Oni : Légendes du tonnerre : le folklore japonais à l’honneur sur Netflix

La mini-série du studio Tonko House (Le cochon, le renard et le moulin) Oni : Légendes du tonnerre est disponible depuis le 21 octobre sur la plateforme Netflix. Que nous réservent les 4 épisodes que l’on vous conseille de regarder d’une traite comme un long film ? Avec ses yôkai et kami, les thèmes abordés et la qualité de son animation, la création de Daisuke « Dice » TSUTSUMI réunit tous les ingrédients pour plaire aux amoureux du Japon traditionnel.

Il était une fois Onari au pays des Oni

On retrouve au scénario la Japonaise Mari OKADA qui avait aussi écrit l’histoire de Loin de moi, près de toi pour Netflix. Dans un monde mystique où règnent dieux (kami) et esprits (yôkai) japonais, une petite fille courageuse, Onari, cherche à suivre les traces de son mystérieux père et à découvrir ses pouvoirs. Les enfants du village y vont à l’école pour révéler et apprendre à utiliser leur pouvoir hérité de leurs parents, kushi. Le mont Kami-gami est malheureusement menacé par une malédiction. Dans quelques jours, lors de l’éclipse lunaire ou lune rouge, une horde de démons, les Oni, franchiront le pont Modori pour attaquer le paisible village. L’héroïne arrivera-t-elle à réveiller son pouvoir pour protéger sa maison et ses amis ?

Si le développement de l’héroïne est classique, on s’attache à Onari et à son père Naridon, un Oni balourd et muet. Il s’agit d’une série familiale divertissante qui n’oublie pas cependant d’être intelligente en abordant des thèmes comme l’amitié, le harcèlement scolaire, la pression que peuvent se mettre les enfants, mais aussi les attentes démesurées que peuvent avoir des adultes envers leur progéniture… Avec Calvin, un petit garçon américain vivant au Japon, le thème de l’étranger (gaijin, la « personne de l’extérieur ») est aussi bien abordé. Oni : Légendes du tonnerre est un appel à la tolérance et un rappel au droit à la différence.

Le thème de l’écologie et de la biodiversité, avec les mori no ko et le projet de construction d’un centre commercial notamment, est particulièrement bien amené et développé sans en faire trop ou tomber dans le piège du conte écologique vu et revu. Les monstres ne sont pas forcément ceux que l’on croit …

Des yôkai plus vrais que nature grâce une technique maîtrisée

La série mélange parfaitement bien la technique de stop-motion ou animation pas-à-pas avec les images de synthèse. Le travail du studio japonais d’animation en stop-motion Dwarf Studios (Rilakkuma et Kaoru) ainsi que celui du studio de conception d’images de synthèse Megalis VFX (Belle) donne à la création originale de Tonko House davantage d’âme que si la mini-série avait été réalisée en animation traditionnelle. Et au niveau du doublage, le casting est réussi. George Takei (Star Trek) incarne parfaitement M. Tengu. Saluons aussi la prestation de Craig Robinson (The Office, Brooklyn Nine-Nine) qui donne sa voix à Naridon ainsi que Momona Tamada (Onari) et Archie Yates (Kappa).

A l’école des yôkai avec M. Tengu dans le rôle du professeur ©Netflix

On avait adoré la fable du cochon, du renard et du moulin et cette nouvelle création originale du studio Tonko House est encore une fois une belle réussite ! L’histoire d’Onari et des yôkai est une mini-série pour toute la famille qui réussit à aborder avec brio, humour et action sans lourdeur, des thèmes universels facilement compréhensibles pour les plus de 7 ans. Même les éléments du folklore japonais restent à la portée des plus petits. Megalis VFX pour la 3D et Dwarf Studios pour le stop-motion ont livré une belle animation en pas-à-pas mixant des images de synthèse donnant une création assez originale et des personnages vraiment vivants. Les doublages et la musique sont eux aussi de belle facture, et permettent à tout le monde, adultes comme enfants, de rentrer dans le monde des yôkai et des oni !

Une magnifique fin au rythme des taiko ©Netflix

David Maingot

Responsable Culture à JDJ et passionné de la culture et d l'histoire du Japon, je rédige des articles en lien avec ces thèmes principalement.

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