Japan Weekend 2026 : l’art de respirer Japon

La ville de Strasbourg s’est vêtue des couleurs du Pays du Soleil Levant les 11 et 12 avril 2026 lors de la Japan Weekend. L’incontournable festival nippon était de retour pour une cinquième édition. Pendant ces deux jours, les 20 000 visiteurs ont vibré au son des tambours taiko, dansé au rythme du yosakoi ou encore transpiré sur le parcours de l’Ekiden. Arts martiaux, musique, exposition photo… les activités étaient riches et variées. Une fois encore, Journal du Japon est allé à la rencontre des exposants, qui ont eu à cœur de faire partager cette passion commune de la culture japonaise.

Comment a évolué la Japan Weekend depuis notre passage en 2024 ? Comment l’aspect traditionnel a-t-il été valorisé ? Quelles sont les nouveautés apportées ? Les coureurs de l’Ekiden ont-ils été au rendez-vous ? Les organisateurs se sont-ils montrés à la hauteur pour faire respirer Japon ? On fait le point dans cet article.

Japan Weekend
©Leo Thomas pour Journal du Japon

Deux jours pour respirer Japon à Strasbourg

Deux jours pour « respirer Japon » à Strasbourg, tel était le mot d’ordre de cette cinquième édition de la Japan Weekend. Lors de notre venue en 2024, 10 000 visiteurs avaient foulé les planches de la presqu’île André Malraux. L’année dernière, le compteur a explosé avec 20 000 personnes au total.

Bien que les stands et la scène demeurent inchangés, des améliorations sont à noter. À commencer par la décoration de l’association Kakemono qui a embelli le village avec des branches de sakura, des lanternes ou encore des daruma. Le plus impressionnant reste cette reproduction d’un temple japonais montée de toutes pièces par la même association et qui a permis d’accueillir des exposants comme des représentants de la mairie de Strasbourg, partenaire au même titre que le Centre Européen d’Etudes Japonaises d’Alsace, la Maison Universitaire France-Japon, le consulat général du Japon et enfin AGIPI, le partenaire titre.

Village - Japan Weekend
©Leo Thomas pour Journal du Japon – Tous droits réservés

La Japan Weekend en 2026, c’était :

  • 20 000 visiteurs attendus sur le village
  • Une quarantaine d’exposants dédiés au Japon
  • 5 groupes de musique et danse
  • 7 clubs d’arts martiaux
  • 670 équipes à l’Ekiden.
©Leo Thomas pour Journal du Japon – Tous droits réservés

Si l’aspect traditionnel prédominait au sein de la Japan Weekend, les otaku ont quand même pu trouver leur bonheur avec la projection spéciale de films d’animation comme Le Château Ambulant ou Nausicaa de Hayao Miyazaki à l’UGC Ciné Strasbourg Étoile. Dans le même bâtiment, un tournoi Mario Kart, accompagné de compétitions libres, était organisé par l’association Gamerz Voice, qui met en place régulièrement des sessions jeux vidéo sur Strasbourg et aux alentours. Une salle de cinéma était également attribuée à ceux qui souhaitaient jouer en famille ou entre amis.

Enfin, nous avons également remarqué une amélioration de l’offre en termes de restauration entre ramen traditionnel, plats japonais à base de riz, salon de thé, smoking sucré, etc.

Près de 3 000 coureurs à l’Ekiden

Ekiden - Japan Weekend
©Leo Thomas pour Journal du Japon – Tous droits réservés

Depuis la création de la Japan Weekend, le nombre de marathoniens à l’Ekiden n’a cessé de grimper en flèche. Ainsi, le nombre de coureurs en 2025 est passé à 2420 (contre 1800 en 2024). Cette année, 670 équipes ont transpiré à l’Ekiden de 2026 dont 370 équipes de six, 180 équipes de quatre et 120 équipes en duo.

Pour rappel, l’Ekiden est un relais qui se fait en équipes de six. En remontant un peu plus loin dans l’Histoire, la première course s’est faite en 1917 avec plus de 500 km à parcourir entre Kyoto et Tokyo. Les équipes de six devaient faire le parcours dans l’ordre suivant : 5 km – 10km – 5 km – 10 km – 5 km et 7,195 km. Il était également possible de faire un relais à quatre ou en duo, d’une distance totale similaire.

