Histoires d’otaku : une rencontre avec Fujita-sensei !

À l’occasion du Salon Livre Paris 2020, l’équipe de Journal du Japon se réjouissait grandement de pouvoir rencontrer la mangaka d’Otaku Otaku, l’un de nos titres fétiches à la rédaction, publié aux éditions Kana. L’annulation du Salon pour les raisons que l’on sait a mis à mal ce projet d’interview, mais c’était sans compter sur un éditeur français plein de ressources et une auteure fort sympathique qui a bien voulu nous répondre à distance. C’est donc avec joie que nous vous présentons cet entretien express…

Mais commençons par les présentations !

Otaku-Otaku

Otaku Otaku, le guide officiel de l’otaku amoureux

Narumi et Hirotaka travaillent dans la même société. Ce sont tous deux des otaku. Ils ont chacun une passion dévorante pas toujours évidente à faire entendre aux autres. Peut-elle même être compatible avec une relation amoureuse ? Comprendre l’autre, l’accepter tel qu’il est, se montrer tel qu’on est vraiment… Misant sur ce point commun, « des otaku », ils décident alors de sortir ensemble. Mais comme dans toutes les histoires d’amours, des interrogations et des doutes persistent. Leur passion va-t-elle les rapprocher ou les séparer ? Heureusement les amis sont là pour en discuter mais aussi pour partager leur « otaku attitude »

C’est en 2014 que tout commence : l’auteure Fujita publie les premières planches de son manga bourré de références à la culture Geek et Otaku sur la plateforme Pixiv, puis la maison d’édition Ichijinsha lui propose de la publier, en ligne puis au format papier, en avril 2015. Wotaku ni koi wa muzukashii (ヲタクに恋は難しい, litt. « L’amour est compliqué pour un Otaku ») et abrégée Wotakoi (ヲタ恋) et avec seulement un volume par an au Japon, le titre est pourtant un succès avec plus d’un demi million d’exemplaires écoulés pour chaque tome l’année de sa sortie. Aujourd’hui, le manga compte 8 volumes au Japon et 6 en France, ainsi qu’une adaptation animée par le studio A-1 Pictures au printemps 2018 sur Fuji TV au Japon et Amazon Prime en France, où il débutera donc sa publication aux éditions Kana. En juillet de la même année, le titre dépassera 7 millions d’exemplaires écoulés pour 6 tomes parus.

Un film est lui aussi sorti en février 2020 au Japon et a lui aussi été un succès : le , il a été révélé que le film avait vendu plus d’un million de billets.  Le casting plaira d’ailleurs aux fans du genre (Kento Yamazaki, Nanao, Mitsuki Takahata, Takumi Saitoh, Jirô Satô, Kento Kaku). On résiste pas à l’affiche, très parlante et fidèle au manga, que voici :

Otaku-Otaku-drama-affiche-2020

Maintenant que vous en savez plus sur la série et son parcours, partons à la rencontre de son auteure !

 

Fujita : petit entretien Otaku

Journal du Japon : Bonjour Fujita-san et merci pour votre temps. Pour commencer dites-nous : quelle drôle d’idée vous a poussé à imaginer un manga autour d’otaku adultes?
FUJITA : A l’époque je me trouvais face à un mur quant à l’écriture d’un manga motivant à dessiner. Je pense que je me suis donc tournée vers un thème qui était le plus proche de moi-même, pour lequel j’avais la plus grande compréhension et que je me sentais capable de dessiner : les otaku.

Quel a été votre parcours pour en arriver la ?
J’ai obtenu un diplôme artistique car je voulais devenir mangaka mais pour vivre, il a fallu que je travaille en tant qu’intérimaire pendant quelques années. Mais à un moment, je me suis aperçue que tous mes senpai du boulot étaient partis en décrochant un contrat et qu’il ne restait plus que le manager qui avait plus d’expérience que moi dans la boîte, ce qui m’a fait réaliser l’urgence de la situation. J’ai donc travaillé comme une acharnée pour boucler un projet de manga, pour le présenter à Tokyo.

Votre histoire se concentré sur 4 personnages qui forment deux couples. Trouver sa moitié quand on est un otaku au Japon, est-ce difficile et pourquoi selon vous ? 
J’aimerais pouvoir faire un sondage auprès de toute la population du pays. Sous le terme « Otaku », il existe plusieurs types de personnes différentes et par exemple, il n’est pas difficile de s’imaginer qu’une personnalité comme Kou aura sans doute du mal. Ce n’est pas une mauvaise personne en soi, mais voilà…

Vos 4 personnages principaux existent depuis quelques années maintenant, quel rapport entretenez-vous avec eux ? Comment réfléchissez-vous à leur évolution ? 
En parlant juste de la distance entre l’auteur et les personnages, je dirais que Hirotaka est devenu plus souple et facile à manipuler. Récemment, Narumi commence enfin à montrer des visages d’héroïne, embarrassée ou troublée.

 otaku-otaku-t6  Otaku-Otaku 

Pas mal de temps s’écoule à chaque fois entre deux tomes, qu’est ce qui vous prend le plus de temps dans votre processus créatif ? 
Le storyboard des épisodes inédits. Pour les tomes reliés, il y a en moyenne une quarantaine de pages d’inédits. Comme ce sont des bijoux que j’ai gardé précieusement pour cette occasion, il y a une énorme pression pour rendre ces chapitres irréprochables. J’y travaille avec la motivation de surprendre les fans..

Enfin, comment envisageriez-vous la vie de deux otaku enfermés chez eux en cas de confinement ? Est-ce qu’au fond, cela les changerait de leur quotidien habituel ?
Je pense qu’il n’y a personne d’autre que les otaku pour s’amuser à fond durant un confinement. J’imagine que chacun fait ce qui lui plait chacun de son côté, parfois ensemble, pour « enjoyer » ce confinement.

En effet, ils sont les mieux armés pour ça ! Merci !

Retrouvez toutes les informations sur Otaku Otaku sur le site des éditons Kana.

Remerciements à FUJITA-sensei pour son temps et aux éditions Kana pour la mise en place de cette interview.

Paul OZOUF

Rédacteur en chef de Journal du Japon depuis fin 2012 et fondateur de Paoru.fr, je m'intéresse au Japon depuis toujours et en plus de deux décennies je suis très loin d'en avoir fait le tour, bien au contraire. Avec la passion pour ce pays, sa culture mais aussi pour l'exercice journalistique en bandoulière, je continue mon chemin... Qui est aussi une aventure humaine avec la plus chouette des équipes !

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