Le japonais est-il une langue subjective ?

C’est ainsi que se nomme le chapitre 8 de l’ouvrage Le Sujet et la Subjectivité au Japon : approches linguistique, littéraire et philosophique étudié dans cet article traitant de la langue japonaise. Rédigé sous la direction de Jean Bazantay et Yayoi Nakamura-Delloye, c’est un livre publié en septembre 2025 par Armand Colin dans sa collection La Cité des lettres.

Pour vous parler de cet ouvrage, nous avons décidé de vous résumer l’introduction ainsi que le chapitre 8 ayant pour sujet la subjectivité dans la langue japonaise. Nous avons pensé intéressant de vous partager ces connaissances : vous pourrez ainsi vous rendre compte que la langue nippone est peut-être plus subjective que vous ne le pensiez. Reportez-vous au glossaire en fin d’article pour l’ensemble des termes techniques de linguistique.
Introduction
La première question qui vous est peut-être venue à l’esprit dans les quelques lignes précèdentes c’est : qu’est-ce que la subjectivité ? Et comment ce concept pourrait-il s’appliquer à une langue ?
Les auteurs du livre ont décidé de laisser de côté la définition traditionnelle de la subjectivité (objet influencé par la vision d’un locuteur). Ils lui ont préféré la définition fournie par André Lalande dans son ouvrage Vocabulaire technique et critique de la philosophie (1926) définissant comme subjectif : « ce qui appartient à un sujet ». Ainsi, ce livre s’attache à étudier ce qui, dans la langue, est un fragment du locuteur. Cette étude intéressante met en évidence les moyens offerts par une langue aux individus pour s’exprimer tous différemment et de manière unique. En d’autres termes, comment au travers de la langue, pouvons-nous faire part de notre propre individualité, de notre propre subjectivité.
Ainsi en japonais, selon Tokieda1 (1941), les auxiliaires (jodôshi 助動詞), les particules (joshi 助詞), et les mots de liaison sont des marqueurs de subjectivité. La subjectivité (et donc la trace du sujet parlant) concernant les auxiliaires pourrait être illustrée avec des verbes auxiliaires bénéfactifs2 tel que kureru (me donner) et des verbes de déplacement tel que kuru (venir) étant donné que ces verbes expriment un changement de déictique3 (voir la partie sur les prédicats subjectifs pour de plus amples explications). Tokieda considère que tous les types de particules relèvent de la subjectivité car ces mots contiendraient des notions de jugement, sensation ou encore de désir du sujet parlant.
Une cinquantaine d’années plus tard, Matsuoka4 (1997) évoque le cas des prédicats subjectifs (sukansei jutsugo 主観性述語). Ce sont des mots situés à la fin de la phrase qui commentent ce que l’on dit du sujet ou thème. Nous pouvons par exemple penser à : kanashii (triste), shizuka (calme) ou encore sôda (sembler). Nous y reviendrons en détail lorsque nous aborderons le chapitre 8.
Nous pourrions aussi considérer que la focalisation paradigmatique5, nommée toritate en linguistique japonaise, peut exprimer une subjectivité du locuteur en utilisant des particules adverbiales. En effet, l’utilisation de ces adverbes permet de porter l’emphase sur certains éléments de la phrase afin d’y ajouter une nuance toute particulière. Par exemple, la particule nado (entre autres) peut avoir un sens négatif comme dans la phrase 1. Ou bien encore la particule mo (aussi) peut exprimer la surprise quand elle est mise en relation avec un degré comme dans la phrase 2.
(1)
Je ne lis pas quelque chose (de stupide) comme des mangas.
漫画など読まない。
Manga nado yoma-nai.
(2)
Quoi, tu as dormi douze heures ?
え、十二時間も寝たんですか
E, jū ni jikan mo neta n desu ka.
Chapitre 8 : le japonais est-il une langue subjective ?
Le chapitre sur lequel nous allons nous concentrer ici est rédigé par l’enseignante-chercheuse en linguistique japonaise à l’INALCO (Institut National des Langues et Civilisations Orientales), Yayoi Nakamura-Delloye.