Comme chaque année, les bénévoles et professionnels de santé étaient aux petits soins, que ce soit au niveau des zones de ravitaillement ou à l’espace de récupération. À l’arrivée, chaque coureur se voyait remettre une médaille finisher en bois, sécable en six, quatre ou deux selon la catégorie choisie… avec une magnifique reproduction de branches de cerisiers en fleurs. Cette année, c’est l’équipe Running Conseil qui est arrivée en tête avec un temps de 2 heures 12 minutes (contre 2 heures et 13 minutes pour l’équipe Capital Santé en 2025 et 2 heures et 15 minutes pour ASL Robertsau en 2024).

Résultats Marathon Ekiden équipes féminines - Japan Weekend
©Leo Thomas pour Journal du Japon – Tous droits réservés

Clément Keller : rencontre avec un photographe passionné de Japon

Chaque année à la Japan Weekend, une exposition photo est proposée aux visiteurs curieux. Des jardins aux châteaux du Japon en passant par les musées contemporains, rien n’échappe à l’objectif du photographe Clément Keller. 300, c’est le nombre de jardins japonais qu’il a photographiés au Pays du Soleil Levant depuis son premier voyage. Pour cette cinquième édition, son choix s’est porté vers les plaques d’égouts ou manholes. Selon lui, « ces créations racontent l’histoire et les traditions des lieux invitant les passants à une découverte insolite» .

Clément Keller, photographe - Japan Weekend
©Leo Thomas pour Journal du Japon – Tous droits réservés

Afin d’en savoir plus sur son travail, nous avons échangé avec lui entre deux planches de photographie.

Journal du Japon : Merci beaucoup, Monsieur Keller, d’échanger avec nous sur votre passion de la culture japonaise. Pouvez-vous d’abord vous présenter ?

Clément Keller : Je suis architecte de formation et je me suis intéressé à l’Orient assez jeune. Mes premiers voyages au Japon étaient pour voir l’architecture japonaise contemporaine. C’était extraordinaire, l’avant-gardisme de cette architecture. J’ai aussi un goût pour l’architecture en bois. Les temples, les sanctuaires… ça m’enchante !

Au-delà de l’architecture, qu’est-ce qui vous passionne dans la culture japonaise ?

Je me suis intéressé au bouddhisme, à la pensée zen. Ceci m’a beaucoup apporté dans ma vie… Et j’essaie de mettre cette pensée en pratique tous les jours.

Comment choisissez-vous les thèmes de vos expositions photos ?

C’est la quatrième année où je présente des photographies bénévolement et où j’offre à voir mes clichés pour davantage faire connaître la culture japonaise. Je mets de nombreux mois à préparer un sujet d’expo. Les organisateurs de Japan Weekend m’ont contacté il y a quatre ans pour présenter mes photos sur les jardins japonais car ils avaient connaissance de mon site web japonjardin.fr. En ce qui concerne les châteaux forts, c’est un sujet que je pensais très facile d’accès. Les musées contemporains, c’était aussi l’occasion de montrer la qualité des projets japonais.

Qu’est-ce qui vous fascine tant à travers les jardins japonais ?

Un jardin japonais, c’est quelque chose de vivant. Il est vrai qu’un jardin zen épuré, de graviers et de pierres, c’est peut-être moins vivant que les jardins d’une propriété impériale. Ce qui est fascinant dans un jardin, c’est son évolution au fil des saisons. Comme j’ai pu aller ces dernières années au Japon en dehors de l’été, cela m’a permis de voir les fleurs printanières dans les arbres fruitiers, et cela procure une ambiance qui parle au cœur. Il y a une émotion très, très forte.

Est-ce que vous vous appuyez sur des critères dans vos choix de jardins japonais ou est-ce que vous y allez à l’instinct ?

À vrai dire, il y a le souhait de connaître le plus de jardins possible, et ainsi d’étudier les variétés d’aménagements de jardins. Mes voyages au Japon sont entre autres guidés par un itinéraire pour voir tel ou tel jardin que je n’ai pas encore vu. La chose qui me parle beaucoup, c’est le rapport entre la maison ou le temple, la véranda et le jardin, autrement dit le rapport entre un espace habité et le paysage qui est proposé à la contemplation.

Quel jardin vous a surpris ?

