Junk World, la stop motion par Takahide Hori
S’il y a bien un film animé qui peut attirer votre regard, c’est celui de Takahide Hori, sorti le 13 mai en salles. Si vous affectionnez les films d’animation particulièrement originaux alors Junk World ne pourra que vous plaire. Ici, place à la stop motion et à un univers cyberpunk et de science-fiction plutôt barré. Un film qui se situe mille ans avant le précédent, Junk Head, sorti en 2021.

Histoire d’un univers vivant
Fort d’une distribution par UFO-Distribution en 2021 de son premier film, Takahide Hori revient avec une proposition qui se positionne comme un préquel à Junk Head. Se déroulant environ mille ans avant les événements de Junk Head, Junk World raconte déjà, cependant, l’histoire d’un futur lointain où humains, clones et cyborgs « co-existent ». Arrive un jour un incident dans l’empire robotique souterrain qui pousse une équipe regroupant les trois espèces à s’allier pour éclaircir la situation. Enfin, cela se passerait bien si cette petite équipe ne tombait pas dans une embuscade provoquée par des cyborgs rebelles. Commence alors malgré eux un voyage à travers le temps et les dimensions nécessitant, pour avancer, de comprendre les faux-semblants du monde qui les entoure.

© YAMIKEN / UFO-Distribution
Le spectateur suit donc le personnage de Tris, une humaine aux capacités augmentées, son robot Robin qu’elle a doté d’une intelligence artificielle organique proche des humains, mais aussi le personnage de Dante, un Mulligan originel (les fameux clones) qui s’allie à eux pour contrer les cyborgs rebelles. Évoluant ensemble dans un environnement hostile et sombre, ils feront fi des différents obstacles pour parvenir au bout de leur quête, mais pour ne pas spoiler ni ne trop en dire, votre rédactrice ici présente décide de s’arrêter là dans l’exposé du déroulé du film.
Un acharné de travail pour un rendu dingue

On ne peut écrire sur Junk World sans glisser quelques mots au sujet de son créateur Takahide Hori, tant ce dernier possède un parcours atypique dans le domaine. Il faut retenir qu’il n’a aucune expérience en la matière, car il n’est, à l’origine, pas du milieu. Sorti d’un lycée spécialisé en arts plastiques, il mène différents projets mêlant peinture, sculpture et fabrication de poupées et de marionnettes avant de créer sa propre entreprise de design d’intérieur. Par le biais de cette dernière, il concevra des décors pour des restaurants, lieux de divertissement et parcs, puis, en 2009, il décide de se lancer en autodidacte complet dans la réalisation de film d’animation et se forme au stop motion.
Il faut néanmoins attendre 2013 pour voir sortir le court-métrage d’une trentaine de minutes Junk Head 1 qu’il diffuse sur YouTube. En 2014, il obtiendra même un prix, celui du meilleur film d’animation au festival de Clermont-Ferrand. Attirant finalement l’attention, deux personnes rejoignent Hori afin de finir le film ; il aura fallu en tout et pour tout sept ans de travail acharné pour en voir le bout et qu’il arrive en salle en France en 2021.

Pour Junk World, l’équipe fut doublée et le film mis au point en trois ans. Takahide Hori est partie prenante du projet du début à la fin, et n’hésite pas à donner de sa personne pour le voir aboutir. Le seul changement entre le premier film et le second repose sur la technologie employée : alors que pour son premier film il créait tous les personnages en argile à la main, dans ce second film il a pu s’aider d’imprimantes 3D afin d’en confectionner plusieurs à la fois. Pour le reste, le film est tourné en image par image, grâce à la stop motion même si, là aussi, l’utilisation d’effets spéciaux spécifiques permet d’accélérer un peu le travail.
L’univers un peu macabre, voire légèrement claustrophobe (beaucoup moins que dans Junk Head, toutefois) provient intégralement de l’esprit du réalisateur. Ce dernier invite simplement le spectateur à oser s’y aventurer, s’y perdre et le savourer.
En définitive, Junk World est un peu l’ovni en stop motion que l’on n’attendait plus et qui pourtant fait mouche : une véritable aventure, de l’action, de l’humour et un univers bluffant de réalisme. Venez donc vous perdre dans cette contrée lointaine et en prendre plein les yeux.
Retrouvez le film au cinéma depuis le 13 mai. D’autres informations sur le film et son développement sont disponibles sur le site du distributeur, ou sur le site officiel de Takahide Hori.
