Retour sur le festival Dragon Ball Genkidamatsuri
Le 25 janvier dernier s’est tenu le Dragon Ball Genkidamatsuri à Tokyo. Contraction de genkidama ゲンキダマ ou « boule d’énergie spirituelle », l’attaque phare de son héros Son Goku, et matsuri マツリ « festival », cette célébration a permis aux fans du monde entier de fêter cette œuvre culte en même temps que le public japonais. On a pu y apprendre de bonnes nouvelles autour de Dragon Ball Super et d’un jeu vidéo, mais aussi ressentir un sentiment de déjà-vu et des points qui interpellent. Retour sur l’événement hommage et les problématiques liées à l’œuvre d’Akira Toriyama.

De quoi ravir les fans de toute génération : hommage, suite et gaming
Un vibrant et émouvant hommage animé, reprenant des illustrations et cases du manga, a sublimé l’œuvre originale. Digne de ce que beaucoup souhaiteraient voir pour une nouvelle adaptation animée des 42 volumes, elle propose un beau récapitulatif des scènes emblématiques. Allant de l’apparition des parents de Son Goku dans DB Minus aux films et séries récents, toutes les productions – excepté Dragon Ball GT – y sont représentées. Réalisée par de grands noms qui ont déjà œuvré sur la série de Tôei Animation – Naoki Miyahara, Kai Makino et Chikashi Kubota –, le tout est accompagné par une bande-son signée Hans Zimmer – Pirate des Caraïbes, Inception, Interstellar… ! L’engouement des fans est plus que palpable : la vidéo a atteint les 2 300 000 vues depuis sa sortie. Sa fin reste, en toute subjectivité, la nouveauté la plus surprenante de l’événement puisqu’elle annonce la reprise de l’anime Dragon Ball Super.

©BIRD STUDIO/SHUEISHA, TOEI ANIMATION
Plus d’une décennie après la diffusion de son premier épisode, cette suite se situe après l’arc du tournoi du pouvoir. Elle reprend avec celui du prisonnier de la patrouille galactique et s’intitule logiquement I’« arc de la patrouille galactique » en VO ou l’ « arc du prisonnier de la patrouille galactique » en VF. Sans teaser, difficile de se prononcer davantage sur la qualité de l’animation de cette future production. Néanmoins, le visuel promotionnel donne un aperçu encourageant puisque Goku et Vegeta y figurent l’air déterminé, dans un style fidèle à celui de Toriyama avec un logo moderne.
Ensuite, après le dernier jeu vidéo de Bandai Namco DB Sparking ! Zero, héritier de la mythique saga des Budokai Tenkaichi par chez nous, l’éditeur dévoile une production pour 2027. Sans surprise, l’implication du maître pour le design du nouveau personnage est un argument de vente. En effet ce nouveau jeu est en production depuis 7 ans et Toriyama a pu s’y impliquer dès le début. Intitulé Dragon Ball Age 1000, il semblerait qu’il puisse être une suite à Dragon Ball Online, un jeu sorti en Asie en 2010 et se passant en l’an 1000 de la chronologie de la série. Cependant, la possibilité d’un DB Xenoverse 3 est plus plausible à la vue d’un faisceau d’indices : reprise des attaques de nos personnages favoris, tenue aux couleurs de Great Saiyaman et couloir « spatio-temporel » qui rappelle les anciens ennemis et se conclut sur l’ombre d’un Goku arborant une tenue différente. DB Xenoverse 2 étant sorti en 2016, ce serait une manière de célébrer ses 10 ans.
Entre la vidéo hommage au manga Dragon Ball de Toriyama et les annonces de nouvelles productions dérivées – anime et jeu vidéo –, les fans de la licence ont de quoi ajouter à leur calendrier. Les ayants droit ont bien compris cet engouement international puisque le festival a été retransmis en direct sur la chaîne YouTube de Tôei Animation.
Un remaster animé annoncé : Dragon Ball Super Beerus
Après avoir rêvé du légendaire guerrier Super Saiyan God, le dieu de la destruction Beerus se réveille d’un long sommeil et se rend sur Terre accompagné de Whis. Le premier arc du manga Dragon Ball Super de Toyotarô – qui sera adapté pour la 3e fois ! – se passe quatre ans après le dernier tenkaichi budokai (« championnat du monde des arts martiaux ») en date du manga original.
Trailer du remaster Dragon Ball Super : Beerus ©BIRD STUDIO/SHUEISHA, TOEI ANIMATION
Le site officiel de DB Super Beerus informe que cette nouvelle version sera enhanced, soit un remaster contenant des scènes réanimées et d’autres inédites. Et, en effet, une nouvelle version ne pourrait pas lui faire du tort. Bien que certaines scènes de l’anime de 2015 aient été réalisées par des animateurs de talent comme Ken Ôtsuka (le Kamehameha slidé de Goku) ou Yûya Takahashi (le combat entre Goku Ultra Instinct et Jiren), la qualité visuelle de la série a globalement pris un mauvais coup.
Côté sonore, cette production sera gratifiée de nouveaux bruitages, musiques et d’un nouveau doublage. Ce sera l’occasion de profiter des voix des comédiens seiyû, notamment Masako Nozawa (Son Goku, Son Gohan, Son Goten, Black Goku,…) et Ryô Orikawa (Vegeta), respectivement âgés de 89 et 68 ans ! Capsule Corporation Tokyo, la société en charge des productions vidéoludiques de Dragon Ball, a de la suite dans les idées. En effet, son fondateur, Akio Iyoku, semble vouloir à la fois ramener son ancien public et en attirer un plus jeune habitué aux productions soignées comme Spy x Family ou encore Demon Slayer.