Nous pouvons tout d’abord convenir que la notion de subjectivité (shukansei 主観性) est une notion complexe à définir car encore peu étudiée. Cependant, la linguistique cognitive6 tend à considérer que l’expression linguistique produite par un locuteur contient toujours plus ou moins une empreinte du sujet parlant.
Afin d’observer ce phénomène de subjectivité des sujets parlants à l’œuvre, ce chapitre se concentre sur l’étude de deux formes linguistiques japonaises permettant de représenter l’interprétation subjective du procès 7par le sujet parlant : les prédicats subjectifs et les structures passives.
La syntaxe comme vecteur de subjectivité
Afin de mieux comprendre la notion d’objectivité et de subjectivité, nous pourrions nous baser sur les travaux d’Ikegami8, un linguiste japonais contemporain. En effet, il considère que le sujet peut prendre deux positions vis-à-vis du procès qu’il décrit : prendre une part active dans le procès (interprétation subjective) ou bien s’en distancier pour l’interpréter (interprétation objective).
Concernant l’interprétation objective, soit le sujet parlant n’est pas l’un des participants du procès à décrire et dans ce cas il aura « automatiquement » une interprétation objective, soit le sujet parlant participe au procès et il devra alors réaliser une opération cognitive pour se positionner à l’extérieur du procès. Ikegami nomme « division du moi » (jiko bunretsu 自己分裂) l’opération par laquelle le sujet arrive à objectiviser sa propre personne alors qu’il participe au processus en cours.
Tokieda (1941) avait déjà formalisé ce concept de « division du moi » avant Ikegami et affirme que lorsque le pronom personnel watashi (私 – je) apparaît dans une phrase, il n’indique pas le sujet parlant lui-même mais le sujet objectivé via la « division du moi ». Il s’agirait donc pour le locuteur qui utilise le pronom watashi d’avoir une réflexion métalinguistique sur sa propre interprétation (le locuteur sort des énoncés à la première personne pour parler de manière objective et éloignée de lui-même – il parle de lui à la troisième personne). L’exemple ci-dessous peut illustrer cette notion de la linguistique japonaise. Prenons le cas où deux locuteurs natifs, un Anglais et un Japonais, sont perdus quelque part. Ils souhaitent produire un énoncé où ils s’interrogent sur l’endroit où ils sont. Nous pourrions nous attendre à ce que le locuteur anglais produise l’énoncé 3 tandis que le japonais produirait naturellement l’énoncé 4.

(3)
Where am I ?
(4)
ここは、どこですか。
Koko wa, doko desu ka. (Litt. “Ici, c’est où ? »)
Nous pouvons distinguer une différence entre les deux langues (qui est aussi valable en français). En japonais le pronom personnel de la première personne est absent, tandis qu’en anglais (et en français), le pronom personnel sujet est obligatoire. L’énoncé 3 est un exemple de « moi objectivé ». C’est-à-dire que le « I » est utilisé pour référer au locuteur d’un point de vue externe à sa propre situation. C’est comme si le locuteur réalisait un dédoublement où il devient le commentateur de sa propre personne. Dans l’énoncé 4, le locuteur est représenté par un marquage zéro. Il n’y a aucun pronom personnel utilisé pour référer à lui-même comme en anglais. Le locuteur ne se place donc pas comme un commentateur extérieur mais, au contraire, comme un sujet parlant expérimentant la situation de manière interne. Il s’agit donc d’une interprétation subjective. Cette représentation par l’absence de pronom personnel n’est valable que pour les cas où le sujet parlant est un participant direct du procès/de l’action décrite.
Pour les situations où le sujet parlant n’est pas un participant direct du procès, selon Ikegami, l’interprétation subjective exige de celui-ci une opération cognitive qui lui permet de se transférer à l’intérieur du procès, opération qu’il nomme « projection du moi » (jiko tônyû 自己投入). C’est cette projection du moi qui permet au sujet parlant de se projeter dans une interprétation subjective de la situation (et ainsi de passer d’une situation d’externe objectif à interne subjectif).
