La vague #indie anime avec Komugiko2000 et Hanabushi

L’édition 2025 du Festival d’Annecy avait opéré un focus important en direction de l’animation indépendante et notamment japonaise. À cette occasion l’association VIPO (Visual Industry Promotion Organization), soutenu par le METI (le ministère de l’Économie du Japon), a tenu une conférence, ainsi qu’un stand avec comme objectif de de développer l’industrie de l’animation japonaise à l’international.

Nous avons ainsi pu nous entretenir avec deux artistes phares de l’animation indépendante japonaise : Komugiko 2000 et Hanabushi, que vous connaissez sûrement déjà sans le savoir… La preuve dans cet article !

DanDaDan Ending 2 réalisé par Komugiko2000

En 2016, Komugiko 2000 se lance dans l’animation en autodidacte avec l’ambition presque immédiate de créer une communauté d’entraide autour de l’animation indépendante. Il lance ainsi en 2019 le hashtag #indie_anime avec la promesse de retweeter tous ceux qui l’utiliseront. En 2024 il s’associe avec un autre réalisateur et animateur indépendant, Hanabushi, pour fonder le studio Alble. Vous avez certainement déjà dû voir passer leur travail, ils ont particulièrement collaboré avec le groupe ZUTOMAYO en réalisant plusieurs de leurs clips vidéos. 

Et maintenant que les présentations sont faites, en route pour notre entretien !

Débuts de carrière

Journal du Japon : M. Hanabushi, bonjour… Il me semble que vous avez commencé votre carrière en tant qu’animateur au sein de Toei Animation dans les années 2010 ? Qu’est ce qui vous a mené dans cette branche ?

Hanabushi : Au début j’étais étudiant dans un établissement qui s’appelle Toei Animation Kenkyûjo, une sorte d’institut détenu directement par la société Toei. C’est pour cela que je suis rentré à Toei Animation par la suite. Il n’y avait pas beaucoup de concurrence à l’époque et c’était un bon moyen d’entrer [dans l’industrie]. Mais à présent, cet établissement a fermé. 

C’était un institut, une école ?

Une école d’animation, oui. 

Subventionnée par Toei donc ? 

Elle appartenait à Toei en fait, c’est pour cela que nous avons eu comme professeurs de véritables professionnels du secteur ou bien des vétérans partis récemment en retraite mais qui acceptent de revenir pour nous enseigner le métier. 

Vous avez étudié avec les plus grands alors ! 

Oui, avec Mitsuru Aoyama qui travaillait à Toei à l’époque [ndlr. il a travaillé sur toutes les séries Precure et continue encore aujourd’hui!], ou Kotabe Yoichi qui est donc sorti de la retraite pour nous faire cours. Ce dernier est célèbre pour avoir réalisé le chara design de la série Heidi [ndlr. Légende de l’animation, il a notamment participé à élaborer les premiers designs de personnages de la saga Super Mario ainsi qu’à poser les bases de l’animation d’eau en 2D sur le film Horus Prince du Soleil], ou encore Tomonori Kogawa qui a réalisé le design de personnages de la série Ideon, comme professeurs. 

Et quant à vous M. Komugiko, il me semble que votre arrivée dans le monde de l’animation est un peu plus récente, en 2018 ? Pourquoi et comment avez-vous appris l’animation ? 

Komugiko2000 : Alors c’était 2016 en fait ! Le 26 août 2016 très précisément. Je m’en rappelle car c’était le jour de la sortie du film Your Name de Makoto Shinkai. Je suis allé le voir le jour de la sortie, et c’est à ce moment-là que j’ai décidé de commencer à faire de l’animation. 

Vous êtes un grand fan de Makoto Shinkai alors ? 

Komugiko2000 : Hmm oui oui, on peut dire ça ! (Rires)

Justement Shinkai est connu pour avoir commencé à travailler comme indépendant, réalisant un moyen métrage à lui tout seul (notamment Elle et son chat en 1999 et The Voice of A Distant Star en 2002). Est-ce que c’est le genre de parcours qui vous inspire ? 

