La famille Asada : la photographie pour immortaliser la vie

Dans le cadre des Saisons Hanabi : édition Hiver 2022, un film japonais est diffusé chaque jour pendant toute la semaine dans plusieurs cinémas partenaires.

Cette fois-ci, Journal du Japon vous propose une critique du film La famille Asada, qui sortira officiellement en France en juillet 2022.

La famille Asada, ou Asada-ke! (浅田家!) dans sa version originale, est un drame de Ryôta NAKANO d’une durée de 127 minutes. Le film est basé sur l’album photo d’une vraie famille japonaise, et se veut en partie biographique. Il est diffusé tous les samedis dans les cinémas partenaires des Saisons Hanabi jusqu’au 22 mars 2022.

Tout petit, Masashi ASADA (Kazunari NINOMIYA), le cadet de la famille, reçoit un appareil photo de la part de son père. Sa passion est de se prendre en photo avec, en mettant en scène les différents jobs idéals que ses parents et son frère ont en tête. Ayant foi en ses photographies et bien décidé à en faire son avenir, il part à Tokyo et mise sur l’édition et la vente de l’album photo de sa famille. Cependant, tout ne se passe pas comme prévu. Nous suivons alors la vie de Masashi dans ses bons comme mauvais moments.

 

Le portrait d’une famille

La famille Asada se construit en deux parties. Les deux se rapportent à la photographie, mais la première se focalise davantage sur la jeunesse de Masashi ASADA. De son adolescence jusqu’à la vingtaine, on en apprend sur lui, mais aussi sur sa famille. Cette partie du film permet de définir son personnage, très plaisant et amusant, aimé de tous, mais qui fait beaucoup d’erreurs. Il se repose, par exemple, énormément sur son grand frère, Yukihiro (Satoshi TSUMABUKI), qui le lui reproche. Certaines de ses actions insouciantes lui valent aussi de se faire réprimander par sa mère, Junko (Fubuki JUN), qui ne l’arrête pas pour autant.

Masashi n’est pas une mauvaise personne au fond, mais quelqu’un qui se cherche. L’accompagner au fil de l’œuvre permet de nous attacher à la fois à ses bons côtés comme à ses défauts. On en vient alors à l’encourager, surtout dans sa quête de devenir photographe. Il est en conclusion un personnage intéressant qu’on aime suivre.

C’est de plus pendant la première partie du film que l’on verra Masashi demander à sa famille leurs rêves. Comment les réaliser ? À travers la photographie. On voit alors défiler toute la réalisation de chacune d’entre elles, qui se retrouvent plus tard dans l’album. Cela ajoute un côté touchant et comique au film, ce qui ne laisse pas indifférent, surtout quand on voit le résultat des séances photos.

Véritable ode à la famille, c’est l’un des thèmes principaux du film. Le titre l’évoque, mais aussi toute cette première partie véritablement centrée sur la famille Asada. Les interactions entre les membres sont très plaisantes et l’accent du kansai ajoute ce petit brin de familiarité sympathique et amical. En outre, l’album photo compilé par Masashi n’est pas seulement une manière de rire avec ses parents et son frère. C’est un parcours de vie  présentant à la fois les rêves perdus de chacun, mais aussi l’évolution de tous dans le temps.

Le thème de la famille se poursuit ainsi pendant tout le reste de l’histoire, et il est bien présent dans la première comme dans la deuxième partie, mais aussi dans la conclusion. Le véritable message du film se développe alors peu à peu dans la seconde moitié.

© Art House / Ryota NAKANO

La photographie pour se souvenir

Si pendant la première heure nous voyons plusieurs années défiler pour Masashi, la seconde heure est beaucoup plus restreinte dans le temps. En effet, le film dresse le portrait du tremblement de terre de 2011. Sans plus en divulguer, la photographie reste une arme importante pour notre personnage. C’est grâce à cette seconde heure que le message du film est mis en valeur, faisant en outre écho à la première partie.

Car si le film donne l’impression de se focaliser uniquement sur la famille – comme on pourrait le penser avec le titre et la première moitié -, c’est beaucoup plus profond que ça. L’album et les photos en elles-mêmes sont des vestiges du temps ; c’est-à-dire des souvenirs. Elles sont un moyen de se rappeler des moments peut-être oubliés, se rappeler de personnes peut-être même disparues. Et tout ce symbolisme se poursuit dans les événements catastrophiques de 2011 au Japon, très bien représentés dans le film.

Le message est fort, et compréhensible. Il définit le film, mais aussi les différents personnages que nous voyons souvent et même les personnages secondaires voir tertiaires. Par exemple, ceux qui viennent récupérer les photos après la catastrophe renforcent une fois de plus l’idée du souvenir. La photographie parle à tout le monde, que ce soit le spectateur ou les personnages.

