[Découverte] MTV Video Music Awards Japan : à l’assaut des talents de demain !

Les MTV Video Music Awards ne sont plus à présenter. Grande cérémonie couplée aux MTV Music Awards créée par la célèbre chaîne musicale, elles représentent le passage obligé pour tous grands artistes, mais également ceux souhaitant être mis en lumière. Nombre de talents ont ainsi éclos grâce à un prix ou une simple nomination dans l’une de ces catégories, garantissant une exposition mondiale sans pareille.
Deuxième pays le plus vendeur de disques au monde, il n’en fallait pas plus au Japon pour avoir sa propre version de la cérémonie.

MTV VMAJ 2015
Cette année, Journal du Japon a décidé de se pencher sur la catégorie « Next Break Artist », soit l’artiste pouvant potentiellement exploser dans les prochains mois. Vingt ont été choisis et parmi eux, l’équipe a sélectionné pour vous la crème de la crème !

Le choix de Paul : la pop-rock éraillée de Glim Spanky

Glim SpankyDe ce groupe créé à quatre en 2007, on en retient le duo pop-rock et parfois folk qui tient la barre seul depuis 2010 : la chanteuse à la voix délicieusement rauque Remi MATSUO et le guitariste plus discret mais toujours efficace Hiroki KAMEMOTO. Si ce duo guitare/voix à l’univers pop-rock rappellera à certains, sur le papier, Do As Infinity, on comprend rapidement à l’écoute que la puissance vocale de Remi et ses envolées joliment éraillées offrent au groupe un univers plus rock – une attitude qui se veut un peu plus badass aussi – tout en gardant un spectre assez large, d’un morceau assez nerveux Velvet Theatre (clip ci-dessus) à la balade Otona ni Nattara. On se retrouve donc quelque part entre un Superfly en mois folk ou un The Bawdies en moins soul mais avec une énergie qui n’a rien à lui envier. 

Si le morceau mis en avant par MTV, Otona ni Nattara, est assez classique et prévisible, il s’inscrit dans les différentes pistes qu’exploite le duo depuis son arrivée en 2014 chez Virgin Music. Nous choisirons plutôt Velvet Theatre, ou encore des morceaux plus récents que sont leurs titres de 2015, Homero Yo et  Real Onigokko, utilisés pour des génériques de séries TV et de film. Ces deux morceaux aux clips fortement rétros commencent à dévoiler une identité aussi bien visuelle et sonore, pour un mélange unique entre les références nippones cités plus haut et un petit air de Rita Mitsuko version rock. Ainsi, même si le groupe a bien un mini-album publié en indé à son actif, cette sélection aux VMAJ leur permet de se dessiner progressivement une route afin de conquérir les charts dans les années à venir, avec nombre de bons morceaux en perspective !

Le choix de Kévin : le rock abrasif de My First Story

Difficile de parcourir cette liste de nominés sans évoquer MY FIRST STORY, presque hors concours tant le groupe a déjà fait du chemin depuis ses débuts en 2011.
C’est lors d’un live de Pay Money To My Pain que le chanteur Hiro rencontre Sho, guitariste qui l’intègre à son groupe aux côtés de nob (basse), Masack (batterie) et un autre nouveau-venu à la guitare : Teru. Ensemble, ils forment MY FIRST STORY, et se mettent très vite à enchaîner les petits lives ainsi que les my_first_storysorties d’album : un par an entre 2012 et 2014, avec à la clé une popularité à la croissance fulgurante.

Si MY FIRST STORY attire l’attention, c’est aussi et surtout de par ses innombrables points communs avec ONE OK ROCK. Et pour cause : Hiro est en effet le fils des célèbres artistes enka Shinichi et Masako Mori, et donc le petit frère de Taka, le chanteur de ONE OK ROCK. La comparaison entre les deux hommes est troublante tant le timbre de voix des deux artistes est en effet incroyablement similaire. Elle ne s’arrête d’ailleurs pas là et force est de constater que Hiro cultive la ressemblance avec son aîné : qu’il s’agisse de la façon de chanter, de la gestuelle, des poses, du look, jusqu’à l’utilisation d’un micro filaire, tout chez Hiro rappelle Taka. La musique n’est pas en reste : les derniers singles et le dernier album en date de MY FIRST STORY sonnent littéralement comme du ONE OK ROCK, appliquant rigoureusement les mêmes structures, effets et arrangements au point que certains morceaux tromperaient sans peine l’auditeur lambda.

Quel intérêt alors me direz-vous ? Et bien l’intérêt, c’est que le clonage est tellement parfait que MY FIRST STORY donne naissance à des morceaux pour certains aussi bons, parfois même meilleurs que les compositions les plus récentes de ONE OK ROCK. MTV a choisi de mettre en avant ALONE, le dernier single du groupe à la compo toutefois un peu brouillonne ; mais s’il ne fallait retenir qu’un titre, ce serait bien évidemment Fukagyaku Replace, générique de fin de l’anime Nobunaga Concerto, une bombe, tout simplement ! Difficile à ce stade de présager du potentiel de MY FIRST STORY : singer ONE OK ROCK ne les mènera pas bien loin, mais il faut bien avouer qu’ils excellent à cet exercice et ne sont pas aussi convaincants quand ils s’éloignent un peu plus des traces de leurs aînés. Reste que dans cette sélection établie par MTV, MY FIRST STORY possède sans conteste une très bonne longueur d’avance sur la concurrence !

