Découverte : Pigtails et autres histoires extraordinaires

Les courts métrages sont toujours une source d’inventivité et de création, et ce ne sont pas des projets comme la Japan Animator Exhibition ou Short Peace qui nous prouveront le contraire. Pigtails et autres histoires extraordinaires fait parti de ces quelques omnibus comme Manie Manie : The Labyrinth Tales (Madhouse) ou Genius Party (Studio 4°C) : le projet d’un studio, en l’occurrence ici Production IG, et mettant aux manettes plusieurs réalisateurs.
Le blu-ray et le DVD sont sortis le 19 juillet dernier en France, chez Kazé, c’est pour nous l’occasion de revenir sur cet opus en explorant chacun de ces courts métrages et l’univers de leurs réalisateurs.

Pigtails

 

Pigtails (2015) – 28 minutes

Pigtails

Pigtails © 2015 Machiko Kyo/SHUEISHA, ITSV

Résumé : Tchernobyl… Fukushima… Des villes anéanties, marquées par le traumatisme nucléaire. Et pourtant, à Fukushima, après le tremblement de terre et le violent tsunami qui s’ensuivit, les habitants n’ont pas fui et sont restés pour reconstruire la ville et continuer à vivre là où l’air est toxique et l’eau empoisonnée. C’est l’histoire d’une jeune fille qui vit seule près de la mer et poursuit son quotidien alors que tout autour d’elle semble s’effondrer.

Pigtails est la première réalisation de Yoshimi ITAZU qui a auparavant travaillé en tant que directeur de l’animation et character designer sur le très bon Miss Hokusai. Depuis Pigtails, ITAZU a de nouveau eu l’occasion de passer à la tête d’un projet en réalisant l’adaptation animée de Welcome to the Ballroom, actuellement en cours de diffusion et toujours au sein de Production IG.

Il n’y a, à proprement parler, que peu de choses à dire sur ce film. Très poétique et contemplatif, les personnages y sont pour ainsi dire muets. On ne nous décrit que succinctement les événements, et aucun jugement ni avis n’est donné. Et c’est peut-être là le point majeur de ce film. L’interprétation des événements y est libre, chacun trouvera un sens qui lui est propre en fonction de sa sensibilité. C’est aussi ça la force de ce type d’œuvre : toucher les gens sans trop en dire et rester une feuille blanche que le spectateur s’approprie.

Enfin si, dans votre recherche de sens, vous vous demandez toujours la signification du titre malgré l’absence de cochon (Pigtails), ne vous interrogez pas trop : cela désigne tout simplement des couettes !

 

Des esprits pas commodes (2010) – 24 minutes

Des esprits pas commodes

Tansuwarashi © 2011 Kazuchika Kise/Production I.G/Japan’s Agency for Cultural Affairs

Résumé : Noeru vient de faire la rencontre des petits génies de la commode… Mais qui sont-ils et surtout, pourquoi ont-ils choisi de débarquer chez elle ?

Notre héroïne est une jeune femme active mais célibataire. Comme les normes sociales sont plus fortes au Japon que partout ailleurs, elle va avoir besoin d’aide pour devenir bonne à marier. Blague à part, même si ce résumé ultra-conservateur peut faire grincer des dents, cet anime est une jolie fable aux tons pastels, accompagnée d’un chara design kawaii qui plaira au plus grand nombre. 

 

La petite fille araignée (2012) – 24 minutes

La petite fille araignée  © 2012 Production I.G

Wasurenagumo © 2012 Production I.G

Résumé : Tout commence par ce vieux livre qui raconte comment un grand magicien a vaincu une araignée gigantesque il y a plusieurs siècles.

Wasurenagumo, de son nom original, vous contera une histoire de monstre qui devrait vous étonner, et ravira les amateurs d’animation de qualité avec une superbe séquence de course poursuite signée Hiroyuki OKIURA. Toshihisa KAIYA est à l’origine du concept de cette histoire et nous pourrons bientôt le retrouver à la réalisation de FLCL 2.

La petite fille araignée fût produit à l’occasion de l’Anime Mirai 2012, et cela va être pour nous l’occasion de parler de ce type d’événement. Anime Mirai finance depuis 2011, via le ministère de la Culture japonais, quatre courts métrage par an dans l’optique de former de nouveaux animateurs. En plus de donner l’occasion à des réalisateurs de faire leurs preuves, ces pilotes posent souvent les bases pour de futurs animes. C’est ainsi que lors de l’Anime Mirai 2013 Little Witch Academia montra le bout de son nez  pour la première fois et que Death Billiards engendra Death Parade deux ans plus tard.

Mais la Japan Animator Exhibition dont nous vous avons longuement parlé, n’est pas en reste non plus. En effet, même si ce projet au long court (la sortie des épisodes hebdomadaire s’est étalée sur un an) n’a pas pour vocation d’avoir de nouvelles itérations, ce dernier a tout de même été un terreau assez fertile.

