AiNA THE END : une chanteuse fidèle à ses principes
Parmi les interprètes japonaises avec une voix reconnaissable entre mille, il y a AiNA THE END. La jeune chanteuse s’est fait connaître au sein du groupe d’idols rock’n’roll BiSH avant de prendre son envol en solo. Pour beaucoup, elle est la chanteuse des génériques de Dandadan, Les Carnets de l’apothicaire ou encore Mobile Suit Gundam: The Witch From Mercury.
Présentation de la chanteuse AiNA THE END
AiNA THE END est née en 1994 et est originaire d’Osaka. Elle fait du jazz et de la danse contemporaine depuis l’âge de quatre ans. Elle voulait être danseuse et passe beaucoup d’audition, mais elle est toujours refusée. Une amie lui suggère lors d’un karaoke d’essayer de chanter. Pourquoi pas se dit-elle. Pour maximiser ses chance elle part à Tokyo pour se lancer dans une carrière de chanteuse. Mais rien ne se passe comme elle l’espérait et elle devient sans domicile fixe. Dans l’émission Bokura no Jidai le 22 février 2026 elle raconte : Je marchais de la gare de Nakano jusqu’au matin, car si je restais au même endroit, des inconnus m’abordaient. Dès que le premier train arrivait, j’allais travailler à mi-temps avec le peu d’argent que me donnait le gérant.
Elle commence vraiment sa carrière en 2015 lorsqu’elle fait partie des finalistes pour intégrer le groupe d’idols BiSH. C’est la fin des galères (ou presque). Loin d’être ordinaire, leur style musical oscille entre rock et punk. AiNA THE END, elle, se distingue de ses partenaires grâce à sa voix rauque et écorchée. Son premier album solo sort en 2021. Il est sobrement appelé THE END. La même année, elle ne chôme pas et sort son deuxième album : The Zombie. Après sept albums, des mini-albums et plusieurs dizaines de singles, BiSH se sépare en 2023. Le troisième album solo d’AiNA THE END, Debut, sort après la séparation de BiSH.
Pourquoi avoir choisi AiNA THE END comme nom de scène ? Elle répond : Je voulais mettre fin à ma vie et devenir une nouvelle personne, alors je suis devenue AiNA THE END.
Sa voix est souvent jugée trop grave, trop rauque, trop originale. On attend d’une idole japonaise une voix fluette et sans aspérité. AiNA THE END va contre vent et marée chanter avec cette voix si particulière. Elle va en faire une force. Sa marque de fabrique. C’est sans aucun doute son plus grand défi en tant que chanteuse. Et elle a eu raison de rester fidèle à ses principes en tenant tête à l’industrie et aux haters sur les réseaux sociaux.
Artiste complète, elle compose divers titres pour des publicités et des génériques. Parallèlement à sa carrière musicale, elle a interprété le rôle principal de Janis Joplin lors de la première japonaise de la comédie musicale de Broadway, Janis, en 2022. En octobre 2023, elle a joué dans son premier film, Kyrie’s Song, réalisé par Shunji Iwai, performance qui lui a valu de nombreuses récompenses prestigieuses. Elle a donc plus d’une corde à son arc.
Le 27 novembre 2024, elle a sorti RUBY POP, son quatrième album solo. À l’international, elle se fait connaître avec le générique de début de Dandadan, Kakumei Dôchû – On The Way. Le titre cumule plus de 122 millions d’écoutes rien que sur Spotify. Quant au clip, c’est pas moins de 44 millions de vues. Son passage sur la chaîne THE FIRST TAKE a capté l’attention avec une interprétation haute en couleur de Kakumei Dôchû.
La chanteuse écrit plusieurs titres pour des anime comme Les Carnets de l’apothicaire, Moonrise, Mobile Suit Gundam: The Origin ou l’excellent générique de fin Red:birthmark pour Mobile Suit Gundam: The Witch From Mercury qui restera plus dans les mémoires que le générique de début.
AiNA THE END a fait une apparition remarquée en décembre 2025 à la convention espagnole Manga Barcelona. Ce qui nous a permis de prendre contact avec son équipe et de réaliser une interview.
AiNA THE END × Journal du Japon
Journal du Japon : Pour les personnes qui ne vous connaîtraient pas encore, qui est AiNA THE END ?
AiNA THE END : Je pratique la danse contemporaine et le jazz depuis l’âge de quatre ans, donc la danse a toujours été pour moi un moyen d’expression très important. En parallèle, j’ai commencé le chant à dix-huit ans, et je pense que cela fait de moi une artiste qui attache autant d’importance au chant qu’à la danse.
Vous avez commencé votre carrière en tant que membre d’un groupe, quelles ont été les difficultés, mais aussi les aspects positifs de cette expérience ?
Nous étions six filles, en début de vingtaine, et encore naïves. Avec le recul, j’aurais aimé que nous communiquions de manière plus directe et honnête entre nous. On finissait souvent par se disputer, mais je pense que cette expérience m’a été bénéfique pour gagner en maturité. Aujourd’hui je repense à cette période avec nostalgie et tendresse.
