Publication : saturation ou maturité ?

Si 2013 avait marqué une baisse dans le nombre de publications, 2014 a marqué un retour à la hausse pour le marché français du manga, qui revient au niveau de 2012 : 1617 volumes ont été publiés l’an passé, contre 1575 en 2013 (+2.7%).

Petit tour du monde…

En 2013 la baisse du nombre de publications manga suivait la tendance générale de la bande dessinée, en recul de 5.2%. Pour 2014 la corrélation manga-BD reste avérée : le nombre de bandes dessinées franco-belge augmente de 3.3% (1579 nouveautés) et la BD en général progresse de 1.4%. Le comics contrarie une fois de plus la tendance, avec une baisse de 8.6% (372 nouveautés), au même niveau que le roman graphique qui fait du surplace avec 378 nouveautés (+ 1.6%). 

MARVEL-COMICS

Au sein de ces 1617 « mangas et assimilés » on retrouve 1491 titres venus du Japon (contre 1456 en 2013) contre 63 d’auteurs coréens (79 en 2013). Sur ces 63 une partie était du fait d’éditeurs nippons et seuls 48 venait effectivement de Corée, contre 56 l’an dernier. On trouvait ensuite 20 titres de Chine (9 en 2013) et 35 de France (31 en 2013). Les manhwas, manhuas, manfra, etc. connaissent donc une parution de second plan, à peine 10% du total en cumulé, même si plusieurs éditeurs ont tenté leur mise en avant. Après une année 2013 difficile, Booken Manga continue de proposer quelques sorties coréennes, concurrencé par une offre plus fournie en la matière chez Clair de Lune. Mais en cette fin 2014, après deux années à travailler sur le manhwa – de manière parfois erratique et avec une communication minimale – Clair de Lune met en pause tous ses titres coréens noir et blanc, « le temps que le marché soit plus favorable » comme l’indique l’éditeur sur son blog… Un blog qui a depuis fermé, d’ailleurs. 

Geonbae-4-clair-de-lune  The Breaker 

Pendant ce temps Akata nous propose des auteurs du Japon et d’ailleurs, de Taïwan entre autres, et Pika lance CHIN’ARTS, une collection dédiée à la Chine. Enfin, les éditions Kotoji ont démarré leur collection Asian District sur le dernier trimestre de l’année. Si l’offre est pléthorique en Asie, les titres hors Japon ont toujours peiné à faire leurs preuves sur notre sol, à l’exception des auteurs étrangers qui sont guidés par des équipes éditoriales nippones. Sun-Ken Rock de Boichi et Freezing de LIM Dall Young & KIM Kwang Hyun continuent de faire partie des leaders des ventes de Doki-Doki pendant qu’Area D dessiné par Yang Kyung-Il est le meilleur lancement seinen 2014 de chez Pika. En 2015, c’est Night Owl, le dessinateur coréen de The Arms Peddler aux éditions Ki-oon qui devrait faire parler de lui avec le retour tant attendu de la série pour le premier semestre.

Une stabilité toute relative

Après une explosion de la publication qui a vu le nombre de sorties être multiplié par 10 en 10 ans, le nombre de sorties de manga enchaîne désormais augmentations et pauses depuis 2006 : on y publiait alors 1418 volumes soit 12% de moins, seulement, par rapport à 2014.

Evolution publication manga

Si la question demeure sur la santé du marché en terme de ventes, il semble bien que la publication, elle, se soit stabilisée, variant au fur et à mesure des nouveaux arrivants et des évolutions de politique éditoriale. Face à la crise et au recul des ventes qui ont débuté en 2009, beaucoup ont hésité à rejoindre le marché du manga, et ceux présents historiquement ont donc du choisir entre deux stratégies : publier plus pour garantir le chiffre d’affaires et gagner des parts de marché ou se montrer plus sélectif en attendant des jours meilleurs.

