[Découverte] Hiromi : quand le jazz japonais fait des étincelles !

À l’occasion du concert d’Hiromi UEHARA et du Trio Project le 19 octobre dernier, à la Cigale à Paris, Journal du Japon vous fait découvrir l’un des genres musical japonais les moins connus dans notre hexagone, le jazz, en mettant en lumière la pétillante et diablement talentueuse Hiromi UEHARA.

Découverte…

hiromi-paris

Aaahhh… le Jazz !

Ce genre musical particulièrement intimiste, et qualifié (à tort) de niche en France, se trouve être particulièrement florissant au Japon à ce jour. Introduit vers les années 1920, il fut durant un temps très « occidental ». Ce n’est que plus tard (après la 2nd Guerre Mondiale) qu’il commença à se détacher petit à petit de son inspiration originelle. Étant considéré à l’époque comme une aliénation américaine, il était nécessaire pour lui de s’affranchir pour exister, ce qui débuta en 1965 par l’ouverture de la première école de Jazz, par Watanabe SADAO le saxophoniste.

Dans l’hexagone le jazz japonais est très peu représenté, voir absent, car il n’y a tout simplement pas de demande, qu’il s’agisse du public amateur de Jazz ou encore des aficionados de la musique japonaise dans son ensemble. Cependant, il arrive que des musiciens, ou plutôt une musicienne cette fois-ci, viennent fouler notre sol pour y donner un concert. Dans ce petit lot d’artistes, un nom revient bien plus souvent que les autres… celui d’Hiromi UEHARA

Hiromi Uerahara
De Hiromi au Trio Project

Hiromi, née le 26 mars 1979, est une pianiste originaire de Hamamatsu (Préfecture de Shizuoka, dans la région Chuubu). Si sa carrière de Jazzwomen débutera réellement en 2003, avec son premier album Another Mind  qui fera une forte impression dans la communauté Jazz japonaise et internationale, ses premières leçons de piano se font à l’âge de six ans. Indubitablement douée, elle intègre dès l’année suivante la prestigieuse Yamaha School of Music. Son enfance et son adolescence sont alors synonymes de voyages à travers le Monde avec plusieurs orchestres de renoms et elle impressionne souvent sur son passage : à 17 ans elle monte par exemple sur scène avec Chick Corea (l’un des fondateur du jazz rock) à Tokyo alors qu’ils ne se sont rencontrés que la veille.

En 1999, elle s’inscrit à l’école de musique de Berklee College of Music à Boston où elle rencontrera son mentor, le pianiste Ahmad Jamal, et sort diplômé avec la note maximale en 2003. Et puisque l’on parle de mentor, Hiromi avoue elle-même des influences très variées : « J’aime Bach, j’aime Oscar Peterson, j’aime Franz Liszt, j’aime Ahmad Jamal. J’aime aussi des gens comme Sly and The Family Stone, Dream Theater ou King Crimson. Je suis également très inspirée par des athlètes comme Carl Lewis ou Michael Jordan. En fait, je suis inspirée par tous ceux qui ont une grande, grande énergie. Ils me touchent vraiment directement au cœur. »

Après son premier album, elle joue avec de très talentueux musiciens tels que le bassiste Tony Grey et le batteur Martin Valihora pour son second album Brain. Entre 2006 et 2009 elle sort pas moins de 4 albums, toujours en compagnie des plus grands musiciens de jazz.

Mais c’est en 2011 qu’elle commence une nouvelle aventure : The Trio Project. À ses côtés nous retrouvons le batteur emblématique de Toto, Simon Phillips, ainsi qu’Anthony Jackson un virtuose de la basse qui est d’ailleurs à l’origine de la basse électrique à 6 cordes…

Et, depuis, ce trio ne se lâche plus, et réalise pas moins de 4 albums ensemble… dont le dernier en date, Spark.

 

Hiromi : une cigale étincelante !

