Starbites : le périple stellaire qui pourrait voler plus haut
Alors que tout les yeux sont rivés sur le remake de Starfox sur Switch 2, un autre jeu de science-fiction tente aussi de faire ses preuves. Disponible depuis le 21 mai sur PC, PS5, Xbox Series et Switch, Starbites le JRPG explore un monde désertique aux confins de l’univers, des siècles après que les humains aient quitté la Terre. Aventure futuriste, combats de robots et héros multiples, voilà le cœur du jeu. Prenez place, détendez-vous et laissez-vous guider durant ce test 100 % Journal du Japon.
IKINAGAMES : jeune studio prometteur
Avant d’en connaître davantage sur la planète Bitter, sur Lukida et ses compagnons ou l’intrigue de Starbites, attardons-nous un peu sur le studio derrière le projet : IKINAGAMES. Tout débuta en 2017, lorsqu’une jeune équipe d’indépendants a commencé à travailler sur un projet de jeu VR (réalité virtuelle) sobrement appelé Cubians VR. Ce jeu de stratégie à la première personne demandait de protéger son territoire au moyen d’objets à poser sur un plateau virtuel. Fort de son petit succès, des suites ont été produites comme Cubians: Rescue Princess ou Cubians: Combine.

L’équipe s’agrandit progressivement et de nouveaux projets voient peu à peu le jour comme Darkest Mana: Master of the Table (en VR) jusqu’à ce que le groupe devienne officiellement l’entreprise IKINAGAMES en 2021.
Platformer, visual novel et RPG
Un titre de style plateformer 2D sort alors et montre que l’équipe ne va pas se concentrer sur le jeu de plateau ou de stratégie mais vise large. Ainsi Galaxy Tales: The Story of Rapunzel nous entraîne aux côtés de l’androïde Rapunzel qui combat des pirates de l’espace dans différents tableaux. Le thème de la science-fiction introduit avec ce titre semble inspirer le studio puisqu’il va revenir dans Telebbit (autre jeu de plateforme) et Starbites bien évidemment. IKINAGAMES a continué dans le plateformer 2D avec The Ramsey où le joueur contrôle un petit écureuil. Ce titre semble être important pour le studio puisqu’il est possible de jouer à ce dernier via une borne disponible durant l’aventure de Starbites.



Le studio a continué de s’essayer à de nouvelles choses et a proposé un visual novel adaptant un webcomic coréen à succès. Avec All of Us are Dead, IKINAGAMES s’affirme de plus en plus comme un acteur capable d’honorer des projets de commande de bonne facture en proposant une alternative vidéoludique pour redécouvrir les personnages et l’ambiance horrifique de l’œuvre de base. Ce succès a attiré le regard des Japonais avec qui le studio a coproduit le gacha RPG Kinnikuman qui fête actuellement ses 2 ans ! Mais il est temps de voir encore plus grand en créant un JRPG sauce coréenne, leur plus gros projet jusqu’alors : Starbites.
Starbites : l’aventure sur fond de désert
Dans fort fort longtemps, dans une galaxie lointaine, très lointaine, l’humanité… refait les mêmes erreurs que sur Terre. Ayant fui la planète car invivable, les humains se sont réfugiés sur Bitter, un paradis qui s’est peu à peu mué en un désert hostile après des années de guerres stellaires. Cela a forcé la population a vivre en petits groupes, dans des villes faites de bric et de broc. C’est à Delight que vit la ferrailleuse Lukida ainsi que ses amis Gwendol et Badger. Endettée, elle doit sans arrêt reverser ses trouvailles à sa patronne Fennec… mais un jour, elle réussit à se procurer un ticket pour quitter la planète sauf qu’elle le perd face à un mystérieux robot. Débute alors un périple plein de secrets oubliés dans les tréfonds du désert.