Les prédicats subjectifs
Les prédicats subjectifs (shukansei jutsugo 主観性述語, Matsuoka, 1997) permettent d’exprimer un sentiment ou une sensation. C’est donc la sémantique9de ces prédicats qui les rend subjectifs. En termes de prédicats subjectifs, nous pouvons citer les adjectifs de sentiment (kanjô keiyôshi 感情形容詞) et des verbes composés d’une onomatopée auxquels on ajoute le verbe suru (faire) tels que iraira-suru (s’agacer) ou zukizuki-suru (ressentir des élancements).
L’utilisation d’un prédicat subjectif pour décrire l’état interne d’autrui nécessite une « projection du moi ». En l’absence de « projection du moi », on considère que la personne sujette de l’état interne est le sujet parlant lui-même. Cette condition grammaticale est nommée « restriction sur la personne » (ninshô seigen 人称制限). Par exemple, l’énoncé kanashii signifie « je suis triste » avec le sujet parlant représenté par zéro. En revanche, il est impossible de décrire l’état interne d’autrui avec le même énoncé/le même prédicat sans « projection du moi ». L’exemple 5 est donc agrammaticale, non conforme aux règles de la grammaire japonaise.

(5)
Ma mère est triste.
母は悲しい。
Haha wa kanashii.
Selon Ikegami, cette restriction sur la personne des prédicats subjectifs est due au fait qu’un état interne est une expérience personnelle à laquelle les autres personnes ne peuvent pas accéder.
En japonais, il faut donc recourir au marqueur évidentiel qui permet de relativiser une affirmation en y ajoutant une nuance de probabilité, de conditionnel. Ainsi l’exemple 6 est grammatical car il possède le marqueur évidentiel sôda.
(6)
Ma mère paraît triste.
母は悲しそうだ
Haha wa kanashi-sôda.
Certains linguistes considèrent que les expressions évidentielles permettent le désengagement du locuteur face à la vérité du contenu propositionnel. En japonais, cela confirme que le locuteur se base sur la présence d’un indice externe pour transmettre une information concernant l’état mental d’autrui. Ce recours à l’évidentialité témoigne de la tendance de la langue japonaise à respecter la subjectivité d’autrui et à interdire au locuteur de parler à la place de quelqu’un d’autre.
Cette restriction sur la personne ne s’applique pas aux adjectifs de propriété (zokusei keiyôshi 属性形容詞) car bien que leur sémantisme puisse également être considérée comme subjective, ces adjectifs évoquent la possibilité de croire en une perception partagée (chikaku kyôyû no shinnen 知覚共有の信念). Par exemple, même si le concept de couleur est en partie subjectif, il n’est pas impossible que plusieurs personnes se mettent d’accord pour nommer « bleu » la couleur du ciel. Cette perception partagée ne pourrait pas être possible avec des prédicats subjectifs comme itai (douloureux).
Ce qui différencie les adjectifs de propriété des prédicats subjectifs, c’est qu’ils expriment une qualité relative à un repère que chaque locuteur peut percevoir et définir d’après ses expériences.
Enfin, Nakamura-Delloye définit les expressions subjectives comme étant « des unités signifiantes dont le signifié comporte un trait paramétré avec le centre déictique ». Afin d’éclairer cette définition, nous pouvons nous questionner sur le sens du centre déictique. Un centre déictique peut être défini comme un ancrage dans l’espace et le temps qui conditionne la compréhension d’un ou plusieurs énoncés. Ce sont donc des énoncés qui ne peuvent être compris que dans leur contexte d’énonciation. Ainsi, nous ne pouvons définir un centre déictique « que par rapport à l’identité ou à la situation des interlocuteurs au moment où ils parlent ». Par exemple, pour comprendre l’énoncé « Je suis ici », il est nécessaire de se situer à côté du locuteur afin d’avoir les connaissances pragmatiques pour savoir ce que représente le « ici ». Dans cet énoncé, le centre déictique est « je » car c’est à partir de lui que l’on peut comprendre l’énoncé.
En considérant cette définition, les verbes kuru (venir) et kureru (me donner) peuvent être perçus comme des expressions subjectives car ces verbes contiennent respectivement une nuance de déplacement vers le centre déictique et la cible qui est le centre déictique.
