Fate/Extella : Une étoile si sombre que ça ?

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Après une sortie (assez confidentielle) de Fate/Extra, c’est avec de plus gros sabots que la saga phare de Type-MOON nous revient en Europe, grâce à Fate/Extella. Promesse d’un jeu profond comme ses aînés ou simple spin-off fait pour contenter des fans toujours en quête de quelque nouveauté à se mettre sous la dent ?

Le jeu est sorti il y a quelques semaines en Europe, l’occasion pour Journal du Japon d’aller voir ça de plus près…

 

Fate/Extella, suite d’une route alternative à la saga originelle

Si l’univers Fate est relativement bien connu en Occident pour ses séries animées (Fate/stay night, Zero, etc), ses versions papiers éponymes  ou au moins pour son visual novel, il est cependant moins fréquent d’aborder le sujet des jeux vidéo de la saga. En effet, à défaut d’y jouer, peu ont franchi le pas et se sont penchés sur les multiples épisodes vidéo-ludiques.  Et pourtant, ils touchent tous les supports et ce depuis 2004 : PC, consoles de salon, consoles portables et depuis plus d’un an et demi maintenant, même nos smartphones avec Fate/Grand Order. Le dernier en date, cependant, Fate/EXTELLA, arrive sur des plate-formes plus traditionnelles de gaming : Playstation 4 et PSVita.

Sorti le 20 janvier en Europe, Fate/EXTELLA a été développé par le studio MARVELOUS, autrement connu pour les jeux Harvest Moon et Senran Kagura pour ne citer que ces franchises. Il fait directement suite au jeu Fate/Extra, sorti lui en 2010 au Japon et deux ans plus tard en Europe, sur PSP. Si son aîné relevait du genre dungeon crawler, à la manière d’un Persona, Fate/EXTELLA appartient quant à lui au genre du musou, difficilement qualifiable mais se rapprochant du beat’em all, par la présence de nombreux ennemis sur le terrain et le découpage de ses phases de combats.

Si, dans Fate/Extra, on retrouvait une intrigue aux mécaniques proche de celles présentes dans Fate/stay night –  le déroulement de l’une des Guerres du Graal – on s’intéresse dans EXTELLA à l’après guerre, ce qu’il se passe une fois que l’un des Masters et son Servant l’ont effectivement gagné . Un moyen de joindre les deux intrigues et de créer une vraie suite, sans pour autant perdre ceux qui n’auraient pas joué à Extra. En effet, Fate/EXTELLA tricote intelligemment son histoire tout en donnant régulièrement des pièces d’informations pour recontextualiser tel ou tel événement.

Le joueur incarne donc Nero, personnage bien connu de l’univers Fate puisqu’elle est une « Saberface », un personnage partageant les mêmes caractéristiques faciales que la Saber présente dans l’anime originel. Après sa victoire durant la dernière Guerre du Graal, elle et son/sa Master, se voient ouvrir les portes du SE.RA.PH, domaine virtuel inclus dans le Moon Cell Automaton (lui-même étant un large système virtuel dont la création remonte à plusieurs millénaires avant l’apparition même de la Terre et agissant comme base de données terrestre et lunaire) dont ils/elles deviennent les dirigeants.

Cependant, suite à une attaque par un être titanesque dont la nature est inconnue, Hakuno (le/la Master de Nero) voit son être divisé, tant physiquement que magiquement . La légitimité de Nero et de Hakuno sur le Moon Cell Automaton est alors mise en péril : leur autorité sur le SE.RA.PH est contestée par de nombreux antagonistes profitant de cette faille de Hakuno.

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Une forme, à la qualité variable…

Graphiquement parlant, il ne faut pas s’attendre à une énorme prouesse. À l’heure de l’hyper réalisme censé plonger intensément le joueur dans l’aventure, ici, on a plutôt l’impression de repartir quelques années en arrière. Il faut aussi se rappeler que le jeu a été pensé pour la Playstation Vita, qui, malgré ses caractéristiques techniques, reste bien moins puissante que sa grande sœur de salon. Cependant, les animations des actions spéciales ainsi que des Noble Phantasm, ces attaques uniques à chaque Servant et liée à son identité, sont plutôt léchées et fluides. On prendrait presque un malin plaisir à les déclencher juste pour la jouissance visuelle, en plus de leur effet dévastateur et ce, quelle que soit la version. De plus, aucun ralentissement n’est à déplorer lors de ces actions spéciales, malgré la quantité d’items, d’ennemis ou d’éléments apparaissant à l’écran, ce qui n’est pas toujours le cas, encore aujourd’hui…

