Superdimension Neptune VS Sega Hard Girls : la rencontre explosive des Déesses !

Dans tous les genres de jeux vidéo, il existe des éditeurs et des licences qui restent loin des grands studios et de leurs grosses productions, sans pour autant que leur succès soit à ignorer. C’est le cas de Idea Factory et leur série Hyperdimension Neptune. Et alors que son dernier épisode en date, Superdimension Neptune vs Sega Hard Girls, vient de se voir attribuer un quelque peu approximatif « Coming this Summer » pour sa version Steam, très peu d’article ont été publiés sur la toile, alors qu’il est sorti en octobre dernier sur PS Vita. Il est donc temps de réparer cette injustice… Un petit test du jeu ? C’est parti !

Superdimension Neptune VS Sega Hard Girls

Hyper… Super… Dimension Neptune ? Sega Hard Girls ? C’est qui, celles-là ?

A l’origine, Hyperdimension Neptunia (Chôjigen Game Neptunia au Japon, 超次元ゲイム ネプテューヌ) est un RPG sorti sur PlayStation 3 en août 2010. Il mettait en scène le personnage de Neptune, d’ailleurs héroïne principale de la série (sauf dans le volet qui nous intéresse ici… Désolé, Neptune !) et également l’une des quatre grandes déesses qui règnent sur le monde. Elle, ainsi que les autres, luttent dans un long conflit, la Guerre des Consoles. Le joueur prenait son contrôle, et ainsi commençait une aventure bourrée de combats, d’humour et de références à ne plus savoir qu’en faire… Puis vint une suite, puis deux, et même plus encore ; des spin-offs et un anime s’y sont ajoutés. Ainsi, Neptunia devenait un vrai plaisir pour ceux qui aiment le genre ; un mélange de RPG et de Light Novel détonnant qui fonctionne très souvent (à condition d’aimer lire beaucoup, certes… mais si ce n’était pas le cas, vous ne seriez pas sur ce site en ce moment).

Les Sega Hard Girls (ou SeHa Girls), quant à elles, empruntent un chemin similaire. Neptunia s’inspire de toutes les consoles possibles (Neptune est basée sur les machines Sega, sa petite sœur Nepgear sur la Game Gear, Vert se rapproche des supports Microsoft et Noire plutôt de celles de Sony, par exemple), là où les SeHa Girls sont forcément issues de la firme au hérisson bleu. Chaque console, chaque accessoire principal – de la Sega Mark-1000 jusqu’à la Dreamcast en passant par d’autres standards plus obscurs comme la Tera Drive – s’y voient attribuer une apparence humaine propre. Nées de la collaboration entre ASCII Media Works, Dengeki et Sega en août 2013, elles vivent elles aussi au travers de light novels dans lesquels elles sont des déesses qui voyagent à travers l’histoire des jeux de l’éditeur (on comprend mieux, ainsi, le lien entre les deux…). Une série d’animation en a également découlé, mais cette fois-ci faite à partir du programme MikuMiku Dance (MMD), qui permettait à l’origine de créer ses propres clips vidéo avec la petite DIVA aux cheveux turquoise. 

Pour en revenir au jeu, la rencontre entre les deux était donc « évidente », ou du moins bien trouvée et Superdimension Neptune vs Sega Hard Girls – Yume no Gattai Special (超次元大戦 ネプテューヌVSセガハードガールズ 夢の合体スペシャル) est sorti au Japon en novembre 2015, puis octobre 2016 aux Etats-Unis et Europe. La sortie prochaine sur Steam, qui proposera par exemple des graphismes améliorés, s’impose comme une occasion de revenir sur le titre lui-même.

 » Touch me Histy ! « 

Superdimension Neptune VS Sega Hard GirlsSeule au milieu de nulle part, en pleine route dans des contrées désolées, une moto fonce à toute vitesse avec à son bord IF (à prononcer « a-i-ef »), à la recherche d’une bibliothèque légendaire. Alors qu’elle pense s’en approcher, elle remarque dans le ciel une lumière qui file vers le sol… Ou plutôt, une jeune femme ? Elle parvient à l’attraper en plein vol, alors que l’inconnue s’écrase contre elle. IF décide de rejoindre la bibliothèque en emportant l’inconnue, inconsciente. Là l’accueille, comme le dit IF, une « espèce de fée » qui s’occupe de l’endroit. Pendant qu’elles discutent, un bruit se fait entendre dans le Grand Atrium. IF part donc y faire un tour à la demande de sa nouvelle amie, prénommée Histoire, mais, au bout du chemin, elle se fait surprendre par une ombre qui l’attaque dans le dos. Elle perd connaissance et se réveille plus tard auprès de la maîtresse des lieux, qui lui explique que l’histoire (pas elle, bien sûr) s’efface et disparaît progressivement. Ayant pris les devants, elle a modifié la moto d’IF pour lui permettre de voyager dans le temps.