Komugiko2000 :  Effectivement en tant que “fan”, je me suis renseigné sur son parcours, son expérience… et c’est là que j’ai découvert qu’il avait commencé par faire de l’animation tout seul, de manière indépendante. Je me suis alors dit que c’était possible de faire de l’animation par soi-même ! En tant qu’animateur j’aimerais bien créer un film comme M. Shinkai, un long métrage. 

Et dans cette démarche d’aller vers le long métrage d’ailleurs, est-ce que VIPO peut vous être d’une quelconque utilité, en termes de recherche de partenariat, de marketing … ? 

Mizuki Watanabe (Producteur) : Alors VIPO s’occupe en effet de l’animation mais aussi plus largement de tous les contenus culturels, vidéo, musique, …. Son objectif est de promouvoir et faire découvrir ces contenus japonais. Pour l’instant ils mettent beaucoup l’accent sur l‘animation. 

Oui parce que c’est une branche de l’agence culturelle il me semble ? 

Mizuki Watanabe : C’est une organisation semi-publique, c’est-à-dire que selon les projets, ils peuvent être subventionnés soit par le ministère de l’Économie, soit par l’agence culturelle japonaise. 

La fondation du studio Alble

En 2020 c’est l’année du lancement du hashtag #indie_anime, mais aussi celle où Komugiko réalise deux clips musicaux et un court métrage indépendant : c’était une période assez intense, non ? 

Komugiko 2000 : Quand je pense à cette époque c’est peut être celle où j’ai eu le plus de passion et d’énergie pour l’animation : j’étais très occupé en effet ! (Rires)

C’est une année charnière également car elle marque le début de votre collaboration avec le groupe Zutomayo. Comment s’est faite cette rencontre ? 

Hanabushi : Le groupe a l’habitude de parcourir Twitter/X à la recherche d’animateurs et quand ils trouvent quelque chose qui leur plaît, ils les contactent directement par message privé. Je pense que cela s’est passé de la même façon pour les autres collaborateurs du groupe. 

À l’époque où Zutomayo m’a contacté, je travaillais encore à Toei Animation, enfin plus précisément pour le studio Orange en tant que “travailleur détaché”. Officiellement j’étais employé par Toei mais j’étais envoyé pour travailler au chara-design sur la série Triggun Stampede chez Orange. On appelle ça Shukkou (出向) en japonais : l’entreprise envoie ailleurs son salarié pour un an ou deux, ça dépend, et après il revient. Ainsi, la journée je travaillais là-bas et le soir j’avançais le clip pour Zutomayo.

Et comment se passe le travail avec Zutomayo ? Est ce que vous êtes relativement libre, est-ce que le groupe vous donne des directives précises ? 

Hanabushi : En fait j’avais vraiment pas mal de liberté pour créer ce clip. Quand on s’est rencontré, le groupe m’a vaguement décrit l’image qu’ils avaient en tête pour ce clip. Ils voulaient nous transmettre le sentiment qu’ils ont ressenti au moment de la création de cette chanson, pourquoi ils voulaient écrire cette chanson… Mais en même temps ils ne voulaient pas nous donner trop d’informations et risquer de nous influencer dans une direction trop précise. Ils nous ont donné des directives vraiment globales, des mots clefs. Par exemple, ils voulaient un vieux poste de télévision type écran cathodique, une ambiance style vapor wave, … 

Comment s’est faite votre rencontre avec Komugiko2000

Hanabushi : Notre première rencontre c’était au COMITIA [ndlr. convention centrée autour des dôjinshi originaux], une sorte de Comiket [plus grande convention consacrée au dôjinshi, accepte autant des univers originaux que des parodies d’oeuvres existantes], et moi j’étais en train d’aider un ami (Yotsube), avec qui j’ai créé ce clip dont on parlait tout à l’heure. Et c’est à ce moment que monsieur Komugiko2000 est venu me voir.

Et donc c’est à partir de cette rencontre que vous avez décidé de fonder le studio Alble ? 

Hanabushi : Au nouvel an 2022, j’étais avec M. Komugiko2000 et nous avons créé une sorte de projet, un “pitch” autour d’un évènement lié à “indie anime”. Puis nous avons laissé dormir le projet. Mais au bout d’un an, on s’est dit qu’il fallait bien en faire quelque chose et c’est à ce moment-là qu’une personne avec qui je collaborais souvent et qui m’aidait pour le crowdfunding de jeu vidéo nous a présenté M. Watanabe. Grâce à ce dernier nous avons pu organiser cet évènement au mois de février 2023.

