Gaming Memories #73 – The House of the Dead

Bienvenue dans un nouveau numéro de Gaming Memories (#73)… un Gaming Memories rempli de créatures infernales, lentes à la chair en décomposition… Un Gaming Memories placé sous le signe de la mort… et surtout des morts-vivants ! Bienvenue dans The House of the Dead, un voyage horrifique organisé par SEGA en mars 1997 pour les salles d’arcade !

Image en UNE de Gaming Memories 73 consacré à The House of the Dead.
The House of the Dead
©SEGA 1997

Création du jeu of the Dead

The House of the Dead est ce que l’on appelle un rail shooter. Ce n’est donc pas le joueur qui décide des déplacements de son personnage mais celui-ci qui avance tout seul de section en section. Tout ce que le joueur a à faire, c’est de survivre en tuant tout ce qui se trouve devant lui ! Pour cela, il faudra tirer sur l’écran à l’aide d’un pistolet à capteur qui détecte les mouvements – rien de plus simple, en somme.

SEGA peut être considéré comme un pionnier du genre, en quelques sortes ; certains considèrent Space Harrier comme le tout premier rail shooter existant. Il ne se jouait pas avec un light gun, mais cela ne change rien : leur Virtua Cop est sorti en arcade en septembre 1994 contre décembre 1995 pour l’autre série notoire du genre, Time Crisis de Namco.

Le développement du jeu commence en décembre 1995. À ce moment, l’éditeur a pris le pari de s’adresser à un public plus mature (entre 20 et 30 ans minimum). Ils choisissent un nom pris d’après des phrases à thème horrifique en japonais ensuite traduites en anglais, avec pour seul espoir que cela sonne cool sans se soucier d’éventuelles connotations pour le public non-japonais. Il est développé sous le même moteur de Virtua Cop (Model 2), et ce malgré les limitations techniques empêchant de réaliser certaines idées espérées pour le jeu. Ses monstres ont été créés de façon assez surprenante : les équipes de développement font d’habitude des dessins préparatoires (roughs) et les peaufinent pour la version finale, mais ici, ils ont été créés directement en 3D.

Dans une tentative d’ouvrir la production à un maximum de joueurs, y compris européens, l’équipe a décidé de réduire la violence du jeu en proposant une option pour changer la couleur du sang en vert, bleu ou violet et l’a rendue disponible uniquement aux propriétaires des salles d’arcade. L’un des monstres, qui ressemblait trop à une femme d’âge moyen, a même été supprimée, de crainte de controverses !

Le jeu sort en mars 1997 au Japon sur deux bornes différentes, l’une avec un écran de 73 centimètres de diagonale et l’autre de 127. Les États-Unis suivent en mai suivant, mais finalement l’Europe a du se contenter du portage sur SEGA Saturn paru l’année suivante…

Voici notre courageux héros seulement armé de son petit pistolet : Rogan.
Voici notre courageux héros seulement armé de son petit pistolet : Rogan.

La maison de la mort qui tue

18 décembre 1998, quelque part en Europe. L’agent Thomas Rogan de l’AMS reçoit un appel d’urgence de sa fiancée, Sophie, qui se trouve au manoir Curien. Son propriétaire, obsédé par ses recherches sur la vie et la mort, est responsable de nombreuses expériences atroces. Rogan se rend sur les lieux pour secourir Sophie, accompagné de son partenaire au nom de code « G », avec une grosse surprise à leur arrivée : le domaine est hanté par des créatures horrifiques, mort-vivantes, relâchées par leur créateur et ce au milieu d’autres scientifiques innocents de son équipe.

Seulement équipé de son pistolet, l’agent va parcourir le manoir et ses environs pour retrouver Sophie et arrêter la folie de Curien, seul ou accompagné de son partenaire anonyme et ce, face à des créatures plus puissantes qui tenteront de l’arrêter.

