Les problèmes des couples japonais adaptés en dramas par Netflix

My Husband Won’t Fit et La vie en Rond [NDLR: ce sont les titres sous lesquels vous trouverez ces dramas sur Netflix] sont deux dramas datant respectivement de 2019 et 2022 et tous les deux adaptés de mangas. Ils ont en commun leurs thèmes comme la question de l’infidélité, celle de la parentalité, ainsi que la place des parents et des beaux-parents au sein du couple (qui est quelque chose de très asiatique). Retour sur ces deux dramas qui, finalement, sont une grosse rétrospective de vie !

My Husband Won’t Fit : un problème de sexe… Mais pas seulement

My Husband Won’t Fit est tiré du manga du même nom, que vous trouverez sous le nom Elle ne rentre pas, celle de mon mari en France, aux éditions Le Lézard Noir en cinq tomes. Nous retrouvons Yukiko GOTO aux dessins et KODAMA au scénario.
Dans le drama, nous suivons, l’histoire de Kumiko et Kenichi, deux jeunes qui tombent amoureux lors de leurs études et que l’on va suivre jusqu’à leur vie d’adultes. Nous allons les voir se confronter à un problème… De taille. Littéralement. Kenichi ne peut pas faire l’amour à sa petite amie car il n’arrive pas à la pénétrer. D’un problème aussi personnelle que la sexualité dans un couple, vont se poser des questions qui n’ont pas lieu d’être et, surtout, par des personnes qui n’ont pas à s’occuper de cette histoire. Tout le monde va ainsi se mêler de leur vie amoureuse, plus particulièrement les parents et les beaux-parents.

3 thématiques, 1 seul problème

Nous allons tourner autour de trois thématiques principales :
– Le sexe veut-il dire que l’on aime ? De quelles façons le sexe impacte-t-il le couple ?
– Faut-il avoir des enfants lorsque l’on est en couple ?
– Comment des choix différents de la norme sont-ils perçus par la société (société, qui plus est, japonaise) ?

Ce sont des questions autour desquelles les personnages principaux vont évoluer, dans un semi huis-clos. Il faut dire qu’à part eux deux, il y a très peu de personnages… C’est là que les parents et les beaux-parents entrent en jeu pour leur faire plus ou moins comprendre qu’ils ne sont pas les seuls décisionnaires de leur couple. Ils vont même pousser le vice à aller poser la question suivante : « A quoi bon se marier si ça n’est pas pour avoir des enfants ? ».
Il est évident que les problèmes sexuels du couple va les mener à se poser la question de la parentalité. Veulent-ils des enfants ? Ou veulent-ils donner des petits enfants à leurs parents ?
Même si l’on a l’impression que le sexe garde une place importante dans le drama, c’est finalement le point de vue du reste du monde qui va s’imposer dans l’intrigue principale. Le regard des parents et beaux-parents, donc, le regard des collègues de travail, voire même le regard des médecins vis à vis de leur problème…
C’est donc finalement la troisième thématique qui va primer sur les deux autres.

La vie en rond : passer le pas de l’infidélité

La vie en rond est, donc, également tiré d’un manga qui n’est jamais sorti en France : Kingyo Tsuma par Kurosawa R. Si le médium original décrit plusieurs scénettes de couples différents, l’adaptation Netflix garde un couple en fil rouge comme base pour y faire graviter les autres couples autour. On retrouve donc 6 couples qui évoluent dans le même building et dont les femmes ont l’impression de tourner en rond comme un poisson rouge dans son bocal. L’animal y prend d’ailleurs une place importante dans le drama. Les thématiques se retrouvent très proches de celles que l’on peut retrouver dans My Husband Won’t Fit. Même si, ici, il s’agit principalement de voir des femmes franchir le pas de l’infidélité – qui plus est, presque toutes avec le même homme, le seul homme dont le couple est publiquement à la dérive -, on y retrouve également celui des enfants (en plus ténu) et aussi, le point de vue des autres sur un couple qui n’est pas le sien. Il faut dire que comme l’histoire se déroule dans un building, cela permet parfaitement au drama de créer une ambiance très (trop) intime : un lieu où tout le monde est au courant de tout.

Des femmes, mais aussi des hommes

Ce qu’il y a d’intéressant dans La vie en rond, c’est qu’il y a également certains couples dans lequel l’homme subit lui aussi la relation dans laquelle il se retrouve. Nous suivons uniquement des couples mariés et, même si pour la majorité les femmes sont les victimes de leur relation, certains hommes souffrent aussi de cette « vie en rond ». Un ne sait plus quoi faire pour que sa femme retrouve sa joie d’antan et est enfermé entre un boulot qu’il n’aime plus et une femme qui ne l’aime plus… Un autre se sent totalement coupable d’avoir abandonné sa famille et se console dans les bras d’une des femmes de l’immeuble… Mais on ne peut vous en dire plus sans vous raconter la chute de ce scénario.

