Japan Anima(tor)’s Exhibition : retour sur les épisodes précédents (21 à 24)

Le 24ème court-métrage de la Japan Anima(tor)’s Exhibition a marqué la fin de la seconde saison et d’une nouvelle pause dans sa diffusion. L’activité autour du projet ne s’est pas arrêtée pour autant, puisque les 12 épisodes de la première saison ont connu une  diffusion en salle obscure dans dix cinémas à travers le Japon depuis le 25 Juillet.
Mais attaquons dès à présent le récapitulatif des quatre précédentes vidéo proposées. Au programme : de la guerre, de la politique et du sexe, mais toujours réalisé avec beaucoup de talent. Comme chaque fois, cliquez sur le titre pour voir la vidéo.

# 21 – Iconic Field

© nihon animator mihonichi LLP. / TOYʼS FACTORY INC.

© nihon animator mihonichi LLP. / TOYʼS FACTORY INC.

Résumé : Les habitants des étoiles sont semblables à ceux de la Terre, ils construisent des civilisations sur des terrains divers et variés, comme notre monde. Cela les a conduits à une  guerre mondiale, par la force d’une science particulièrement évoluée. Mais dans une étoile, il y a un secret que même ses résidents ne connaissent pas.

 

L’univers d’Iconic Filed sort tout droit de l’esprit d’Ikuto YAMASHITA. Il y tient en effet les rôles de réalisateur, character et mechanical designer original, scénariste, et a pensé le concept art du court-métrage. Il est connu pour être le créateur des Evangelions, sur une commande de Yoshiyuki SADAMOTO, et a également illustré le light novel Evangelion Anima.

Cette fois-ci, pas de piste de dialogue (étrange quand on sait que 2 célèbres seiyuu sont justement dévoués à cette tâche pour l’ensemble des projets), mais cela ne veut pas dire pour autant pas d’histoire. Au diable la synchro-labiale, les personnages parleront avec pour seule retranscription de leurs pensées, des sous-titres (pensez à les activer !) pour nous dresser le décor d’Iconic Field.
Une histoire dont l’univers se rapproche d’un Gundam, mais ce n’est guère chose étonnante lorsque l’on jette un œil au staff présent : Iwao TERAOKA et Se Jun KIM ont en effet participé à plusieurs séries de la franchise. Les machines tiennent donc une place très importante dans ce court métrage, il n’y a qu’à voir l’énorme quantité de mechanical design fournie par le site pour en attester.

# 22 – Ibuseki Yoruni

© nihon animator mihonichi LLP. / TOYʼS FACTORY INC.

© nihon animator mihonichi LLP. / TOYʼS FACTORY INC.

 

Résumé : « Les bureaucrates ont été financés par la Grande Fédération Asiatique et sont donc des traîtres. Ils vont payer très cher une fois la révolution pour la liberté accomplie, à coup de grandes réformes pour se débarrasser de la corruption et de l’inefficacité du système actuel.
La mort est une perspective effrayante pour chacun de nous, mais je n’ai pas peur de la mort et de la lutte pour revitaliser le Japon et le peuple japonais ».

 

Le réalisateur, Tadashi HIRAMATSU, est un animateur clé ayant fait ses preuves sur  de nombreuses productions. Il est également le character designer de l’anime Parasite actuellement diffusé sur Crunchyroll, et occupe le même poste sur ce court, ce qui se voit sans peine.

Ibuseki Yoruni s’inspire librement du roman de Ren Sakaki, The Faceless dictateur, et explore un scénario possible, où de grandes réformes seraient en cours au Japon sur fond d’attentat. À mi-chemin donc entre Eagle de Kaiji KAWAGUCHI et Terror in Resonance de Shin’ichirō Watanabe.

Ce court-métrage est interdit aux moins de 18 ans à cause de scènes sexuellement explicites, mais justifiées par le propos général de la corruption chez les politiciens.
Le thème musical de la vidéo, sélectionné par le compositeur Shiro SAGISU (Evangelion, Bleach, films Berserk), est le célèbre Auld Lang Syne, un chant d’origine écossaise connu chez nous sous le nom Ce n’est qu’un au revoir, et joué partout à travers le monde.  Au Japon, il est utilisé lors des cérémonies de remise des diplômes; il y est donc très populaire.