Les structures passives
La structure passive vue comme préjudiciable pour le locuteur est un des procédés en japonais pour produire une interprétation subjective.
Selon Ikegami (2003), ce qui différencie les structures actives des structures passives se trouve dans la réalisation de la projection du moi énoncée plus tôt dans les structures passives. Tandis que dans les structures actives japonaises, le sujet parlant (lorsqu’il parle de lui) omet le pronom personnel sujet, les structures passives sont donc marquées par la présence de watashi (私 – je).
En 1991, Matsuoka distinguait deux types de structures passives :
– celles qui décrivent la propriété du sujet (zokusei jojutsu judôbun 属性叙述受動文) comme dans l’exemple (comment est quoi ?)
X est contenu dans Y.
ⅩはYに含まれる。
X wa Y ni fukum-areru.
– celles qui décrivent un événement. Ces dernières se divisent en deux classes :
- – les phrases passives d’influence subie (juei judôbun 受影受動文) comme pour l’exemple (le patient victime devient le sujet de la phrase et l’agent agresseur devient complément – ce qui permet de mettre l’emphase sur la victime).
Je me suis fait marcher sur les pieds dans le train.
電車の中で足を踏まれた。
Densha no naka de ashi o fum-areta.
- les phrases passives de rétrogradation de l’agent (kôkaku judôbun 降格受動文) comme pour l’exemple
Les copies ont été ramassées.
答案用紙が回収された。
Tooan yooshi ga kaishuu-sareta.
Comme l’explique Matsuoka, les phrases passives d’influence subie expriment le fait qu’un événement exerce une influence sur le sujet et qu’elles sont essentiellement employées par le locuteur pour parler de sa propre existence. Donc les phrases passives d’influence subie sont par définition subjectives.
Conclusion
Nous pouvons conclure après divers exemples que la langue japonaise est belle et bien subjective :
– en commençant par les prédicats subjectifs et la notion de centre déictique pour comprendre le mécanisme linguistique de la projection du moi ;
– en utilisant les structures passives qui résultent d’une interprétation subjective avec le fait que le sujet parlant devienne le participant principal subissant l’événement décrit ;
– en passant par les auxiliaires, les particules, les mots de liaison ou encore les particules adverbiales.
Nous pouvons constater que la subjectivité est présente dans de nombreuses formes grammaticales ou lexèmes10en langue japonaise. Cependant, il est important de garder à l’esprit que la subjectivité comme tout concept linguistique, n’est pas une valeur binaire. Il s’agirait plus d’un continuum, d’une graduation sur laquelle les langues sont plus ou moins subjectives dans un domaine linguistique donné.
Plus particulièrement, l’étude de la notion de subjectivité nous renseigne sur la sémantique et la syntaxe d’une langue. Ces nouvelles connaissances peuvent nous être utiles pour découvrir de nouveaux concepts linguistiques, pour mieux appréhender les langues apparentées à la langue étudiée ou encore pour avoir des connaissances métalinguistiques (des connaissances sur l’utilisation de la langue et non pas des connaissances langagières propres comme la grammaire ou le vocabulaire). Concernant les apprenants de langue japonaise, ces connaissances leur seront évidemment utiles, mais elles ne sont pas nécessaires à l’établissement de bases solides communicationnelles. Enfin, et surtout, ces connaissances profitent le plus à la recherche en linguistique japonaise (dans des domaines comme la syntaxe, la sociolinguistique ou en encore la sémantique lexicale).
Bibliographie
-Bazantay, Jean et Nakamura-Delloye, Yayoi. Le Sujet et la Subjectivité au Japon : approches linguistique, littéraire et philosophique. Armand Colin. La Cité des lettres. 2025.
-Nakamura-Delloye, Yayoi. Notion de linguistique japonaise « toritate » et effet de focalisation. Faits de Langues. Volume 49 (2018). Issue 2 (octobre 2019). P.109–130.
Glossaire
- TOKIEDA Motoki (1900-1967) était un linguiste japonais pionnier dans la description et l’interprétation de la langue japonaise d’un point de vue de la syntaxe. Dans le cas de cet article, il a été un acteur contemporain influent du débat sur la subjectivité de la langue japonaise.