Si on fait un bilan Kazede la situation actuelle, deux éditeurs sortent du lot et poursuivent clairement leur politique d’offre massive. Le binôme Kazé Manga – Asuka, repart à la hausse cette année et frôle son record de 2012 avec 191 nouveautés (+30 volumes). Il est suivi de près par Pika, stable, avec 182 nouveaux volumes (+9 vol.). Avec la primeur des licences Shueisha – Shogakukan – Sho Pro pour Kazé Manga et avec les succès de L’attaque des Titans et de Seven Deadly Sins pour Pika, les deux maisons ne prévoient aucun ralentissement dans le rythme de leurs sorties… À la différence de Kana, dont la directrice éditoriale Christel Hoolans exprimait le désir, début 2014, de freiner progressivement ses sorties mensuelles, lorsque la fin d’autres licences le lui permet. Kana a tout de même publié 159 nouveautés (-4 vol.)  et reste le 3e pourvoyeur de nouveautés pour 2014. Kazé Manga – Asuka, Pika et Kana représentent un tiers des sorties de cette année.

On retrouve d’autres acteurs du marché autour de la centaine de volumes parus, même si chacun ne suit pas le même chemin. Il y a d’abord Ki-oon, Glénat Manga et Soleil Manga au coude-à-coude, avec respectivement 109, 107 et 106 sorties, soit 6.5% des nouvelles publications chacun. Ki-oon gravite depuis quelques années autour de la centaine d’exemplaires et 2014 était l’année de leurs 10 ans, riche en titres et en événements, mais avec un nombre de sorties stable. La fluctuation était plus notable pour Soleil Manga en 2013 : la maison éditait alors 130 titres mais elle a ralenti nettement la cadence en 2014, avec 25 volumes en moins. Le troisième cas est donc celui de Glénat (+8 vol.), qui avait fait le choix dès 2012-2013 de devenir plus sélectif dans l’acquisition des licences, comme l’expliquait son directeur éditorial Stéphane Ferrand à l’époque : « Je pense que ça ne sert à rien d’arroser de nouveautés des pauvres libraires qui essayent de s’en tirer au mieux. Donc sur 2013 il y aura de la nouveauté mais on les a choisi de manière précise. »

TonkamToujours autour des 100 volumes, on peut noter la baisse historique et de mauvaise augure pour les éditions Tonkam. Après 152 titres en 2012, puis 133 en 2013, l’éditeur a publié 97 nouveautés en 2014 (- 36 vol.). Désormais simple label des éditions Delcourt, Tonkam pourrait bien continuer de diminuer la voilure dans les années à venir, surtout à la vue d’une identité éditoriale encore confuse et d’un volume de vente qui continue de baisser, en ligne avec la baisse du nombre de publication. Les éditions Delcourt, en ce qui les concerne, proposent une année 2014 stable avec 87 nouveaux mangas (+6 vol.) dont de nombreux acquis par l’équipe d’Akata les années précédentes. Le nouveau Delcourt, dirigé par Pierre Valls (ex directeur éditorial de Pika), devrait donc commencer à s’affirmer en 2015 et 2016.

L’ensemble Delcourt – Soleil Manga – Tonkam a en tout cas publié à lui seul en 2014 289 nouveaux tomes. Mais qui fait quoi au sein de ce trio ? Iker Bilbao, responsable éditorial de Soleil Manga, nous éclaire : « Chaque label avait déjà une identité propre, même si celle de Delcourt était au final très liée à Akata. Pour Tonkam, on retrouve beaucoup de shônen très atypiques, des seinens /young seinens violents et immoraux ainsi que des shôjos audacieux. Pour Soleil Manga : des shônens de jeux vidéo, des shôjos romantiques ou gothiques et des seinens /young seinens sexy. Ça n’empêche pas certaines libertés créatrices, mais ça donne une orientation générale. C’est à nous, entre éditeurs du groupe, de nous mettre d’accord sur ce qui nous apparaît davantage comme un titre Delcourt, un titre Soleil ou un titre Tonkam. »

Panini MangaEt puisque l’on parle de mystérieux, évoquons au passage le rythme de publication de Panini Manga qui continue de jouer au yoyo avec son planning de sorties depuis quelques années, oscillant de 65 à 123 titres (quasiment du simple au double) depuis 5 ans. En 2014, on repart à la baisse avec 90 nouveautés, soit 33 volumes en moins. Après être resté silencieux pendant des années, l’éditeur a commencé à communiquer en 2013 sur les réseaux sociaux, pour tenter d’établir un contact avec le lectorat français. Mais le rythme de publication de l’éditeur continue de laisser dubitatif ce dernier : en décembre Panini Manga a évoqué une mise en pause de 15 séries de son catalogue pour 2015, avant de se rétracter et de tenter de s’expliquer, tout en laissant planer le doute : « Dans un récent post nous vous annoncions la non-publication en 2015 de certaines séries. Il n’est en réalité aucunement question d’arrêter ces séries. Les complexités du marché nous incitent à la prudence et impliquent des rythmes de parution plus longs. À ce titre, notre planning 2015 n’est pas finalisé.  Nous nous excusons pour ce malentendu. »