[ndlr. l’événement en question, le “indie anime Cross X” s’est tenu le 18 février 2023 au Loft9 à Shibuya. Il s’agissait d’un talk show et d’une petite exposition. Quelques mois plus tard, une seconde édition s’est tenue avec plus de moyens cette fois-ci : un nouveau talk show, une plus grande exposition et une boutique de goodies, au Parco de Shibuya]

M. Watanabe m’a alors proposé de faire du management pour nous et c’est là que nous avons pensé à monter une entreprise et à demander à M. Komugiko2000 s’ il ne serait pas intéressé par nous rejoindre. Mais en réalité, même avant cette époque, quand nous discutions tous les trois, on évoquait de temps en temps le fait qu’il faudrait monter une entreprise ou un studio. Comme M. Watanabe était disponible, c’était le bon moment pour monter une entreprise ensemble. 

Cela a a été un déclencheur, à partir du moment où un producteur arrive dans l’équation ça rend le projet plus concret niveau gestion/financement du studio ? 

Komugiko2000 : En fait, c’était la pièce de puzzle qui manquait.

Styles graphiques

La réalisation des décors est impressionnante dans vos travaux mais pour des raisons variées. Monsieur Hanabushi tout d’abord, ils sont très détaillés avec parfois de nombreux détails mécaniques. Est-ce que vous participez à la conception des décors, voire même à leur réalisation ?

Hanabushi : À l’exception de ce film, je travaille normalement avec quelqu’un pour les bijutsu settei [ndlr : décors traits en noir et blanc, recherches préliminaires]. Mais cette fois ci j’avais déjà réalisé tous les layouts avant même la création des décors, c‘est à dire que je pars de son travail d’habitude, mais là j’ai tout fait décors inclus.

Donc de votre côté vous vous êtes occupé du layout décor et des personnages ? 

Oui c’est ça. Alors évidemment tout ça est limité au contour des décors, et en ce qui concerne la couleur, on discute avec mon associé. 

Les grandes étapes de la production de l’animation dans un contexte « standard »

Un coloriste ? 

En fait c’est difficile à décrire selon les standards de l’industrie classique où tout est bien segmenté avec des titres de poste précis (rire).

D’abord je crée la plupart des choses moi-même, puis on discute avec la personne. Je demande toujours son avis : on fait un ping pong pour essayer de créer quelque chose de meilleur.

Je ne veux surtout pas donner l’impression que je fais tout tout seul, en réalité il y a plein de personnes impliquées dans mes productions, alors je veux les mettre en lumières. Ils sont très patients car je demande beaucoup de choses. 

C’est plus que des techniciens qui exécutent les “ordres” du réalisateur, ici ils participent réellement au processus créatif ? 

Tout à fait. En fait nous avons des liens assez amicaux qui nous permettent de discuter à cœur ouvert : je suis ouvert à leurs suggestions et eux sont libres de me faire part de leurs retours. 

D’un autre côté, vos décors, M. Komugiko2000 sont moins détaillés et donnent l’impression d’exister sur le même plan que vos personnages. Vous réalisiez vous-même vos décors au début de votre carrière n’est-ce pas ? Qu’en est-il de maintenant ?

Komugiko2000 : Je crée pratiquement toujours tout moi-même, en ce qui concerne les décors. Mais désormais, j’essaie de déléguer le plus possible, même si pour l’instant c’est assez difficile pour moi. 

Bien évidemment, dans le cas de la création d’animation classique, nous avons tout un tas de gens qui travaillent, à chaque étape : coloriste, personnages, … c’est du step by step. Mais jusque-là, ma particularité c’était de faire pratiquement tout moi-même : c’est là la différence entre mes œuvres et l’animation commerciale. Mais si je peux déléguer chaque étape à des professionnels, je pense que la qualité globale va s’améliorer, c’est pour ça que je souhaite aller en ce sens. Aujourd’hui j’essaie de déléguer plus en ce qui concerne les genga (ndlr. : poses clefs de l’animation), les douga (ndlr. : mise au propre des poses clefs et dessins intervalles) etc.

