NEO : The World Ends with You – le nouveau jeu des Reapers n’attend que vous !

Sorti en juillet 2007, The World ends With You (Subarashiki kono sekai) était un A-RPG des plus originaux pour son support, la NintendoDS dont il tirait partie en demandant au joueur de contrôler deux personnages, chacun se trouvant sur un écran. 14 ans plus tard, un deuxième épisode sortait. Nous sommes en juillet 2021 sur PlayStation 4, Nintendo Switch et Steam, et nous embarquons… pour un nouveau voyage à Shibuya !

NTWEWY

© 2021 SQUARE ENIX CO., LTD.

 

Une attente de 14 ans…

The World Ends with You premier du nom, sorti en 2007 sur NintendoDS, était un Action-RPG des plus originaux : il utilisait à la fois les contrôles classiques de la console (croix directionnelle et boutons) et le stylet pour diriger deux personnages à la fois. Très vite concurrencé et dépassé par les Kingdom Hearts développé par la même équipe, il conserva tout de même un attrait et une fanbase certains, comme en témoignent les versions Solo Remix sur mobiles et la plus récente Final Remix sur Nintendo Switch.

Tetsuya NOMURA, producteur du jeu aux cotés de Tatsuya KANDO, a toujours gardé espoir de produire une suite à TWEWY. En effet, pendant 14 ans, il a gardé des idées pour un second opus, sans que les opportunités ne puissent se réaliser pour autant. C’est seulement avec le Final Remix, le « dernier espoir » du producteur de retravailler sur cette série, qu’il a eu l’opportunité d’y replonger. NEO : The World Ends with You (et volontairement pas « The World Ends with You 2 ») n’est pas qu’une simple suite mais un renouveau, une modernisation.

En effet, si seulement trois ans séparent scénaristiquement le premier TWEWY de sa présente suite, c’en sont dix de plus qui sont passés dans le monde réel. De nouveaux bâtiments, de nouvelles boutiques ont été construits dans le quartier, résultant de nouvelles rues et enseignes disponibles dans le jeu. Les mœurs et habitudes ont changé aussi : Neku, le héros du premier jeu, camouflait son caractère réservé et taciturne derrière le gros casque sur ses oreilles qui l’isole du monde ; Rindo, personnage principal de cet épisode, en fait de même en ayant fréquemment le nez devant son smartphone qui cache la moitié de son visage, reflet de la réalité : il agit comme les masques, devenus un phénomène de mode au Japon avec l’émergence du Covid-19.

NEO : The World Ends with You a été révélé pour la première fois en novembre 2020, après un compte-à-rebours d’une semaine sur le site officiel du jeu, coïncidant également avec la révélation d’un second trailer pour l’anime dérivé du premier jeu. Celui qui nous intéresse à présent est disponible sur PlayStation 4 et Nintendo Switch depuis le 27 juillet 2021, a été produit par SquareEnix, développé par h.a.n.d. et créé sous le moteur de jeu Unity.

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Greetings, sheeples of Shibuya !

Une journée comme les autres… Rindo, un jeune homme aux cheveux décolorés et souvent scotché à son téléphone, doit se rendre dans le quartier de la mode pour rencontrer son ami qui se fait appeler Fret. Ce dernier, à l’arrivée de son ami, lui montre le dernier objet à la mode à Shibuya : des badges de Reapers. Comme Fret est un gars cool, il en a acheté un pour lui et un pour son pote Rindude (c’est le surnom qu’il lui donne), qui ne comprend pas trop l’intérêt… peu importe ! Il est temps d’aller grignoter un truc dans un resto du coin…

… mais quelque chose semble clocher lorsqu’ils ressortent du restaurant. De retour au carrefour du quartier, des gens sont en train de se battre, ou plutôt, en train d’essayer d’échapper à des monstres, luttant sans succès ! Cela ressemble à un film en plein tournage, mais personne n’en aurait entendu parler… ? Bien vite, les choses dérapent, et Fret se fait écraser par un véhicule projeté contre lui en pleine action. Du moins… c’est ce que Rindo croit voir. Lorsqu’il ouvre à nouveau les yeux après avoir vu cette scène, il se rend compte qu’elle n’a pas encore eu lieu. Il fait donc de son mieux pour sauver son ami…