À l’inverse, certaines stratégies sont plus limpides et défendues régulièrement par leurs directeurs éditoriaux. On peut commencer par Kurokawa, connu depuis le début pour son choix d’une offre concentrée et mûrement réfléchie, afin de pouvoir la défendre au mieux, sans céder à l’envie de compenser l’arrêt de best-sellers comme Fullmetal Alchemist, ou en 2014 de Soul Eater, par un nombre accru de sorties. Cet éditeur manga d’Univers Poche fête à son tour ses 10 ans en 2015 et il est donc probable que les publications soient plus nombreuses, mais l’an passé Kurokawa a édité 74 sorties (-5 vol.) ce qui représente moins de 5% de l’offre manga hexagonale. Également argumentée, l’offre conjointe de Taifu Comics et Ototo suit de près les tendances de niches. Après un développement vigoureux du yaoi entre 2010 et 2013, l’éditeur explique qu’il voit ce marché arriver à maturité et ses lecteurs s’orienter vers la qualité plutôt que la quantité. En conséquence, pendant que le catalogue Ototo se développe en douceur en jouant la carte de l’adaptation de light novels, Taifu diminue son nombre de sorties, de 92 en 2013 à 77 l’an dernier. À l’inverse, le label IDP – Boy’s Love continue de proposer une offre quantitative et exclusivement dévolue au genre, avec près de 70 nouvelles sorties et de nombreuses ventes par pack.

DOKI-DOKI-L-def-copieEnfin, en troisième partie partie de tableau, la richesse des lignes éditoriales est tout aussi palpable. Il y a d’abord Doki-Doki, avec 46 publications (+3 vol.), qui suit lui aussi la logique d’une offre sélective mais variée dans ses thématiques, avec plusieurs séries courtes. Arnaud Plumeri, le directeur éditorial de Doki-Doki, justifie ce choix aussi bien du point de vue du lectorat – « nous sommes conscients que les lecteurs ont du mal avec les séries fleuves. » – que du point de vue économique : « je pense qu’une série qui dépasse les 10 volumes doit être sacrément bien lancée à ses débuts pour tenir la route commercialement. Les montées en puissance à moyen terme, commercialement parlant, c’est devenu rare. » On retrouve ensuite le très discret Clair de Lune, stable à 46 volumes, et on termine ce classement avec de nouveaux éditeurs ou des maisons qui ont choisi un public de niche : Komikku triple quasiment son nombre de sorties à 30 tomes (+19 vol.), Akata en solo signe sa première année complète avec 23 mangas, autant que Casterman qui continue son mix entre titres d’auteurs (Taniguchi, Kaneko) et quelques tentatives plus mainstream. Enfin on note 21 volumes pour l’éditeur Black Box qui a beaucoup travaillé sur des titres nostalgiques et les 17 publications de Booken Manga.

Beaucoup d’autres éditeurs de bande dessinée publient également quelques mangas ou assimilés, comme Ankama, Isan MangaSarbacane, IMHO ou Kotoji, mais la contribution de chacun se compte sur les doigts de la main. Mis bout à bout et indépendamment de la qualité des titres, ils représentent environ 60 volumes, soit à peine 4% de l’offre globale.

Une offre plus mature ?

En définitive, la publication de manga est relativement stable et continue d’augmenter légèrement : peu des nouveaux entrants ont mis la clé sous la porte ces dernières années, et le ralentissement de publication de certains est automatiquement compensé par l’arrivée de nouveaux, comme le déploiement de l’offre Akata cette année, ou celle de Komikku depuis 2 ans. Néanmoins les difficultés rencontrées par la baisse des ventes et des chiffres d’affaires ont affiné les politiques éditoriales des uns tout en menant la vie dure aux autres. Si le terme de « marché saturé » a fini par se galvauder à force d’être rabâché, celui de « marché à maturité » décrit sans doute le plus fidèlement la situation actuelle. S’il existe toujours des niches à explorer, peu d’éditeurs manga non généralistes réussissent à faire grandir leur offre et à se développer.