Alors que cette dernière s’apprête à partir pour visiter les différentes époques possibles, l’inconnue se réveille et nous apprend qu’elle a perdu la mémoire… Mais « croit » s’appeler Segami. Elle insiste pour accompagner l’aventurière (« qu’elle le veuille ou non ! »). Ainsi débute leur voyage à travers le temps et les époques du monde, dans lesquelles il faudra tout faire pour que tout s’améliore, et que la créature derrière ce drame, le Time Eater, disparaisse.

Tout cela est dit au travers de nombreuses explications qui vous aideront à bien comprendre le gameplay : on vous laisse à nouveau prendre le contrôle d’IF (ou Segami, si vous la choisissez en tant que leader), pour sélectionner la mission que vous souhaitez faire, ou découvrir un peu les personnages qui se trouvent là dans la Grand Library. Mega Drive 2 s’occupe de la boutique (achat, ventes ou échanges directs pour ne pas avoir à tout faire manuellement), Histoire gère les missions disponibles et confirment leur succès une fois terminées, Tera Drive permet de revoir toutes cinématiques de votre choix ou d’écouter séparément les morceaux qui composent la bande-son… D’autres, parfois, viendront aussi vous faire la discussion. Si tout ce qui se passe dans la Bibliothèque se fait au travers de menus, hormis dans le Grand Atrium, c’est bien entendu une fois livré dans la nature que vous pourrez vous promener librement dans les différents niveaux du jeu.

Game Gear - Superdimension Neptune VS Sega Hard GirlsC’est donc au travers de ces missions que le gros de l’action se fait. Chacune dispose d’un compteur (qui correspond à une heure), et si vous ne la réalisez pas dans les temps, elle sera dévorée par le Time Eater et disparaîtra – le rendant plus fort, ce que bien entendu vous ne souhaitez pas. Lorsqu’elles ont toutes été complétées ou perdues, une confrontation contre le méchant monstre s’engagera. Chaque mission a une note qui détermine son importance dans le temps : plus elle est élevée, plus la réaliser est important et empêchera votre ennemi de reprendre plus de forces. C’est donc une course permanente contre la montre pour la survie de l’histoire (non, toujours pas elle…) qui vous attend.

Au fil de l’avancée et des rebondissements scénaristiques, vous pourrez tout d’abord explorer l’ère Sega Saturn, qui servira de première partie pour bien appréhender les événements et comprendre comment atteindre votre objectif final. Puis, vous en découvrirez trois autres, chacune étant une période différente dans laquelle règne une guerre permanente : celle entre les Déesses et les Sega Hard Girls. Que s’est-il passé pour qu’elles se battent ainsi ? Et surtout comment faire pour éviter que le conflit continue ? Voilà ce que vous allez rechercher en premier lieu, tout en explorant les différents niveaux de chacune.

Un combat-system bien pensé

SDNVSSHGSi beaucoup de la trame se révèle au fil de nombreuses discussions parfois très (voire trop) longues, les phases de combats ne sont absolument pas à négliger. A mi-chemin entre l’action-RPG et le tour par tour, il permet de se défouler en même temps que l’on pensera avec attention les actions à effectuer pour remporter la victoire. Chaque mouvement (déplacement/saut) ou action (attaque/utilisation d’objet) consomme une légère partie d’une barre d’action de chaque personnage lorsque vient son tour.

Par exemple, si vous devez vous déplacer vers un ennemi (une action), vous soigner (deux actions) puis l’attaquer, il vous restera seulement un ou deux coups à mettre. Si vous êtes déjà à proximité du cercle de présence d’un monstre et pouvez rester en place pour l’atteindre, vous pourrez enchaîner jusqu’à huit coups à la suite ; et si vous êtes trop loin pour toucher, en fonction de la possibilité de déplacement de votre personnage (IF et Segami bougeront plus loin que Game Gear, par exemple), vous n’aurez plus qu’à utiliser votre tour pour soigner un allié blessé ou le passer en pressant la touche R. Cette idée de gameplay rend les batailles appréciables aussi bien par leur dynamisme que dans la réflexion que vous devrez parfois y porter. Faut-il juste se déplacer et laisser son tour en restant à l’écart, ou foncer et tenter d’attaquer avec des capacités spéciales (qui ont-elles-même une portée plus élevée) ? A vous de décider. Vous pourrez aussi, si vous le souhaitez, faire se transformer vos personnages une fois équipés d’un Processeur qui les rend beaucoup plus puissants. Mais chaque technique dépense bien entendu des SP, et il faudra donc les utiliser avec parcimonie car ceux-ci ne peuvent être regagnés que par des attaques simples. 

