[Interview] Harumo SANAZAKI, la mangaka des classiques shôjo

Auteur prolifique du shôjo avec près de 130 titres à son actif en 30 ans de carrière, Harumo SANAZAKI est une mangaka extrêmement curieuse dont les œuvres couvrent tous les sujets qu’ils soient purement japonais comme Abe No Seimei et Bishin, inspiré du chanteur Yoshiki, ou occidentaux comme son adaptation en manga du roman de Gaston Leroux, Le Fantôme de l’opéra, paru en France chez Isan Manga le 22 mars dernier.

A l’occasion de Japan Expo Sud nous avons pu échanger avec elle sur sa carrière de mangaka mais aussi en tant que professeur : elle enseigne en effet l’art du dessin durant des conférences.

 Harumo SANAZAKI

Harumo SANAZAKI à Japan Expo Sud – RCG Photography pour ©journaldujapon.com -Tous droits réservés

Biographie : « Harumo SANAZAKI est sortie de l’École supérieure Municipale Sumidagawa de Tokyo et n’envisageait donc pas de devenir dessinatrice. Harumo SANAZAKI a commencé sa carrière de mangaka en se faisant publier dans le magazine  » Hitomi  » des éditions Akita Shoten. Ses histoires plurent ainsi que son trait fin et personnel, c’est ainsi que plus tard elle continua a dessiner pour divers magazines aux thèmes plutôt variés. On peut citer notamment les magazines de shôjo fantastique comme  « Susperia » ou « Mystery  Bonita »  des éditions Akita Shoten,  mais également « Margaret » des éditions Shueisha ou encore  » Friends Mystery » des éditions Kodensha et le  » Supplément de l’ ASKA  » chez Kadokawa.

En fait Harumo SANAZAKI est un auteur de manga plus que prolifique puisqu’à ce jour on compte déjà plus d’une centaine de titres a son actif (130 environ) !! » (Digiclub.com)

Journal du Japon : Bonjour à vous… Vous puisez votre inspiration dans de nombreuses œuvres, que ce soit du Japon avec Abe Seimei ou encore de la France avec Le fantôme de l’opéra, qu’est-ce qui vous pousse à choisir des thèmes toujours différents pour vos œuvres ?

Harumo SANAZAKI : Je suis très curieuse, j’ai toujours envie d’apprendre beaucoup de choses. Mes inspirations viennent de toutes les rencontre que je fait avec de nouvelles choses et c’est ce qui donne naissance à mes œuvres. J’ai vraiment beaucoup trop d’inspiration quand je viens en France et ça devient compliqué. (Rires)

Vous adaptez beaucoup d’œuvres classiques en manga, quelle en est la raison ?

Il y a beaucoup d’œuvres classiques qui ne sont pas très connues. Alors j’aimerais qu’avec mes mangas les jeunes ou les personnes qui ne connaissent pas encore ces œuvres puissent les découvrir.

Le mage Abe No Seimei est le sujet d'un manga d'Harumo Sanazaki

Le mage Abe No Seimei est le sujet d’un manga d’Harumo Sanazaki

En tant qu’auteure shôjo, que pensez vous du genre et de son évolution ?

Je trouve que le manga évolue beaucoup notamment avec l’apparition du format numérique qui est une très bonne innovation je trouve. Les thèmes du manga shôjo ont tendances à évoluer un peu comme la mode, certaines tendances apparaissent, disparaissent et reviennent.

Le Fantôme de l’opéra a-t-il été une œuvre difficile à adapter ?

Il y a assez peu d’images d’époque de l’opéra Garnier du coup c’était assez difficile de se renseigner de se renseigner sur le contexte historique. J’ai lu beaucoup de livres d’histoires pour me renseigner sur l’époque.

Est-ce que vous avez avez été influencés par les autres adaptations du fantôme de l’opéra  ?

Je connaissait déjà le roman avant la comédie musicale d’Andrew Weber et je me suis plutôt inspiré de l’œuvre originale et de livres d’histoires.