Genkidamatsuri special live stage, au centre Masako Nozawa et à sa droite Hironobu Kageyama le mythique chanteur des openings de Dragon Ball Z et Akio Iyoku ©BIRD STUDIO/SHUEISHA
Bien que l’ère soit aux remakes, aucune annonce en ce sens n’a été faite pour l’aventure de Son Goku. Et c’est bien normal, car les équipes d’animation sont déjà affairées sur le remaster de Beerus et l’arc Moro. Un anime remake idéal reprendrait les couleurs du manga et serait plus fidèle à l’œuvre, tout en conservant les musiques du génial compositeur Shunsuke Kikuchi. Peut-être, pouvons-nous l’espérer pour les 50 ans du manga en 2034 ou ceux de l’anime deux ans plus tard ?
Les problèmes de droits intrinsèques à Dragon Ball
Alors que Toyotarô a révélé avoir œuvré seul sur l’histoire et le design de Moro lors de sa venue en 2025 à Japan Expo, il n’est pas mentionné sur le visuel promotionnel de l’anime ni sur le site officiel – « œuvre originale, histoire et character design : Akira Toriyama » – mais uniquement dans les crédits du site. Le maître était uniquement à la supervision et il donnait les éléments clés de l’histoire mais sans en être ni l’auteur, le dessinateur ou le scénariste. Toutefois, sur la page du manga Dragon Ball Super du site de l’éditeur japonais Shûeisha, il est bien écrit qu’Akira Toriyama est à l’origine de l’œuvre originale (原作 gensaku) et que Toyotarô en est l’auteur ( 著者 chosha). Deux visions différentes semblent donc se faire face.
Ce problème juridique ne s’arrête pas là puisque cela faisait déjà quelques années que la gestion des droits de la licence s’était complexifiée. Et, malheureusement, le décès du maître le 1er mars 2024 n’a fait que compliquer la situation. En 2023, Akio Iyoku, le chef du département « Dragon ball Room » de Shûeisha, avait démissionné de son poste pour créer Capsule Corporation Tokyo, une société en charge des droits des adaptations audiovisuelles du manga. D’après les informations à disposition, il y aurait donc minimum 6 acteurs dans cette gestion :
- Bird Studio, le studio de production de manga fondé par le maître et propriétaire de la marque « Dragon Ball » ;
- Shûeisha, l’éditeur des mangas, databooks, artbooks et autres adaptations papier ;
- Capsule Corporation Tokyo, le gestionnaire des droits des adaptations audiovisuelles (animes, films et jeux vidéo) avec Akio Iyoku comme producteur exécutif ;
- Tôei Animation, le studio de production des adaptations audiovisuelles ;
- Bandai, à l’origine des produits dérivés avec ses filiales Bandai Namco pour les jeux vidéo et Bandai Spirits pour les figurines ;
- La famille du mangaka.
C’est bien l’avenir de la licence qui interroge, puisque ces problématiques semblent ralentir les projets novateurs. Depuis le décès du maître, le manga DB Super n’a pas repris et les productions dérivées – l’anime Dragon Ball Daima et les jeux vidéo – ne semblent pas rencontrer le succès escompté. La dernière production animée est très peu présente dans les produits dérivés et une partie de la communauté Sparking ! Zero n’a pas été convaincue par le mode histoire.
N’ayant plus de scénarios originaux de la main du mangaka, les ayants droit semblent partir sur le chemin de la simplicité : remaster de l’arc Beerus et adaptation du manga DB Super. Le projet Age 1000 saura-t-il combler les fans ? Plus d’informations arriveront très prochainement, à la fin du mois de mars au AnimeJapan de Tokyo et en avril à la Dragon Ball Games Battle Hour de Los Angeles !
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