C’est très, très rare qu’un jardin me déçoive. Il y a des jardins dans lesquels on peut se promener comme à Takamatsu sur l’île de Shikoku avec le jardin Ritsurin-koen. Ce sont des étangs, des collines, des espaces boisés. C’est un voyage dans un périmètre limité mais au sein de différentes ambiances. C’est beaucoup plus dense que dans les jardins occidentaux.

Clément Keller - Jardin Ritsurin Koen
©Clément Keller – Jardin Ritsurin Koen

Sur votre site, vous différenciez les jardins publics de ceux des temples et sanctuaires. Avez-vous remarqué des spécificités ?

Dans un esprit didactique, j’ai proposé plusieurs catégories. Ce sont surtout des différences d’échelle. Un jardin privé, même celui d’une grande demeure, va être limité dans l’espace, avec peut-être un arrière-plan de forêt, mais cela reste restreint. Quant aux jardins des temples, la spécificité en est le jardin sec ou karesansui. Représenter un paysage par des graviers ratissés, des rochers… je trouve cela très esthétique. C’est une réduction de l’espace avec un emploi de peu de matériaux.

Il y a une forme d’impermanence…

Bien sûr. D’autant plus que ces jardins ont parfois jusqu’à 600 ans et fascinent toujours autant, comme celui du temple Ryoan-ji à Kyoto. C’est un chef d’œuvre reconnu ! Cela montre bien l’impermanence de l’œuvre, que je trouve totalement incroyable.

Vous vous êtes rendu au Japon à des saisons différentes. Y a-t-il une saison où vous leur trouvez un charme particulier ?

Dans les jardins, la présence de la couleur n’est pas dominante. Néanmoins, voir des jardins comme Shukkei-en à Hiroshima au moment des fleuraisons de pruniers, c’est quelque chose d’exceptionnel. Et tous les dégradés des feuillages des érables d’automne, cela offre des tableaux extrèmement variés.

Y-a-t-il un jardin que vous rêveriez de visiter ?

J’en ai encore plein dans ma liste à aller voir mais ce qui m’intéresse aussi c’est de voir un même jardin à des saisons différentes et ainsi enrichir mon site web japonjardin.fr .

Revenons au thème de cette année, les plaques d’égouts. Pourquoi ce choix ?

Plaques d'égouts, Clément Keller - Japan Weekend
©Leo Thomas pour Journal du Japon – Tous droits réservés
Plaques d'égouts, Clément Keller - Japan Weekend
©Leo Thomas pour Journal du Japon – Tous droits réservés

Dans la sélection, j’ai essayé de montrer toute la diversité des symboles choisis par les villes pour parler de leur histoire ancienne ou récente. Tantôt un bâtiment emblématique, tantôt le samouraï ou le petit Pikachu.

Si vous aviez à montrer deux plaques d’égouts aux visiteurs, ce serait lesquelles ?

Celle de Kinosaki Onsen. Il y a une dame habillée en kimono sur un pont court avec des saules pleureurs en arrière-plan. Cela représente bien l’ambiance de la rue qui traverse Kinosaki Onsen et qui est fréquentée le soir après les bains. J’aime aussi la plaque de Kusatsu avec le personnage représentatif des femmes qui perpétuent le rite de battre l’eau chaude. C’est un condensé de l’histoire de cette ville thermale.

Clément Keller - Plaque d'égout Kusatsu
©Clément Keller – Plaque d’égout Kusatsu

Pour la prochaine édition de la Japan Weekend, avez-vous déjà envisagé un thème ?

L’idée qui me traverse est de montrer des sanctuaires shinto. Mon objectif est que le visiteur soit happé par l’image. Je pencherai peut-être pour ce sujet.

Pour terminer, comment définiriez-vous le Japon ?

C’est une civilisation d’une grande profondeur. On en saisit quelques aspects et on a envie d’en comprendre davantage. Le respect de l’autre y est profondément ancré, ce qui rend ce pays très attachant.

Merci à Clément Keller pour cet échange. Vous pouvez retrouver tout son travail sur son site web ou bien sur sa page Instagram japonjardin_monde .

L’UGC Ciné Strasbourg Étoile : entre initiation aux arts martiaux et essayage de kimono

La Japan Weekend ne se résume pas qu’aux animations de la scène principale ou à l’ekiden. Ce festival est aussi l’occasion de pratiquer et découvrir d’autres pans de la culture nippone.