Le couple principal est particulier car il est question de lui durant les 8 épisodes que durent la série. Il s’agit de Sakura (Ryoko SHINOHARA) qui ne s’épanouit pas dans son couple. De plus, son mari Takuya (Masanobu ANDO) la maltraite, aussi bien physiquement que mentalement. Sakura retrouve alors refuge dans les bras de Haruto (Iwata TAKANORI), avec qui elle saute le pas de l’infidélité. Sauf que cette histoire s’ébruite dans tout l’immeuble, ce qui incite finalement Sakura à rester avec son amant, dans sa boutique animalière de poissons… Nous allons ainsi suivre l’histoire de ce « triangle », ainsi que celles de 5 autres couples à qui il arrive des choses différentes mais qui les pousseront tous vers des chemins semblables.

L’infidélité pour sauver son couple, les parents pour le tuer ?

Comme dit plus haut, ces deux dramas sont finalement une rétrospective de la vie que l’on peut vivre au début de sa vie d’adulte. My Husband Won’t Fit commence avec une jeune étudiante qui quitte sa campagne pour partir faire des études en centre-ville. C’est là qu’elle va faire la rencontre de celui qui va l’accompagner dans sa vie, devenir son mari, et avec qui elle va devoir discuter d’avenir malgré la pression familiale. La vie en rond en est, finalement, un peu « la suite spirituelle ». Le couple est déjà formé depuis longtemps. Certains personnages ont déjà des enfants, d’autres se demandent s’ils doivent en avoir ou encore quand ils seront prêts à en avoir.

Au Japon, et dans plusieurs pays d’Asie, il existe une culture des anciens. Un profond respect est demandé envers ceux qui sont plus âgés et cette différence d’âge peut prévaloir dans de nombreux domaines. Cela peut être de leur servir l’alcool et d’attendre son tour lorsque l’on est le plus jeune, comme voir l’âge primer sur l’expérience dans le milieu professionnel. Dans les deux dramas présentés ici, les parents et les beaux-parents ont une place de bourreaux. La vie en rond n’implique que très peu les beaux-parents et pourtant, l’histoire est marquante. Il s’agit d’un couple qui redécore leur nouvelle maison qui va accueillir la mère de monsieur. Tous les choix faits par la femme sont revus et corrigés par ceux de la belle-mère que le mari approuve… Dans My Husband Won’t Fit, Kumiko n’entretient pas une relation très intime avec ses parents. Elle confirme d’ailleurs à Kenichi que ses parents ne l’aiment pas. Ces derniers contredisent leurs choix toute leur vie durant… Autant dans le premier, la pression parentale pousse à l’infidélité. Autant dans le second, le jeune couple n’hésite pas à se renforcer pour faire face aux critiques et remontrances des parents.

La question de l’infidélité comme une possibilité de sauver son couple se pose dans les deux dramas, et la limite y est dépassée. Une pour essayer de voir si elle est normale, si le problème vient d’elle et si elle peut apprécier l’acte. Les autres, par lassitude dans leurs vies quotidiennes. N’ayant pas pu lire les mangas, c’est en se basant uniquement sur les dramas que nous faisons cette analyse mais, encore une fois, c’est My Husband Won’t Fit qui apporte le plus de subtilité dans le traitement des relations sexuelles. Il faut dire que La vie en rond semble plus utiliser le mariage comme un prétexte à une infidélité et donc, un prétexte pour accumuler les scènes de sexe entre les personnages… Malgré la gravité de certaines scènes et situations, on retrouve une fin un peu trop légère à mon goût. Alors que celle de My Husband Won’t Fit a su trouver le bon ton pour traiter d’un sujet tout aussi compliqué.

Voir des scènes de sexe sur Netflix est un peu devenu une marque de fabrique de la plateforme avec le temps. Il est intéressant de voir que, dans le cas de ces deux séries, le sexe est présent (un peu trop pour La vie en rond) mais n’est pas le but de la manœuvre. Chacun de ces dramas montre des couples qui s’emprisonnent dans leur relation et n’arrivent pas à discuter pour résoudre leur problème. Hommes comme femmes choisissent donc d’essayer de résoudre leur problème seuls de leur côté, en espérant trouver dans l’infidélité une solution… La vie en rond prend beaucoup trop de raccourcis pour sa conclusion, là où My Husband Won’t Fit trouve un équilibre avec une fin ouverte. En définitive, deux dramas que l’on vous recommande !

Ils sont tous les deux sur Netflix, interdit au moins de 16 ans à cause des scènes de violences et de nudité. 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.