Gaming Memories #48 – Trap Gunner : Countdown to Oblivion

Bienvenue dans ce Gaming Memories d’août 2022. Après un mois de juillet endiablé sur NintendoDS, nous vous embarquons cette fois-ci vers une ambiance totalement différente… sombre, violente, malsaine. Notre cible s’appelle Trap Gunner : Countdown to Oblivion, ou tout simplement Trap Runner hors du Japon, et se passe sur PlayStation. Si vous êtes prêts à faire la fête avec des explosifs… c’est par ici !

Trap Gunner logo

Poseurs de bombe en série… ?

Ne vous affolez pas, nous ne parlons pas de terroristes ici. Racdym, société fondée en 1995 avant d’être renommée Racjin afin d’être plus facile à prononcer pour les japonais, est responsable d’un grand nombre d’opus de la série Bomberman, dont nous parlerons sans doute un jour prochain dans la rubrique. Notre jeu du mois, et vous allez bientôt le voir, se focalise sur l’utilisation de pièges et explosifs en tous genres… il semble donc que cela soit un sujet commun pour les titres de cette firme… ?

Cette dernière ne s’est cependant pas juste illustrée dans des jeux avec des explosifs, et est également à l’origine de quelques productions inspirées de grosses licences telles que Full Metal Alchemist, Bleach, ou encore Naruto. Plus surprenant encore, c’est Racdym qui a développé Final Fantasy Explorers ou Wizardry : Tale of the Forsaken Land. Le nombre de jeux à leur actif ne semble pas bien élevé (moins d’une quarantaine), mais cela ne les a pas empêché de toucher à des séries assez juteuses.

Le jeu qui nous intéresse ce mois-ci, Trap Gunner, est donc sorti sur PlayStation le 6 août 1998 au Japon, en fin septembre aux États-Unis et bien plus tard en Europe, en juin 1999. C’est Atlus, l’entreprise créatrice des séries Megami Tensei et Persona, qui s’est chargé de sa distribution au-delà de nos océans, et Konami qui s’en est occupé pour nous. Trap Gunner : Countdown to Oblivion s’est vu renommer tout simplement Trap Runner chez nous pour une raison inconnue mais pas totalement idiote : vous allez le voir, on court et on place des pièges !

Trap Gunner covers

De gauche à droite, l’illustration des boîtes japonaise, américaine et européenne. Comme dire… On s’est un peu fait arnaquer ?

Tuerie organisée

Il existe dans le monde une organisation criminelle terrifiante nommée GAIN. Ces derniers ne craignent rien, absolument rien, hormis six agents probablement capables de les détruire à jamais. Chacun d’entre eux, pour une raison ou une autre, a toutes les motivations possibles pour en vouloir à GAIN ; mais ces terroristes, qui ont eux aussi le désir de s’octroyer une substance rare et surpuissante pouvant créer le chaos, ne compte pas se laisser faire. Leur plan, pour commencer, est de semer la zizanie entre ces six agents pour que chacun voit les autres comme un ennemi et s’entretuent.

Chacun de ces combattants a sa propre histoire liée à GAIN. Des anciens amis disparus ou tués par eux, une famille massacrée, la trahison… ils ont tous une raison de se battre. Van Raily, Lou Riche, TICO, John Bishous, Abdoll Relin et Tenrô Ugetsu, ce sont leurs noms, et ils ne sont pas juste là pour faire de la figuration ! Ainsi, chacun devra se défaire des autres dans un duel à mort pour approcher de plus en plus de la vérité, et de la vengeance qu’ils espèrent tant contre l’organisation criminelle.

Il ne peut en rester qu’un

Trap Gunner est un jeu d’action-stratégie, dans lequel le but est tout simplement de traquer et tuer son adversaire dans des lieux aux topographies différentes. Pour se défendre, ils ont en leur possession, pour commencer, une arme de poing qui inflige des dégâts et stoppe leur opposant (chaque personnage a sa propre arme, Van utilise un six coups alors que John tire avec un fusil à pompe par exemple) ainsi qu’une attaque au corps à corps qui projettera leur opposant au sol – ce qui pourra être bien utile dans certaines occasions, comme nous le verrons un peu plus loin.