C’est donc pour ce dernier album qu’Hiromi était en concert ce mercredi 19 octobre à la Cigale avec à ses côté Simon Phillips à la batterie et Jimmy Johnson à la basse. Ce n’est pas la première fois que Hiromi donne un concert en France : nous avons pu la voir en 2013 à la Mutualité ou en 2014 à la Cigale, mais aussi dans le non moins célèbre festival Jazz in Marcia en 2010. En ce mois d’octobre, Paris fait également suite à deux concerts d’Hiromi, qui eurent lieu à Lyon le 17 octobre et Nîmes le 18.

Pour ce 6e concert, donc, et alors que le soleil de ce 19 octobre se couche, la salle se remplit doucement… on y croise quelques connaisseurs de J-music, mais principalement des amateurs de Jazz. Il est aux environs de 20h, les lumières s’éteignent. Les musicien(nes) s’installent… ça commence.

Hiromi @ La cigale, Paris 2016

 

Dès la première musique Hiromi entraîne le public dans son monde : elle sautille, se déchaîne. Ses doigts parcourent le clavier a une vitesse folle et elle fait corps avec le piano. Les morceaux s’enchaînent pendant une heure d’une précision rythmique à couper le souffle. Après une petite pause de vingt minutes le concert reprend avec Hiromi, seule, qui s’installe et commence à jouer un morceau plus mélancolique, transmettant ses émotions dans un registre plus doux et triste, avec quelques pointes de gaieté.

Hiromi @ La cigale, Paris 2016

 

Seul bémol, sur ce morceau comme pour d’autres : un son parfois capricieux sur le piano. La salle n’étant pas spécialement configurée pour ce genre de concert, car il faut noter que le piano est l’un des instruments les plus difficiles à capter.

Le morceau achevé, Simon Phillips et Jimmy Johnson regagnent leur place… Et c’est reparti : Hiromi se lève à nouveau, joue debout même, dialogue grâce à la musique et partage, avec le trio, l’instant présent. Puis les solos s’enchaînent, à nouveau. Celui de batterie de Simon Phillips ainsi que le solo de basse de Jimmy Johnson nous rappellent qu’Hiromi n’est pas la seule à être sur scène, mais ces messieurs savent aussi se montrer pudique, pour que l’on oublie pas que ce soir, l’étoile, c’est Hiromi.

Hiromi @ La cigale, Paris 2016

 

Dans la salle le public est réactif et applaudit à chaque moment de génie. C’est un public respectueux et mélomane auquel nous avons à faire. Habituellement calme et réservé c’est un vrai bonheur de le voir « crier » et applaudir quand il faut. Après deux heures intenses de concerts, ce sera d’ailleurs sous une  standing ovation des plus méritée que les musiciens tirent leur révérence.

Comme à chaque fois, on ressort tout chamboulé d’un concert de Hiromi UEHARA. On en redemande encore et encore, car c’est une immersion totale dans son univers si singulier et d’une énergie folle, et qu’il est difficile d’en ressortir. Elle arrive à nous faire comprendre et aimer son instrument ainsi que son immense passion pour la musique. S’il y a bien une artiste à conseiller pour commencer le jazz japonais, c’est donc, sans nul doute, Hiromi UEHARA. Foncez la découvrir !

 

Retrouvez Hiromi UEHARA sur son site internet ou suivez là sur sa page Facebook. Retrouvez également notre album photo du concert.

Source : Site Officiel, Wikipedia, All About Jazz. Crédit Photo du concert : Kevin Tudeau ©journaldujapon.com

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1 réponse

  1. Xavier dit :

    C’était un superbe concert. L’énergie dégagée par le trio était vraiment démesurée. Mlle Uehara ne jouait pas, elle vivait sa musique et entrait quasiment en transe. Entre le piano et la batterie, c’était un vrai numéro de duettiste, un dialogue tenu à bâton rompu. La puissance et la maîtrise des membres du groupe étaient vraiment impressionnante.

    Sans doute, l’un des meilleurs concert que j’ai vu depuis un moment.

    Merci de me rappeler ce bon souvenir grâce à cet article et ses photos.

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