 

# 23 – Memoirs of amorous gentlemen

© nihon animator mihonichi LLP. / TOYʼS FACTORY INC.

© nihon animator mihonichi LLP. / TOYʼS FACTORY INC.

Résumé : C’est une histoire de pervers …
Certaines personnes connaissent la vraie forme de leurs désirs, ils en ont soigneusement tracé les contours comme un aveugle utilisant ses deux mains pour mesurer une forme. Au début du XXème siècle, dans Paris, la jeune Colette travaille dans un bordel sans issue avec une collègue. Elle passe tous les jours à satisfaire les désirs de nombreux clients.
Pour elle, la vie est étouffante et ne lui offre du répit que lors de ses rendez-vous avec son tendre Leon. Mais Colette n’as pas l’impression que ce dernier l’aime vraiment.

 

Une vidéo produite par Cork Inc., d’après le manga Memoirs of amorous gentleman de Moyoco ANNO et sur une musique de Shiro SAGISU.

Suivant le même procédé que les trailers pour mangas que nous pouvons voir en France depuis quelques années, cet épisode utilise les planches d’origine de la dernière œuvre de Moyoco ANNO. L’auteur, connu chez nous avec Chocola & Vanilla, était déjà mise à l’honneur avec le 18ème court-métrage The dairy of Ochibi.
La vidéo en elle-même réussit à nous dépeindre l’ambiance des lupanars des années 20 en abordant les sujets du désir et de l’érotisme.
Les chapitres du manga sont visionnables gratuitement sur le site anglais de Crunchyroll dans la langue de Shakespeare.

 

# 24 – Rapid Rouge

© nihon animator mihonichi LLP. / TOYʼS FACTORY INC.

© nihon animator mihonichi LLP. / TOYʼS FACTORY INC.

Résumé : La guerre est une constante, mais les conséquences ont changé avec le temps.
Hier des vies ont été perdues pour du pétrole, mais aujourd’hui c’est pour de l’eau que les hommes s’affrontent. Yatsushima est une nation bénie, car bénéficiant de grandes ressources d’eau, mais les nations du royaume Aestern ont manipulé le shogunat au pouvoir, le transformant en un régime fantoche. L’écoulement de l’eau de Yatsushima aux nations voisines a fortement impacté la vie de ses citoyens dont certains étaient peu disposés à faire preuve de complaisance. Beaucoup de ces rebelles étaient jeunes, et de leur insurrection est née l’étincelle qui a déclenché la révolution.

 

Daisuke ONITSUKA, ici réalisateur, a précédemment occupé le poste de directeur des images de synthèse pour Evangelion: 2.0 You Can [Not] Advance.

Le travail original et le concept graphique sont quant à eux de Mahiro MAEDA, que nous retrouvons souvent dans le staff créatif de la Nihon Animator Mihonichi, et qui a récemment participé au film Mad Max : Fury Road pour le Concept Art (on peut apercevoir l’affiche de Kanón en arrière plan dans cette vidéo).

Concernant le visuel, nous retrouvons une prédominance de gris, noir et rouge qui pourra évoquer Afro Samurai à certains et un rendu graphique de la 3D qui rappelle l’épisode Gambo de l’omnibus Short Peace.
Notons enfin le superbe travail entrepris sur les armures et les images board toujours par Mahiro Maeda. L’image board pourrait être comparée au travail de Layout, à savoir capter l’essence d’un plan via sa mise en scène et sa composition en suivant le storyboard.

 

Voilà, c’est tout pour ce mois-ci ! Sachez cependant que la troisième et dernière saison a d’ores et déjà commencé, et que Journal du Japon  relayera les vidéos du site sur ses réseaux sociaux lors de la séquence sakuga du dimanche. D’ailleurs, les plus curieux pourront explorer ce thème dans notre dossier dédié.

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