Utawarerumono: Prelude to the Fallen : enfin en France !

Aujourd’hui, Journal du Japon vous parle de visual novel et de Utawarerumono : Prelude to the Fallen, le remake PS4 du jeu sorti à l’origine en 2002. Assez populaire au Japon, la saga reste encore assez méconnue en France. Retour sur l’épopée de Hakuoro et pourquoi il serait bête de passer à côté de l’histoire du Chant des rêves, nom français pour la saga Utawarerumono.

Visual novel, un genre hybride pour les amateurs de lecture

Le visual novel (VN), que l’on peut traduire par « roman visuel » ou roman vidéoludique, est un genre très populaire au Japon et commence à faire de plus en plus d’adeptes dans le monde entier.  La France n’y échappe pas avec les sorties récentes que les fans français attendaient depuis longtemps : World End Syndrome ; Daedalus : The Awakening of Golden Jazz ; Kotodama : The 7 Mysteries of Fujisawa notamment. Derrière ces deux lettres, le VN (à ne pas confondre avec le LN ou Light Novel) cache des œuvres hybrides difficilement classables : pas un jeu vidéo « classique », ni vraiment un roman non plus ou encore moins un manga…

Quelques scènes rappelleront qu’à la base Utawarerumono était un jeu érotique ©︎2020 AQUAPLUS Licensed to and published by NIS America, Inc.

Plus proche du livre sans en être un, le visual novel a en effet de quoi dérouter. La base de ce média est l’histoire : avec le clavier/la manette, le joueur/lecteur fait défiler le texte à l’écran avec un soin particulier apporté à l’image (d’où le terme visual) qui emprunte beaucoup au manga. La plupart des titres laissent faire des choix créant ainsi plusieurs histoires différentes appelées routes, le jeu ayant ainsi plusieurs fins possibles. Si les VN dits tranches de vie (slice of life en anglais) sont les plus nombreux, le genre est assez diversifié avec des titres de science-fiction, axés horreur ou enquête policière voire jeux de rôle (RPG) comme c’est le cas pour Utawarerumono. Les visual novels étant très largement destinés à un public adulte, il arrive fréquemment que le scénario ne soit au final qu’un prétexte pour du contenu ecchi voire hentaï. Utawarerumono est à la base un eroge (erotic game). Le portage sur consoles a donc subi une petite épuration afin de donner un jeu plus tout public, se focalisant sur l’histoire plus que les scènes érotiques du jeu original sorti sur PC. Il demeure tout de même quelques situations et dialogues osés, dirons-nous !

Des personnages et une histoire travaillés

L’histoire d’un amnésique au masque étrange ©︎2020 AQUAPLUS Licensed to and published by NIS America, Inc.

Un jeune homme est retrouvé inconscient et grièvement blessé dans une forêt non loin du petit village de Yamayura. Une jeune fille du nom de Eruruu, apprentie guérisseuse le trouve et le sauve en le ramenant chez elle pour le soigner. Mais la venue de cet étranger soulève bien des interrogations… Devenu amnésique suite à ses blessures, il ignore son nom. Et encore plus surprenant, qui se cache derrière ce masque impossible à enlever ? La cheffe du village, la grand-mère Tusukuru, le baptise Hakuoro, nom de son fils disparu. Il s’adapte à sa vie en pleine campagne dans un village reculé qui prospère grâce au partage des connaissances de l’inconnu. La récolte extrêmement généreuse, fruit du travail acharné des villageois, attire la convoitise du seigneur qui augmente injustement les impôts. Un seul incident dans le tout petit village de Yamayura mettra le feu aux poudres et marquera ainsi le début d’un conflit qui se répandra dans le monde entier…

Pour que le mystère autour de Hakuoro soit résolu, il faudra compter plusieurs dizaines d’heures de lecture (et un peu de combats). Attention, si l’on apprécie la présence d’un doublage japonais, il est à noter que les sous-titres eux, sont en anglais. Il conviendra alors d’avoir un bon niveau de compréhension écrite pour ne pas être perdu. La fin en particulier n’est pas forcément des plus simple à comprendre, alors si vous n’êtes pas très à l’aise avec la langue de Shakespeare, nous vous recommandons de passer votre chemin. Pour les non-anglophones qui souhaiteraient tout de même connaître l’épopée de Hakuoro, l’animé Le Chant des Rêves (le nom retenu par l’éditeur français Kazé) est disponible en VOSTFR en coffrets DVD ou BluRay ou bien en streaming sur la plateforme ADN. La série animée reprend les voix japonaises du jeu et respecte très bien les aventures de l’amnésique et de son harem.