J’imagine que ça doit être difficile de déléguer car vous avez un travail sur les lignes peu ordinaire. Elles étaient à l’origine très brutes et se sont adoucies avec le temps, bien qu’elles gardent une certaine aspérité. Ce visuel était à l’origine un choix ou bien une conséquence de votre travail en solitaire ?

Komugiko 2000 : Vous connaissez le processus de fabrication de l’animation commerciale : il y a tout un tas d’étapes différentes, ce n’est pas juste genga, douga, etc. Il y a même des tâches intermédiaires encore plus détaillées [ndlr. :  comme la colorisation, la vérification de l’animation, les corrections des différents superviseurs, etc] ! C’est pour cela que l’animation commerciale est à la fois très propre, mais aussi très rigide. Quand on est indépendant, on finit parfois par tout faire tout seul et on a pas toute cette division du travail hyper poussée : on s’occupe nous-même de chaque étape.

Par contre, dans l’animation commerciale il y a des experts qui ne font qu’une tâche spécifique depuis des années, voire des dizaines d’années, donc ils parviennent à un niveau de précision assez élevé. Mais quand on est tout seul le temps est limité, et on ne peut pas mettre autant de temps et autant de force sur chaque étape. C’est la raison pour laquelle il faut qu’on se focalise sur des points importants. Mon objectif principal c’est de parvenir à exprimer ma vision à chacun des plans, quitte à faire des compromis, sinon on n’a pas de temps pour créer. 

Croissance du studio et place de indie anime dans le paysage de l’animation

À côté du studio Alble, est-ce que vous cumulez des activités annexes ? Par exemple comme animateur dans l’industrie de l’anime TV, comme M. Hanabushi à l’époque où il était chez Toei Animation ? 

Mizuki Watanabe : On décline tout (rire) ! À la base, le studio ne comprend que deux créateurs donc on ne peut pas accepter d’autres commandes de grand studios, on n’a pas le temps !

Mais je voulais plutôt dire comme techniciens ? 

Mizuki Watanabe : Alors, non plus (rire) ! Mais pour diversifier les revenus du studio, M. Hanabushi organise des événements. Il crée des goodies par exemple et les vend directement aux fans. Par contre on souhaiterait travailler avec de grands studios d’animation japonaise en tant que “parasite”. Par exemple on crée le projet, puis en tirant parti des capacités d’un grand studio, on crée un film par exemple, ça ce serait possible par contre. [ndlr. M. Watanabe fait ici certainement référence au fonctionnement d’une société de production qui garderait la production déléguée d’un projet, pendant que la production exécutive se ferait au sein d’un studio d’animation externe]

Alble serait alors le commanditaire et embaucherait un grand studio ? 

Plutôt co-production a priori (rire). Mais ce qui est important c’est qu’ils restent réalisateurs. En fait si on collabore avec des grands studios ce serait dans le but de créer notre propre film.

Qu’est ce qui existe comme solution quand on veut passer à des réalisations plus ambitieuses tout en gardant une certaine part de liberté ? Je pense par exemple à Kiyotaka Oshiyama ou Kenji Iwaisawa qui ont fait des longs métrages tout seul ou en équipe hyper réduites ? 

Hanabushi : Bien évidemment ce serait l’idéal et cela nous inspire de créer un long métrage tout en gardant la liberté, mais par contre on finit par se demander si ils sont vraiment libres ? Lorsqu’on crée un projet de l’ampleur d’un film, d’un long métrage, on n’est jamais tout à fait libre.

Komugiko2000 : Dans la création d’animation il faut choisir entre le temps, les gens, et la qualité. Si je pouvais vivre éternellement, je ferais tout moi même, mais malheureusement le temps est limité, alors comme je l’ai dit tout à l’heure j’aimerais essayer de déléguer davantage. Dans le temps limité où l’on vit, il nous faut de l’argent, du temps, du personnel : on a besoin de tout cela pour créer un film. C’est la raison pour laquelle j’aimerais rencontrer les bonnes personnes : des spécialistes avec qui je m’entendrais bien, sur lesquels je peux compter et qui s’investissent sur mes projets. Si je parviens à rencontrer de telles personnes, pour moi c’est l’équivalent de la liberté créative dont nous parlions plus tôt. 

