[Interview] SAGA : No Border… Ou presque !

Cette dernière édition de Paris Manga fut l’occasion pour Journal du Japon de rencontrer SAGA, un groupe qui pratique le melting pot, puisqu’il est composé de Ryo (Japon), Kevin (Chine), et Ramy (Corée). Leur concept est « No Border », cependant à cause d’un problème de visa, Kevin fut dans l’incapacité de se rendre en Europe pour la tournée. À croire que seule la musique est capable de faire tomber les frontières. Entretien sur la question…

SAGA - photo Pascal Voglimaci

Bonjour à vous deux. Comment se passe ce début de tournée, et comment avez-vous géré les dates malgré l’absence de votre troisième membre Kevin ? Quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées ?

Ryo : La tournée se passe vraiment bien, nous nous amusons vraiment, et c’est incroyable de penser que des gens viennent nous voir. Cependant oui, nous avons dû repenser nos prestations entières à cause de son absence. Absolument tout était à refaire, nous avons décidé de changer de A à Z pour deux personnes, mais je crois que nous nous en sommes plutôt bien sortis au final. Je suis plutôt satisfait. Nous avons appris que nous ne pourrions pas être au complet à trois jours de la tournée, et nous avons réalisé qu’il ne serait pas là à l’heure. J’ai donc travaillé très dur pour éditer toute la musique, pour être capable d’assumer la performance.

Dans votre groupe, vous avez trois nationalités différentes. Qu’est-ce que cela apporte à votre musique ? Pensez-vous que selon les nations, nous appréhendons la musique différemment ? Que nous ne la sentons pas de la même façon ?

Ryo : Vous voulez dire selon la culture ? Le bon point est que nous arrivons à combiner différentes cultures ensemble. Chaque musique a ses bons côtés. La musique coréenne est très fraîche et cool, la japonaise est davantage… brillante… Vous savez, avec beaucoup d’arrangements musicaux, c’est plus complexe, avec de bonnes mélodies. Dans la culture chinoise, les chansons sont plus typées asiatique, très traditionnelles, et ils ont de bonnes mélodies également. Donc mixer le tout fait vraiment l’identité unique de SAGA.

Comment choisissez-vous le langage dans lequel vous chantez ?

Ryo : Si je fais les chansons, je le fais en anglais premièrement, puis ensuite seulement nous le traduisons en Chinois ou Coréen. Lorsque c’est Kevin, il fait évidemment les chansons en Chinois, au niveau des paroles. Récemment, nous avons essayé davantage de Coréen, avec les paroles en Coréen. L’avantage, c’est que chaque chanson peut se ressentir différemment. Si nous chantons en Coréen, ça sonne davantage comme de la K-pop, c’est amusant.

SAGA - photo Pascal VoglimaciVotre concept est « No Border » (littéralement « Aucune Frontière »). Pourquoi avoir choisi de chanter dans des langages si peu accessibles, du coup ?

Ryo : Lorsque nous avons créé ce groupe, nos pays étaient assez largement en désaccord, de mauvaise humeur. Beaucoup de gens, des utilisateurs d’Internet avaient une très mauvaise impression de nos pays, de leurs habitants. Ils voyaient les mauvais aspects, alors qu’il existe tant de bonnes personnes dans ces pays, comme partout ailleurs. C’est pourquoi nous avons choisi ce concept, afin de donner une meilleure image à nos pays. Et nous croyons que la musique n’a aucune limite.

Vous avez travaillé avec beaucoup de grands artistes tel que X JAPAN et Luna Sea. Qu’est-ce que ces collaborations vous ont apporté en tant qu’artiste ?

Ryo : Oh oui, c’était fantastique ! Lorsque j’étais Junior High School, ils étaient mes héros, j’essayais de les copier, copier leur musique chaque jour. Donc, quand j’ai grandi, j’ai senti quelque chose en moi, dans mon projet, qui m’a poussé à travailler avec eux. Ce fut un honneur pour moi. Un même écran télé, une même scène, c’était si proche de moi… Et réellement, ça a été une grande expérience, qui m’a inspiré énormément, et je sais que cela a influencé les activités de SAGA.

Vous avez fait la musique pour l’anime Initial D par le passé. Pouvez-vous nous en parler, et comptez-vous renouveler l’expérience ?

Ryo : Bien sûr ! Actuellement, comme nous n’avons aucune activité au Japon, c’est un peu compliqué. Mais à la fin de l’année, et au début de l’année prochaine, nous ferons un voyage là-bas, et à ce moment nous pourrons commencer à voir avec nos partenaires, et faire de nouveaux projets, notamment dans l’animation. Donc très bientôt, je crois pouvoir dire que nous ferons notre retour dans ce milieu-là.

Au niveau de la tournée, et de votre promotion, votre tour manager ici est Shota du groupe ADAMS. Comment ces relations entre groupes peuvent jouer un rôle pour SAGA, selon vous ? Pensez-vous que cela pourrait être un moyen de vous faire connaître davantage ?