TG1Forcément, ils se battent à coup de pièges, explosifs ou non. Chaque personnage a sa propre spécialité (dont certaines en commun) et peut utiliser de nombreuses joyeusetés telles que des mines ou explosifs à détonateur. D’autres plus originaux viendront s’ajouter à la fête, comme les tapis roulants surprise qui projetteront un combattant contre un mur ou un autre danger, disons, par exemple une dalle trafiquée qui l’empêchera de bouger pendant plusieurs secondes, le temps par exemple de lui tirer dessus ou bien… utiliser la terrifiante arme bonus.

En effet, il est possible de récupérer plusieurs parties de ce qui est appelé « Unit » au cours d’un combat. Ceci est en fait une charge de plasma surpuissante qui inflige un nombre considérable de dommages. Une charge à tête chercheuse viendra alors poursuivre le désigné jusqu’à le toucher. Il y a cependant des méthodes pour s’en sortir indemne, justement comme cet assaut au corps à corps qui brisera l’Unit directement.

Le jeu comporte un mode histoire, qui tel un jeu de combat demande de vaincre ses adversaires jusqu’au boss final, et qui raconte les motivations de chacun. Il est aussi possible de faire des duels libres, en choisissant sa difficulté, un tutoriel et un mode versus contre un autre joueur. Trap Gunner se déroule comme un jeu de combat mais n’en étant pas un, il est possible de sauvegarder entre chaque mission et changer de personnage en cours de route. Dans le cas où l’on joue contre l’ordinateur, on peut choisir d’afficher un écran partagé avec son opposant sur un petit radar. Au joueur de choisir s’il veut espionner son ennemi, à ses dépens ou non… !

Un soft surprenant de qualités

La première chose qui marque en démarrant le jeu, c’est sa scène d’introduction. D’une 2D propre, avec un character-design bien dans l’ère de son temps, sa mélodie entraînante et dynamique donne assez vite une bonne impression. Jusqu’à être accueilli par une voix classieuse qui prononce le nom du jeu, puis l’écran affiche le menu de sélection du personnage. Là encore, la musique d’ambiance est plutôt dynamique, certes étonnante mais étrangement entrainante.

TG2

Cubique… on l’avait dit.

Une fois le personnage choisi, on tombe sur une courte scène les présentant vaguement… taillée dans une 3D cubique et déjà totalement dépassée pour son époque. Bon, d’accord, ne nous formalisons pas là-dessus ! Ce n’est qu’un détail, puisqu’on ne reverra jamais ces protagonistes d’aussi près. Les décors dans lesquels on s’affronte sont eux aussi assez simples graphiquement, mais sont suffisants en tant qu’arène de combat. Ils présentent tous des originalités pour remplir leur office. La caméra a un plan assez éloigné pour voir les décors, qui sont finalement plus importants que les personnages que l’on reconnait facilement, et on peut les tourner vers la gauche ou droite si l’on souhaite. On a tout de même parfois un peu de mal à se repérer lorsqu’il y a des dénivelés.

Si les décors ne sont pas exemplaires, ils sont cependant bien exploités par les personnages. Ici, nous ne sommes pas dans un versus fighting un peu lâche où l’intelligence artificielle sait déjà ce que le joueur va faire avant lui-même. Elle est plutôt crédible et les agents agissent de façon différente les uns des autres, et font parfois eux-mêmes des erreurs (assez idiotes des fois, prouvant que ce n’est en définitive qu’une intelligence artificielle même si elle est performante). Il y a trois modes de difficulté, mais niveau après niveau, celle-ci augmente et devient déjà bien assez corsée même au mode minimal.

Il y a d’ailleurs plusieurs ressemblances entre Trap Gunner et un jeu de combat. Le fait de s’affronter à un contre un, d’avoir un parcours fixe pour chaque personnage qui se termine par un boss de fin, et également les quelques niveaux bonus ponctuant la progression et la possibilité de jouer contre quelqu’un… cela donne un coté un peu « arcade » au jeu, mais pourtant, la concentration et la réflexion sont bien de mise, il vaut mieux éviter de faire n’importe quoi. L’apprentissage est de mise et les stratégies se font, en particulier lorsque l’on joue contre quelqu’un, et là le jeu prend tout son sens… petit bonus intéressant : Trap Gunner est compatible avec un accessoire assez rarement utilisé de la PlayStation, à savoir un câble qui permettait de lier deux consoles entre elles. L’intérêt ? Chacun pouvait jouer avec un écran entier plutôt qu’une action partagée en deux !