Arrivés un peu plus loin, l’écran géant du bâtiment 104 s’allume, affichant le visage d’un homme : « Bienvenue, moutons de Shibuya… j’ai de grandes nouvelles pour vous. Un nouveau jeu des Reapers va enfin commencer ! »… les deux garçons sous le choc de la mort évitée de Fret ne comprennent pas ce qu’il se passe. Mais ils sont sûrs d’une chose : les passants les traversent sans les voir, et seule une poignée de personnes peut communiquer avec eux. Une jeune femme nommée Shoki se dirige vers eux et leur explique qu’ils font désormais partie du jeu des Reapers. Le concept est très simple : recevoir des missions, détruire des monstres, compléter les objectifs et gagner des points pour gagner le jeu. Mais que se passerait-il en cas d’échec ? Eh bien… il vaut mieux ne pas le savoir. Pour le moment, en tous cas.

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Un aprèm comme les autres à ‘buya

Le joueur contrôle Rindo au sein du quartier de la mode et ses différentes rues, pour compléter différents objectifs qui nous seront donnés au fil du jeu. De nombreux évènements se déclencheront au fil de cette progression, demandant d’effectuer diverses tâches pour pouvoir passer d’un quartier à l’autre. Voir les pensées des passants (même si elles se répètent souvent), visiter les boutiques, faire des combats… les journées de nos deux égarés à Shibuya sont longues et bien remplies, et comme dans beaucoup de RPG, l’action attend le joueur, qui peut donc prendre le temps de visiter les enseignes de chaque rue à loisir avant d’aller à sa destination.

NEO : The World Ends with You

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Bien que les pensées des passants soient relativement anodines, on peut déjà nettement passer plus de temps à faire du shopping – les vêtements des personnages sont leur équipement, et donc auront de l’influence sur leur santé, leur attaque et leur défense. Il y a plusieurs marques différentes qui font ravage dans le quartier, laissant le choix au joueur… NEO n’est pas un fashion game pour autant, puisqu’on ne verra pas la différence de vêtements sur les héros (pour le meilleur et pour le pire, enfin… équiper des habits féminins à un garçon parce que cela lui donne plus de défense, le résultat peut être étrange).

Régulièrement, l’équipe devra se restaurer dans l’un des nombreux établissements de Shibuya. Chacun aura ses préférences culinaire pour chaque établissement, et donc ces repas auront plus ou moins d’effets sur eux. Effets importants, d’ailleurs, car chaque repas ingurgité améliorera leurs conditions physique, ce qui les rendra plus forts au fil du temps (ce ne sont donc pas uniquement les batailles qui leur donnent de l’expérience). Il leur est aussi possible d’améliorer leurs liens sociaux avec les résidents du quartier, à force de fréquenter leurs enseignes, ce qui permet de modifier la façon de jouer, ou débloquer des options intéressantes.

Pin’em hard

Ces boutiques, ce qu’elles proposent, tout cela est bien beau, mais ce dont les personnages ont le plus besoin reste leurs Badges. Ces Badges leur donnent une capacité spéciale qu’ils peuvent équiper, et qui sera leur mouvement principal en combat. Une fois équipé, un Badge devient la capacité d’attaque d’un personnage, assignée à un bouton de la manette. En combat, il suffit de cibler un ennemi de son choix avec le stick analogique droit, puis le combattant associé à la touche du badge viendra attaquer le monstre choisi en fonction de sa capacité équipée.

NEO : The World Ends with You

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Ces dernières sont de différents types (corps-à-corps, distance, soin) et éléments (foudre, feu, eau, physique pur…). Ils ont tous une limite d’action (il faut donc attendre un peu pour les réutiliser une fois que cette limite est atteinte), un nombre d’utilisation (donc de coups portés) et leur temps de recharge. Il est possible de jouer « à la bourrin » pour tenter de tout dévaster sur son passage, ou d’y aller plus calmement, mais dans tous les cas, faire des combos avec ses partenaires est primordial pour gagner. Les badges ont tous une touche attribuée différente selon leur type, ce qui peut être un argument de choix ou non : Carré, Triangle, L1, R1 et R2 peuvent être la touche à appuyer mais elles ne sont malheureusement pas modifiables, ce qui peut donner parfois des combinaisons un peu étranges.