Des initiations aux arts martiaux

Initiation Arts Martiaux - Japan Weekend
©Leo Thomas pour Journal du Japon

En entrant dans l’UGC Ciné Strasbourg Étoile, on aurait pu se croire à un casting pour un prochain film du type Karaté Kid ou Kill Bill. Tout au long de ces deux journées, il était possible de s’initier à certains arts martiaux et d’encourager les passants à venir sur les tatamis. Aïkido, Judo, Karaté, Jodo, Iaido… Les principaux clubs strasbourgeois étaient présents pour montrer les techniques et spécificités de leur art martial japonais. Les organisateurs de la Japan Weekend avaient déjà proposé l’année dernière ce nouveau format interactif. Les trois premières éditions ne comportaient que des démonstrations.

À défaut d’aller voir un film, les visiteurs se sont essayés à l’aïkido en compagnie de l’association Ame No Ukihashi Dojo et son président Benjamin. Ce club d’arts martiaux y enseigne le Kobayashi Ryu Aïkido qui est une forme traditionnelle d’aïkido où l’on travaille les techniques avec armes dès la première pratique. Ils y utilisent un sabre en bois appelé le bokken et un bâton appelé jo mesurant 1m28. Le dojo a ouvert ses portes il y a trois ans et compte une petite dizaine de licenciés qui pratiquent avec bonne humeur cet art martial bienveillant et sans compétition. Durant les démonstrations et initiations, le professeur et ses élèves ont partagé avec les visiteurs du Japan Weekend la richesse technique et la profondeur spirituelle du Kobayashi Ryu Aïkido.

En plus de l’aïkido, Benjamin et quelques membres de son dojo ont proposé un atelier de taïso (gymnastique japonaise) sur la scène principale pour bien démarrer la journée du dimanche. Quelques volontaires courageux se sont joints à eux pour cette séance qui est traditionnellement effectuée en début de cours d’aïkido. Ce n’est pas nécessairement un préalable pour pratiquer l’aïkido mais « étant donné qu’on est beaucoup devant un bureau toute la journée, c’est bien de réveiller le corps énergétiquement et de faire un scan complet » nous expliquait Benjamin, entre deux initiations.

Taiso - Japan Weekend
©Leo Thomas pour Journal du Japon

Habitants strasbourgeois, n’hésitez donc pas à vous rendre au gymnase de l’École du Rhin de Strasbourg, à proximité de l’arrêt de tram Port du Rhin pour y pratiquer le Kobayashi Ryu Aïkido avec Ame No Ukihashi Dojo. Sachez qu’il est possible de faire un cours d’essai avant de vous y engager pleinement. Les nouvelles inscriptions et les cours d’essai sont possibles toute l’année.

S’essayer au yukata avec l’ADJU

Après s’être échauffé à l’aïkido, place à l’essayage de yukata ! Proposé par l’association des étudiants du département japonais à l’université de Strasbourg, tous ces yukata étaient à la disposition des passants afin de découvrir cet aspect de la culture nippone. C’est d’ailleurs le consulat général du Japon qui prête ses collections à l’association. Petits et grands ont pu s’essayer à ces habits traditionnels japonais. «  On a énormément de yukata féminins et masculins, on incite les gens à essayer de tout »  affirmait Diane, présidente de l’association.

Essayage Kimono - Japan Weekend
©Leo Thomas pour Journal du Japon

Au sein de cette association, l’essayage de yukata n’est pas la seule activité. En effet, le fil rouge principal porte sur l’orientation et l’accompagnement des étudiants pour aller étudier au Japon. Bourse d’été, bourse internationale, Diane et les bénévoles qui l’accompagnent font la connexion entre ceux qui souhaitent s’engager dans un tel projet et les anciens étudiants qui ont vécu cette expérience. L’association des étudiants du département japonais aide également les étudiants japonais, comme par exemple lors de la présentation d’un exposé en France en participation avec la Maison Universitaire France-Japon.

Si vous êtes étudiant français ou international, n’hésitez pas à suivre toute l’actualité de l’association sur leur page instagram.

