[Découverte Jmusic] le Hip Hop made in Japan

Si l’on devait faire une association entre la notion de Jmusic et les courants musicaux qui en découlent, il est probable que les réponses soient majoritairement liées à la Jpop, les idoles, le Jrock, ou encore le Visual kei.
L’industrie musicale japonaise est pourtant l’une des plus prolifiques au monde, et ne se cantonne pas, bien sûr, à une poignée de styles. C’est pourquoi Journal du Japon vous propose de partir à la découverte de deux artistes représentant un style vivant un peu dans l’ombre (particulièrement en Occident) de ces grandes mouvances musicales : le hip hop made in Japan.

ZEEBRA : Le numéro 1 du rêve hip hop

Zeebra

ZEEBRA

Pour reprendre les paroles de sa chanson Street Dreams, le rappeur ZEEBRA est « un japonais qui a fait que l’impossible devienne possible ».
En effet, il est l’un des précurseurs de la culture hip hop/street au Japon. On lui doit en grande partie la popularisation et la propagation de cette nouvelle culture urbaine.

Il se lança dans les années 90 à la conquête d’un univers quasi inexploité à l’époque dans l’archipel : le rap en japonais. Constatant que rapper en anglais tout en reprenant les contenus propres aux USA serait hors de propos au Japon, il se mit à travailler un rap « made in Japan », avec des messages parlant aux japonais, le tout dans la langue niponne bien entendu. En se servant des influences West Side/East Side américaine et de sa volonté de l’adapter à la culture nippone, ZEEBRA créa ce que l’on peut appeler le Tokyo Style.

Avec ses samples que l’on pourrait qualifier de « old school », son phrasé dévastateur, son timbre de voix qui n’est pas sans nous rappeler un certain Joey Starr et sa façon de parler à la jeunesse japonaise sensible à la street culture, ZEEBRA déchaîne les passions.
A la fin des années 90, suite à ce nouvel attrait pour la street culture dont ZEEBRA est l’un des portes étendards, une émission télé nommée Beats to the Rhythm traitant du rap et du hip hop va voir le jour. Preuve de sa popularité grandissante, son single Mr Dynamite (sorti en 2000) fut le premier single rap/hip hop à se hisser dans le top 50 Oricon. L’année suivante, sa chanson Never enuff fera parties de la bande originale du film de Takeshi Kitano, Aniki.

Il est aussi connu pour être un artiste généreux. Comprenez qu’il collabora avec pléthore d’artistes tels que Namie Amuro, Dragon Ash, AI, Ryo and the SKY WALKER, AKTION, Mummy D… et même avec le rappeur coréen Drunken Tiger.
C’est également un producteur prolifique qui n’hésita pas à donner un coup de pouce à de nouveaux talents du rap et du hip hop, dont Namie Amuro.
Parmi ses hits incontournables, nous retrouvons entre autres Street Dreams, Bushido, My people… et des collaborations mémorables comme Grateful days avec Dragon Ash, Luxury ride avec Foxxi miss Q, ou plus récemment Blue avec AI.

A bientôt 44 ans et avec plus de 27 ans de carrière derrière lui, ZEEBRA s’impose comme l’une des références incontournables de la culture urbaine japonaise.

Hilcrhyme où la force du lyrique

Hilchryme

Hilchryme

Le rap et le hip hop ont désormais un véritable public d’aficionados au sein de l’archipel. Logiquement, de nouveaux artistes avec leurs propres univers vont émerger et même réussir à se faire une place de choix parmi la scène musicale japonaise.
Parmi ses artistes nous retrouvons le duo Hilcrhyme, peut-être la formation hip hop japonaise la plus populaire de la fin des années 2000.

Composé de DJ KATSU et du rappeur TOC, le duo, formé en 2004, a su gravir progressivement les échelons de la gloire pour arriver au top de la scène hip hop au Japon.
Il leur a tout d’abord fallu quatre ans pour lancer leur premier single indie en 2008, Mou bye bye. Mais le succès est au rendez-vous puisque cette magnifique chanson se place en quatrième place du top Oricon indie. Suite à ce succès, ils passent major chez le label Universal Music Japan. L’année suivante verra la naissance de ce qui est encore aujourd’hui le plus gros succès du groupe, la chanson Shunkashuntou (printemps, automne, été, hiver). Ce titre restera plusieurs semaines dans le top 10 Oricon, génèrera la vente de plus d’un million de sonnerie de téléphone à l’époque et à l’heure actuelle plus de 13 millions de vue sur Youtube.
Consécration, le groupe est nommé meilleur nouvel artiste de la cérémonie des Japan Golden Disc Award 2010.

Ce qui fait la particularité et en même temps le charme de Hilcrhyme, c’est cette osmose entre des samples très épurés et lyriques, et la technique vocale de TOC. D’un côté, DJ KATSU nous propose une instrumentation peu commune dans le hip hop, notamment grâce à l’association récurrente des vents, des cordes ainsi que du piano. De l’autre nous avons TOC, qui est non seulement capable de rapper avec un débit incroyable mais aussi d’inclure quelques parties chantées.
Le rendu est vraiment atypique, l’ambiance si particulière conférant à cette formation un univers qu’elle est la seule à posséder. Que l’on aime ou non, leur originalité est indiscutable.

Outre les succès cités précédemment, une quantité d’autres titres méritent d’être écoutés parmi lesquels Shampoo,  sousou Uta, Okubyou na Ookami, Changes, LOOP, SH704i, ou encore Kaleidoscope.

A n’en pas douter, Hilcrhyme est une formation singulière, son audace fait sa force et sa maîtrise technique son succès. Après plus de dix ans de carrière, il semble que le duo se soit bien installé sur la scène musicale japonaise. Souhaitons-leur que cela dure dix ans de plus !

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2 réponses

  1. 10 février 2015

    […] * Découverte Jmusic avec le Hip Hop made in Japan : ZEBRA et Hilcrhyme (lien) […]

  2. 24 mai 2015

    […] c’est le phénomène hip hop japonais des années 2000 que nous vous avions présenté en ce début d’année. Un duo percutant, proposant un style qu’on ne retrouve nulle part ailleurs. A l’occasion de la […]

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