Les images nous font rire, mais aussi pleurer, à la fois comiques et émouvantes. C’est le pari du film, et c’est un pari réussi. Il est assez difficile de mêler cette nostalgie familiale, fun, avec toute cette problématique de la réussite, du souvenir, et de la catastrophe. Mais c’est ce que l’œuvre arrive à faire. Un drame, oui, des hauts et des bas, oui, mais au final une leçon de vie qui nous amène à nous questionner sur le rapport de nos relations avec les autres, et sur l’importance de la photographie pour immortaliser.

© Art House / Ryota NAKANO

Un film bien construit

La direction visuelle est très appréciable, et surtout le changement des acteurs à travers les époques dépeintes. On ressent ça surtout dans les différentes coupes de cheveux de Masashi à travers le film, qui renforcent l’impression de le voir grandir et changer. De plus, les costumes et maquillages, qu’arborent les membres de la famille Asada pour les photos sont amusants et montrent le gros travail du réalisateur pour imiter au mieux le véritable album.

Le côté comique du film permet aussi de ne pas basculer dans le dramatique constant, surtout au vu de certaines scènes et plusieurs événements. Cela permet de contrebalancer l’émotion pour ne pas larmoyer tout le long, n’étant pas le but premier. En outre, la philosophie de la photographie proposée est présente jusque dans l’imagerie même de l’œuvre. Les différents plans sont ainsi “photographiques”, avec des scènes présentant parfois un semblant de photo de famille, ou bien juste dans l’idée générale de suivre l’évolution des personnages à travers des bouts de leur vie.

La bande-son signée Watanabe TAKASHI accompagne très bien le film en alternant entre ambiance sympathique et émouvante. La musique entrainante qui va de pair avec les moments comiques ou le défilé des photos familiales fait sourire. C’est en particulier la combinaison d’instruments à vent et d’un rythme qu’on bat aisément qui le permet.  Au contraire, les morceaux minimalistes au piano renforcent l’émotion des scènes assez fortes et symboliques.

© Art House / Ryota NAKANO

La famille Asada est en bref un film qui mêle à la fois comédie et drame, sans pour autant rentrer ni  trop dans l’un ni dans l’autre. Le portrait présenté du protagoniste en fait un personnage attachant qui évolue au même titre que la photographie. 

Plus qu’un film sur la famille, c’est un film sur l’importance des moments présents et des souvenirs. La photographie est ainsi un outil à la fois amusant mais aussi symboliquement fort. C’est un pari réussi pour le réalisateur Ryôta NAKANO qui dessine l’importance des relations et du développement personnel à travers ce récit basé sur un véritable album du photographe Masashi ASADA. 

Si cela vous intéresse, vous pouvez retrouver son album photo en vente en cliquant ici. Vous pouvez aussi voir certaines des photos qui ont inspiré le film sur cette page.

 

Les Saisons Hanabi : édition Hiver 2022

La famille Asada fait partie de la sélection des films présentés cette année à l’édition Hiver 2022 des Saisons Hanabi.

Spécialisé dans le partage de films japonais, Hanabi est une association qui organise depuis 2019 pour chaque saison de l’année une programmation de sept films japonais. Le principe est simple : un film différent chaque jour pendant une semaine.

L’édition Hiver 2022 propose cette année, dans les cinémas partenaires, sept films inédits en France, et se tient du 5 janvier au 22 mars.

 

Mercredi

Tempura, comédie romantique de Akiko ÔKU

© Art House / Akiko ÔKU

Jeudi

Professeur Yamamoto part à la retraite, documentaire de Kazuhiro SODA

© Art House / Kazuhiro SODA

Vendredi

Aristocrats, drame sentimental de Yukiko SODE, adaptation du roman de Mariko YAMAUCHI

© Art House / Yukiko SODE

Samedi

La famille Asada, drame de Ryôta NAKANO

© Art House / Ryota NAKANO

Dimanche

Poupelle, film d’animation de Yusuke HIROTA, adaptation du livre Poupelle et la vie sans ciel de Akihiro NISHINO

© Art House / Yusuke HIROTA

Lundi

The Housewife, thriller romantique de Yukiko MISHIMA

© Art House / Yukiko MISHIMA

Mardi

Suis-moi, je te fuis, romance de Kôji FUKADA

© Art House / Kôji FUKADA

Pour plus d’informations sur la programmation et pour voir la liste des cinémas partenaires en France, rendez-vous sur la page des Saisons Hanabi : édition Hiver 2022 en cliquant ici.

 

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