Voyage musical avec les élèves du Conservatoire de Strasbourg

Hideaki TSUJI - Japan Weekend
©Leo Thomas pour Journal du Japon

C’était une première à la Japan Weekend. Hideaki Tsuji, joueur de shamisen et professeur de guitare classique, habitué du festival, n’est pas venu seul cette fois-ci. En effet, il a fait venir ses élèves du Conservatoire de Strasbourg. Hideaki Tsuji avait expliqué que c’était une « bonne chose de les faire sortir de leur établissement et de présenter leurs talents ». L’organisation était d’autant plus simple que le Conservatoire de Strasbourg était proche du festival. La chorale était composée de trois chanteuses et d’autres élèves, tous avec une guitare à la main.

Toutes les chansons du répertoire tournaient autour de l’arrivée du printemps mais aussi de la paix. Pendant 30 minutes, les jeunes musiciens ont repris cinq chansons de styles très différents mais aussi « accessibles pour le public »  insistait leur professeur Hideaki Tsuji. Ensemble, ils ont fait voyager la presqu’Île André Malraux au fil des mélodies des chansons d’Okinawa ou encore sur des titres Jpop avec Haru Yo Koi de Yumi Matsutoya. Impossible de ne pas mentionner la magnifique reprise d’une des musiques du Voyage de Chihiro du Studio Ghibli qui a un sens particulier en Alsace, région qui a inspiré Hayao Miyazaki. La chorale s’est beaucoup investie à travers les répétitions. Il a fallu également travailler les prononciations avec les chanteuses. C’était une représentation réussie qui a transporté musicalement les visiteurs au Pays du Soleil Levant entre les traditions d’Okinawa et l’imaginaire du Studio Ghibli !

©Leo Thomas pour Journal du Japon

À noter également qu’Hideaki Tsuji fait partie du projet Naruto Symphonic Experience où sont revisitées de célèbres musiques de l’oeuvre de Masashi Kishimoto. Des tournées sont encore prévues en France et notamment au Grand Rex à Paris le 19 et 20 septembre 2026, alors n’hésitez pas à prendre vos billets !

« L’important est d’avoir respiré un peu de Japon » : l’heure du bilan avec Claude Schneider

Comme chaque année, l’heure du bilan de cette nouvelle édition de la Japan Weekend était de mise. Habitué de cet exercice, Claude Schneider, organisateur de cet évènement et président de l’Association des Courses de Strasbourg – Europe est revenu sur les moments forts de ce festival.

Claude Schneider - Japan Weekend
Claude Schneider ©Leo Thomas pour Journal du Japon – Tous droits réservés

Journal du Japon : Merci beaucoup, Claude, d’échanger à nouveau avec nous sur cette cinquième édition de la Japan Weekend. Tout d’abord, êtes-vous satisfait de ces deux jours ?

Claude Schneider : Bien sûr que je suis satisfait. Je pense qu’on a réussi à associer sport et culture japonaise, et ceci dans une démarche internationale. C’est comme ça qu’il faut le voir. Il y a des plus sur cette édition, au niveau de l’activité sportive et culturelle. Il y a aussi cette année une délégation japonaise beaucoup plus importante par rapport aux années précédentes. On peut noter également une implication beaucoup plus forte du consulat du Japon.

Justement, comment s’est manifestée cette implication ?

Le réseau « Japon » est présent et s’est bien développé. La culture japonaise, qui a un fondement fort en Alsace, voit avec l’arrivée de Catherine Trautmann, maire de Strasbourg, une appétence complémentaire. N’oublions pas non plus toute la partie universitaire à Strasbourg qui est très forte. Quand on regarde les relations franco-japonaises, il y a un réseau très important. On a aussi un réseau conséquent de l’apprentissage du japonais.

Quel regard portez-vous sur l’évolution de la Japan Weekend depuis sa toute première édition ?

Si vous me posez cette question, je suis obligé de revenir dix ans en arrière. Quand on a commencé à faire l’Ekiden en boucle, un an après, nous avons eu le soutien du consulat avec le haut patronage. Deux ans après, on avait une équipe japonaise, on a commencé à avoir des artistes japonais. En 2021, il y a eu une rupture, où nous avons modifié la donne pour créer la Japan Weekend, où l’Ekiden avait sa place. Il y a eu un autre apport, celui de l’association Kakemono qui produit plein de choses comme le temple ou les décorations (lanternes, daruma…).

