Segata Sanshiro, la mascotte publicitaire la plus badass de Sega

A l’occasion de ses 60 ans, SEGA  a présenté un nouveau personnage dans ses publicités, Sega SHIRO qui n’est autre que le fils du célèbre Segata SANSHIRO qui a été l’une des mascottes TV les plus populaires de la marque dans les années 90. Ce nom ne vous dit rien ? Découvrez ce judoka valeureux qui a milité pour que la jeunesse jouent à la console jusqu’à s’en briser les doigts !

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Segata Sanshirô Shinkenyugi, jaquette du jeu – Source : blog.goo.ne.jp/

Segata Sanshiro, l’homme qui a porté la Sega Saturn sur ses épaules

En 1997, la console Saturn de SEGA est déjà en fin de vie en Europe et aux Etats-Unis, où elle fait face à la Playstation puis à la Nintendo 64, qui ont misé à juste titre sur les jeux en 3D. Mais au Japon, elle survit, portée notamment par une campagne marketing très populaire dont le héros est un judoka bourru, violent et sans pitié envers ceux qui ne jouent pas à la Saturn : Segata SANSHIRO !

Cet emblématique personnage est incarné par une figure qui n’est pas inconnue du public japonais, puisqu’il s’agit d’Hiroshi FUJIOKA (de son vrai nom Kunihiro FUJIOKA), qui interprète le héros de la série originale Kamen Rider entre 1971 et 1979. Connu également pour ses rôles de samouraï dans de nombreuses productions et dans certains dramas, du fait de son expertise en art martial, il vous est peut-être familier en tant que doubleur pour la voix japonaise du père de Ryu dans Shenmue I et II. Mais de 1997 et 1998, il est Segata SANSHIRO, un rôle qui lui colle à la peau encore aujourd’hui avec un personnage au charisme inégalable.

kamen rider

Action figure Kamen Rider original – Source : animeanime.jp

Afin de faire décoller les ventes de sa console, SEGA mise sur l’audace pour proposer un héros qui n’hésite pas à tabasser les jeunes qui se divertissent en boîte de nuit au lieu de jouer à la Saturn, à étrangler les adolescents qui traînent dans la rue plutôt que de passer du temps sur leur console voire même à se déguiser en Père Noël pour infiltrer les foyers et faire passer son message aux enfants : « Jouez à la sega Saturn ! » C’est le cri de guerre qu’il proclame à chacune de ses apparitions. Il s’agit d’un jeu de mot entre son nom (Segata Sanshiro), la prononciation japonaise de la Sega Saturn (セガサターン, Sega Satān) et le verbe Shiro, qui peut être ici interprété comme une injonction à jouer, et la couleur blanche – shiro (白) en japonais –  qui est la couleur de la déclinaison de la console disponible uniquement au Japon dès 1996. Enfin, c’est un hommage au film Sugata Sanshiro d’Akira KUROSAWA (La Légende du grand judo en VF) sorti en 1943.

Si cette mascotte légendaire du jeu vidéo a marqué les esprits, c’est surtout grâce à des publicités drôles et osées et à une chanson épique. Retraçons ensemble les aventures de Segata SANSHIRO !

Les aventures de Segata Sanshiro de 1997 à 1998

Pour porter ses valeurs, SEGA ne pouvait pas choisir un héros gentillet comme le ferait Nintendo. Il suffit de comparer les mascottes de deux sociétés japonaises qui se sont affrontées pendant plusieurs décennies sur le marché des consoles et des jeux pour le comprendre. D’un côté, un plombier moustachu bedonnant à l’accent italien et de l’autre un hérisson bleu en basket qui se déplace à une vitesse supersonique ! Mais personne ne pouvait prévoir l’arrivée d’un personnage aussi badass que Segata SANSHIRO.

Ce judoka s’est entraîné dans la forêt, en portant des répliques géantes de la Saturn sur son dos, en martelant à toute vitesse les touches d’un pad pour renforcer ses poings et acquérir la force suffisante pour mener à bien sa mission : celle de convertir des âmes errantes au gaming !

Pour cela, Segata SANSHIRO va recourir à des pratiques que certains jugeront discutables, allant même jusqu’à surgir en pleine rue face à des adolescents pour les malmener jusqu’à asséner de sa voix puissante : « Jouez à la Sega Saturn ! » Une campagne publicitaire qu’on rêverait de voir ailleurs qu’au Japon et qui témoigne de la folie qu’on peut parfois croiser dans le marketing nippon.

Le porte-voix le plus emblématique de SEGA utilise ses techniques martiales quand il doit promouvoir le dernier Bomberman, et dévoile sa force en amortissant de son torse les balles de baseball lancées droit sur lui en plein match, avant de les renvoyer d’un puissant coup de pied, pour le titre Pro Yakyuu Greatest Nine ’98.

Mais sous ce corps d’acier se cache une âme romantique, qui se laisse attendrir par la jolie Sakura de la saga Sakura Taisen, jusqu’à faire une bataille de fleurs de cerisier dans la publicité la plus mielleuse de la série. Comme quoi, même les plus grands des combattants ont un cœur.

Malgré tous ses efforts, Segata SANSHIRO ne pourra pas éviter la chute de SEGA ni l’arrêt de la commercialisation de la Sega Saturn, mais il donnera sa vie pour sauver le président et les employés de la firme de Tokyo.