Autre bon point du jeu, assez plaisant et permettant une meilleure immersion : son doublage intégral. Entendre parler tous les personnages fait monter d’un cran supplémentaire l’attachement du joueur à ceux-ci. Et, à la manière de certaines séquences des séries animées qui véhiculent tout un panel d’émotions grâce au travail fantastique des seiyuus, on retrouve exactement ces mêmes émotions dans le jeu, peu importe la route jouée. On regrettera juste une synchronisation labiale qui laisse, parfois, énormément à désirer : des bouches qui continuent de bouger alors que le personnage a arrêté de parler, des mouvements ne correspondant pas à ce qui est dit, etc.

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Au chapitre des autres défauts d’ailleurs : un syndrome de répétition assez flagrant et qui en ennuiera plus d’un qui n’est pas habitué aux genres mobilisés par Extella. En effet, si son histoire est l’un des points forts du jeu (nous revenons sur ce point plus tard), son déroulement et ses séquences de combat sont affreusement codifiées et répétitives.  Arrivée sur l’aire de combat, divisée en un nombre donné de secteurs il vous faut les conquérir pour obtenir quinze Regime Keys mais aussi débloquer en votre faveur le Regime Matrix. Tout cela, bien sûr, avant que l’ennemi ne fasse de même. Une fois ceci achevé, vient l’heure du combat contre le boss de l’arène.

Et ce, encore et encore, jusqu’à la fin de la route. Défoulant, certes, lorsqu’on en vient à exterminer sans vergogne un ou deux bons milliers de mobs tout en remplissant nos objectifs. Mais probablement lassant pour ceux qui s’attendaient à autre chose que ce cycle de combat.

 

… Mais un fond appréciable, pour aller toujours plus loin dans l’univers Fate

Là où le jeu est cependant le plus rondement mené, c’est dans son histoire et les liens qui se créent entre les différents personnages. Le jeu en lui-même se déroule sur trois routes qui se débloquent au fur et à mesure que vous finissez la route initiale, celle de Nero.

Le cours des événements et les identités des protagonistes (et antagonistes) des deux autres routes sont rapidement décelables, mais la manière dont tout cela se décante sous nos yeux apporte elle aussi son lot d’émotions, dans un éventail qui va du rire franc jusqu’à la petite larme (on a le droit d’être sensible, ho). Bien sûr, comme dit au-dessus, le doublage contribue grandement à cela. Mais l’écriture et la gestion du schéma narratif joue également un rôle important dans cette immersion et ce ressenti du joueur.

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D’autant que le jeu en lui-même insiste sur le lien entre le Master (vous, en quelque sorte) et son Servant, via de nombreux éléments de gameplay. Au-delà des notions déjà existantes dans la franchise (les sorts de commandement du Master, le mana de ce dernier dans lequel le Servant puise, etc), de nouveaux principes sont instillés dans cet opus et, en première ligne, le Regalia. Symbole de royauté prenant la forme d’une bague, il représente à l’origine l’autorité de Nero et de Hakuno sur le SE.RA.PH. Plus encore, à l’image d’une alliance, il symbolise le lien magique et indestructible entre les deux protagonistes. Dès lors, Hakuno sera en mesure de se projeter dans cet anneau lors des séquences de combat afin d’octroyer à Nero des pouvoirs supplémentaires et de décupler sa puissance.

En sus, un système de lien avec les différents Servants ralliés à notre cause ajoute une couche à cette mise en avant de l’affinité avec ces derniers. Plus ce lien est haut – il augmente en remplissant des missions annexes durant les phases de combat et/ou suivant nos réponses dans les phases de dialogue – plus l’on bénéficie de bonus très appréciables quand vient le moment de croiser le fer contre l’ennemi.

En somme, si EXTELLA ne sera probablement pas l’œuvre la plus marquante de l’univers Fate, on peut quand même accorder à Kinoko NASU, le grand gourou de Type-MOON, d’avoir délivré une autre belle histoire à cet univers. Il reste cependant compliqué de le mettre entre les mains d’un néophyte à l’univers Fate car beaucoup de notions clés du jeu reposent sur la compréhension et la connaissance d’éléments de base de la franchise. 

Un jeu plus que correct, donc, mais nettement plus destiné aux aficionados de la saga qu’aux nouveaux venus.

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