Screenshot du jeu.On vous proposera également plusieurs formations de combat, dont certaines à découvrir en discutant avec des PNJ. Toutes ont une disposition différente ainsi que des capacités bonus propres, comme des boosts. Libre à vous de choisir celle que vous préférez et quel personnage mettre à chaque emplacement, selon sa capacité de déplacement, par exemple, ou la portée de ses attaques, son nombre de HP pour qu’il soit moins en danger, etc. Une formation bien choisie pourra parfois vous éviter de gros dangers.

Ensuite on note que l’équipement de chaque personnage est assez complet : arme, protection et accessoire de défense en premier lieu, ainsi qu’un volet « mode », qui changera très légèrement l’apparence de votre personnage, en même temps que certaines stats et processeurs pour certains. Les différentes classes que pourront choisir vos personnages influeront sur leurs capacités et privilégieront certains aspects par rapports à d’autres. Elles évolueront au fil de combats jusqu’au niveau 20.

En dehors de cela, les attaques portées replissent elles-mêmes une jauge de « Fever ». Lorsque celle-ci est pleine, c’est un peu le cadeau bonus qui commence : les ennemis restent immobiles et vos personnages frappent plus fort pendant un temps dépendant de vos actions, vous octroyant une avance considérable contre les boss. Vous aurez donc vite fait de chercher des combats lambda pour faire grimper la jauge en prévision d’un duel plus difficile.

Et puisque l’on évoque la difficulté, voici d’ailleurs le seul point noir de la partie action de ce soft : les combats sont faciles, beaucoup trop faciles. Ils n’offrent pour ainsi dire aucun challenge en niveau normal, même en faisant l’effort de prendre un personnage beaucoup plus faible dans votre groupe pour faire pencher la balance (ce qui n’a qu’un intérêt limité de toute façon car ils gagnent de l’EXP même sans être dans les batailles). De plus, en faisant un tour sur le PSN, vous pourrez trouver parmi les DLC gratuits quelques objets encore plus puissants qui vous aideront à devenir carrément… invincible. On exclura tout de même à cette critique certains combats contre des boss relativement ardus, et des zones dans lesquelles il ne faudra pas aller sans préparation sous peine de « prendre cher ». Une balance assez étrange donc, mais dans la continuité de la série. Quoi qu’il en soit, on vous conseille donc d’aller faire un tour dans les options du jeu pour activer le mode « Tough Enemies », qui rendra les choses plus intéressantes.  

Sauver l’histoire dans les meilleures conditions (toujours pas le personnage… promis on arrête cette blague)

SDNVSSHGSuperdimension Neptune vs Sega Hard Girls est un jeu originellement sorti fin 2015. La version Steam a beau avoir pour ambition de proposer des améliorations techniques telles que de plus beaux graphismes, il faut avouer que la version d’origine est loin d’être mauvaise. Certes, on peut noter quelques petits lags de temps à autres et oui, certaines textures sont un peu « légères » (le sol de quelques zones manque nettement de finition). Il n’en reste pas moins qu’il s’agit d’un beau travail. Que ce soient les sprites 2D des personnages dans les menus ou ceux en 3D dans les niveaux, la patte graphique n’a pas à rougir. Les décors sont parfois différents de ce que l’on trouve habituellement et le bestiaire assez surprenant ne manquera pas de bien marquer l’identité propre du titre (si vous n’avez toujours pas regardé une seule capture d’écran, il est temps de faire une pause et de s’y mettre !).

L’animation, quant à elle, est plus que correcte et ne souffre d’aucun défaut particulier, si ce n’est ces fameux petits lags dans l’ouverture des menus, ou à l’entrée de certaines zones. Les attaques, comme les déplacements ou les très bonnes techniques spéciales (parfois assez longues d’ailleurs, mais il est possible de les passer totalement avec la touche L), défilent sans problème. Il restera que, si l’affichage des dégâts est suffisamment gros, les textes des menus sont un peu petits. Ce qui n’est, certes, pas très gênant lorsque l’on sait à quoi servent les items, mais cela vous fera rater de nombreuses références si vous n’y prêtez pas attention.

Superdimension Neptune VS Sega Hard GirlsLa bande-son est plutôt réussie, elle aussi. Majoritairement dynamique, elle n’est pas particulièrement surprenante mais ne sera jamais déplaisante non plus. Le thème principal, chanté par l’artiste nao, donne envie de s’y mettre, tandis que celui qui berce les échanges (souvent humoristiques… voire surréalistes) entre IF et Neptune sont plutôt « bon-enfant » ; les BGM des combats expriment un challenge aisé contre les ennemis de base, alors que ceux consacrés aux boss-fights sont plus durs… Il n’empêche que ces mélodies restent souvent en tête, et c’est rarement désagréable.

