Animation japonaise et réalisateurs de renom, hommage par Ynnis éditions

Vous l’avez sûrement compris avec toute leur collection : Ynnis Editions est un éditeur qui donne la part belle à la pop culture et à l’animation en générale. Et à Journal du Japon, on apprécie découvrir toujours davantage de nouveaux livres sur le sujet. L’éditeur offre pour tous les fans une collection Hommage que l’on vous propose de découvrir dans cet article avec trois réalisateurs hors du commun. On vous offrait déjà un avant goût avec notre article hommage au studio Ghibli. En voici un autre. Bonne lecture !

Isao Takahata, un hommage de Heidi à Ghibli

Couverture du livre hommage sur Isao Takhata chez Ynnis editionsAvec cet ouvrage, signé Stéphanie Chaptal, l’éditeur rend un bel hommage à Isao Takahata qui nous a quitté le 5 avril 2018, cinq ans après son dernier long métrage. La particularité de la collection est qu’elle reprend la carrière d’un réalisateur de ses débuts jusqu’à ses derniers pas dans le milieu. Ainsi, on nous dépeint son enfance, ses rêves et ses envies alors qu’il débute dans l’animation comme simple animateur, jusqu’à nous expliquer la création du studio Ghibli, et son rôle discret mais non moins important au sein de ce dernier.

On ne cherche pas à rendre une vision idéaliste ou élitiste du fameux réalisateur. Au contraire même, on offre un regard bienveillant et sincère sur ce dernier. Ce mook offre une ouverture d’esprit sur l’homme qu’il a été avant d’être le réalisateur que l’on connaît, celui-là même qui s’inspirait des petits riens du quotidien, cherchant à les sublimer et les montrer à l’écran. Ainsi vous apprendrez qu’il a réalisé son premier film avec Toei Animation, sur Horus prince du soleil, avant de persévérer dans les séries d’animation comme Heidi et de se laisser convaincre par Hayao Miyazaki de co-fonder un studio unique afin d’offrir des films d’exceptions hors des sentiers battus : Ghibli.

Au sein de ce dernier, Isao Takahata est en retrait tout en restant en vérité très présent puisqu’il est sollicité par ses collaborateurs et par son vieil ami Hayao qui le porte en grande estime. Isao est le côté tranquille et posé du duo, prenant beaucoup de temps sur le dessin, comme le prouve encore son dernier film Le conte de la princesse Kaguya, mais il est surtout un touche-à-tout dans le rendu des émotions et des textures : que cela soit en aspect SD, avec Mes voisins les Yamada, ou en peinture traditionnelle très épurée sur son dernier film, et même satirique et plus classique avec Pompoko. Mais on se souviendra surtout toujours du film Le tombeau des lucioles : un film coup de poing montrant le quotidien de deux orphelins de la Seconde Guerre mondiale, inspiré d’un livre qui fait étrangement écho avec sa propre histoire personnelle, l’auteur ayant été séparé de sa famille avec sa sœur lors de bombardements.

L’ouvrage cherche, à travers son œuvre, à dépeindre un homme qui cherche à reproduire le plus fidèlement possible le quotidien, tout en gardant la nature au cœur de ses sujets et en restant humble malgré un talent de conteur indéniable. C’est un grand nom qu’a perdu le monde de l’animation qu’il a aidé à façonner au fil des années, mais c’est aussi un bon exemple dans ses thématiques. Un mook à recommander pour tout fan du réalisateur et de ses travaux pour découvrir les plus récents comme les plus anciens. Et surtout, c’est à mettre entre les mains de tous ceux qui pensent que les films d’animation sont simplement pour les enfants, car ils sont beaucoup plus diversifiés qu’on ne le pense.

Hayao Miyazaki, un hommage qui met du cœur à l’ouvrage

Couverture du livre hommage Hayao Miyazaki chez Ynnis éditionsQui dit studio Ghibli dit forcément le deuxième grand personnage du duo éternel : Hayao Miyazaki. Ce mook est aussi là, pour rendre un bel hommage à la carrière de ce réalisateur un peu facétieux qui a réellement du mal à s’arrêter. Oui, ce réalisateur respire l’animation et on le comprend bien vite en parcourant ce mook, lui aussi écrit par Stéphanie Chaptal. Si bien que, malgré son annonce de départ à la retraite après son dernier long métrage de 2013, Le vent se lève, Hayao Miyazaki a décidé de revenir et de produire encore, mais à son rythme. Il ne cherche donc plus à sortir le plus tôt possible quelque chose mais à le travailler en prenant son temps et en s’essayant à de nouvelles techniques, comme récemment avec son court-métrage Boro la petite chenille entièrement en image de synthèse dont nous vous avions parlé dans l’article présentant le dernier documentaire où apparaît le réalisateur (ici : Never Ending Man).

En partant de sa fascination pour l’animation, durant son enfance, à ses premiers pas dans l’animation, tout en montrant sa rencontre avec Isao Takahata à Toei Animation, puis, par la suite, Toshio Suzuki et la création du studio Ghibli, vous saurez tout sur ce personnage haut en couleurs. À l’inverse de son compère discret, tout en retenu et très bienveillant, Hayao est plus caractériel et sait où il va. Et il n’hésite pas à le dire, parfois même avec sa propre chair : son fils, qui en a plusieurs fois fait les frais.