retro-2014

Les soit disant eldorados qu’ont été le shôjo, le seinen ou le young seinen, le yaoi, le vintage, etc. sont maintenant des secteurs identifiés et ils sont regardés avec une plus grande rationalité. Des modes continuent de naître tout de même, et l’année 2014 a été marquée par les survivals game, les mangas d’horreurs, de nouvelle tentative en ecchi et hentai, des titres influencés par les comics, d’autres mettant en avant félins et bêtes de tous poils… Mais toutes ces tendances sont identifiées en tant que telles et vues avec plus de pragmatisme. Enfin, chez les maisons les plus importantes du marché, de plus en plus de bilingues franco-japonais sont présents dans le choix des licences, permettant de mieux évaluer leur potentiel. En effet, si les maisons d’éditions de manga sont majoritairement dans les mains de passionnés du genre, le simple amour du manga ne suffit plus et aucun titre ne se vend plus tout seul. Beaucoup de titres sont encore mal castés ou trop peu visibles, mais c’est une offre de plus en plus réfléchie qui arrive donc chez nos librairies. Marché saturé ou pas, les éditeurs ont appris à travailler avec. Les vendeurs de manga aussi… 

Le manga, la boutique et le lecteur…

Si les éditeurs s’adaptent et semblent tenir le coup, les librairies continuent de fermer ces dernières années. Tous secteurs littéraires confondus, Paris a par exemple perdu 83 librairies depuis 2011. Avec en moyenne une trentaine de titres par semaine depuis 5 ans et une concurrence accrue des points de vente, les vendeurs de manga ont vu leur métier devenir de plus en plus complexe, surtout face à un lectorat toujours plus contraint financièrement et plus volatile dans ses destinations d’achats.

manga-spaceQu’il s’agisse d’une petite librairie indépendante ou d’une enseigne nationale, les milliers de manga qui existent sur le marché posent d’abord, et à tous, le problème de la place. Chez Manga Space, « les étagères présentent environ 3500 à 4000 ouvrages et sur le comptoir nous avons en général une dizaine de titres en évidence » nous explique Romain Gauthier, son propriétaire. Du coté de l’enseigne généraliste Cultura, l’espace manga semble arriver à maturité, comme nous l’explique Sébastien Renard, responsable de ce pôle : « si l’espace Manga a eu tendance à s’agrandir lors des 5 dernières années, cela fait maintenant 2 ans que nous stoppons son évolution en termes d’espace alloué. En moyenne l’espace Manga représente le tiers de l’espace BD. »

Il faut donc choisir. Cultura pousse en avant certains titres à l’échelle nationale et laisse ensuite au soin des équipes sur place de composer leur offre. Cette composition, chez Manga Space, se construit comme suit : « On enlève tout ce qui ne s’est pas vendu dans l’année précédente… On coupe les séries longues (en gardant le début et la fin et en faisant le reste sur commande). Pour la mise en avant, le n°1 des nouvelles séries est mis en avant sur le comptoir la semaine de sa sortie (voire deux semaines s’il n’y a pas de sorties de n°1 la semaine suivante). Pour certains titres, je les laisse sur le comptoir jusqu’à la sortie du n°2 pour aider à la vente. »

Voilà le magasin prêt… mais pour qui ? Le profil dressé par le propriétaire de Manga Space montre bien la diversité des lecteurs de manga. On y retrouve le fan, le béotien et le connaisseur : « j’ai de tout. Du gamin qui vient acheter son One Piece ou son Naruto mais aussi le quadra qui vient parce qu’il a lu dans Télérama qu’il fallait lire ce titre ou celui-là. Et puis j’ai des gros lecteurs entre 20 et 35 ans qui ne sont pas des otakus mais qui ont un bon budget lecture et qui adorent trouver de nouveaux titres sur mes conseils. » Malheureusement tout le monde ne semble pas attacher d’importance au conseil, et c’est alors la disponibilité d’un titre qui prime. Le responsable de Cultura le dépeint avec humour dans son profil de l’acheteur de manga : « Le profil classique de l’adolescent qui est fidèle à une enseigne jusqu’au moment où il ne trouve pas son titre à 10h le jour J. »

logo-officiel-culturaComme il nous l’expliquait l’année dernière, Romain Gauthier cherche donc à créer du lien avec le client pour le fidéliser : « je ne me préoccupe pas trop de la concurrence car que faire contre les gens qui préfèrent acheter sur le web sans avoir de contact avec un libraire passionné. Ce que je veux c’est faire vivre le manga et la culture qui va avec. On essaye d’organiser des événements autour de ça et ça les sites de vente en ligne ne peuvent pas le faire. C’est comme cela qu’on survit ! »

