[Live Report] POLYSICS + the telephones, les fous sont de sortie

En cette année 2013, alors que déferlent sur notre contrée moult groupes japonais plus imposants les uns que les autres, le fan de J-Music lamba aurait pu en oublier la venue de « petits » groupes qui, mine de rien, ravivent l’enthousiasme des premiers émois J-Musiquiens. Les déjantés POLYSICS font partie de cette catégorie. 

POLYSICS - Photo Lōlu

 

Après une première (timide) apparition en 2006 au festival des « Eurockéennes de Belfort »:http://www.youtube.com/watch?v=DZ3L0BvfQ5g, puis à la Vilette Sonique en 2007, le groupe est revenu en force cette année, avec pas moins de huit dates rien qu’en France ! Une tournée européenne de grande ampleur, qui s’est vu gratifiée du groupe japonais the telephones pour la première partie.

 Deux groupes pour le prix d’un, dans une salle favorisant le contact humain, il n’en fallait pas plus à Journal du Japon pour se rendre se place : direction le Divan du Monde à Paris !

I hate disco

Après une promotion quasiment inexistante (qui semble être l’apanage des groupes japonais ces derniers temps), un bide intersidéral était à craindre pour cette tournée qui semblait être démesurée. Mais cela était sans compter sur la notoriété de POLYSICS, qui peut se targuer d’être un des seuls groupes japonais à avoir une reconnaissance internationale dépassant les frontières des japanophiles. Une popularité confirmée à la vue de l’hétérogénéité du public présent ce soir-là, dont la moyenne d’âge avoisinait les 25-30 ans. Des spectateurs matures donc, prêts à être galvanisés par ces deux groupes hors normes.
Lorsque les lumières s’éteignent, la salle est quasiment pleine. The telephones investissent alors la petite scène, arborant un look qui pourrait être qualifié d’« hippie disco ». La surprise se peint sur les visages du public alors que le claviériste Nobuaki nous exulte de faire du bruit à grand renfort de gestes et mimiques assez hilarantes. Le ton est donc donné, the telephones ont l’air aussi survolté que POLYSICS et sont bien décidés à mettre l’ambiance.

the telephones - Photo Lōlu

Les premières chansons passent comme une lettre à la poste, ça remue gentiment dans la salle et les sourires sont de mises face au fantastique spectacle qu’offre à lui seul le claviériste, chargé sur une batterie à 10 000 volts (au moins). Leur musique, entraînante à souhait, rappelle cette vague de groupes anglo-saxons du milieu des années 2000 (Franz Ferdinand ou Kaiser Chiefs en tête) et réveille en nous de vieux souvenirs.

Pourtant, l’obsession du groupe autour du disco (confère les titres du groupe : A.B.C DISCO, Love&DISCO, « Monkey Discooooooo »:http://www.youtube.com/watch?v=hynRUScO67A, I hate DISCCCOOOOOO, Keep your DISCO !!! etc.) combinée à la voix stridente du chanteur Akira, finissent rapidement par lasser la foule qui ne demande qu’une chose : que cela se termine. Là où musicalement, le groupe fait bonne figure, c’est vocalement que le bas blesse, avec au final l’envie irrépressible d’étrangler le chanteur qui hurlait tant et plus « DISCCCCOOOOOOOOO » dans son micro.
Après 45 minutes de gesticulations et autres vociférations stridentes, the telephones quittent donc la scène, laissant un public heureux, mais pas forcément pour les bonnes raisons.

 

POLYSICS OR DIE 

POLYSICS - Photo Lōlu

 Après une petite pause bien méritée pour nos oreilles, les stars de la soirée débarquent sur scène accompagnées par la chanson Heavy Polysick. Vêtu de leur légendaire combinaison orange, le groupe taille tout de suite dans le vif avec How are you ?, titre largement représentatif de ce qu’est POLYSICS : un mélange de punk agressif, de synthé et autres sons 8 bits. La salle, bien qu’assez timorée, réagit instantanément à la musique du trio, remuant au rythme de la musique, bras en l’air.