À mort mon écran ! Enfin, ce qui y est affiché…

Les rail shooters sont donc caractérisés par leur action permanente et dynamique ainsi que leur demande en réflexes. Ici, prendre un dégât revient à perdre une vie ! Celles-ci sont d’ailleurs limitées à trois par crédit, les choses peuvent donc aller très vite. Mais plus vos tirs seront précis (headshots conseillés), plus votre score augmentera, ce qui peut donner quelques vies gratuites en bonus (ainsi qu’un nom sur le tableau des scores !). Par contre, si vous êtes maladroit et tuez les civils, vous serez punis d’une vie en moins ! Bien sûr, il faudra aussi faire attention aux balles restantes dans son chargeur et recharger aussi souvent que possible. Ici, pas de pédale pour se mettre à couvert comme dans les Time Crisis, il faut faire feu en dehors de l’écran pour avoir son arme à nouveau pleine.

Là où The House of the Dead se différencie de son concurrent direct, c’est par son coté non-linéaire. En effet, de nombreux événements viendront pimenter la progression et auront différents effets dessus. Vous serez confrontés à des situations de crise à plusieurs reprises, lors desquelles un civil innocent sera poursuivi par une créature démoniaque ; la progression dans les niveaux peut parfois différencier selon si vous les sauvez ou non !

Ainsi, si vous secourez un personnage bien précis, dans le premier niveau par exemple, il vous donnera la clé du manoir en remerciement. Si vous échouez, il faudra faire le tour et passer par les égouts pour s’y introduire… Le jeu propose donc une réjouabilité non négligeable au travers de la linéarité inhérente à son genre, et ce jusqu’à la fin puisque la production propose trois conclusions différentes dépendant du score final… de la meilleure à la pire possible.

Et voici un joli trio de.... morts-vivants.
Et voici un joli trio de…. morts-vivants.

The Test of the Dead

The House of the Dead ne perd pas de temps pour mettre le joueur en confiance : à peine arrivé qu’il sera déjà attaqué par un premier zombie. Juste le temps de faire quelques pas et déjà quelqu’un à sauver… puis Sophie se fait enlever sous ses yeux et sans rien pouvoir y faire. On constate ainsi, dès le départ, que la narration et les évènements vont vite et sans temps morts (ou très peu et encore, ils servent surtout à mettre une intensité dans ce que vit le joueur). Les zombies et autres créatures maléfiques attaquent régulièrement et de toutes parts, parfois aussi dans le dos, ce qui donne des plans de caméra dynamiques et vivants, comme si l’on était là, en pleine panique et encerclé par des menaces…

Les décors que l’on traverse, entre le manoir et ses environs, sont variés : cour extérieure, toit, égouts… le jeu privilégie la crédibilité d’un décor cohérent plus qu’il ne force l’horreur, qui elle sera surtout présente au travers des créatures, du sang et de tous les morts. Encore que, si les graphismes sont très satisfaisants pour l’époque et toujours bien appréciables maintenant, on peinera à vraiment trouver la moindre créature vraiment flippante. Pas que ces espèces de zombies en décomposition soient des plus charmants à rencontrer pour autant, surtout quand ils s’approchent assez près pour faire un petit câlin…

Capture d'écran de THe House of the Dead issu de Gaming Memories #73
Hé salut, j’ai perdu mon chemin dans le manoir, vous pouvez m’… laissez tomber, je vais me débrouiller.

On appréciera aussi que le jeu offre du grand spectacle avec ses boss, qui possèdent tous plusieurs patterns et une jauge de vie assez importante et longue à vider si on ne profite pas des points faibles… ce qui se traduit par des affrontement finalement un peu ennuyeux et trop longs. Cependant, ils restent un bon moment du jeu. Et que dire du combat contre la chauve-souris géante qui a enlevé Sophie, le tout sous une pleine lune teintée de rouge sang !

Avec tout cela, et les embranchements différents proposés au fil de l’aventure, The House of the Dead acquiert donc une rejouabilité certaine et on ne va pas s’en plaindre : même de nos jours, son gameplay simpliste en fait une production toujours aussi fun et divertissante – sans doute un peu courte tout de même, car on ne compte au final que quatre niveaux, le dernier étant un gros boss rush en plus. Au total, c’est une quarantaine de minutes qui s’offre à nous, mais on ne voit pas le temps passer.

