Danganronpa, un jeu super duper inventif

Une fois n’est pas coutume, parlons un peu de jeu vidéo sur le JDJ. Vous aimez Phoenix Wright, la saga Persona et les survival games? Danganronpa, un univers délirant, est enfin arrivé en magasins le mois dernier. L’occasion de revenir sur ce bon jeu de niche.

Un survival game désinhibé

La sortie de Professeur Layton VS Phoenix Wright est imminente mais le meilleure porte ouverte aux jeux barrés reste la PS Vita. Bienheureux les possesseurs de la petite console à hits de niche, vous pourrez mettre la main sur un jeu aussi original que bien fait, dans le ramage comme dans le plumage. Ce jeu, c’est Danganronpa : Trigger Happy Havoc. Un visual novel proche des aventures de notre avocat préféré, mixé avec un Battle Royale qui aurait soudainement des personnages séduisants – un peu embêtant vu qu’ils ont été construits pour être archétypés.

Vous incarnez Makoto Naegi, un jeune lycéen, parfait everyman de fiction. Makoto a été sélectionné pour faire partie de la Hope’s Peak Academy, une faculté dont la nouvelle promotion comprend quinze étudiants dont la vie tourne autour de hobbys très précis : un « super joueur de baseball », un « super surveillant de couloir », une « super nageuse », etc. Vous, parfait bonhomme neutre et moyen en tout, avez été tiré au sort pour participer au programme, faisant de vous le « super chanceux » de la promo. Pas de bol : c’est un vaste piège ! A peine un pied dans l’enceinte, vous vous retrouvez enfermé à vie avec vos camarades, malmené par Monokuma, espèce d’ours-en-peluche-robot-alien, particulièrement salace et ayant la voix de Doraemon. Pas de bol bis : c’est un vrai psychopathe. Il pose une règle aux quinze étudiants : seul l’auteur d’un meurtre parfait pourra sortir. Passés les premiers moments de stupeur, un premier cadavre va apparaître et le processus d’écrémage va commencer. Après quelques moments d’investigation, un procès va avoir lieu. Il va falloir désigner le coupable. En cas de réussite, le fautif va être exécuté d’une manière aussi cruelle qu’imaginative, toujours lié à ses attributions. Si vous désignez la mauvaise personne, ce sont tous les innocents qui passeront à la casserole !

Voilà les règles de ce survival game. En sus, il va falloir résoudre le mystère de l’Académie : pourquoi, finalement, enfermer des jeunes adultes à vie et les motiver à s’entretuer ? Survivalisme, dystopie, tous les mécanismes du genre sont mobilisés. Le gameplay se divise en deux phases. Dans un premier temps, vous vous baladez librement dans l’académie : vous discutez avec vos camarades, vous enquêtez, rien de plus qu’un bête point&click dont le scénario progressera une fois que vous aurez fait toutes les actions nécessaires. Dans un deuxième temps, c’est l’heure du procès de classe ! Il va falloir se soumettre à une série de mini-jeux pour reconstruire le fil des évènements et désigner le malandrin qui ose « perturber l’ordre de classe ». Le paroxysme ? L’exécution et sa violence complètement absurde et désinhibée.

Ces deux phases ont pas mal de petites spécificités. Dans la première, on se balade, on ramasse des pièces, on les dépense pour récolter des petits objets à offrir à vos camarades. Danganronpa possède quelques liens avec Persona : un vague paradigme de drague entre écoliers dans un gameplay à la routine programmée. En moins pompeux, vous aurez des « free time » pour copiner avec le personnage de votre choix, histoire d’en savoir plus sur eux et de glaner quelques bonus passifs très anecdotiques pendant les phases de procès. Vous vous êtes attaché à lui ? Le voilà cruellement assassiné le jour suivant.

Le « procès de classe » est un vrai petit bijou de progression et de tension. Il multiplie les fausses pistes – quand il n’est pas d’une évidence coupable, comme le tout premier. Il vous propose de participer à des mini-jeux divers, un peu sortis de nulle part : jeu du pendu pour trouver une idée fondamentale, mettre des éléments en contradiction, exactement comme dans Phoenix Wright, un jeu de rythme pour calmer les ardeurs argumentaires de certains. Le top du top : résumer tous les tenants du meurtre dans un comic où vous devez retrouver des cases manquantes, histoire de prouver que vous avez bien suivi. A ce stade, on est à 100 % dans l’intrigue, c’est un sentiment exaltant.

Un univers visuel et délirant

Voilà pas mal de critères intéressant. Joie : son identité visuelle est très travaillée. Le chara-design, outrancier et agressif, finit par plaire. Le jeu aime bien distiller des petits indices rétro à des endroits improbables. Les personnages sont représentés par des versions « plates » d’eux mêmes, et leurs poses sont irrésistibles. En plein procès, les arguments sont des balles qu’on s’envoie à la figure, tout tourne autour d’une ambiance étrangement colorée. A chaque nuit, Monokuma s’adonne à un étrange monologue, comme s’il faisait du rakugo. L’ambiance sonore est tout aussi réussie et identifiable. Les exécutions sont des petits sommets de stylisme – un comble ! Un vrai petit bazar joyeux et fier de lui.

Attention cependant, c’est en anglais. Il faut le parler couramment, d’abord pour le comprendre, mais aussi pour capter l’excellente traduction qui fourmille de petites blagues langagières. Vous risquez de passer la moitié du jeu à prendre des screens (n’oubliez pas, bouton d’accueil plus start, le geste doit être rapide et vigoureux) tant les dialogues sont hilarants et inventifs. Hifumi et Monokuma sont deux grandes sources de pépites. Vous voilà prévenus ! Le doublage japonais est aussi disponible mais l’anglais est très bon, chacun dispose de moult phrases pré-enregistrées et l’intégralité des procès sont doublés. Enfin, est-ce que le jeu est difficile ? Pas vraiment, sinon quelques contradictions peu intuitives à trouver. Est-ce que le basculement de scénario à un certain point ne plombe-t-il pas l’ensemble ? A vous de voir.

Pour aller plus loin…

Si vous avez déjà joué au jeu et que vous voulez une seconde version, sachez qu’une adaptation en anime, par le studio Lerche, a été diffusée l’été dernier mais reste à éditer en France. L’adaptation de DanganRonpa souffre des mêmes défauts que ce genre de bond transmédia, à l’instar de Persona 4 : ça ne vaut absolument pas le jeu, car une douzaine d’épisodes n’auront jamais le temps de développer ce que des dizaines d’heures de jeu peuvent apporter. Cependant, cet anime est une bonne synthèse express et il sait reprendre les codes visuels si particuliers du jeu. A découvrir si, par exemple, vous voulez découvrir le casting de voix japonaises. Le plaisir de voir ses personnages préférés s’animer est grand, même si les poses un peu statiques rappellent cruellement le Visual Novel.

Et voilà une bonne nouvelle si la fin de DanganRonpa vous a laissé sur votre faim : la sortie de Super DanganRonpa 2 est prévue pour l’automne, toujours sur Vita. On y trouve un nouveau casting de super duper génies, mais aussi une veille connaissance… qui a soudainement pris trente kilos.

 Danganronpa : Trigger Happy Havoc, édité par NIS América, Développé par Spike Chunsoft.
Autour de 30 euros sur Playstation Vita.

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