Dragon Ball Super : retour en enfance

Annoncée en avril dernier, la nouvelle a fait l’effet d’une bombe – ou plutôt d’un Genkidama – et suscité un engouement sans précédent auprès de la communauté manga. Sangoku et ses amis sont de retour dans une nouvelle série, « Dragon Ball Super », scénarisée par le père de Dragon Ball, Akira TORIYAMA en personne, et produite par les studios Toei Animation. Inconditionnels de l’univers Dragon Ball ou non, qui n’a jamais fait un Kamehameha dans le vent ou tenté la fusion avec un ami ? Dragon Ball, c’est incontestablement l’une des plus grandes références dans l’univers du manga. Celle qui a posé de nombreux codes, toujours solidement ancrés à l’heure actuelle, en matière de Shōnen et propulsé son auteur au rang de maître. Pour le moment, cinq épisodes ont été diffusés. Si l’histoire tarde à commencer, le scénario n’en demeure pas moins prometteur. Mais plus important : l’atmosphère si propre à l’univers Dragon Ball semble (enfin) retrouvée. Explications.

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Kamehameha et nostalgie

L’histoire de Dragon Ball Super se déroule quelques mois après la disparition de Boo. Il n’est pas encore question de Pan, la fille de Sangohan et Videl, ni de Oob. La vie a repris son cours et nos héros sont retournés à leurs petites occupations. Les enfants s’amusent entre eux, Sangohan étudie, Satan répond à tous les caprices d’un Boo devenu gentil… DBS 13Quant à Sangoku et Vegeta, à qui un temps de paix ne sied guère, ils n’ont pas changé d’un iota et ne pensent qu’au combat. Sangoku tente tant bien que mal de s’entrainer à l’insu de sa femme Chichi, quitte à laisser son deuxième fils, Sangoten, labourer les champs à sa place (voir Sangoku juché sur un tracteur vaut tout de même le détour !). Vegeta, à l’instar de son plus grand rival, passe le plus clair de son temps dans sa salle de gravité.

Au même moment, à des années lumières de la Terre, le Dieu de la Destruction, Beerus, sort de plusieurs décennies de sommeil. Et mis à part manger, il n’a plus qu’une idée en tête : affronter le « Super Saiyen God » dont il a rêvé durant sa « sieste ». Il n’est pas difficile de deviner que sa quête le mènera vite vers Sangoku et ses amis…

Dès ses premières secondes, l’épisode pilote nous ramène vingt ans en arrière en diffusant les dernières images de DBZ en guise de rappel. Le tout sur un fond de « Cha La Head Cha La », thème musical d’ouverture culte de la série. Ces quelques notes rythmeront chaque début d’épisode de DBS. Nostalgie et pincement à votre petit cœur garanti. Le côté « vintage » des passages de DBZ diffusés contrastent par ailleurs avec la qualité et la fluidité de l’animation haute-définition du nouveau générique, accentuant de ce fait le souvenir. 

Un point essentiel à relever : l’humour. Un élément qui a toujours constitué la marque de fabrique de l’auteur quelques soient les circonstances. Les « Poum Poum Tchak je suis un cas ! Yo ! » ou les « Nul ne perd ses vers car chacun à son verre à soi » vous rappellent quelque chose ? DBS 5DBS y fait honneur. De subtiles touches d’humour sont parsemées un peu partout à travers les épisodes. À découvrir lors des virées en voiture de maître Kaio autour de sa micro-planète, des séances de massage effectuées par Satan pour s’attirer les faveurs de Boo ou des disputes entre Tortue Géniale et Oolon, irrécupérables obsédés.

Quant à Sangoku, ses passe-temps favoris ne sont toujours pas le sport et la lecture mais bien la bagarre et la nourriture. Quel plaisir de le retrouver en train de se goinfrer. Cela nous ramène à des années en arrière quand, petit, il pillait le frigo de Tortue Géniale (en finissant même le beurre) ou qu’il dévorait les nuages dans l’au-delà alors qu’il n’avait pourtant plus besoin de se nourrir.

DBS 10Pour rire, les fans peuvent également compter sur Vegeta, toujours aussi froid et grognon. Imaginez donc Vegeta, Prince des Saiyens, faire du shopping dans un centre commercial…

Beaucoup de personnages restent malheureusement en retrait. Un constat somme toute logique quand il s’agit des Krilin, C18, Yamcha, Tenshinhan, Dendé ou autre Plume mais plus surprenant en ce qui concerne Piccolo et Sangohan. Pour les premiers cités, leur importance diminuait à mesure que l’histoire de DBZ avançait. Leur présence, aussi anecdotique soit-elle, s’avère tout de même essentielle pour satisfaire les fans et ne pas sortir de l’univers Dragon Ball. Quant à Sangohan et Piccolo, espérons qu’ils auront plus de temps à l’écran dans les prochains épisodes.

Suite et préquel de Battle of Gods

À la première lecture du script, un constat semble évident : il s’agit, à quelques détails près, du même scénario que celui proposé dans le film Dragon Ball Z : Battle of Gods, diffusé il y a un peu plus de deux ans au Japon. L’histoire démarre un peu avant ce dernier et reprend ensuite la même narration. La fin du long-métrage laissait justement présager une suite : Akira TORIYAMA nous la livre à travers DBS. Par ailleurs, l’action du dernier film La résurrection de « F », dont le scénario a été coécrit par le mangaka, se déroule quelques temps après DBS. Ainsi les deux long-métrages sont-ils en cohérence avec le scénario de la nouvelle série, ce qui est assez rare pour être souligné parmi les œuvres cinématographiques Dragon Ball qui, habituellement, échappent à toute logique scénaristique. Le terrain a donc bien été préparé.

