Blazing Transfer Students : le nekketsu qui embrase Netflix

Netflix achève cette année 2017 en diffusant Blazing Transfer Students, un nouveau drama japonais en 8 épisodes de 25 minutes chacun. En effet, après les fenêtres sur la société japonaise qu’étaient, chacun dans leur genre, Terrace House et Final Fantasy XIV : Daddy of Light, les abonnés français peuvent découvrir depuis le 10 novembre 2017 cette nouvelle série à mi-chemin entre les Totally Spies et les plus folles épreuves de Takeshi’s Castle. Autant mieux dire qu’il est difficile d’y rester totalement indifférent.

Alors, Blazing Transfer Students est-il un pétard mouillé ou l’étincelle qui suffit à allumer le feu ?

Synopsis

Cette fois-ci, Netflix est allé chercher loin dans le passé la source d’inspiration pour la production de son drama puisque Blazing Transfer Students, réalisé par LEE Toshio est, en fait, la suite du manga Honô no Tenkôsei, de SHIMAMOTO Kazuhiko, série en douze tomes inédite en France, et qui fut publiée entre 1984 et 1986 aux éditions Shôgakukan. Pas vraiment l’argument le plus vendeur et le thème le plus accessible. Toutefois, BTS ne s’appuie pas directement sur cette filiation, et le synopsis du drama n’a finalement qu’un seul élément en commun avec la version papier, si l’on met de côté la baston : le proviseur de la Tanebi Academy, Noboru Takiwaza, ici un personnage secondaire, mais qui était à l’époque le personnage principal de Honô no Tenkôsei.

 

Blazing Transfer Students

Un trait caractéristique des années 80

Dans Blazing Transfer Students, on suit les aventures de sept étudiants, tous nommés Kakeru, interprétés par les sept membres du boys band Johnny’s WEST (NAKAMA Junta, HAMADA Takahiro, KIRIYAMA Akito, SHIGEOKA Daiki, KAMIYAMA Tomohiro, FUJII Ryusei et KOTAKU Nozomu), et tous transférés à la Tanebi Academy. Et ils ne sont pas au bout de leurs surprises quand ils découvrent que cette école est loin d’être une école normale : l’académie entraîne, en effet, ses étudiants à se battre et à affronter toutes sortes de menaces afin de pouvoir les transférer temporairement dans d’autres écoles rencontrant des problèmes de discipline ou des dysfonctionnements. La série adopte un schéma narratif récurrent : la description de la mission, puis l’arrivée des étudiants sélectionnés pour la réaliser dans l’école concernée. On ne les voit pas s’entraîner à proprement dit à l’écran, mais ils peuvent compter sur leurs capacités physiques surpuissantes et leurs pouvoirs, comme, par exemple, le coup de poing ferroviaire, pour mener à bien la tâche qui leur a été confiée.

Blazing Transfer Students

Des missions…pour le moins particulières

Attention, Objet Visuel Non Identifié

C’est sur ce principe assez enfantin et déjà exploité dans de nombreux dessins animés (Totally Spies, Kim Possible,…) que repose donc la série, mais cela ne suffit pas à créer l’ambiance qui lui est caractéristique tant elle est barrée au possible. En effet, au-delà des effets spéciaux dans certains combats qui raviront les amis des shinkansen, c’est toute l’identité visuelle de la série qui rappelle aux spectateurs qu’il s’agit avant tout de l’adaptation d’un manga et, qu’en conséquence, on ne se prend pas la tête. Ajoutez à cela sept acteurs issus d’un boys band, incarnant des rôles stéréotypés dont chaque caractère est symbolisé par la couleur qui leur est associée et vous obtenez un joyeux hybride drama/sentai. Car si aucun des Kakeru n’est réellement développé, c’est parce qu’ils sont tous assez prévisibles dans leurs réactions et leurs émotions, celles-ci répondant aux  mêmes codes que ceux des sentai. Pourtant, sans que ne lui soit attribué l’étiquette de personnage principal, c’est ainsi le Kakeru interprété par SHIGEOKA Daiki, « le rouge », qui est le plus attachant et qui se retrouve au centre de la petite intrigue amoureuse qui se noue entre lui et Hikari, seul personnage féminin de l’équipe. Le stéréotypage se retrouve également dans la tenue des personnages: le boxeur, le personnage de Double Dragon, celui tiré de Lady Oscar (ndlr: le beau gosse de la bande), l’intello, le fragile et enfin le samouraï. Tous accompagnent SHIGEOKA dans ses missions, et ceci sans jamais changer d’apparence physique, ce qui est quelque chose d’habituel pour un manga ou un anime mais beaucoup moins pour un drama.

Blazing Transfer Students

Qui veut jouer au jeu des 7 Stéréotypes ?

Pourtant, ce ne seront toutefois pas ces éléments qui vous surprendront le plus si jamais vous vous laissez tenter par Blazing Transfer Students, mais la figurine à taille humaine jouant le rôle de Noboru TAKIWAZA, le proviseur de la Tanebi Academy, le dragon semblant tout droit sorti de Dragon Ball qui vole derrière ses fenêtres ou encore la présence assez intrigante, et répétée, de volatiles en plastique, servant autant de side-kick à certains ennemis que de projectiles.

Adaptation d’un manga

Tous ces éléments délicieusement absurdes ne font néanmoins pas oublier au téléspectateur qu’il ne regarde pas un drama original, mais bien une adaptation de manga. Ainsi, les onomatopées s’illustrent à l’écran comme ils le feraient sur une page de papier, et les présentations des personnages se font souvent d’une façon qui se veut grandiloquente, avec des mouvements de caméra rappelant les différents angles qu’un dessinateur peut adopter pour mettre en scène son histoire.

Par ailleurs, dans une année marquée par les échecs critiques des adaptations live de Ghost in the Shell et Death Note (ndlr :également une production Netflix), trop éloignés des oeuvres originales selon les fans, il est intéressant de noter que cette série a pris les tendances du marché à contre-pied : un manga inconnu en-dehors des frontières nippones, un humour très particulier, des tropes subvertis en abondance au risque parfois de perdre le téléspectateur peu habitué, très peu de CGI mais des trouvailles visuelles… En faisant le choix d’un ridicule assumé, Blazing Transfer Students coupe l’herbe sous le pied à ses détracteurs et empêche toute filiation avec les productions actuelles, devenant par là même un objet totalement unique.

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En bref, il est difficile de conseiller de but en blanc Blazing Transfer Students au spectateur lambda car l’amour du bizarre peut, malgré tout, avoir ses limites. Nous vous conseillons d’ailleurs la lecture de nos autres critiques, présentant des séries plus traditionnelles et davantage susceptibles de vous intéresser. Finalement, à part ceux souhaitant renouveler leur stock de reaction shots absurdes et les fans des Johnny’s WEST, il est difficile d’imaginer un persona de la cible de ce drama. Toutefois, nous vous invitons à lancer, au moins le premier épisode : si vous êtes sensible à son humour, vous passerez un moment très agréable !

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