Ryo : Nous avons beaucoup de chance, et je pense que le concept que nous apportons est nouveau. Il y a beaucoup de gens importants qui gravitent autour de nous, que ce soit dans les compagnies ou ailleurs, et le support est mutuel. Nous avions été très étonnés de nous voir proposer une tournée en Europe, et lorsque nous avons vu le public, nous avons été extrêmement surpris. C’est un effort que nous avons apprécié. Nous espérons faire à nouveau une tournée en Europe, et avoir davantage de partenaires. Mais de fait, nous nous sentons privilégiés, et très chanceux.

Justement, avec tout ce monde de milieux divers gravitant autour de vous, et cette première tournée en Europe, il y-a-il des choses ou des gens qui vous inspirent ? Où trouvez-vous l’inspiration pour votre musique ?

Ryo : Un peu partout, de toutes les musiques que j’écoute, y compris celles que j’entends lorsque je vais prendre un café, ou dans les films. Il y a aussi les pays dans lesquels je voyage : j’allume la télé, et j’écoute les musiques qui y passent. Je peux trouver un petit quelque chose tout le temps, dans les nouvelles choses. Des fois je me dis « Ah, ce pays voit les choses comme ça… Oh, ils me font ressentir ça ! » J’essaie toujours d’apprendre, d’apprendre, d’apprendre, encore et toujours, mais surtout partout.

Que diriez-vous à propos de la France, dans ce cas ?

Ryo : J’ai été très surpris, car j’ai appris lors de cette tournée justement que David Guetta était Français. Je pensais qu’il était Américain, ou quelque chose comme ça. Daft Punk, également ! Ce sont des artistes que j’aime beaucoup, alors j’ai été agréablement surpris. Je suis très amoureux des musiques européennes.

Vous devriez faire une chanson en Français !

Ryo : Oui, c’est vrai ! Bien sûr, nous allons essayer. (rires)

Il y a-t-il des collaborations que vous souhaiteriez faire ?

Ryo : En Europe ? Oui, il y en a des tonnes, des DJs avec lesquels j’aimerais travailler. Je vois beaucoup de festivals ici, avec des artistes occidentaux qui sont fantastiques, et j’aimerais vraiment y participer, faire quelque chose avec eux. Travailler avec eux pour faire quelque chose de nouveau, que nous nous apportions mutuellement nos expériences, et sentiments. Ce serait génial, je l’espère vivement.

Quels sont vos projets ?

Ryo : Maintenant ? Juste après la fin de cette tournée européenne, nous allons en Chine pour faire quelques concerts, puis nous allons faire un album anglais, suivi d’un album de lancement en Corée, que nous ferons en Coréen. Après quoi nous ferons la même chose en Japonais. Nous essayons de nous lancer vraiment dans tous ces pays, pour que les fans puissent chanter d’une seule voix et passer notre message.

Que pensez-vous de l’industrie musicale actuellement ? Lorsque vous avez fait SAGA, pensiez-vous que quelque chose manquait à celle-ci, et qui légitimait un besoin de faire SAGA pour palier ce manque ?

Ryo : Oui, tout à fait. Comment dire, je pense qu’actuellement il y a beaucoup de types de musique, que ce soit du rap, du hip-hop, de l’électro, de la pop… Beaucoup, et beaucoup de bonnes musiques. Mais la raison pour laquelle nous avons fait SAGA, c’est parce que nous pensons que la musique doit guider les gens, montrer une vision, quel chemin notre humanité doit emprunter, ce que nous devons penser et les idées que nous devrions propager. Cependant, il y a très peu de gens qui font ça de leur musique. D’autant plus que nous sommes des asiatiques, et que les mentalités ne sont pas les mêmes qu’ici. L’Europe est déjà unifiée, alors que l’Asie ne l’a jamais été. Nous continuons de nous taper dessus. Or, je pense qu’il y a une possibilité de faire de grandes choses en unifiant nos cœurs. Alors nous voulons nous battre pour cela, et cette idée passe par notre musique. Donc oui, nous voulons dire qu’il y a beaucoup de choses à faire encore, en nous unissant, c’est la raison pour laquelle nous avons fait SAGA. Il manquait cette dimension, il me semble.

J’espère que vous y parviendrez, alors !

Ryo : Merci beaucoup.

Pour finir, avez-vous un message à faire passer à vos fans, au-delà de ça ?

Ryo : Salut à tous, vous qui avez pris le temps de nous lire, de nous écouter, voire de venir nous voir. Nous sommes un nouveau groupe, mais nous travaillons dur pour faire passer un message au monde entier. Notre concept n’est pas juste pour l’Asie, nous croyons que les européens et les asiatiques peuvent ressentir la même chose, se connecter, alors unissons nos cœurs ensembles. S’il vous plait, soutenez-nous, et faisons de notre mieux ensemble !

 SAGA - photo Pascal Voglimaci

Merci beaucoup au groupe pour sa sincérité et sa gentillesse, mais également à l’équipe de Râmen Events / HIGHFeeLs pour leur professionnalisme, et leur générosité.

Crédits photo : Pascal Voglimaci pour ©journaldujapon.com – Tous droits réservés

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