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Bien que leurs visages ne soient pas inconnus des fans, Beerus et son acolyte excentrique, Whis, demeurent les grandes nouveautés made in TORIYAMA. Forts de leur statut de Dieux, ils ne peuvent être jaugés. Freezer pouvait anéantir une planète d’une simple boule de feu ? Beerus peut détruire un univers d’un claquement de doigts. De quoi vite refroidir les ardeurs de Freezer. Les Dieux Kaioshin eux-mêmes le craignent, et préfèrent l’éviter pour ne pas s’attirer ses foudres.

Beerus et Whis sortent du format du méchant habituel de Dragon Ball, uniquement obnubilé par la destruction. Cela étant, il convient de rappeler que Cell en organisant son tournoi (le Cell Game) souhaitait simplement se tester et pimenter sa nouvelle existence en tant que « Perfect Cell ». Le caractère de Beerus est différent. Il cherche aussi à s’amuser mais surtout à passer le temps, d’où son désir de vouloir combattre le « Super Saiyen God » pour trouver enfin une occupation digne d’intérêt. Il représente le guerrier le plus puissant de l’univers. Une force qu’il perçoit presque comme une fatalité. Difficile de le considérer comme un méchant à proprement parler. Avec son petit air de chat version divinité égyptienne (ou lapin si vous préférez) et son caractère de petit garçon capricieux, il n’inspire pas vraiment la peur, à la différence d’un Freezer lors de sa première apparition sur la planète Namek. Beerus et son accompagnateur Whis, plus mature et réfléchi, font même rire avec leurs conversations décalées et loufoques. Leur duo, si l’on oublie le petit penchant de Beerus pour la destruction de planètes, inspire presque la sympathie. Leur rencontre avec les saiyens, ainsi que l’arrivée imminente d’un autre Dieu du même acabit (un plus gros chat visible dans l’opening), rendra probablement les choses plus croustillantes. Cet autre Dieu constituera-t-il le véritable méchant de DBS ? Réponse dans les prochains mois.

Le traumatisme Dragon Ball GT bientôt oublié ?

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Lorsque DBS a été annoncé, la communauté manga, qui comprend notamment la génération « Club Dorothée » qui a grandi avec DBZ, s’est montrée prudente. Et à raison. Il faut dire que l’historique post-DBZ avait de quoi effrayer. Dragon Ball GT, les OAV oubliables, sans parler de la catastrophe cinématographique Dragon Ball Evolution, ont fait de sacrés dégâts dans l’esprit des fans. Heureusement, les doutes quant à la crédibilité d’un tel retour se sont vite évaporés après la diffusion de la première bande-annonce. Le légendaire auteur Akira TORIYAMA, qui officie en tant que scénariste de l’anime, a bel et bien signé pour cette suite.

DBGT n’a pas laissé un souvenir impérissable aux fans. À l’époque, cette suite les avait enthousiasmés. Cependant, la série s’est vite avérée décevante après quelques épisodes seulement. L’histoire n’était en aucun point fidèle à la série originelle et n’a pas su entretenir la même magie. Entre un Vegeta avec une coiffure différente et une moustache (sacrilège !), un Sangoten dragueur, des transformations à foison toujours plus chevelues, un Oob inutile ou encore un Krilin qui ne sait même plus se battre ni voler… la série n’a pas fait l’unanimité et n’a pu malheureusement se faire oublier. Trop tard, elle avait entaché la belle fin racontée par TORIYAMA dans le tome 42, ultime opus clôturant la saga. 

Cette fois-ci, pour DBS, l’auteur s’occupe du scénario (à noter, pour le dédouaner, qu’il avait seulement participé au character design de DBGT). De quoi rassurer les fans. Les détracteurs diront de DBS que l’histoire peine à démarrer. En effet, il y a de nombreuses longueurs. En cinq épisodes, il ne se passe presque rien. DBS 7Mais prendre le temps de reposer des bases semble légitime. En ce sens, raconter les mêmes scènes que celles du film Battle of Gods paraît justifiable. Une fois que le contexte sera reposé, les choses sérieuses commenceront. Autre point noir qui risque de diviser : l’animation. Le premier véritable combat arrive dans le cinquième épisode. Celui-ci donne un avant-goût des futures scènes d’action. L’animation est correcte mais différente de ce à quoi les fans étaient habitués. Et niveau qualité graphique, nous sommes bien loin de celle proposée dans le long-métrage Battle of Gods. Certains ne vont probablement pas apprécier le fait de revoir les mêmes scènes et d’une moins bonne qualité qui plus est. 

Il faut passer outre ces quelques réserves. Jusqu’à maintenant, l’ensemble paraît cohérent et il faut s’en réjouir. Dans la continuité du dernier arc contre Babidi, puis Boo, l’histoire reprend comme si le temps ne s’était jamais arrêté. Comme si les vingt années séparant le dernier épisode de DBZ du premier de DBS n’avaient été qu’une vingtaine de jours passés dans la salle de l’Esprit et du Temps. Nous avons vieilli mais dans le fond, devant Dragon Ball, nous redevenons tous des enfants.

Cette suite, les fans l’ont toujours rêvée sans vraiment y croire. La voici. Il faut l’apprécier comme un bonus. Elle ne satisfera pas tout le monde qualitativement, c’est certain, mais le temps nous a donné le recul nécessaire pour l’apprécier à sa juste valeur : comme un cadeau inespéré.

Illustrations : © 2015 TOEI ANIMATION / Akira TORIYAMA. Tous droits réservés.

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