Un voyage désertique à dos de robots
Afin de se déplacer sur les vastes étendues de sable, les humains utilisent des Motorbots, des engins ultra sophistiqués et aux designs variés. Ils servent à la fois de véhicules mais aussi de machines de combats. Chaque personnage possède le sien et plusieurs pièces trouvables en explorant ou en boutique permettent de l’améliorer. Armes, cœurs cybernétiques, jambes, tronc ou bras, tout peut être (et doit être) modifié au fur et à mesure de l’aventure. Ne pas le faire revient à se mettre des bâtons dans les roues dans la montée de niveaux.
Car oui, comme tout bon RPG, Starbites propose un système de niveaux qui augmentent avec les combats. Et il va falloir en faire plein pour ne pas se retrouver trop faible face à certains monstres et boss bien coriaces parfois. Mais cela en vaut la peine car plus le niveau augmente, plus les personnages apprennent de nouvelles techniques qu’il est possible d’améliorer à l’aide d’un arbre des compétences ! Classique mais bougrement efficace.

Combats répétitifs mais très compréhensibles
Oui, c’est l’un des points faibles du jeu. L’aventure de Lukida et compagnie demande un nombre incroyable de combats pour monter en niveau. Cela peut devenir très répétitif à la longue surtout s’il y a beaucoup de monstres à neutraliser. Heureusement, pour palier (un peu) à ce problème, les développeurs ont choisi d’intégrer plusieurs mécaniques différentes. La première et la plus simple, un bouton permet d’accélérer la vitesse des animations. Simple mais essentiel pour ne pas faire d’overdose de machines.
Viennent ensuite les compétences des personnages qui leur sont propres. Gwendoll possède les siennes, Lukida de même et tous les autres compagnons ne font pas exception. Il est ainsi possible de faire varier les styles de combats afin de les personnaliser selon les goûts du joueur. Quelqu’un veut beaucoup de DPS, il se munit de Gwendol et d’un autre attaquant. Il faut de la défense, Badger peut faire office de bouclier. Les soins et les buffs sont nécessaires, Lukida arrive sur le champ de bataille.
Il est aussi nécessaire de faire preuve d’un peu de stratégie pour réussir à plonger l’ennemi dans l’état de break en trouvant ses faiblesses et en les exploitant. Le combat devient ainsi plus rapide, d’autant plus si les personnages sur le terrain sont accompagnés d’un assistant qui fait des dégâts supplémentaires (trois combattants et trois assistants en tout en fin de jeu). Enfin, il faut toujours exploiter la jauge d’ultime (qui ressemble à une jauge de moteur) qui permet de faire rejouer instantanément un personnage tout en modifiant parfois les éléments de ses compétences.

Bitter aurait pu être better
Autre point négatif, les graphismes, notamment de la version Switch (car la version Switch 2 est toujours aux abonnés absents) manque clairement de soins. Plusieurs décors ne sont qu’une bouillie de pixels qui s’entrechoquent et c’est assez dommage. Heureusement le monde est suffisamment vaste pour que le joueur oublie un peu la faiblesse technique mais lors des combats, il est plus difficile de l’occulter, surtout quand cela touche les personnages et leurs animations. Vraiment dommage car cela nuit un peu à l’envie de jouer alors que l’aventure est assez bien ficellée et que les multiples quêtes annexes ne sont pas bien méchantes à compléter. Les versions PS5 et PC sont plus optimisées de ce point de vue et doivent davantage permettre une expérience de jeu bien plus agréable. Mais ne restons pas sur du négatif et intéressons nous un peu aux personnages avant de conclure.
Starbites brille par ses personnages
Si les graphismes ne sont pas toujours au rendez-vous, l’une des choses que l’on ne peut pas reprocher, c’est bien les personnages. Plutôt simples au premier abord, le joueur va très vite s’attacher à chacun d’eux au cours de la quête principale.

L’héroïne principale est la ferrailleuse Lukida. Jeune, intrépide, et véritable fan de panaché aux anchois (oui cette boisson de l’Enfer existe en jeu), elle est la première que le joueur découvre. C’est de son point de vue que le jeu nous fait parcourir Delight et les terres désertiques aux alentours. Légèrement casse-cou, elle n’hésite malheureusement pas à combattre tout ce qui bouge, au grand dam de ses coéquipiers.