Notons que le jeu est entièrement doublé en anglais et japonais (avec des textes en anglais seulement). La VO reprend ainsi les comédiennes habituelles de chaque série et c’est avec grand plaisir que l’on suit leurs conversations toujours à propos. La version anglaise, quant à elle, s’avère sympathique, sans atteindre le dynamisme de l’originale. On sent une tentative de coller aux expressions japonaises, mais c’est parfois difficile à accepter tant la différence se fait sentir ; certaines voix ne collent même pas vraiment à l’apparence du personnage… Quoi que l’on en pense, on peut de toute façon saluer cette initiative de redoubler tant de textes. On sent parfois un décalage entre l’écrit et le parlé, comme lors de ces phrases qui durent trente secondes pour trois mots à l’écran, mais cela reste rare.

L’aventure est longue ; enfin, disons qu’elle peut l’être. Vous aurez le choix entre trois fins différentes en fonction de vos actions et du moment où vous parviendrez à vous défaire du boss final. Le tout étant truffé de missions, généralement très courtes mais très nombreuses : à vous de décider si vous souhaitez écourter votre expérience au bout de quelques heures ou tenter de tout faire, ce qui vous portera facilement à une bonne quarantaine d’heures.

SDNVSSHG… Quelque chose a été oublié ? Effectivement, il est impossible de ne pas citer le fanservice léger du soft, même s’il reste beaucoup moins présent que dans l’anime. En réalité ce sont surtout les références au JV qui sont nombreuses. A tel point que l’on finit par se demander à qui tel ou tel PNJ peut faire écho ; en plus de celles éternelles des SeHa Girls (Game Gear dit se fatiguer vite, telle la console et ses six piles à la durée de quelques heures à peine, les yeux vairons de Saturn repris des deux cœurs de la machine, etc), on retrouvera ça et là des blocs sous lesquels sauter (façon Super Mario) pour récupérer des objets, ou des bonus placés en cloche sur votre chemin à attraper dans un bond comme dans un Sonic. Les PNJ offriront de jolis clins d’œil également… un petit exemple ? Si David Sneak, caché dans une boîte en carton, vous dit quelque chose, c’est que l’objectif est réussi… L’humour est très présent sans jamais être lourd et parvient à soulever parfois quelques défauts des jeux vidéo (« Les mots de passe sont mes pires ennemis ! », nous décrète un personnage) tout en montrant la passion des développeurs pour l’art vidéo-ludique.

A qui réserver cet épisode, alors ?

Sans doute pas à tout le monde. Bien sûr, les fans de la série et ceux de SEGA seront très probablement ravis que leurs personnages préférés soient traités avec autant d‘amour par Idea Factory et Compile Heart… Ceux de Neptune uniquement ne devraient pas être dépaysés et pourront découvrir autre chose qu’ils ne connaissent pas forcément… Il reste donc ceux qui sont entre les deux, qui ne connaissent aucune des deux licences. Hé bien, pour sûr, il faudra se détacher de ses habitudes, des autres RPG déjà faits. On s’amuse, on fait de jolies promenades bercées de thèmes musicaux parfois enchanteurs (ceux de l’Ere Mega Drive, par exemple), on se fait « exploser la face » par des boss totalement surpuissants et on part faire du levelling pur et dur pour se venger, tout en suivant un scénario classique mais intéressant, car bien construit dans sa progression. 

Attention, forts risques de spoil dans ce trailer, pire encore que les captures d’écran !

C’est donc un très bon soft qui se trouve devant nous. Disponible sur le PSN, et bientôt sur Steam (le beta test est en cours au moment où cet article est publié), il vous sera tout de même conseillé d’aller faire un tour sur la boutique officielle (« Iffy Store ») pour juger de son prix assez bas par rapport au dématérialisé. Mais peu importe le support, c’est un achat qui sera sans doute difficile à regretter, et c’est le principal. On souhaite une longue vie à Neptune et plein de nouveaux épisodes, dont on ne manquera pas de vous parler dans ces colonnes !

Toutes les infos (en anglais) et images supplémentaires sont à retrouver sur le site officiel du jeu, ici.

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2 réponses

  1. Doc dit :

    Merci pour cette critique bien complète !
    J’ai hâte d’y jouer sur PC, j’ai l’impression que ça fait une éternité depuis le précédent Neptunia ‘^^

  1. 29 juillet 2017

    […] On pourra éventuellement accorder à la Sega Hard Girls (que vous aurez pu voir dans le test de Superdimension Neptune VS Sega Hard Girls) que son design semble légèrement inspiré de NiGHTS, mais tout s’arrête […]

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