d’y ajouter des piments pour ruiner vos plats. C’est à ce moment là que la Sauce Furie est nécessaire pour adoucir tout ça.

Au début de la partie, chaque joueur prend 3 cartes Bol de Ramen à placer devant lui, et 2 jetons Cuillères à sa disposition. On mélange le paquet de 89 cartes ingrédients, on en distribue 3 à chacun – que l’on garde face cachée – et on révèle les 4 premières cartes de la pioche au milieu des joueurs (ce qui constituera le garde-manger). A chaque tour, un joueur doit effectuer deux actions parmi les six disponibles :

  • Préparer : le joueur place un ingrédient de sa main sur un de ses bols. Les ingrédients les plus récents doivent toujours couvrir les plus anciens. Vous pouvez disposer de 5 ingrédients par bol, un assaisonnement compris.
  • Piocher : le joueur choisi entre un ingrédient du garde-manger visible ou celui du dessus de la pioche. Dès que quelqu’un prend une carte du garde-manger, il la remplace immédiatement. Si un joueur a plus de cinq cartes dans sa main, il doit en défausser pour retomber à exactement 5.
  • Cuillère : chaque joueur a 2 jetons Cuillères. Lorsqu’elle est utilisée, la Cuillère permet d’aller récupérer un ingrédient récent de son choix pour le changer de bol. Cela peut être l’ingrédient d’un bol adverse, ou de son propre bol. Elle est ensuite défaussée.
  • Réapprovisionner : il s’agit de remplacer toutes les cartes du garde-manger par quatre nouvelles cartes.
  • Manger : le joueur retourne un de ses Bols de Ramen ainsi que tous les ingrédients présents dessus pour sécuriser des points. Un bol ne peut être mangé que s’il contient au moins un ingrédient et une sauce. Une fois mangé, un bol est retourné sur sa face vide, et ne peut pas se voir retirer ou ajouter d’ingrédient.
  • Vider : le joueur peut également décider de vider totalement son bol – comme s’il décidait d’en vider le contenu à la poubelle. Il place alors tout le contenu du bol dans la défausse.

Les cartes Piment et Feuille de Nori sont soumises à des règles particulières. Lorsqu’un joueur décide de « Piocher » ou de « Réapprovisionner » et qu’un de ces deux ingrédients sort, il peut en placer un dans le bol de son choix. Un joueur ayant une de ces cartes dans sa main peut également les mettre directement dans le bol de son choix (que ça soit le sien ou non) et ce sans que cela ne compte pour une action. A la fin de la partie, chaque carte Piment fera -1 point au bol de ramen dans lequel il se trouve, à moins que ce bol ne soit assaisonné avec la Sauce Furie. La Feuille de Nori, elle, ajoute un point au total du bol dans lequel elle se trouve. La partie se termine quand un joueur a terminé de manger tous ses bols ou quand la pile d’ingrédients est vide. Tous les joueurs jouent un dernier tour une fois une de ces conditions remplies.

©Ramen Fury, Novalis, Asmodée France

 

L’avis de Camille

Déjà, on ne peut pas le nier : il y a de l’imagination sur le packaging de Ramen Fury ! Il vous faut littéralement aller chercher une paire de ciseaux pour ouvrir le paquet. Pas d’inquiétude, cela ne l’abîme pas; tout est prévu pour que vous puissiez refermer le sachet de base. De plus, les cartes et le matériel sont également contenus dans une boîte en carton sur laquelle sont dessinées des ramens. Ainsi, on a vraiment l’impression de sortir ses nouilles de son sachet pour aller les cuisiner !

Le matériel en soit est assez simple, mais fait parfaitement l’affaire et la taille de la boîte, façon voyage, rend justice à son côté « jeu familial« . Les cartes ont un style « dessins à la main » plutôt agréable à l’œil et les parties sont rapides !

Côté mécanique de jeu, on se trouve donc dans un petit jeu façon « deckbuilding » (jeu de construction de paquet de cartes est ce qui se rapproche le plus de cette expression en français) où vous allez devoir optimiser vos bols de ramen selon les ingrédients ou les sauces que vous allez y mettre. Chaque carte Ingrédient a un symbole en haut à gauche et en bas à droite qui représente sa catégorie (Légumes ou Protéines, les deux pour le Tofu). Chaque assaisonnement va vous aider à marquer des points selon s’il s’associe à des légumes ou des protéines. Par exemple, l’assaisonnement Saveur Crevette vous donnera 4 points si votre bol contient un légume et une protéine, 8 points si vous en avez deux de chaque. La Saveur Poulet fonctionne sur les paires et les brelans. La Saveur Sauce Soja comptera des points pour chaque légume différent dans votre bol et, pour finir, la Saveur Furie associée à des Piments les changera en +2 au lieu d’être des -1.

Vous allez devoir donc jongler entre vos deux actions obligatoires qu’il va vous falloir choisir avec soin, regarder un peu le jeu des autres pour qu’ils n’aillent pas plus vite que vous, et utiliser vos cuillères à bon escient. Et ne pas non plus oublier de sécuriser vos points ! Je ne dirais pas que Ramen Fury est mon jeu préféré, mais j’ai passé un bon moment entre amis !

Nombre de joueurs : 2 à 5 joueurs.

Durée moyenne d’une partie : 20 minutes.

Âge : à partir de 8 ans.

Prix conseillé : 9,50 euros.

Plus d’information sur le site de l’éditeur.

Nous espérons que ces présentations vous ont donné envie d’en découvrir plus et de tester les jeux à votre tour. Que ça soit Momiji ou Ramen Fury, ces jeux réclament un minimum de stratégie et de calcul pour pouvoir remporter la partie, alors soyez malins ! 

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