Fort de leurs quinze ans d’expérience, POLYSICS fait monter la pression au fil des chansons, enchaînant avec justesse des titres toujours plus électrisants. Entre deux chansons, le chanteur Hayashi hurle « POLYSICS OR DIIEEEEEEE !! », l’hymne du groupe, vite repris par l’enthousiaste foule. L’excitation monte d’un cran quand le groupe décide d’entonner les premières notes de leur reprise « My Sharona »:http://www.youtube.com/watch?v=kRhha-F7E_w , et prolonge la folie avec leur nouveau titre, MEGA OVERDRIVE.

Jouée au KAOSS pad Mini KP, la chanson a un côté beaucoup plus synthétique que ce qu’il nous a été offert par POLYSICS jusqu’à présent, ouvrant la porte à de possibles nouveaux horizons musicaux qui iraient au-delà du punk rock. En tout cas, guitare ou pas, l’esprit est là, et le public y répond plus que positivement, marquant ainsi un tournant dans le concert.

 

DABA DABA

POLYSICS - Photo Lōlu

En effet, jusqu’à la fin du concert, POLYSICS enfiévrera la foule grâce à une succession de tubes, tous plus dingues les uns que les autres : I My Me Mine, Baby BIAS, Rocket ou Coelakanth is Android, ils y passeront tous ! Hayashi, presque en transe, nous fera exécuter les chorégraphies les plus idiotes, mais que nous suivrons de bon cœur.

Au rappel, le groupe interprète « Let’s Daba Daba »:http://www.youtube.com/watch?v=SqIPDAsmSjg, à l’occasion de laquelle le déluré Hayashi descendra dans le public pour le faire chanter avec lui. Un moment rock comme on en fait plus qui enflammera définitivement le Divan du Monde. Avec Electric Surfin’ Go Go, POLYSICS termine son concert en apothéose, nous laissant complètement lessivé.

POLYSICS ont donc rempli leur part du contrat en nous délivrant une prestation à l’image de leur réputation de fous furieux. La setlist, hétérogène, mélangeait efficacement anciens titres et nouveaux, avec un soupçon de tubes bien calibrés. Bien qu’étant à présent un trio (Kayo, la claviériste, ayant quitté le groupe en 2010), le groupe n’a pas perdu de sa superbe, Hayashi et Fumi (la bassiste) se partageant à présent le vocoder.

Par ailleurs, et c’est bien ce qui fait parfois défaut aux groupes japonais, POLYSICS ont su garder à l’état brut cet esprit rock, jouant sans fioriture la musique la plus festive possible. S’en dégage alors une sincérité et un amour de la scène palpable, qui fait plaisir à voir par les temps qui courent.

Nul doute que le groupe était là pour tout sauf le prestige, et ça se sent.

Setlist du concert :
Heavy Polysick
How are you ?
Young OH ! OH
Sparkling water
Ice, Tights, Mike
Lucky Star
Whip and Horse
Raptus
My Sharona ( reprise de The Knack )
MEGA OVERDRIVE
DNA Junction
I My Me Mine
Baby BIAS
Rocket
Everybody Say No
Kaja Kaja Goo
Coelakanth is Android
Weeeeeeeeee !!!
Let’s Daba Daba
Electric Surfin’ Go Go

« Retrouvez toutes nos photos des concerts ici. »:http://www.journaldujapon.com/polysics-the-telephones-paris/

Remerciements à Nicolas Giraudet de Rage Tour, et Lucie Coroller de AZN Consulting.

Pour retrouvez POLYSICS vous pouvez vous rendre sur leur site  et leur twitter et the telephones sur leur site ou encore leur  twitter .

Photo Lōlu ©journaldujapon.com – Tous droits réservés

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