Lorsque l’on parle des différentes stratégies de l’offre évoquées plus haut, les deux vendeurs se rejoignent sur un point : les offres concentrées sur quelques titres sont les plus intéressantes qualitativement parlant. Pour Sébastien Renard, dans une offre massive, « un grand nombre de séries sont certaines de ne pas fonctionner. Un client va en priorité continuer les séries qu’il suit, puis s’il lui reste encore du budget il ira découvrir de nouvelles séries. » En passionné du manga, notre libraire spécialisé va plus loin dans la critique : « aujourd’hui pour moi le marché est engorgé, il y a bien trop de sorties commerciales qui ne reflètent pas la qualité du manga. Les gens ne s’y retrouvent plus et en plus le nombre de lecteurs n’a pas augmenté proportionnellement au nombre de sorties. C’est bien de vouloir vendre à tout prix mais je préfère des petits éditeurs qui prennent le temps de choisir des titres de qualité et qui les défendent ! »

Défendre des titres de qualité… C’est assurément le vœux pieux de tous les éditeurs mais quels sont ceux qui ont réussi à le faire en 2014 ? Quels sont les secteurs porteurs et comment communication et marketing ont réussi à placer – ou non – les lancements de l’année dans le cœur des lecteurs ? Et enfin, est-ce que toutes ces mutations vont permettre le rebond tant attendu du marché du manga ? Pour le savoir, direction notre partie consacrée aux ventes 2014 !

Dossier Bilan Manga 2014
* Bilan Manga 2014 : vers un renouveau ?
* Publication : saturation ou maturité ?
* Ventes 2014 : vers de nouveaux cycles…
* Éditeurs : cinq années de mutation…

Retrouvez les bilans des années 2010, 2011, 2012 et 2013 du marché français du manga. Tous les chiffres présentés ici sont des estimations et donc, comme toujours, ils sont à prendre avec du recul et à titre de comparaison entre les différentes années ou les différents secteurs de marché et non pas comme des valeurs absolues en tant que telles.

Sources : Bilans ACBD de Gilles Ratier, Gfk Retail and Technology, éditeurs, Paoru.fr, Manga-news

Paul OZOUF

Rédacteur en chef de Journal du Japon depuis fin 2012 et fondateur de Paoru.fr, je m'intéresse au Japon depuis toujours et en plus de deux décennies je suis très loin d'en avoir fait le tour, bien au contraire. Avec la passion pour ce pays, sa culture mais aussi pour l'exercice journalistique en bandoulière, je continue mon chemin... Qui est aussi une aventure humaine avec la plus chouette des équipes !

Japan in Motion : Et vous, quel Japon préférez-vous ?

Vous aimerez aussi...

9 réponses

  1. Thibault RENOU dit :

    Très bon article, qui reflète l’importante part du manga dans le marché français de la bande dessinée.
    A noter que, si Clair de Lune met en pause toutes ses séries coréennes N&B, l’éditeur s’est relancé sur les séries japonaises… Mais l’arrêt des séries coréennes est clairement un manque de respect envers les lecteurs (enfin bon, on peut difficilement faire pire que Panini, vous me direz…)

    Sinon mauvaise nouvelle malheureusement pour la boutique Manga Space (ça m’a fait plaisir de voir Romain donner son point de vue dans cet article ^^), qui ferme ses portes à la fin du mois de Mars… 1 librairie de plus à rejoindre la trop longue liste des librairies fermées depuis 2011, à Paris mais aussi dans d’autres villes de France! Maintenant il faut se poser la question : la faute revient-elle aux grands réseaux de distribution (type FNAC, Leclerc, etc), à la vente en ligne (Amazon), ou à l’avancement du livre numérique (j’exclus d’office le piratage)? Une étude serait intéressante sur ce sujet, je pense (pas forcément par vous, bien évidemment 🙂 )

    • Paul Ozouf dit :