La disparation d’une icône qui s’est sacrifiée pour SEGA

Après un an de bons et loyaux services, le judoka de SEGA apparaît une dernière fois dans une publicité symbolique, qui sert de passage de flambeaux pour la marque. En effet, on voit dans ce spot TV une réunion au sein des bâtiments de la firme, avec l’annonce de la fameuse Dreamcast qui servira de remplaçante à la Sega Saturn. Alors que l’enthousiasme semble grand dans la pièce, on aperçoit un ennemi qui cible les bureaux et déclenche l’envoi d’un énorme missile en pressant un bouton rouge. Il se dirige droit sur les employés qui, terrorisés, se cachent sous les bureaux. Mais bien évidemment, un homme est là pour les sauver : Segata SANSHIRO !

Bondissant du toit de l’immeuble SEGA, il chevauche le missile et prend appui sur le bâtiment pour en détourner la trajectoire, l’envoyant vers les cieux. Toutefois, il ne peut pas le lâcher et il doit l’accompagner dans l’espace, jusqu’à l’explosion fatidique. Dans son sacrifice, il répète sans relâche : Sega Satān Shiro ! Sega Satān Shiro !

C’est ainsi que se termine l’ère de la Sega Saturne et que débute la génération suivante, qui sera hélas fatale à SEGA. Malgré toutes les qualités de la Dreamcast, la première console de cette 6e génération signera l’arrêt de mort de la firme njaponaise en tant que constructeur de consoles et laissera orphelins tous les joueurs ayant suivis les conseils de Segata SANSHIRO. Bien que le maître d’art martial ait eu droit à son propre jeu, Segata Sanshirô Shinkenyugi, qui n’est qu’une succession de mini jeux plus ou moins débiles, il disparaît du paysage télévisé accompagné des mots de la voix Off qui murmure : « Segata SANSHIRO vivra pour toujours dans notre cœur. »

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Les produits dérivés de Segata Sanshiro – Source : giantbomb.com

Pour ses 60 ans, Sega présente…le fils de Segata Sanshiro !

SEGA FES 2019

SEGA FES 2019 – Source : compte Twitter officiel de SEGA @Segaofficial

S’il est réapparu dans plusieurs conventions (il a été notamment l’invité d’honneur du SEGA FES 2019) et qu’il a eu droit à un caméo dans le jeu Sonic And Sega All Stars Racing Transformed où on le voit à cheval sur un missile dans l’une des courses, le héros incarné par Hiroshi FUJIOKA fait bien partie de l’histoire ancienne de SEGA, du temps de la splendeur de la firme. Mais en cette année 2020, SEGA fête ses 60 ans et pour préparer son anniversaire et l’événement qui accompagnera la célébration de juin prochain, elle a lancé une campagne de publicité avec pour héros…le fils de Segata SANSHIRO !

Non seulement il s’agit bel et bien du véritable fils de l’acteur, mais la référence ne s’arrête pas là, puisque dans les deux spots diffusés actuellement, on peut voir Sega SHIRO, de son nom, porter le dogi de son père.

Si la première vidéo est assez mystérieuse, avec ce jeune homme répondant à chacune des questions par : « Sega Da Yo » (« c’est Sega »), la seconde joue sur la nostalgie et on peut voir les divers objets emblématiques créés par la firme, mais aussi l’enfance de ce nouveau héros, au côté de son papa charismatique. Il se remémore les durs entraînements à frapper dans une Sega Saturn, les séances d’écriture de colonnes de Sega en katakana (セガ), jusqu’au départ de son père et à son sacrifice, suite auquel il récupère la fameuse tenue de judo qu’il porte dans les vidéos.

Un nouvel ennemi apparaît – Sega HATANSHIRO, avec un habile jeu de mot plein d’auto dérision avec le mot hatan signifiant faillite. Cela laisse présager une nouvelle salve d’aventures pour l’héritier légitime du grand Segata SANSHIRO. Et si sous le costume de ce méchant se cachait le grand judoka, de retour pour reprendre en main l’éducation de son fils et des plus jeunes ? On devrait le savoir bientôt !

Une chanson légendaire aux paroles fortes

Parmi les raisons qui expliquent le succès de ce personnage atypique, il y a évidemment la chanson qui accompagne le héros à chacune de ses apparitions. Interprétée par Ichiro TOMITA, elle est aussi dynamique que dotée de paroles fortes qui permettent de cerner la philosophie du héros immédiatement. Le single sorti à l’époque s’est vendu à plus de 100 000 exemplaires, ce qui démontre sa popularité. Découvrons quelques-unes de ses phrases chocs !

  • Majime ni asobanu yatsura ni wa, karada de oboe saseru zo : Il punira ceux qui ne jouent pas sérieusement et leur corps s’en souviendra !
  • Sega Saturn, shiro! Yubi ga oreru made! Yubi ga oreru made ! : Jouez à la Sega Saturn ! Jusqu’à ce que vos doigts se brisent ! Jusqu’à ce que vos doigts se brisent !
  • Tokoton kiwamenu yatsura ni wa, karada ni tataki komu zo : Ceux qui ne se dédient pas au gaming extrême verront leur corps punis sévèrement

Place à la musique live !

Certains héros semblent immortels et Segata SANSHIRO en fait partie. Les fans de la première heure de SEGA n’oublieront jamais les publicités mettant en scène le fameux judoka et les nouveaux gamers pourraient bien devenir familier très bientôt avec les méthodes d’éducation particulières du personnage, grâce à l’apparition de son fils en 2020.  Gardez en tête que si vous ne jouez pas assez bien, vous pourriez être punis… !

Sources :

Mickael Lesage

J’ai découvert le Japon par le biais d’un tome de Dragon Ball il y a fort longtemps et depuis, ce pays n’a jamais quitté mon cœur…ni mon estomac ! Aussi changeant qu’un Tanuki, je m’intéresse au passé, au présent et au futur du Japon et j’essaie, à travers mes articles, de distiller un peu de cette culture admirable.

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