[Interview + Live Report] Girugamesh : Never Ending Story

Le 1er Juin dernier, Girugamesh, 10 ans de carrière, était de retour à Paris.
Six années après avoir fait ses premiers pas sur les scènes de la Capitale, le groupe était bien décidé à montrer tout le chemin qu’il avait parcouru, ainsi que les ailes qui lui ont poussé.

 

Girugamesh --Photo Lōlu--

 

« Listen to my evolution »

Bonjour à vous, et merci de nous accorder cette entrevue.
Avant toutes choses, félicitations pour votre 10ème anniversaire que vous venez de fêter. Le groupe a été formé alors que vous étiez encore au lycée, et aujourd’hui, vous êtes ici. A quel moment vous êtes vous rendus compte que vous aviez changé ? Y a-t-il eu un instant où vous vous êtes retournés vers les autres en vous disant « wow, nous avons vraiment évolué » ?

Ryo: Lorsque nous avons sorti notre 4ème album Now. A l’époque où nous étions très influencés par beaucoup de gens hors du groupe, et nous avons réalisé que nous avions beaucoup changé. Mais ce n’était pas pour porter un jugement, pour dire que c’était bien ou mal, seulement le constat que les choses changeaient dans la dynamique du groupe, après la sortie de ce quatrième album.
Êtes vous fiers de la carrière que vous menez ? Pensez-vous avoir atteint votre but d’être différents des autres groupes ?

Girugamesh --Photo Chung-Hee Jee --

 
Ryo : Aujourd’hui, nous sommes arrivés à un point où nous avons le sentiment de pouvoir faire ce que nous avons toujours souhaité faire en tant que groupe, d’être là où nous voulions être, avec notre propre identité. En ce sens, nous pouvons dire que oui, nous en sommes fiers, et nous avons atteint ce but, en effet.

Bien sûr, il y a des choses que nous regrettons lorsque nous nous retournons vers le passé. Il y a des choses que nous n’avons pas fait lorsque nous aurions dû, d’autres que nous n’aurions pas dû faire, etc. Mais toutes ces choses, en fin de compte, ont fait grandir le groupe, et toutes ces expériences collectées durant ces dix dernières années nous ont amenés là où nous sommes aujourd’hui.

Quel genre de regrets avez-vous ?
Ryo : En réalité, nous ne pouvons pas vraiment dire ce que nous regrettons, sans doute d’avoir été trop dépendants de certaines personnes qui étaient autour de nous au moment où nous n’étions pas vraiment capables de vraiment faire ce que nous souhaitions. Nous étions vraiment dépendants pour tout, donc dès que ces personnes étaient absentes, nous paniquions en nous demandant « qu’est-ce que l’on va bien pouvoir faire maintenant ? ». Nous avons également fait beaucoup d’erreurs par le passé, mais même lorsque de « mauvaises » choses sont arrivées, tout cela nous a vraiment conduit où nous en sommes aujourd’hui, donc d’une certaine façon, ce n’est pas entièrement un regret, mais plus une expérience au final.

 

Le chaînon manquant

Vous avez eu une période un peu moins métal, avec votre album GO, et revenez aujourd’hui dans votre genre premier, plus métalcore. Comment considérez-vous cet album dans votre carrière ?
Nii : Ce n’est pas du tout un regret.
Shuu et Ryo : Pas du tout.
Ryo : GO est vraiment emprunt de toute l’influence que nous avons pu avoir à cette époque. Notre difficulté principale à l’époque était de mettre tout le monde à la même page, au même niveau. Le groupe avait ses propres pensées, manières de voir les choses, et les gens avaient leur propre vision du groupe, et cette période correspondait aussi au moment où Girugamesh entrait dans le mainstream, ce qui était très important pour nous, car nous étions enfin capable d’exporter notre musique, de toucher une audience plus large. Cela a forcément contribué, mais nous n’avons aucun regret. Il est vrai que c’est un temps où nous étions perturbés par beaucoup de choses différentes, donc ce n’était pas facile.
Nii : Sans compter le fait que beaucoup de nos fans disaient que nous n’étions plus vraiment Girugamesh, et souhaitaient nous retrouver. Et en même temps, de nombreuses personnes ont commencé à nous écouter à cette même période.
Disons plutôt que c’était un moment doux et amer à la fois, pour nous.

En un certain sens, était-ce plus expérimental ?
Ryo : Absolument pas. C’était plutôt un challenge, car nous voulions définitivement faire quelque chose de différent. Nous avons mis tous nos efforts dans l’album,donc ce n’était pas une simple expérience.

Quelle place a tenu l’effet de mode sur la production de vos albums ?

Girugamesh --Photo Chung-Hee jee--
Ryo : Bien sûr, nous avions besoin d’exporter notre musique, et nous devenions populaires, donc il y a eu une part de mode que nous souhaitions suivre. D’autant plus que nous voulions faire découvrir Girugamesh aux personnes qui ne nous connaissaient pas encore, et nous faire apprécier d’eux, mais notre volonté a toujours été première dans les productions. Il n’y a absolument pas eu de moment où nous nous sommes sentis forcés.

Nii : Si nous voulons faire quelque chose, nous le faisons.

 

Shining

Qu’est-ce qui, selon vous, fait la force du groupe ?
Shuu : Le pouvoir !
Tous : Oui, le pouvoir. Nous allons vous le montrer !
Ryo (en montrant la photo d’un restaurant de ramen) : voilà ce qui fait notre force ! (Rires)
Plus sérieusement, quant à ce qui fait la force de notre musique, ce qui fait que le public aime notre groupe, les fans vous le diront certainement mieux que nous !