Comment est venue cette idée de monter une reproduction d’un temple japonais ?

Mon objectif était de « respirer japonais »  . Il y a deux ans, j’étais déjà là et j’ai trouvé qu’il manquait de l’ambiance japonaise. C’est la raison pour laquelle on a commencé à mettre des lanternes, des fleurs de sakura… On a discuté avec Kakemono et on a réfléchi à des solutions sur la manière de « respirer japonais » . L’idée était d’apporter des éléments symboliques du Japon. Je voulais mettre en place une autre idée, qui était de peindre des regards, mais je la garde pour l’an prochain !

Vous avez mis en place des initiations aux arts martiaux. En quoi était-ce important pour vous de faire découvrir ces disciplines par la pratique, en plus des démonstrations sur la scène principale ?

Quand on parle d’arts martiaux, on parle aussi d’éthique. Parler d’arts martiaux, c’est dire deux choses : la première, c’est montrer que c’est un art. Ca paraît idiot ce que je dis mais ça reste un art. Et le taiko, c’est in fine un art martial. Il y a une logique de démonstration. Ce sont des gestes mesurés. Enfin, l’important pour nous est de renforcer les clubs strasbourgeois.

En 2024, vous disiez que vous  « rêveriez de faire venir une délégation de Kagoshima ». Quand est-ce que ça se concrétisera ?

J’en rêve toujours (rire) ! L’arrivée de Catherine Trautmann à la mairie de Strasbourg va sans doute permettre de le faire. Il faudra réfléchir à un évènement d’ampleur comme une semaine japonaise.

C’est quoi pour vous « respirer Japon » ?

Vous ne m’avez pas loupé (rire) ! « Respirer Japon », c’est une ambiance, être dans un autre monde.

Monsieur Oeda, Consul Général du Japon à Strasbourg, vous a remis au nom du gouvernement japonais les insignes de l’Ordre du Soleil Levant Rayons d’Or et d’Argent en début d’année (équivalent à la Légion d’Honneur en France). Qu’avez-vous ressenti ?

C’est un honneur parce que je ne me rendais pas compte de l’importance de ce que l’on faisait pour le Japon et de l’importance que ça avait pour les Japonais.

Quel souvenir marquant avez-vous de ces cinq années d’organisation de la Japan Weekend ?

C’était la première édition avec la neige : on était là et les visiteurs avaient répondu présents.

Un dernier mot ?

On répond à un besoin. Il y a une demande et c’est quelque chose de majeur.

Merci !

C’est la troisième fois que Journal du Japon se rendait au festival de la Japan Weekend, et nous ressentons à chaque fois cet effet d’être ailleurs lorsque nous entrons dans le village. Se réveiller au son des taiko, s’initier à un des arts martiaux, prendre un bol de ramen ou s’ambiancer au rythme du yosakoi, tous les ingrédients étaient réunis pour faire « Respirer Japon » aux visiteurs. Nous avons été très surpris de voir tous ces enfants admiratifs devant la perfomance de yosakoi de la troupe Nasutakahisho, de quoi donner naissance à de futures vocations !

« Respirer Japon » , c’est réunir tous ces acteurs et passionnés qui ont montré le plein potentiel de la culture japonaise sur de nombreux aspects, loin des clichés habituels.

Merci pour ce festival passionnant… en route pour les dix ans !

Quelques souvenirs…

Jeu de go - Japan Weekend
Jeu de Go ©Leo Thomas pour Journal du Japon – Tous droits réservés
Compétitions libres Mario Kart UGC - Japan Weekend
Compétitions libres Mario Kart UGC ©Leo Thomas pour Journal du Japon- Tous droits réservés
Stand Village - Japan Weekend
Stand Village ©Leo Thomas pour Journal du Japon – Tous droits réservés
Course Ekiden - Japan Weekend
Course Ekiden ©Leo Thomas pour Journal du Japon – Tous droits réservés
Animation Scène - Japan Weekend
Animation Scène ©Leo Thomas pour Journal du Japon – Tous droits réservés

Leo Thomas

Passionné de la culture japonaise depuis plusieurs années, je fais transpirer cette passion via des articles sur des domaines variés (conventions, traditions, littérature, histoire, témoignages, tourisme).

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