↩︎ - Les verbes auxiliaires sont des verbes qui peuvent être utilisés avec un autre verbe non auxiliaire. Les verbes auxiliaires se placent juste après un verbe non auxiliaire en forme en TE (le plus souvent). Par exemple, dans l’expression mite kurete arigatô (見てくれてありがとう), que nous pourrions traduire par « merci d’avoir regardé…». Si nous analysons cette phrase, nous avons un premier verbe non auxiliaire mite (regarder) puis un verbe auxiliaire kurete (me donner – il est auxiliaire puisqu’il est utilisé en composition avec le premier verbe) puis nous avons l’expression arigatô (merci). Enfin, le terme bénéfactif signifie qu’une action a été réalisée au bénéfice de quelqu’un. Les verbes bénéfactifs concernent les verbes de donation et de réception.
↩︎ - Le terme déictique renvoie à la notion de centre déictique : « Un centre déictique peut être défini comme un ancrage dans l’espace et le temps qui conditionne la compréhension d’un ou plusieurs énoncés. Ce sont donc des énoncés qui ne peuvent être compris que dans leur contexte d’énonciation ». Ainsi, les verbes auxiliaires influencent le centre déictique en le modifiant. Le verbe auxiliaire kuru apporte une nuance de déplacement vers le centre déictique (vers la cible temporelle et spatiale) et le verbe kureru apporte une nuance où c’est la cible (le bénéficiaire de l’action) qui devient le centre déictique.
↩︎ - MATSUOKA Takashi (1950-) est un professeur émérite de Kobe city University of foreign studies. Il étudie et enseigne la linguistique japonaise et a été pionnier dans la description de la langue japonaise (grammaire descriptive du fonctionnement de la langue). Il a notamment réalisé une thèse sur la modalité en langue japonaise.
↩︎ - La focalisation paradigmatique pourrait être décrite comme étant le fait de mettre l’accent sur un élément particulier de la phrase pour y ajouter un sens particulier. Je reprendrai l’explication de NAKAMURA-DELLOYE Yayoi dans son article Notion de linguistique japonaise « toritate » et effet de focalisation : « Toritate consiste à mettre en relief certains composants de la phrase, tout en les mettant en relation avec d’autres éléments semblables à l’arrière-plan, afin d’ajouter un sens particulier. Cet effet est produit en japonais principalement par les particules de toritate (PT), essentiellement des particules appelées adverbiales dans les grammaires traditionnelles, telles que dake ou sae[…] ».
↩︎ - La linguistique cognitive est un courant linguistique né dans les années 1980 qui postule que « la création, l’apprentissage et l’usage du langage trouvent leur meilleure explication par référence à la cognition humaine en général ». Il s’agit donc d’une nouvelle discipline scientifique mêlant les sciences cognitives et les sciences du langage. Le langage est pensé au prisme des neurosciences, de la mémoire, des réseaux neuronales, etc.
↩︎ - Le procès est, en linguistique, synonyme de « processus ». Ainsi un procès est un processus exprimé par un prédicat. Ce prédicat peut exprimer un procès dynamique (verbe d’action) ou bien un procès statif (verbe d’état).
* ↩︎ - IKEGAMI Yoshihiko (1934-) est un linguiste japonais qui a étudié des domaines de la linguistique comme la sémiologie, la sémiotique ou encore la syntaxe. En 1995, il prend sa retraite de l’Université de Tokyo et devient professeur émérite.
↩︎ - La sémantique est un domaine des sciences du langage qui s’intéresse au sens des mots. Ici, le terme est synonyme de « sens ».
↩︎ - Un lexème est une unité linguistique et lexicale abstraite non directement observable dans l’énonciation, dans laquelle la valeur des éventuels traits de flexion (comme le pluriel, le genre, etc.) reste non spécifiée (neutre). Par exemple dans l’énoncé Les amis de mes amis sont mes amis, nous pouvons comptabiliser 5 lexèmes : LE, AMI, DE, MON, ÊTRE. Cependant, dans l’article, le terme est synonyme de « mot ». ↩︎