Parlons un peu du son du jeu : concrètement, celui-ci aurait pu s’appeler « La maison des petites horreurs » puisqu’il est au final assez peu inquiétant et propulse surtout vers de l’action effrénée et continue. Bien sûr, on a toujours des coups de stress, à réagir assez vite ou pas pour sauver quelqu’un, et quelques jumpscares mais la production affirme son coté action rapide jusqu’à sa bande-son. Celle-ci propose ainsi des thèmes plutôt dynamiques, traînant parfois dans le rock et même dans une techno qui se veut un peu oppressante quant à l’urgence des situations. Au final, la musique n’est pas là où on l’attend et cela donne une très bonne sensation !

Notons, pour finir, que les personnages sont doublés en anglais (ce qui est plutôt cohérent puisque le jeu se passe « quelque part en Europe »). Il n’y a pas beaucoup de texte pour autant mais celui-ci est sous-titré en japonais, à la verticale, à droite de l’écran lors des cinématiques ! Une bonne idée pour tenter d’accentuer ce coté « film d’horreur interactif ».

Une petite carte s'affiche pour monter le parcours effectué en cas de game over.
Une petite carte s’affiche pour monter le parcours effectué
en cas de game over.

Sus aux créatures maléfiques

On commence à le savoir, la renommée de SEGA en arcade dans les années 1980 et 1990 n’est plus à prouver. The House of the Dead ne fait pas exception aux succès frappants de la firme : c’est le 2d jeu le plus joué en avril 1997 et carrément le plus rentable de toute l’année entière ! Les avis reçus à l’époque sont majoritairement très positifs, pointant le scénario, les éléments destructibles et comme nous, les graphismes ainsi que l’ambiance globale et les divers embranchements du jeu. On compte 1600 bornes vendues dans l’archipel et 7000 dans le reste du monde.

THOTD n’est pas qu’un succès vidéoludique : il a aussi, aux cotés de Resident Evil (et on s’en serait douté) carrément favorisé le retour des zombies dans la culture populaire ainsi qu’au cinéma, tel que George Romero l’affirma lui-même. Ce serait aussi le début d’une source d’inspiration pour des films populaires comme 28 jours plus tard ou Shaun of the Dead (sans blague !).

Avec ce succès, le jeu fut forcément porté sur le standard salon de l’éditeur : la Sega Saturn. Celle-ci reçut des critiques majoritairement positives, tout comme la version PC qui pouvait être jouée à la souris d’ailleurs (ce qui devait être nettement plus facile qu’au light gun ou à la manette !). Forcément, avec un tel succès, le jeu ne put qu’avoir des suites…

La première, tout simplement nommée The House of the Dead 2, est sortie en arcade en novembre 1998 (le mois parfait !) puis sur Dreamcast en mars 1999. Une version Windows est carrément sortie entre 2001 et… 2008 ! Il a également été modifié pour devenir Typing of the Dead, dans lequel on ne tirait plus mais on devait écrire des mots sur un clavier pour tuer les zombies… une tentative ratée pour son coté éducatif mais plutôt bien accueillie pour son humour et son challenge. Une itération plus beat’em-up voit également le jour cette année-là… tenez-vous bien, quitte à transformer le jeu dans tous les sens, un flipper est également sorti en 2002 !

On comptera au final quatre épisodes principaux et bien d’autres jeux autour, comme  The House of the Dead Overkill, EX ou Scarlet Dawn entre autres opus de Typing. Bref, au total 17 jeux entre 1997 et 2025, remakes des deux premiers inclus.

Nous sommes donc face à une série culte à part entière de SEGA qui a su marquer non seulement le jeu vidéo, mais aussi les zombies en général. Et de nos jours, l’épisode fondateur dont il est question ce mois-ci est toujours aussi fun à jouer. Que ce soit dans sa version d’origine ou dans son remake, on ne peut que vous encourager à entrer dans… la House… of the Dead… ! (*rire maléfique*)

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous aimerez aussi...