The Arms Peddler : drôle de dame

En février dernier, le premier tome de The Arms Peddler paraissait chez Ki-oon. Annoncé comme le successeur d’Übel Blatt, le titre de dark fantasy de Kyoichi Nanatsuki et Night Owl pourrait bientôt servir, à son tour, de référence dans le domaine…

The Arms Peddler tome 3 © Kyoichi Nanatsuki, Night Owl / SQUARE ENIX CO., LTD.

Voyage en enfer

Sona Yuki, un jeune garçon qui vient d’assister, impuissant, au massacre de sa famille par un groupe de brigands ayant pris soin de le marquer au fer rouge avant de disparaître, agonise dans le désert. Surgit alors dans ce paysage dévasté une marchande d’armes itinérante qui lui offre son secours, à une condition : qu’il accepte de lui obéir au doigt et à l’oeil jusqu’au remboursement intégral de sa dette. Bien décidé à survivre pour venger sa famille, Sona accepte cette offre et devient de fait « l’esclave » de Garami.

« La violence fait partie intégrante de l’univers de The Arms Peddler. […] Mais elle est loin d’être gratuite »

Dès le premier chapitre, le ton nous est donné. Du massacre sanglant de la famille de Sona à l’apparence répugnante des monstres qui cherchent à déchiqueter le jeune garçon, rien ne nous est épargné : la violence fait partie intégrante de l’univers de The Arms Peddler, et le dessinateur prend soin de nous en montrer les moindres détails. Pour autant, cette violence est loin d’être gratuite. Alors qu’on pourrait craindre que le manga se livre à une surenchère de sang et de sexe pour appâter un lectorat masculin en manque de testostérone, il n’en est rien puisqu’il s’agit simplement d’un moyen de traduire au mieux la cruauté du monde post-apocalyptique dans lequel évoluent Sona et Garami.

Extrait The Arms Peddler © Kyoichi Nanatsuki, Night Owl / SQUARE ENIX CO., LTD.

C’est par l’intermédiaire des missions dont est investie Garami par sa guilde d’armuriers que l’on découvre progressivement le contexte géo-politique de cet univers aux contours assez flous. Milices armées jusqu’aux dents, chasseurs de primes sans scrupules, créatures monstrueuses (qui ne sont pas sans rappeler celles de Berserk), vampires… autant de dangers redoutables qui se cotôient dans un monde aux atmosphères très variées. D’une ambiance de western à une ville de style médiéval, le dépaysement du lecteur est assuré au gré des déplacements du chariot de Garami, qui permettent de passer outre sur des personnages secondaires souvent assez stéréotypés.

Pas de répit pour Garami

La qualité première de The Arms Peddler, outre les magnifiques dessins de Night Owl, reste son rythme endiablé : l’action est omniprésente et toujours savamment dosée. Plutôt que de soupirer devant un combat à rallonge sans intérêt, on se surprend au contraire à attendre impatiemment le prochain danger qui guette les héros. Le dynamisme du scénario tient aussi à son format narratif : le caractère itinérant du métier de Garami l’oblige à voyager constamment. Qui dit nouvelle contrée dit nouvelles rencontres… mais aussi nouveaux affrontements.

The Arms Peddler © Kyoichi Nanatsuki, Night Owl / SQUARE ENIX CO., LTD.

Le mystère savamment entretenu autour du passé et des motivations réelles de Garami (dont on ne sait toujours rien après trois tomes) promet quant à lui de futures révélations d’envergure sur la belle mercenaire, qui s’impose dès les premières pages comme une héroïne charismatique et attachante malgré sa froideur.

Avec The Arms Peddler, le duo Nanatsuki/Night Owl signe donc un seinen violent et terriblement immersif. Une véritable réussite qui mérite d’être suivie de près, que l’on soit amateur de dark fantasy ou simplement à la recherche d’une lecture captivante… dont on ne ressort pas forcément indemne. Âmes sensibles s’abstenir!

Extrait du manga en ligne

Découvrez la bande-annonce de The Arms Peddler ! par Ki-oon

Visuels © Kyoichi Nanatsuki, Night Owl / SQUARE ENIX CO., LTD.

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