La Nihon Animator Mihoichi, a en effet annoncé dès 2016 que deux épisode spéciaux de 50 minutes allaient reprendre le pitch de The Dragon Dentist. C’est chose faite en février 2017 avec deux sympathique OAV, dont Dybex annonce avoir acquis les droits, auquel on peut rajouter une adaptation manga.C’est également un fait peu cité, mais la très célèbre série Yuri on Ice n’est pas étrangère au projet d’Hideaki ANNO. Même si ce n’est pas du tout un pilote, et qu’aucune ébauche de scénario ne s’y trouve, Endless Night a bien un rapport direct avec l’animé de Sayo YAMAMOTO.
Enfin, Gridman, l’hommage à une vieille série TV de tokusatsu, se prolongera lui aussi via un anime, Trigger ayant annoncé en juillet dernier lors de l’Anime Expo trois futures sorties : DARLING in the FRANKXX,, Promare et GRIDMAN.

 

Kickheart (2013) – 13 minutes

Kickheart © 2012 Masaaki Yuasa, Production I.G

Kickheart © 2012 Masaaki Yuasa, Production I.G

Résumé : Une histoire d’amour entre deux personnages qui ont chacun leur jardin secret. L’un est un catcheur, l’autre, une religieuse. La défaite n’a jamais été aussi jouissive.

Masaaki YUASA, reconnu à l’international (Lauréat du grand prix du Tokyo Anime Award 2015, Fantasia Film Festival 2013, Manichi Film Concours 2005) est certainement le réalisateur contemporain le plus décalé et inventif du monde de l’animation. Même si les œuvres qu’il adapte ont déjà un univers et des codes visuels très forts, comme Mindgame (une perle à voir au plus vite), Ping Pong, ou Amer Béton, la touche de YUASA n’en est pour autant pas dépourvue d’originalité et ne se limite pas à une animation folle et des cadrages virevoltants. Étant une création originale, le film ici présent vous le prouvera, si tant est que cela soit nécessaire.

Kickheart est un projet atypique sous bien des aspects, à commencer par sa naissance. Ce court a été le premier à connaître un gros succès lors d’une campagne Kickstarter, le projet ayant récolté plus de 200 000 dollars sur les 150 000 demandés. Cette gloire ouvrit la porte à d’autres, et nous pourrions citer Little Witch Academia et Under The Dog qui ont suivi cet exemple.
Un financement par des particuliers offre toujours une plus grande liberté d’expression aux créateurs, quelque soit la nature du projet, mais cela est peut-être d’autant plus vrai dans le monde de l’animation, où les comités de productions font la pluie et le beau temps. Et on peut dire que Kick Heart avait vraiment besoin de cette liberté créatrice tant pour son fond que pour sa forme.

Outre la note d’humour scatologique, nos héros Lady S et Masked Man M sont respectivement sado et maso, les planches d’un ring de catch devenant alors l’endroit parfait pour exprimer et exhiber leur penchants. Si treize minutes ne sont pas suffisantes pour développer une intrigue poussée, elles permettent néanmoins de nous en mettre plein les yeux et déroulent une action à 1000 à l’heure. C’est drôle, c’est prenant, et si l’on accroche au design particulier, c’est beau.

Notez enfin que l’actualité autour de Masaaki YUASA est plus que jamais brûlante car son dernier long métrage Lou et l’ile aux sirènes est en salle, en France, depuis le 1 septembre et Devilman crybaby est annoncé sur Netflix pour le printemps 2018.

 

Oval X Over (2005) – 3 x 3 minutes

© 2005 Imaitoonz / Production I.G

© 2005 Imaitoonz / Production I.G

Résumé : Chacun de ces 3 pilotes repousse les limites de l’impossible sur le circuit, au coude-à-coude dans ce film d’action automobile intense.

On ne peut pas tellement parler de court métrage pour Oval X Over étant donné que ces trois petites vidéos sont en fait des spots animés pour l’Indy Japan 300 festival diffusés sur MTV Japan.
Sorti un an après l’OAV Dead Leaves (toujours chez production IG), le travail sur ces deux animes est très proche, pour ne pas dire identique. Nous avons là du 100% HIMAISHI : les onomatopées sont présentes à l’écran et animées, il y a beaucoup de couleur, et ça explose dans tous les sens.

C’est certainement le court le plus anecdotique de la galette, mais c’est aussi le plus vieux. Datant de 2005, il fait plus figure de bonus et donne une impression de pièce rapportée par rapport aux autres. Il est cependant une intéressante porte d’entrée pour aller voir Dead Leaves (que nous vous conseillons pour son aspect complètement déjanté), et plus généralement le travail d’Hiroyuki IMAISHI et du studio TRIGGER qu’il a co-fondé.

 

Pour conclure, cette édition réunit des productions intéressantes et à la teneur différente. Le lien annoncé avec les 100 ans de l’animation est, il faut le dire, tiré par les cheveux : on retrace juste une décennie, bien loin des 30 ans d’existence d‘I.G. Tatsunoko / Production ! Néanmoins ce mix propose aussi bien des films tout public (Pigtails, Des esprits pas commodes) que des œuvres pour spécialistes (Kickheart, Oval X Over) : c’est finalement une bonne idée pour faire découvrir des projets atypiques au plus grand nombre. À vous de vous y essayer !

Retrouvez toutes les informations sur les deux coffrets sur le site des éditions Kazé.

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