      Thibault > merci du compliment. Pour Clair de Lune disons que c’est mal géré effectivement. Et pour Manga Space j’ai cru comprendre que Romain a d’autres projets, heureusement. Enfin, oui ça ferait un beau dossier, sur la vente de Manga aujourdhui. C’est dans la boite à idée en tout cas, j’espère bien pouvoir développer ça un jour 🙂

      • ToxicReader dit :

        Bonjour, ces articles sont très intéressants et bien complets. J’avoue que pour le coup du numérique, si c’est l’une des raisons, ça me ferait peur car moi et le virtuel pour tous les produits culturel, jamais de la vie 🙂

        J’aurai une question. On parle toujours de surproduction en France (romans, BD/mangas et même aussi en ce qui concerne les albums CD de musiques et de DVD/Blu-Ray Disc où le nombre de nouveautés par trimestres est de plus en plus importante et de plus en plus dingue et aussi les jeux de plateaux avec pour en 2014 un nombre de sorties record hallucinant à plus de 4000 nouveautés). Donc tout le secteur des produits culturel est dans la même situation. Moi ça me dérange pas du tout car la variété est du coup impressionnante et comme ça tout le monde peut être content. Faut dire aussi que j’achète énormément de choses, et pas forcément que les produits les plus en vues du moment, comme les mangas. Je touche à tout. Je m’intéresse à tout, pas de préférence alors pour des gens comme moi, ce n’est pas un souci 🙂 Mais pour les éditeurs et aussi les libraires, j’avoue que ça doit pas être simple avec ce flot de nouveautés.

        Ma question est : est-ce que vous savez le nombre de sorties par mois, voir par ans, de mangas au Japon ? Alors je suis bien conscient que le nombre de la population n’a absolument rien de comparable et tout mais je serai bien curieux de le découvrir.

        Merci de votre réponse par avance 🙂
        Cordialement.

        • Paul Ozouf dit :

          Merci du compliment. Excellente question, on se renseigne et on vous répond 🙂

        • Paul Ozouf dit :

          J’ai la réponse : 12 000 mangas chaque année en moyenne, soit 1 000 par mois ! Impressionnant, non ?

          • ToxicReader dit :

            Wahoouuuh !!! Alors là, je me doutais que le nombre serait élevé mais à ce point là…Alors justement, c’est ça qui est très intéressant 🙂 En France, en lisant vos articles (qui sont, au passage, très bons à lire sur les sorties par mois), on à entre 100-200 sorties par mois. Ce qui est déjà assez dingue. Et rien « qu’avec » ça, on parle de surproduction. Ce qui est juste. Mais alors là où ça m’intrigue, c’est que comment les japonais arrivent à faire de la place aux sorties (aussi bien les lecteurs que les boutiques) avec en moyenne 1000 titres par mois alors que nous on à déjà du mal à suivre avec 100-200 titres ?? La différence est tellement impressionnante !! Pour eux il doit y avoir une sur-sur-sur-surproduction, alors :-d

            C’est exactement pareil pour les livres (les romans, notamment). Quand je vois en France tout ce qui sort, c’est fou fou FOU ! Et quand je regarde les sorties en Amérique mais c’est à croire que chaque habitants de ce pays à écrit un livre dans leurs vies. Alors après oui, la différence de population entre la France et les USA/Japon n’est pas comparable mais quand même. Ils doivent avoir les mêmes questions que nous quant à savoir si il y à une saturation ou pas. Toujours aussi passionnant les différents marchés de la culture 🙂

            Et merci pour votre réponse 🙂

  1. 19 mars 2015

    […] Bilan Manga 2014* Bilan Manga 2014 : vers un renouveau ?* Publication : saturation ou maturité ?* Ventes 2014 : vers de nouveaux cycles…* Éditeurs : cinq années de […]

  2. 19 mars 2015

    […] Bilan Manga 2014* Bilan Manga 2014 : vers un renouveau ?* Publication : saturation ou maturité ?* Ventes 2014 : vers de nouveaux cycles…* Éditeurs : cinq années de […]

  3. 31 juillet 2016

    […] Bilan Manga 2014* Bilan Manga 2014 : vers un renouveau ?* Publication : saturation ou maturité ?* Ventes 2014 : vers de nouveaux cycles…* Éditeurs : cinq années de […]

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *