[Interview] avec Ein Lee : Princesse de l’illustration

Ein Lee en dédicace sur le stand nobi nobi! - Photo Céline Maxant

Pour le public, c’est avec Ein Lee que l’aventure nobi nobi! a commencé. L’un des premiers albums lancé par l’éditeur jeunesse était en effet Princesse Pivoine illustré par l’artiste taïwanaise. On découvre une dessinatrice qui n’a pas son pareil pour mettre en images les contes traditionnels japonais – plus précisément les légendes de princesses – et qui nous le montrera ensuite à travers deux autres ouvrages : _Le Secret de la grue blanche_ (écrit par Christelle Huet-Gomez) et La Princesse au bol enchanté (écrit par Samantha Bailly).

 

Cette jeune auteure qui a débuté sur Deviant Art, maîtrise le dessin numérique. Ses illustrations sont notables par leur grande finesse et une harmonie des couleurs qui est un vrai régal pour les yeux. Il était donc temps pour nous de rencontrer cette artiste…

Journal du Japon : Vous vous êtes fait connaître sur le réseau social Deviant Art. Comment avez-vous débuté ?

Ein Lee : Deviant Art est un site communautaire où tout le monde peut poster ses dessins. Je me suis dit que je devrais essayer car c’est un moyen facile de partager ses travaux. J’ai donc mis quelques dessins et à ma grande surprise, les internautes ont commencé à s’intéresser à mes œuvres et à mettre des commentaires très positifs.

Qu’est-ce que cela a changé pour vous ?

Deviant Art m’a permis d’avoir une exposition que je ne pouvais avoir par moi-même. C’est d’ailleurs par le biais de ce site que j’ai trouvé du travail et c’est un réel plaisir. Des personnes m’ont contactée car j’avais mis mon adresse email sur le site Deviant Art. Elles me disaient qu’elles aimaient mes dessins et me demandaient si je serais intéressée par un de leurs projets. Des fois, les projets aboutissaient et des fois non mais en tout cas, je le dois à Deviant Art.

La Princesse au bol enchanté --© Samantha Bailly / Ein Lee 2012 • nobi nobi !--

Vous êtes l’auteur de 3 contes japonais illustrés publiés en France chez l’éditeur nobi nobi!. Comment est née cette collaboration ?
Cela a commencé en 2008 quand nobi nobi! a vu ma galerie d’art. Ils m’ont dit que mon style de dessin était différent et que c’est ce qu’ils recherchaient. Ils m’ont donc envoyé un email en se présentant et en disant ce qu’ils voulaient faire. Quand j’ai vu leur offre, je me suis dit que c’était vraiment intéressant et que si mon rêve se réalisait, je pourrais peut-être être publiée. J’ai donc accepté leur offre.

Pourquoi des contes japonais en particulier ?

L’éditeur nobi nobi! est avant tout spécialisé dans le style japonais, les contes de fées et les livres traduits du Japon. Ils adorent le Japon et ils savent que j’aime également ce pays car il y a des dessins japonais qui représentent des kimonos dans ma galerie Deviant Art.

Et comment s’est fait le choix des histoires ?

Pour le premier projet, Princesse Pivoine, j’ai pu choisir l’histoire car je leur ai demandé ce qu’ils pensaient de ce conte et ils m’ont tout simplement dit oui. Pour les deuxième et troisième livres, c’est eux qui m’ont proposé l’histoire car ce sont des contes très populaires au Japon. Et après les avoir lu, je me suis lancée dans ces projets.
Vos illustrations, et en particulier les personnages, rappellent l’esthétique manga et l’animation japonaise. Est-ce que vous aimez les mangas et les animés ?

Bien sûr ! Mais même maintenant je suis une grande fan. J’adore regarder les nouveaux animés même si j’ai moins de temps pour lire et regarder des mangas.

La Princesse au bol enchanté - © Samantha Bailly / Ein Lee 2012 • nobi nobi !

Les dessins de vos contes sont très travaillé au niveau des couleurs et des effets. Avec quels outils travaillez-vous ? Est-ce du dessin traditionnel ou numérique ?

La plupart du temps, je travaille en numérique et pour tous ces livres, je n’ai pas fait un seul dessin traditionnel. Dans mon carnet de dessin, je vais faire des esquisses quand j’attends le train ou autre chose. Mais après ça, je numérise les brouillons sur l’ordinateur car c’est beaucoup plus facile pour travailler. Si je fais une erreur, j’ai juste à l’effacer.

Qu’est-ce qui vous inspire pour le dessin ?

Mon inspiration vient de tout car j’aime l’art en général mais aussi la photo. J’essaie de ne pas me réduire à un style de dessin. Je suis observatrice dans la vie, j’aime regarder les couchers de soleil et tous ces petits détails que les gens ignorent la plupart du temps. J’essaie donc de travailler tout ça dans mes dessins.

Ein Lee, princesse qui dessine des princesses - Photo Céline Maxant

Qu’est-ce que cela vous fait d’avoir été publiée en France chez nobi nobi! ?

Ils m’ont contactée assez tôt, il y a plusieurs années, à l’époque je n’avais pas autant de projets. Être publiée est un grand honneur quel que soit le lieu car ce n’est pas tous les jours que nous trouvons un éditeur qui souhaite publier des animés, style arts ou des histoires. C’est du dessin japonais et j’adore la culture japonaise, ce sont des histoires pour les enfants et en plus c’est une publication en France. C’est comme si j’avais tout d’un coup ! C’est une superbe opportunité, qu’elle soit réussie ou non, et c’est surtout une expérience très enrichissante.

Princesse Pivoine - © Ein Lee 2010 • nobi nobi !

Quels sont les prochains projets avec nobi nobi! ?
En fait, j’espère vraiment retravailler avec eux car ils ont vraiment envie d’aller de l’avant et je veux faire partie d’un des nouveaux projets qu’ils pourraient avoir. Je vais aussi travailler sur mes propres histoires même si cela va prendre du temps. J’ai également des travaux commissionnés mais je ne peux pas en parler pour l’instant.

Quels sont vos autres projets ?
Je ne poste plus autant de dessins car je suis en ce moment en train de publier moi-même des livres doujinshi. J’essaie quand même de garder des dessins pour mes livres mais de temps en temps, je vais poster sur Deviant Art pour avoir plus d’exposition.
« Site Internet de nobi nobi! »:http://www.nobi-nobi.fr/, « Facebook »:https://www.facebook.com/0nobi.nobi

Propos recueillis par Jérôme Salomon 
Photo Céline Maxant © journaldujapon.com – Tous droits réservés.
Visuels © Samantha Bailly / Ein Lee 2012 • nobi nobi 

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