Faire des combos augmente le pourcentage de « Groove » de l’équipe qui monte en enchaînant les assauts de façon logique et rythmée, et surtout en « maintenant la cadence » comme dans un jeu musical lorsque c’est proposé. Une fois le Groove arrivé à 100%, le joueur peut lâcher une attaque violente qui dévaste tout sur son passage, tout en continuant à attaquer en parallèle, donnant un avantage certain (ou la possibilité de rattraper un retard en combat). Certaines batailles sont en temps limité, certains adversaires font très mal, il faut donc faire en sorte de bien accorder son équipe en fonction de la situation… le personnage que l’on contrôle, qui sera donc différent en fonction du Badge utilisé, est capable d’effectuer une esquive rapide et efficace aussi, appuyant sur l’idée de rythme à conserver.

On gagne de l’expérience pendant les combats, ce qui rend forcément les personnages plus forts mais remplit aussi à nouveau la barre de points de vie, commune à tous. Ces possibilités ne sont pas à prendre à la légère, en particulier lorsque l’on doit effectuer plusieurs batailles à la suite (de manière volontaire comme c’est possible ou imposée par la situation). En résulte une note attribuée à la performance du joueur pour remporter d’autres badges, qui peuvent à leur tour être équipés ou bien revendus dans des boutiques : on en gagne tellement de certains types qu’ils sont clairement faits pour cela !

NEO : The World Ends with You

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Une production de haute volée…

NEO dispose de graphismes en anime de bonne qualité dans un Street style typiquement NOMURA. C’est un véritable dessin animé jouable au style unique et bourré de charisme, de personnages à l’identité crédible, certes parfois un peu extravagants, mais plutôt dans un genre « à la mode ». Le trait assez urbain du jeu lui donne un cachet et son style propre, et bien que l’aspect global de la ville ne soit pas ce qui regorge le plus de détails, c’est bien assez crédible et bon à voir pour y croire. Les différentes rues du quartier de Shibuya sont réalistes et on y retrouve même des lieux réels comme son célèbre carrefour ou la statue « point de rendez-vous » de Hachiko le chien fidèle.

NEO : The World Ends with You

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On prend ainsi plaisir à traverser les différents coins du quartier, qui sont d’ailleurs assez petits au final (en ligne droite, deux minutes suffisent à traverser tout Shibuya), mais c’est sans doute mieux ainsi : on fait beaucoup d’allers-retours, et cette taille modeste mais honnête contribue à ne pas les rendre ennuyeux et répétitifs au possible. Chaque endroit dispose de ses propres particularités, par ailleurs (types de monstres et marques de boutiques différents). Les déplacements rapides de Rindo, la carte de la ville et les notes qui indiquent où l’on va à chaque sortie rendent la progression plaisante. Il n’y a pas forcément des masses de PNJ à qui parler (et ils ont souvent tous les mêmes phrases de jour en jour, hormis s’ils font partie du scénario), mais ce n’est pas si grave… Les joueurs ne sont pas censés pouvoir interagir avec le RG (Real Ground), après tout…

Les angles de caméra ne peuvent pas être changés, ces dernières suivent parfaitement les déplacements du personnage. On sait toujours où l’on va, où sont les prochaines zones, et toutes les zones qui composent Shibuya composent une cohérence appréciable. La plupart du temps, un curseur montrera par où aller pour se rendre à sa destination et on est rarement perdus, grâce par exemple aux « pensées » de Rindo qui indiquent la marche à suivre ou en tous cas les objectifs permettant de les atteindre.

Si dans ces phases-là, le jeu est plutôt calme, avec ses dialogues (parfois assez longs) en style bande dessinée (les personnages sont dans une case, parlent dans des bulles et changent d’expression selon ce qui se dit), les combats sont ce qui va montrer le vrai potentiel visuel du petit dernier de Square Enix, qui peut allégrement noyer le joueur de couleurs et de lumières dans tous les sens d’une manière des plus plaisantes : en effet, qu’il y ait trois, cinq, dix personnages à l’écran, et des tonnes de couleurs et lumières qui détonnent, jamais le jeu ne ralentira ni n’affichera le moindre petit lag, il tourne en 60 fps en permanence quoi qu’il arrive. Et le meilleur là-dedans, c’est qu’il reste plutôt lisible malgré tout, aussi en partie grâce à son système de contrôle des personnages !