Attention : ces enregistrements ont été réalisés par des professionnels. Il y a peu de chances que vous surviviez aussi facilement sans entrainement.

Si le jeu fait son office graphiquement sans être détonnant, il dispose d’un coté sonore assez surprenant qui le fait se démarquer. Après cette scène d’introduction accrocheuse et dynamique, on se retrouve vite dans un mélange des genres assez étonnant. Le thème du choix du personnage est chanté, et tout le long du soft, on se retrouve baladé entre différents genres musicaux comme l’électro, le rap, la jazz… cela donne un ensemble des plus originaux, pas forcément toujours très digeste et surtout, que l’on n’aurait jamais attendu dans un tel jeu à l’ambiance graphique si sobre et au sujet aussi macabre. Et surtout, on n’a pas forcément l’occasion d’y prêter attention… le thème final du jeu, s’avère, lui aussi, montrer une tristesse étonnante… comme si l’on atteignait enfin une paix douloureuse après toute cette tuerie.

Le jeu répond bien aux contrôles assez simples. Trap Gunner est un jeu froid et pas forcément accueillant aux premiers abords, et l’on sent assez vite de la difficulté dedans, mais il offre toutes les clés pour s’en sortir. En effet, les touches sont affichées en permanence dans un coin de l’écran en cas de besoin, et il dispose d’une partie tutoriel généreuse, qui explique l’intégralité du gamesystem et de sa profondeur en une série de neuf vidéos. Une fois tout cela bien assimilé, bien entendu, il faut user de sa réflexion et de ses réflexes pour s’en tirer.

TG3Là où Trap Gunner s’avère intéressant aussi, c’est dans sa narration. Le scénario de base est plus que classique, et on peut éventuellement regretter qu’il s’agisse de la même histoire pour tous les personnages avec seulement de légères variations. Mais dans tous les cas, il dépeint une froideur touchante au travers de ces personnages remplis d’ambition et la description de leur mort : « le corps de la femme se décomposait progressivement, pour laisser peu à peu apparaître le visage paisible d’une belle femme qui lui rappelait sa sœur disparue. ». C’est le genre de scènes étranges qui entourent chaque mort – soit on s’en fiche, soit on finira par être touché par ce protagoniste que l’on vient d’éliminer.

Si finalement, ce « petit » jeu est accrocheur et donne envie de tenter « encore une fois », il n’est pas exempt de défauts pour autant. Viser correctement un adversaire pour lui tirer dessus n’est pas toujours facile, il n’y a pas beaucoup de personnages ni de décors différents (quatre déclinés en trois versions chacun), et on aurait aimé un plus grand nombre de pièges. Si l’on veut pinailler un peu, on pourrait aussi regretter une ergonomie qui aurait pu être améliorée (quitter un mode scénario entre deux niveaux demande de lancer le stage suivant puis de le quitter, sortir du menu versus ne demande pas juste d’appuyer sur un bouton de retour en arrière…). Des petites erreurs pourtant simples à corriger, et c’est bien dommage au vu de l’addiction qu’un jeu de ce genre peut provoquer !

Trap Gunner Cover

De gauche à droite et haut en bas : Van Raily, Lou Riche, Abdoll Relin, TICO, John Bishous et Tenrô Ugetsu.

Trap Gunner n’eut aucun héritier, et sans doute assez peu de reconnaissance (et cela se voit dans des critiques de presse assez mitigées). Il est pourtant intéressant, et serait typiquement le genre de jeu qui peut plaire de nos jours, grâce à son gameplay multijoueur finalement répétitif mais riche et permissif. Nous n’irons sans doute pas jusqu’à dire qu’il s’agit d’une petite perle, mais c’est en tous cas un très bon soft, assez rare dans son genre (on peut créditer des titres tels que Spy vs. Spy ou Bomberman à coté de lui), auquel il ne faut pas hésiter à donner une chance si possible. Qui sait. L’essayer sera peut-être l’adopter !

Captures d’écran prises par JDJ. Crédits des autres visuels : Tous droits réservés ©Racjin

1 réponse

  1. Pignot dit :

    Bon article . Ah, je n’ai pas eu le jeu, mais me rappelle d’y avoir joué via une démo sur une revue spécialisé de l’époque qui mettait gracieusement me premier niveau de plusieurs jeu.. La musique à réveillé certains souvenirs..

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