Comment décririez-vous votre évolution artistique depuis vos débuts, et qu’est-ce que ça fait de devenir artiste solo ?
Je ressens un bien plus grand sens des responsabilités. Avant, je ne réfléchissais pas tant que ça à des choses comme les titres des chansons, mais depuis que je suis devenue artiste solo, je soigne chaque titre avec beaucoup d’attention. Et avec ça, j’ai aussi développé un sentiment de responsabilité beaucoup plus fort pour chaque performance sur scène.
Quelles sont vos principales sources d’inspiration en ce moment ?
Ces derniers temps, je lis beaucoup de recueils de poésie, et je suis particulièrement fascinée par la poésie de Shûji Terayama. J’aime aussi les films et les recueils de poésie anciens, surtout ceux qui ont un style classique, à l’ancienne.
Comment l’atmosphère, l’émotion et la présence diffèrent-elles entre un enregistrement en studio et une performance live ? Et est-ce que l’énergie du public change la manière de chanter ou de danser par rapport au studio ?
C’est complètement différent. En studio, il n’y a pas de public, donc je prends plaisir à la réaction chimique entre moi et la mélodie. Mais en concert, il y a le public, et je peux projeter mon énergie vers lui et ça me booste énormément.
Comment faites-vous face à la pression ou au doute dans votre vie créative ?
On ne peut pas vraiment échapper à la pression. Il y a beaucoup de musiciens qui vivent une pression bien plus forte que la mienne, et ça m’aide de me dire que je peux encore me dépasser.
L’aventure Dandadan : La révolution est en marche !

Comment est née la création de On The Way, la chanson qui vous à fait connaître à l’international (générique d’ouverture de l’anime Dandadan) ?
Quand les mots Kakumei Dôchû (en anglais On the Way to Revolution) me sont venus soudainement à l’esprit, j’ai ressenti un énorme élan de confiance, comme un déclic, et je me suis dit : « Ok, ça peut marcher ! »
Mais en parallèle, le processus de création a été rempli de moments plus difficiles, comme lorsque je n’arrivais pas à obtenir exactement le son que j’avais en tête. En travaillant avec Shin Sakiura [Ndlt : guitariste, compositeur et producteur] sur la chanson, c’était parfois compliqué d’exprimer mes idées avec des mots, ce qui rendait le processus assez difficile par moments.
D’ailleurs comment s’est passée votre collaboration avec lui ? Est-ce que vous écriviez d’abord les paroles, puis il composait l’instrumental, ou l’inverse ?
Avec Shin-kun, on commence généralement par décider ensemble de la progression d’accords, et ça a été pareil pour On the Way. J’ai écrit les paroles seule chez moi, mais nous avons créé la musique ensemble, dans le même espace.
Quelle est la plus grande leçon que vous ayez apprise en évoluant dans l’industrie musicale ?
C’est que les fans me voient vraiment telle que je suis. Ils ne se contentent pas de voir la surface, l’image que l’artiste projette au monde. Ils imaginent aussi ce qu’il se passe en coulisses, et prennent ça en compte — ils peuvent sentir si je vais bien ou non (rires). J’ai alors compris qu’il n’y avait aucune raison de le cacher.

Vous avez déjà 10 ans de carrière derrière vous — qu’aimeriez-vous dire à l’AiNA du passé ?
Je me dirais : « Tu devrais te soucier davantage des membres du groupe » (rires). À l’époque, j’étais tellement concentrée sur mes propres activités que je ne prenais même pas le temps de célébrer des choses comme les anniversaires. Je pense que j’aurais dû accorder plus d’attention aux personnes autour de moi afin de partager ces moments avec elles.
Vous avez eu l’opportunité de chanter pour la première fois au Kôhaku Uta Gassen [Ndlr : concert du réveillon du nouvel an diffusé sur la NHK], comment avez-vous abordé cet événement ? Est-ce un moment important dans votre carrière de chanteuse ?
Je pense que ça a été un véritable jalon dans ma carrière, et je suis très reconnaissante d’avoir pu vivre une expérience aussi précieuse. Pour le Kôhaku, j’ai fait fabriquer un costume spécial, j’ai personnellement sélectionné les 16 danseurs qui m’ont accompagnée, et plein d’autres choses pour la première fois. J’étais nerveuse, mais j’ai travaillé dur pour que tout le monde profite d’une expérience mémorable.
Un dernier mot pour vos fans français ?
Bonjour. Je m’appelle AiNA THE END. Mes parents sont allés en France en vacances à l’époque et j’ai toujours rêvé d’y aller aussi, donc j’espère pouvoir venir bientôt ! Prenez soin de moi quand je serai là-bas ! Allons manger quelque part ensemble ! (rires)
Traduction par : Black Screen Records