Le choix de Maxime : la pop-noise déjantée d’Akasick

akasickAkasick est un groupe formé en 2011 par la chanteuse Rihime, le guitariste Tatsuya OKUWAKI et le bassiste Kenta KUROKAWA. Seul un clip témoigne aujourd’hui de l’activité du groupe à cette époque. Ce n’est que trois ans plus tard que le premier mini-album d’Akasick, Conservative, voit le jour, étirant audacieusement l’appellation « pop » jusqu’au punk ou la soul dans un style très personnel, le tout emmené par la voix reconnaissable entre mille de la chanteuse Rihime. Le groupe est rapidement rejoint par la claviériste Hachi et le batteur Kōjirō YAMADA et se distingue sur la scène underground japonaise grâce à plusieurs clips à l’esthétique arty soignée, comme en témoigne la vidéo illustrant le premier single du groupe, Shūden, hommage non-dissimulé au film Les Anges Déchus du réalisateur hong-kongais Kar-Wai WONG.

Durant le reste de l’année 2014, Akasick ne chôme pas. Le groupe sort ainsi en août le single Super Summer Line: Kieta Hazu No Serebu No Aitsu, rapidement suivi dès le mois d’octobre par le mini-album qui fera le succès d’Akasick : Purichī (également appellé Pretty). Avec ce mini-album et les productions suivantes d’Akasick, on note une certaine transformation du son et de l’ésthétique du groupe, optant pour un côté pop « rose-bonbon » plus mainstream qui leur ouvre les portes d’un succès plus grand public. Cependant, malgré l’aspect pop kawaii du clip de Purichī, Akasick ne semble pas avoir perdu de sa verve arty et foutraque.

Le groupe a fait son retour en juin 2015 avec l’album Dangerous Kunoichi, leur premier produit par une major et dont est extrait le dernier single en date du groupe : CG Gyaru.

Le choix de Laure : l’électro rap de DAOKO

daoko-first-debut-albumDAOKO fait partie de cette nouvelle génération de rappeuses japonaises qui sont impérativement à suivre !

Repérée sur Nico Nico Douga dès ses 15 printemps, ses écrits, poétiques et étonnamment matures pour son âge, attirent tout autant l’attention que son timbre à fleur de peau, une petite litanie captivante susurrée à l’oreille de l’auditeur.
DAOKO sort son premier album en 2012, HYPER GIRL- 向こう側の女の子 –, mais son personnage reste entouré de mystère malgré une popularité grandissante sur le net. Ce « buzz » l’amène à faire un duo avec rien de moins que m-flo, sur le titre Irony en 2013. Elle a tout juste 16 ans.

Le succès est au rendez-vous, d’autant que le titre est utilisé comme chanson thème du film d’Eagle Talon (Taka No Tsume). C’est cependant l’année suivante que le talent de la jeune fille explosera grâce à une collaboration avec le célèbre producteur TeddyLoid sur le projet d’animation Japan Anima(tor)’s Exhibition. La chanson ME!ME!ME! fera ainsi décoller sa carrière jusqu’à une signature en major, chez Toy’s Factory. DAOKO quitte ainsi LOW HIGH WHO? PRODUCTION avec un troisième et dernier album, Dimension (Février 2015) avant d’enchainer avec la sortie en major de son quatrième opus, nommé simplement DAOKO.

Autrefois absente physiquement, DAOKO a su rester discrète et n’apparaît que peu dans ses clips, préférant la suggestion ou bien le côté « passe partout » de son statut de lycéenne. Le clip かけてあげる (Kakete Ageru) illustre bien ce propos, de même que 水星 (Suisei), qui laisse plutôt parler les écrans tokyoïdes. Son tout dernier clip, ShibuyaK, fait exception à la règle et casse un peu cette figure d’adolescente timide pour laisser place à la jeune femme qu’elle devient. Le tout reste tout de même dans la retenue et la sobriété, par opposition au rythme dance 80s de son titre.

Oscillant entre Electro-Pop et Shibuya-Kei, le flegme de son flow apporte fraîcheur et douceur à un genre qui a grandement besoin de nouvelles voix. Espérons donc que le passage en major ne ternissent pas le talent de la demoiselle !

Retrouvez ces artistes sur internet :
GLIM SPANKY : Site officiel | Facebook | Twitter
MY FIRST STORY : Site officiel
Akasick : Site officiel | Facebook | Twitter
DAOKO : Site officiel | Facebook | Twitter

Japan in Motion : le charme du Japon ne se réduit pas à Tokyo !

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1 réponse

  1. 31 juillet 2016

    […] Ce dernier semble d’ailleurs avoir trouvé sa muse en la personne de DAOKO pour mettre en son ses univers colorés, notamment  grâce à sa voix douce et sucrée.Le personnage central fait donc référence, dans sa version écolière, à la chanteuse dont nous vous parlions dans notre sélection découverte des MTV Video Music Awards. […]

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