NEO : The World Ends with You

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La caméra est dynamique et cible toujours l’action qu’elle doit cibler (donc du joueur et sa cible), bien que les protagonistes inactifs puissent se battre sans nous. A vrai dire, tout reste lisible, et le jeu peut être apprécié à différents niveaux… Un habitué des A-RPG pourra tout aussi bien mettre le paquet et déverser un flot d’attaques sur les monstres pour tout dévaster avec classe et vitesse. Un débutant, et aussi grâce aux trois modes de difficulté proposés, pourra quant à lui apprécier plus à son rythme, tout en calculant bien ce qu’il fait, et en essayant progressivement tous les badges jusqu’à trouver ses favoris. Ces derniers étant tout autant de capacités différentes dont on peut enchaîner des combos avec ses alliés, il faut pouvoir calculer ce que l’on fait un minimum (bien sûr, un joueur expérimenté peut très bien prendre son temps s’il le souhaite, ruiner son poignet et sa manette n’est réservé à personne en particulier… !).

NEO : The World Ends with You

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Le jeu est d’ailleurs plutôt bien équilibré en terme de difficulté, enfin, la plupart du temps. Si l’on peut comprendre qu’un combat de boss soit plus difficile – et on appréciera que certains aient un concept particulier pour être remportés, on trouvera nettement moins réjouissant que certains ennemis, bien précis d’ailleurs, semblent être soudainement bien plus agressifs et dangereux, sans raison particulière – ce sont juste des monstres aléatoires, rien de plus… mais ils font plus mal que la moyenne.

C’est également une production d’une aisance déconcertante à parcourir : on peut sauvegarder à tout instant, on se déplace vite. On comprend toujours très vite quelle est l’action d’un Badge, quelles sont ses capacités (nombre de coups par combo, vitesse de rechargement…), ce qu’il faut faire ensuite et où, quelle nourriture plaît le plus à quel personnage… Le jeu dispose d’un log qui recense les objectifs à compléter, et si jamais une conversation passe trop vite, on peut la relire à son rythme en pressant une touche. C’est simple, tout est fait pour être agréable et pratique. Si l’on tombe sur un combat trop difficile, pas de souci non plus, on peut les fuir et si jamais on perd, il est aussi possible de s’échapper et reprendre juste avant, sans avoir à recharger une sauvegarde qui pourrait être trop lointaine (ce qui n’arrive pas souvent vu les sauvegardes automatiques régulières, mais rien n’en vaut une manuelle de temps en temps…).

NEO : The World Ends with You

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NEO propose aussi d’entendre les voix des personnages en japonais ou en anglais, selon sa préférence. Il est regrettable que toute l’intégralité du jeu n’ait pas eu cette chance, ce qui est toutefois compréhensible vu la masse considérable de textes. La bande-son, composée par Takeharu ISHIMOTO, est variée et riche, avec de la pop, du rap, du metal à coup de screamo voire hybride (la vidéo d’intro plus haut vous donne un exemple). Elle dynamise considérablement l’aventure sous tous ses aspects, et il n’est pas rare de se mettre à chantonner une musique à force de l’entendre. Il est même prévu de pouvoir changer de BGM simplement en entrant et sortant d’un menu, tout simplement ! Une riche idée pour ne pas tourner en boucle sur le même thème jusqu’à en faire une overdose…

Le scénario riche en rebondissements et en idées est également un autre bon point du jeu. Il se passera souvent quelque chose pour attiser la curiosité du joueur, que cela soit un nouveau gameplay ou un danger imminent. L’histoire se suit ainsi avec plaisir, tout en permettant une diversité dans les évènements : bien sûr, on reste dans un A-RPG, mais régulièrement le jeu donne un nouveau concept au fil des journées. Parfois, il faut se concentrer sur les combats de façon massive. D’autres moments, l’exploration est au programme. Il faut aussi utiliser les capacités spéciales des personnages, comme les voyages dans le temps successifs de Rindo. Tout cela revient plusieurs fois au cours de la progression, mais du fait qu’ils ne soient pas juste enchainés en bloc rendent toute cette aventure divertissante, sans compter que comme dit plus tôt, les combats aléatoires ne sont pas obligatoires du tout… Ils sont juste très conseillés, cela dit.