Heureusement que son ami, le gentil, musclé et taciturne Badger, est là pour la canaliser un peu. C’est un peu la voix de la raison du groupe qui ne s’exprime que lorsque cela est vraiment nécessaire. Très protecteur (c’est le tank du groupe), il n’hésite jamais à aider ses amis s’il y a du danger. Un côté calme qui contrebalance la fougue de Lukida, certes, et le côté loufoque de la buveuse Gwendoll.
Cette dernière est très pétillante, a toujours le sourire et adore aider ses amis… et boire beaucoup de bières. Un peu candide, elle n’en reste pas moins radicale lorsqu’il faut envoyer un bon laser sur les ennemis pour s’en débarrasser.
Les pièces rapportées



Comme dans de nombreux jeux vidéo, le cast principal, ici composé de Lukida, Gwendoll et Badger va être complété au fur et à mesure de l’histoire par trois autres compagnons. La première est Macobo, la petite scientifique du groupe. Passionnée de robots, elle est une ingénieure hors pair qui va aider les membres du groupe initial après que ces derniers lui aient donné un coup de main contre des pirates de l’espace.
Jerome est lui un garçon au grand cœur et très gentil avec ses amis (il fait même un cœur coréen avec ses mains sur l‘artwork). Mais ses adversaires ne peuvent pas en dire autant car il peut faire preuve de compétences étonnamment destructrices. Jerome et son côté boute-en-train contraste avec Marie, la fille d’apparence froide et insensible qui se trouve être bien plus gentille que prévu. Cette diversité de caractères est clairement le point fort numéro un du jeu et se doit d’être souligné.
Les dernières infos utiles
Comme toujours avant de conclure, passons en revue le staff derrière le projet ainsi que les voix et la BO. En ce qui concerne l’équipe de production, Starbites a été dirigé par Junho Bae tandis que Jiyoung Park en a été le scénariste. Cinq personnes sont listées au game design : easyzero, Minjeong Heo, Saeeun Jin, Sejong Joo et Chanuk Kim. Jinwoo Song et Junhyeong Choe sont quant à eux les programmeurs.
Côté artistique, le character design est le fruit d’Erika Yoon et de Moonsu Kim tandis que Bogyeong Lee est l’illustrateur officiel. Les modèles 3D sont eux l’œuvre de Seonghoon Lee, Jonghan Kang, Seulki Kim et Yungyeong Park.
Casting voix
La version anglaise a été confiée à Sentai Filmworks, sous la supervision de John Swasey ; la japonaise, elle, au studio Loretta Martin dirigé par Shingo Suzuki. Il existe aussi une version coréenne non présente dans les versions distribuées en France par NIS America et Microids.
Côté voix, se sont Tomomi Jiena Sumi (TTT dans Reverse: 1999) et Ginger Sue qui prêtent leur voix à Lukida. Takaaki Torashima (Ist dans Un comptable à la cour) et Jeremy Gee sont les voix de Badger. Kurumi Orihara (Tamako Yashiro dans Ramen Akaneko) et Nathalie Rial interprètent Gwendoll. Yoshinori Nakayama, la voix de Rintaro, le héros de Bloom, joue ici Jerome. La voix anglaise de ce dernier est Stephen Alcalá. Ensuite, Atsuki Nakamura et Molly Searcy donnent leur voix à Marie. Enfin, Mayu Sagara (Kasumi Nakasu dans Love Live!) et Monica Rial interprètent Macobo.
Starbites est, pour une grande partie du cast, leur premier vrai rôle et nous permet à nous, les joueurs, de nous familiariser avec leurs tons, expressions et voix, en attendant de les entendre de nouveau dans de futurs projets.
Musique et OST
Junpyio Kim et Seungha Kim sont les deux personnes créditées à la musique d’ambiance et au son. Côté musique pure, il faut également saluer le travail de l’équipe japonaise de Colibri Inc. ainsi que le studio Docob media.

IKINAGAMES a sorti le grand jeu avec ce titre plus ambitieux que les précédents. Avec Starbites, le studio prouve sa maîtrise des styles de jeux vidéo japonais mais avec la patte coréenne qui fait toute la différence. Il est un peu dommage que la version Switch souffre de quelques problèmes techniques car l’aventure reste très prenante. Un petit plaisir vidéoludique parfait pour rester chez soi en cette période très (trop) chaude.
