SUMMER WARS : une histoire de famille

Le clan Jinnouchi prêt à sauver le monde © 2009 SUMMERWARS FILM PARTNERS

SUMMER WARS, le dernier film d’animation de Mamoru Hosoda, produit par le studio MADHOUSE, sortira dans les salles de cinéma françaises le 9 juin 2010. Dans ce long-métrage, le réalisateur s’intéresse à la puissance des liens familiaux. Il nous à présenter son film lors de l’avant-première le 23 février 2010 à UGC Cité Les Halles de Paris.

Bienvenue dans le monde de OZ

Sur OZ, une plateforme communautaire virtuelle, des millions d’avatars se connectent chaque jour. Kenji Koiso, un lycéen surdoué en mathématiques, assure la maintenance du site pendant les vacances d’été. De nature timide, il n’en revient pas lorsque Natsuki Shinohara, la fille de ses rêves, lui demande de l’accompagner à Nagano, sa ville natale, pour la fête traditionnelle de sa famille, le clan Jinnouchi. Kenji devient alors le fiancé fictif de Natsuki malgré lui et découvre les joies et les aléas d’une famille nombreuse et soudée.

Seulement voilà, au même moment, OZ est attaqué par Love Machine, un redoutable virus qui menace le monde virtuel tout en ayant de grave conséquences sur le monde réel. Le clan Jinnouchi et Kenji vont alors allier leurs forces afin de préserver les deux mondes de cette catastrophe.

Le monde de OZ © 2009 SUMMERWARS FILM PARTNERS

Toutes et tous des héros

Kenji, un lycéen discret et solitaire est très surpris lorsqu’il est parachuté plus ou moins par hasard dans une communauté familiale aussi soudée que celle du clan Jinnouchi. Il va prendre confiance en lui au contact de cette drôle de tribu, qui va l’aider à se battre contre Love Machine. Ainsi, tous les membres de la famille Jinnouchi, qui auront chacun un rôle indispensable à jouer, vont participer à la protection de la planète. Ce qui donne au film sa touche originale. Le héros, c’est la famille ! Le réalisateur dit ne pas avoir cherché à faire la morale sur les valeurs familiales ancestrales représentées par le clan Jinnouchi, mais son histoire est pourtant une belle leçon de solidarité.

Dans SUMMER WARS, le réalisateur évoque également le rapprochement entre le monde virtuel et le monde réel. Tout au long du long-métrage, on passe tout naturellement de l’un à l’autre. « J’ai voulu mettre en parallèle les liens qu’on peut avoir avec une communauté sur Internet et les liens qu’on a avec sa famille sans pour autant prendre parti pour l’un ou pour l’autre », nous explique Mamoru Hosoda, venu présenter son film en avant-première le 23 février 2010 à UGC Cité Les Halles de Paris.

Ici, il n’est pas question de prévenir le spectateur du danger d’Internet, la toile étant plutôt une métaphore des liens familiaux. Pour contrecarrer les plans de Love Machine, Kenji fait appel aux talents de la famille Jinnouchi mais aussi à la communauté international du monde de OZ. « Je n’ai pas cherché à faire de comparaison, au contraire, j’ai voulu montrer que les liens à la fois virtuels et réels peuvent coexister », continue Hosoda.

Natsuki et son clan © 2009 SUMMERWARS FILM PARTNERS

Liens sacrés

Outre une animation à couper le souffle, le point de vue de Mamoru Hosoda fait de SUMMER WARS, un film très fort et grand public. Hosoda s’inspire par exemple de son vécu et de ses observations. « Au moment où j’ai travaillé sur ce film, j’ai épousé ma femme et donc rencontré ma belle-famille, raconte-t-il. C’était quelque chose de nouveau pour moi et j’ai voulu essayer de faire de cette expérience un film. »

De la même façon, il s’intéresse au principe d’une communauté virtuelle parce qu’il est lui-même fasciné par les nouvelles technologies qui ont permis le développement des réseaux sociaux comme Twitter, dont il est un accro. En cela, OZ, est une amélioration ou une extrapolation des réseaux sociaux. « Aujourd’hui, on est capable de communiquer avec des inconnus à travers le monde. J’ai construit OZ en me disant que si on était capable de faire ça, alors on pouvait s’unir pour défendre l’humanité. »

Natsuki dans le monde de OZ © 2009 SUMMERWARS FILM PARTNERS

D’un point de vue narratif comme artistique, aucune confusion n’est possible entre les deux mondes. Le réel se distingue parfaitement du virtuel. Le monde virtuel OZ est une pure explosion de couleurs. Les avatars sont attachants. Mais ce qui va frapper les connaisseur.euses, c’est la ressemblance de la plateforme communautaire avec le chara-design du court-métrage Superflat Monogram, que Mamoru Hosoda a réalisé pour la marque Louis Vuitton en 2003 en collaboration avec le créateur Takashi Murakami.

Course contre le temps

Dans La Traversée du Temps (2006), Hosoda manipulait le temps au travers d’une jeune lycéenne qui jouait à modifier son passé pour rendre le futur meilleur. Dans SUMMER WARS, il montre encore son obsession du temps qui passe et cette envie de vouloir le maîtriser. Une obsession qui se traduit notamment par l’abondance des chiffres et des compteurs, comme l’a souligné un spectateur lors de l’avant-première.

Cette fois, une course contre la montre est actée pour la sauvegarde du monde. Un univers qu’il devrait mettre de côté pour son prochain film. Le sujet est encore en cours d’étude, mais les personnages seront moins nombreux et la technologie et les chiffres seront définitivement mis de côté. « Je me dirige plutôt vers un monde complètement analogique. » Mamoru Hosoda n’a pas fini de nous surprendre.

Il y a eu des films pour les geeks, les otakus et les gamers, voici enfin un film pour les adeptes de nouvelles technologies et de sites communautaires.

Pour aller plus loin :
www.summerwars-lefilm.com (site)
http://www.bebo.com/Profile.jsp?MemberId=10321338794 (blog)
http://twitter.com/_Kenji_Koiso_ (twitter)

Cristina Thaïs et Céline Maxant

Céline Maxant

En créant le magazine Journal du Japon en 2008, je cherchais à valoriser la culture populaire japonaise auprès du grand public. Je souhaitais aussi mettre en avant les pratiques artistiques amateurs autour du manga et de l'animation comme le cosplay, et à faire vivre les événements aux passionné.es via des articles de presse et des reportages photos.

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