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… avec quelque feelings partagés ?

Si l’on peut nettement apprécier le feeling du jeu, les sensations de combat ou encore son ambiance en général, NEO peut ne pas faire l’unanimité pour autant. C’est vrai, il est engageant, mystérieux et donne envie de le continuer, on sent au bout d’un moment que tout semble être plus ou moins factice. La nourriture, les vêtements de même marque, les liens sociaux… Tout cela peut totalement être ignoré du début à la fin, hormis si c’est demandé pour une sous-quête. Les combats eux-mêmes, bien qu’ils ne soient pas lassants, se révèlent être particulièrement répétitifs dans leur structure.

NEO : The World Ends with You

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En effet, à chaque zone, à chaque type d’Echo (c’est le nom des monstres que l’on combat), on affronte certains monstres qui se comportent de la même manière, et que l’on peut donc effacer de la même manière aussi, avec la même méthode. Les fonctions spéciales des personnages, quant à elles, sont de simples prétextes à faire avancer le scénario comme il se doit pour la plupart d’entre elles: jamais on ne peut graver des mots dans l’esprit de quelqu’un s’il n’y a pas à le faire, jamais on ne peut remonter le temps de façon intéressante (hors « refaire la même chose pour débloquer des quêtes non terminées »). Pourtant, le jeu s’y prête totalement et ce, dès la fin de la première journée où la jolie Kanon viendra piquer notre récompense sous notre nez… alors que pouvoir refaire cette journée pour faire en sorte de le garder, et ainsi voir comment les choses évoluent à la place, aurait été intéressant… On a donc souvent l’impression de juste être sur des rails qu’il faut suivre – ce qui est certes le cas de beaucoup de RPG mais finalement, les possibilités de gameplay que le jeu présente donnent bien trop envie de pouvoir s’en servir pour ne pas sentir la linéarité. Le scénario reste plaisant malgré ces quelques points négatifs.

On remarque aussi souvent que si l’on reste inactif en combat, les autres ne bougent pas tant que cela et agissent juste comme si, genre « réveille-toi, le joueur, tu vas perdre, sinon »… Cela a son sens, pour pallier au risque que représente la jauge d’action vide, mais cela crée un gros creux lorsque l’on s’en rend compte. Autre regret, on remarque bien assez vite que les groupes de monstres que l’on affronte sont souvent les mêmes, dans la même disposition à l’écran, et peuvent être vaincus en boucle avec les mêmes manipulations, dans le même ordre. Pas de mélanges de monstres, pas en nombre différent… Certes, c’est classique dans ce genre de jeux, mais les combats pouvant être très courts, cela se ressent d’autant plus. Surtout que lesdits monstres ne sont pas franchement toujours des plus charismatiques (on affronte des sortes de gros loups, parfois des éléphants, d’autres fois… des méduses volantes en plein Shibuya !). Ce ne sont au final pas tant les combats qui seront dangereux, mais plus la maîtrise ou non du joueur. Oui, ils sont passifs assez souvent, mais les bestioles font assez mal, et certaines sont carrément violentes. Le sentiment de tout pouvoir détruire en quelques manipulations est au final toujours aussi agréable, voire jouissifs lorsque l’on arrive à faire des combos qui font monter la jauge de Groove en un instant, mais pas forcément toujours adéquat.

NEO : The World Ends with You

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Mais finalement, NEO : The World Ends with You s’avère être le digne successeur du premier épisode. Bien entendu, il ne peut pas être parfait partout, mais il est plus que bon dans ce qu’il propose. On aurait pu apprécier le retour du tactile (surtout que c’est faisable avec les consoles), et effectivement, les combats auraient gagné à avoir un peu plus de naturel. Mais la surenchère de beaux effets graphiques, son dynamisme, sa bande-son variée et son scénario qui tient facilement en haleine en font tout simplement un très bon Action RPG, qui pourrait certes perdre un peu les nouveaux venus quant à son histoire, mais qui reste assez bien construit pour être apprécié à différents niveaux. Une attente qui valait le coup et devrait ravir les fans de la première heure, les férus d’action et ceux qui veulent apprécier un trip particulier au Japon.

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