Est-ce que la co-production internationale est quelque chose qui vous intéresserait ? Je pense par exemple à Miyu Productions qui est très prolixe dans ce domaine, et a déjà aidé plusieurs créateurs et créatrices venant de l’animation indépendante (Yoriko Mizushiri, Masanobu Hiraoka, Atsushi Wada,..)

Mizuki Watanabe  : Je pense que la collaboration est possible si le film permet un échange qui soit mutuellement bénéfique pour les deux pays.

Il y a Anzu, chât fantôme, où l’animation a été faite à Shin-Ei au Japon, mais les décors en France sous la direction de Julien De Man. Et on voit très bien dans ce cas-ci le mélange entre des teintes typiques des paysages français dans un décor de style japonais. 

Mizuki Watanabe : Si je me rappelle bien, il me semble que dès le début ils avaient l’ambition de créer quelque chose de franco-japonais. Mais si c’est juste pour le fait de créer quelque chose de franco-japonais pour dire on fait quelque chose de franco-japonais, pour moi ça n’a pas trop d’intérêt. Par contre, si cette production est l’occasion de réunir des talents complémentaires au service d’une vision, alors là je pense que ça peut être très utile. Et visiblement ça a été le cas pour Anzu quand on voit le résultat final !

Pour terminer, j’ai l’impression qu’il existe une dichotomie entre d’un côté les autodidactes digital natives animation “commerciale” (dans le sens clip musicaux) comme vous VS  “l’art légitime” des étudiants qui sortent de Tama et Geidai ? 

Komugiko2000 : Effectivement je pense qu’il y a deux grands courants, mais de plus en plus ils se mettent à converger. Par exemple, l’émergence du mouvement indie anime moderne, est fortement lié aux clips, Music Video etc. Au tout début, ça a commencé sur la plateforme Nico Nico Dôga avec le phénomène des vocaloid. Ce style de musique, de fait, ne présente pas d’artiste en chair et en os, ainsi il avait la nécessité de créer des animations pour les clips.

Par contre du côté académique il y a des étudiants, à la fin de leur parcours, qui doivent souvent créer leur propre film, que l’on qualifie alors de création indépendante. Je connais quelques étudiants issus de ces célèbres universités qui sont contactés par des clients eux aussi pour créer des animations. Je pense donc que c’est de plus en plus répandu. 

Pour créer des clips musicaux ? 

Komugiko2000 : Pour les clips musicaux c’est assez minime encore mais il y a de plus en plus de gens, de clients, qui regardent ce qu’il se passe autour de ces étudiants issus de parcours artistiques académiques.

Mizuki Watanabe : Quand je regarde autour de moi je ne vois pas tant cette dichotomie car ils ne sont pas si séparés, ils convergent de plus en plus.

C’est une bonne chose ! 

Komugiko2000 : Du point de vue de Twitter on a l’impression qu’il y a un fossé entre eux. Les étudiants sortis de grandes écoles ont un niveau technique très élevé. Moi, je n’ai pas de technique particulière mais j’ai une vision de ce que je souhaite faire, donc c’est peut être ça qui donne cette impression de séparation.

Mais si on regarde de plus près, il n’y a pas vraiment de fossé car ces étudiants issus d’universités prestigieuses sont nombreux à participer aux événements indie anime : ils font des clips musicaux, prennent des petits boulots, des commissions grâce à Twitter etc. Alors évidemment c’est assez confidentiel, ils le font discrètement mais, de fait, ce sont des choses qui nous rapprochent au final. 

Hanabushi : Il faut se dire qu’au final, le design, c’est créer quelque chose selon des limitations. Pour créer un film ou une série TV il va falloir un grande nombre de personnes. Nous, en tant que studio indépendant, on va rencontrer d’autres types de réglementations ou de restrictions. Peu importe que l’on choisisse d’être des créateurs académiques, commerciaux, ou indépendants, tout ce qu’on fait c’est pratiquement pareil au fond. 

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Le site de VIPO

Un grand merci à l’interprète Mme Ryoko FUJIKAWA. toute l’équipe de VIPO et en particulier Mme Mayuko MACHIDA pour l’organisation de cette interview.

Entretien préparé par Elliot Têtedoie, Quentin Dumas et Florian Abbas

Rédaction de l’article et conduite de l’entretien : Quentin Dumas

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