On peut voir dans votre adaptation une forte utilisation du noir autour du personnage d’Erik alors que le reste est très lumineux, ce contraste était-il un choix prémédité ou cela vous est-il venu naturellement ?

Oui, je voulais illustrer comment les ténèbres des souterrains de l’opéra dans lequel il vivait représentait les ténèbres dans son propre cœur tandis que la lumière vient de la femme qu’il aime et sa voix.

Parmi tout vos mangas paru à ce jour, y en a-t-il un qui vous touche particulièrement ?

Le fantôme de l’opéra est une œuvre très importante pour moi et j’ai aussi réalisé un manga sur personnage historique du Japon qui s’appelle Abe no Seimei, une sorte de magicien qui a vécu il y a mille ans et qui a notamment inspiré la musique qu’a utilisé le patineur Hanyu Yuruzu. Il y aussi un manga sur le meilleur ouvrier de France et la cuisine française que j’aimerais faire connaître auprès du public français.

Que pensez vous de votre venue en France ?

Je viens souvent en France pour faire des échanges culturels, des conférences ou des ateliers mangas, mais c’est le fantôme de l’opéra est la première œuvre qui est publiée en France. Je ne sais pas vraiment si je suis populaire, mais comme j’ai fait beaucoup d’atelier, je commence à être un peu connue auprès des français. Souvent les personnes qui ont participé à mes premiers ateliers il y a plus de vingt ans ou à qui j’ai fait des autographes, je les retrouves plus tard alors qu’ils travaillent dans des expo ou dans la traduction.

Y a t-il une autre œuvre française que vous aimeriez illustrer en manga ?

En ce moment je suis en train de préparer une adaptation en manga de La Belle et la Bête. Ce ne sera pas la même chose que la version de Disney (Rires). Elle sera plus proche de la version du cinéma français, le vieux film. Je l’adore !

Le film La Belle et la Bête de Jean Cocteau (1946) va-t-il influencer la prochaine adaptation de Harumo Sanazaki ?

Le film La Belle et la Bête de Jean Cocteau (1946) va-t-il influencer la prochaine adaptation de Harumo Sanazaki ?

On espère que cette adaptation elle aussi parviendra jusque dans nos librairies !

Focus sur Le fantôme de l’opéra

L’adaptation du Roman de Gaston Leroux a été publié en France à l’occasion de la Japan Expo Sud. Tout comme l’œuvre originale, le manga raconte l’histoire de Christine Daaé, chanteuse à l’opéra Garnier, pris dans un triangle amoureux avec le Vicomte Raoul de Chagny et Erik, le Fantôme de l’opéra, lequel vit défiguré dans les sous-sols du bâtiments, et apparaît comme un ange de la musique pour Christine. Harumo SANAZAKI illustre magistralement cette relation entre les différents personnages, la lumière dans laquelle vivent Christine et Raoul, et les ténèbres d’Erik.

Le contexte de l’œuvre originale est d’ailleurs bien retranscrit, c’est le personnage de Gaston Leroux qui conte ce récit et le présente comme véridique, tel que l’avait fait l’auteur lors de sa première publication en s’inspirant d’accidents ayant réellement eu lieu à l’opéra à son époque. L’auteur a du faire des choix lors de cette adaptation et c’est bien entendu par le prisme du manga shôjo que l’histoire est adaptée, d’où une relation entre les trois protagonistes qui est fortement mise en avant par rapport à d’autres passages du livre. Enfin, shôjo oblige sans doute, on remarque aussi que le fantôme de l’opéra affiche une apparence plutôt magnifique pour une homme censé être défiguré !

En tout cas n’hésitez pas à vous procurer cette adaptation si vous voulez découvrir ou redécouvrir l’œuvre de Gaston Leroux via les dessins d’Harumo SANAZAKI !Le Fantôme de l'Opéra

 

Vous pouvez retrouver Harumo SANAZAKI sur son compte Facebook ou Twitter et retrouvez l’actualité de son éditeur Isan Manga via son site internet ou sa page Facebook.

Remerciements à Harumo SANAZAKI pour son temps ainsi qu’à Japan Expo Sud pour la mise en place de l’interview.

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