Avec ce réalisateur simplement bourru et ultra passionné, soit on le suit, soit on reste derrière. Il est la locomotive du studio, les personnages emblématiques du studio, c’est lui : Totoro, Kiki, Chihiro, Mononoké… Tous ces protagonistes fictifs sortent de son imagination. Il est le fer de lance car il offre des héros et des héroïnes très engagés qui marquent les esprits. Le mook est là pour rappeler les différentes étapes de sa carrière, de ses débuts à aujourd’hui. De ses débuts en animation, aux côtés de Isao Takahata, en passant par Conan, le fils du futur, aux prémisses du studio avec Nausicaa de la vallée du vent avant d’offrir le premier long métrage de ce dernier avec Laputa, le château dans le ciel… Vous comprendrez sa façon d’être, sa manière de travailler et ses inspirations.

Très attiré par l’imaginaire occidental, cela se retrouve fortement dans ses films : lisant énormément de littérature étrangère, et de jeunesse anglo-saxonne notamment, cela lui permet de continuer à offrir de la magie dans un quotidien pas forcément simple, un bon exemple étant Le château ambulant. Il tranche dans ses propos, dans ses morales par ses valeurs très écologiques, mais pas seulement. Il met la femme au cœur de ses œuvres, en référence directe à son enfance et son adolescence où sa propre mère a eu un rôle parfois absent dans son esprit.

Ce mook est là pour offrir un portrait très fidèle du réalisateur sans l’enjoliver, en indiquant juste un homme intègre qui a toujours suivi ses envies. Un livre à mettre entre les mains de tous ceux qui s’intéressent au milieu de l’animation afin de comprendre à quel point il a pu inspirer de nombreux autres animateurs et réalisateurs.

Mamoru Hosoda, un hommage en réalité augmentée

Couverture du livre hommage sur Mamoru Hosoda chez Ynnis éditionsIci ce n’est pas un mook écrit par une seule et unique personne qui vous est proposé par Ynnis Editions, mais bien un ouvrage collectif. Un bel hommage pour ce réalisateur qui ne compte pour l’instant que 7 films à son actif, bientôt 8 ! En effet, un nouveau long métrage intitulé BELLE (Ryu to Sobakasu no Hime) sortira si tout va bien en plein été au Japon, peut-être en fin d’année pour la France. On croise les doigts pour !

Aujourd’hui, le réalisateur Mamoru Hosoda possède son propre studio, Chizu, mais cela n’a pas toujours été le cas, ayant fait la majorité de ses armes chez Madhouse pour les films qui l’ont révélé au grand public. Pour autant, cet homme n’est pas si inconnu du grand public si vous êtes fan d’animation. En effet, son premier film remonte à 2000 avec le deuxième titre lié à Digimon qu’il réalise. Passé de simple animateur à réalisateur au sein de la Toei, 3 ans plus tôt, il fait ses débuts sur Digimon avant de s’attaquer à un très gros morceau avec le 6e film de la saga One Piece. On y sent d’ailleurs toute sa patte, et ce qui va lui permettre d’offrir des films d’exception par la suite.

Fort de cette expérience, il quitte Toei pour partir chez Madhouse, démarché par le directeur de l’époque, afin de créer son premier film, une adaptation d’un roman célèbre japonais, La traversée du temps. Et loin d’être un succès immédiat, le film trouvera son public et fera son chemin. La carrière de Mamoru Hosoda est alors lancée et par la suite, tous les trois ans un nouveau film sort. Ce mook permet de retracer son parcours et de montrer qu’il est fortement inspiré de son propre quotidien, de sa vie de famille, de ses amis et de sujets très grand public.

C’est ainsi qu’à chacun de ses films, de nouveaux aspects apparaissent : le rôle du père, absent chez lui à son adolescence dans L’enfant et la Bête ; l’appréhension d’être parent alors qu’on est encore jeune et que l’on découvre ce fait dans Ame et Yuki les enfants loups ; l’arrivée d’un nouvel enfant dans la famille et d’une routine totalement bouleversée pour l’aîné dans Mirai, ma petite sœur… Le mook retrace ses inspirations les plus profondes et les plus actuelles, et son rapport notamment aussi à Ghibli, par lequel il a été démarché avant de se rétracter.

Si vous voulez savoir s’il est réellement le prochain réalisateur à prendre en exemple, alors lisez ce mook. Ne serait-ce que pour votre culture personnelle vous ne serez pas déçus !

 

Cette collection Hommage, très documentée et surtout très illustrée, vous plongera aisément au cœur des œuvres de ces réalisateurs au talent indéniable. L’écriture en est fluide et vous offrira un joli moment de lecture. Une recommandation à ne pas rater dans l’univers de la pop culture japonaise !

Charlène Hugonin

Rédactrice à Journal du Japon depuis quelques années, je suis un peu une touche-à-tout niveau mangas, anime et culture. Mais j'ai une jolie préférence pour tout ce qui a trait à la gastronomie japonaise, et ce qui tourne autour et même le sport ! Peut-être pourrons-nous même en parler ensemble ?

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