Utawarerumono personnages

Une dizaine de personnages principaux aux côtés de Hakuoro ©︎KAZE

Preuve que le scénario est l’une des forces du jeu, en retirant les éléments érotiques, le jeu et l’animé n’en perdent pas leur intérêt ! Même si de prime abord, l’univers rempli de personnages à queue et oreilles d’animaux pourrait laisser penser à du fan service et à un manque d’originalité, à mesure que l’on tourne les pages de l’aventure et que l’on découvre plus en profondeur les personnages, on commence rapidement à changer d’avis. Avec plus d’une dizaine de personnages principaux, on aurait pu craindre un manque de développement de chacun. Il n’en est rien car ils arrivent progressivement dans l’histoire et les scénettes alternent pour mettre en valeur régulièrement chacun des différents alliés de Hakuoro. Habilement, on connaît tout d’eux au fur et à mesure. Aussi, si au début, l’amnésie du héros sert de prétexte afin de nous expliquer les différents peuples du monde, leur culture et coutume ainsi que leur religion, à la fin, on remet bien toutes les pièces du puzzle pour enfin comprendre la rencontre initiale de Hakuoro et de Eruruu… Le remake aurait d’ailleurs été l’occasion idéale pour ajouter quelques cinématiques tirées de l’animé, aux passages marquants de l’histoire. La mise en scène et les musiques permettent tout de même de passer un bon moment avec la manette en main pour faire défiler le texte (une lecture automatique est d’ailleurs possible).

Un gameplay classique mais qui a fait ses preuves !

Si le gros du jeu est constitué de lecture, des combats viendront ponctuer l’histoire. Il faudra faire défiler le texte pendant au moins une heure avant de voir l’éventail de Hakuoro et la hache de Teoro à l’action contre de vilains singes qui menacent les récoltes du village… L’attente pour voir le premier combat tactique au tour par tour pourra être jugée longue, toutefois l’intrigue étant au cœur du jeu, ce préambule nous semble nécessaire. Surtout, qu’une fois passé ce premier jalon, les combats seront davantage présents au fur et à mesure que l’histoire progresse et que les conflits deviennent de véritables guerres ! Ces séquences d’action sont certes classiques mais assez efficaces !

Au début, on choisit les personnages qui participeront à la bataille et on les place sur des cases en tenant compte de la position des adversaires, des obstacles et de ses attaques. Attaque à distance (archers) mais aussi attaques magiques (un adversaire ou zone) sont à prendre en compte. Une fois tout le monde positionné, chacun son tour, on déplace le personnage et on peut effectuer une action (attaquer, utiliser un objet, utiliser un sort, passer son tour). Si l’ennemi est de dos ou de côté il y a un bonus de dégâts. Attention à ne pas montrer vos fesses à l’ennemi si vous tenez à vos PV ! En étant proche d’un autre allié, il est aussi possible de réaliser des attaques surpuissantes en coopération. Comme tout bon J-RPG, le placement s’avère ainsi être un élément à maîtriser. En mode facile, les combats ne devraient pas poser trop de soucis (même aux néophytes !). Au fur et à mesure que les niveaux montent, le nombre d’attaques par tour des personnages augmente. A chaque attaque, un cercle apparaît sur l’ennemi avant de se réduire. En appuyant au bon moment sur la touche X, on obtient un bonus de Zeal. Lorsque la barre de Zeal est pleine (100 points), le personnage peut lancer une attaque dévastatrice (qui lance une cinématique) appelée « Final Strike ». Outre le Zeal, les combats sont donc somme toute très classiques. Avec ce remake, on aurait tout de même apprécié une modélisation 3D plus actuelle et des décors plus détaillés et jolis : les graphismes sont dignes d’une PS2 !


Si la partie VN avec ses plans fixes au dessin agréable, au style très manga, est agréable, la réalisation old-school des graphismes pourra faire peur aux plus jeunes… Et c’est dommage, car à côté de ces performances graphiques complètement à la ramasse, le jeu a clairement beaucoup à donner : des musiques traditionnelles japonaises et des doublages japonais de qualité qui réussissent à transmettre de l’émotion pour rendre l’histoire convaincante et intéressante !

David Maingot

Responsable Culture à JDJ et passionné de la culture et de l'histoire du Japon, je rédige des articles en lien avec ces thèmes principalement.

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