Vous avez toujours pris soin de travailler les paroles de vos chansons. Par exemple, Kowarete Iku Sekai contient un message très fort sur l’écologie. Vous sentez-vous une responsabilité envers vos fans et le message que vous voulez leur faire passer pour les responsabiliser ? La musique doit-elle être le médiateur privilégié de messages engagés ?
Ryo (désignant le siège vide de Satoshi) : En réalité, il faudrait demander à la personne la plus apte à répondre, et qui est absente actuellement…(Rires) Il est celui qui écrit les paroles. Mais effectivement, les paroles sont réellement le message qu’il veut faire passer aux fans, ce qu’il ressent profondément.
Bien entendu, nous sommes toujours d’accord avec ce qu’il dit, et tout ce qu’il fait.

Quelle est la chanson qui, selon vous, représente le mieux le groupe ?
Ryo : Break Down!!

Et que pensez-vous des nouvelles générations de rock au Japon actuellement ?
Ryo : La nouvelle génération de métalcore au Japon actuellement est excellente. Je suis intimement convaincu que certains groupes sont même capable de surpasser certains autres américains. Mais nous ne souhaitons pas perdre face à ces groupes ! (Rires)
Crossfaith par exemple, ou coldrain, même s’ils ne sont pas tellement nouveaux, étant de la même génération que nous, mais ils sont très bons.

Juste avant de se quitter, avez-vous un message à destiner aux fans ?
Tous : Un message à vous destiner … Un message à vous destiner … (Rires)
Nous souhaitons vraiment continuer à faire des chansons cools pour vous tous. Soyez certains que nous reviendrons en France, à Paris et, on l’espère, beaucoup beaucoup plus souvent !
S’il-vous-plaît, continuez de vous tenir au courant de ce que nous faisons sur nos sites, continuez de nous suivre. Nous espérons continuer de recevoir du soutien de votre part !

 

Girugamesh --Photo Lōlu--

 

Live is Life

Dix ans après leur création, Girugamesh a fait son retour en France pour livrer un live sous haute tension, comme si leur vie en dépendait.
Alors que les premières notes de Break Down naissaient dans la salle, le constat était sans appel : le groupe a grandi, et vole désormais de ses propres ailes. Commencer le concert par la chanson qui les définit le plus semblait sous-entendre « cette performance, c’est nous : ce soir, nous allons vous montrer qui nous sommes vraiment, ce que nous sommes devenus, et comment ».
Cela se traduit par une attitude plus assurée qu’à leurs précédents concerts, des notes et des gestes exécutés avec précision. On retrouve ça et là quelques variations dans leur façon d’interpréter les chansons, telles les émotions que Satoshi contenait difficilement auparavant, et qui semblent désormais être maîtrisées et transformées en puissance.
Prouvant que Go fait bel et bien partie de leur histoire et de leur identité, les garçons ont interprété SUIREN. Car, bien qu’ayant pris la résolution de revenir à un son plus métal, des mutations semblent être apparues grâce à cette période, apportant des couleurs à leur musique, et de la maturité aux membres grâce à l’expérience acquise.

Fini le maquillage et les tenues noires, Girugamesh a adopté un look simple, comme conscients que leur identité n’est pas réductible à ces artifices. ChaqueGirugamesh --Photo Chung-Hee Jee-- tenue semblait être un clin d’œil à ces groupes qui les ont inspirés, élevés par leurs musiques, et les ont construits tel qu’ils sont aujourd’hui : le look AC/DC de Nii, le T-shirt Korn porté par Shuulors du rappel semblaient former une sorte de patchworkautour du T-shirt Girugamesh arboré fièrement par le chanteur.

Si les premiers mots d’un enfant sont souvent adressés à leurs parents, ceux que Girugamesh en ce 1er Juin étaient des remerciements à leurs fans, sans qui ils n’en seraient pas là, comme pour mettre en évidence le cordon insécable qui s’est désormais développé entre eux.

Les cris et les pleurs de quelques fans ont prouvé ce soir-là que Girugamesh avait encore une belle et longue vie devant eux, mais également qu’ils avaient fait quelque chose de grand. En terminant le concert sur Kowarete Iku Sekai, le groupe a semblé être en mesure de figer le temps avant que celui-ci ne puisse les arrêter dans leur élan.
Même si ces derniers nient avoir emprunté leur nom au héros de la mythologie, du reste, pareillement à Gilgamesh, l’homme qui ne voulait pas mourir, Girugamesh semble avoir réussi sa quête d’immortalité.
La légende raconte que Girugamesh est né de la scène, et retournera à la scène chaque soir, tant que l’on croira en eux. Alors faisons en sorte que Girugamesh soit une histoire qui ne se finisse pas.

 

Girugamesh --Photo Lōlu--

 

Setlist :
Break Down 
Drain 
VOLTAGE 
INCOMPLETE 
antlion pit 
CRAZY-FLAG 
BAD END DREAM 
Volcano 
SUIREN 
Resolution 
Dirty Story 
Live is Life 
Never Ending Story 
Evolution 
ALONE 
BORDER 
OWARI TO MIRAI 
KOWARETEIKU SEKAI 

Retrouvez toutes nos photos du concert dans notre galerie.

Remerciements au groupe, ainsi qu’à Johannes et Nora de Gan-Shin.

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