Teen Spirit : Entre musique, humour et amitié
Article écrit par Laetitia D.

Tout commence avec Kim Hwee-gang, adolescent de 17 ans, repéré par Yi Jae-Beom, le président de JBL Compagny, une importante maison de production musicale. Il passe une audition avec son groupe, mais il est retenu, seul, en tant que vocaliste.
Immédiatement après, le président part au Japon avec son bras droit afin de persuader Moon Tae-jo, un jeune guitariste qui avait fait sensation à l’âge de 7 ans, de rejoindre son équipe. L’arrivée de ces deux jeunes hommes chez JBL sera difficile pour eux mais aussi pour le vocaliste Kank Jioh (18 ans), le batteur Seo Bumsuk (20 ans) et le bassiste Baek Shinwoo (18 ans).
Au milieu des autres mangas, le tome 1 de Teen Spirit, manhwa de Jea-eun Kim (sorti en mars, en France), attire facilement le regard avec ce jeune homme (Hwee-gang) semblant nous défier avec arrogance.
D’ailleurs celui-ci arrive avec brio à énerver le lecteur dès les premières pages du fait de son manque de délicatesse, de son air hautain. Son entrée en scène est même assez violente, puisqu’il se fait gifler par une jeune fille ne semblant pas avoir été satisfaite de lui dans le rôle de petit ami. Jioh, Shinwoo et Bumsuk, les trois élèves de la JBL, gagnent ainsi rapidement notre sympathie. L’avenir de Jioh l’impulsif, le sensible, au sein du groupe en germe est-il compromis avec la venue de ce chanteur choisi par le président lui-même ? Sa relation avec le discret albinos Shinwoo et le calme Bumsuk peut-elle rester intacte ? Quant à Tae-jo, on comprend, dès leur première rencontre au Japon, qu’il est le protégé de Yi Jae-Beom ; il se distingue par sa discrétion (et son fort caractère) ainsi que sa manie de suivre Hwee-gang (avec qui il partage la chambre) lors de son arrivée au lycée. Mais ne dévoilons pas tout !
Au final, ces cinq adolescents très différents charment le lecteur, même Hwee-gang, et ce grâce aux longs monologues intérieurs, qui permettent de mieux comprendre les personnages, de dévoiler une part de leur personnalité. C’est pourquoi, ce qui est intéressant avec cette série, c’est que chaque personnage connaît son « heure de gloire ». Comme l’a expliqué la manhwaga, il n’y a pas de personnage principal, mais un groupe de personnages, présentant chacun un intérêt différent. D’ailleurs, le premier volume semble plutôt axé sur Hwee-gang, le second sur Tae-jo, le troisième sur Jioh, et le dernier sur Shinwoo. Du coup, chaque lecteur peut découvrir et suivre l’évolution du personnage qu’il préfère.
Quant au graphisme, les traits sont fins et mettent souvent en relief les expressions du visage. Les décors sont minimalistes et disparaissent fréquemment pour laisser place aux personnages et aux dialogues. Certains pourront remarquer quelques défauts de proportion ou une certaine ressemblance dans le physique des personnages, mais cela ne gâche rien au plaisir de suivre les aventures de ces jeunes gens. Le tome 2 est prévu pour le 21 juin en France aux éditions « Clair de Lune (les quatre tomes sont parus en Corée entre 2009 et 2011).
Et si vous êtes intéressés par le travail de cette scénariste-dessinatrice coréenne, voici son site officiel : http://fankje.com. Comme Kim Jae-eun est décédée l’année dernière d’un cancer, son œuvre est assez réduite, mais variée. Elle a notamment remporté en 2009 avec Running on Empty, l’International Manga Award (国際漫画賞 Kokusai manga shou), qui récompense des artistes non-japonais.
Article écrit par Laetitia D.
