Birushana: Winds of Fate : samouraïs, amour et fan service à l’ère Heian

Le vent de la guerre a cessé de souffler sur le clan Genji, mais bouscule encore Shanao et ses prétendants dans Birushana: Winds of Fate, la suite de Rising Flower of Genpei sur Switch. Journal du Japon vous invite dans un surprenant voyage au temps des samouraïs beaux gosses.

Publié par Idea Factory en septembre 2020 au Japon et en juin et juillet 2022 en Europe et aux États-Unis, Birushana: Rising Flower of Genpei a ravi les fans d’otome game grâce à un récit haletant mêlant histoire du Japon et romance passionnée, servi par un casting masculin dévoué à une héroïne combative. Pour 2026, le studio décide de faire un cadeau aux fans du jeu en sortant Winds of Fate, un fan disc qui fait directement suite au premier jeu.

Quelques définitions

Dérivé du visual novel, l’otome game permet d’incarner un personnage en lisant le récit comme dans un roman. Via du dialogue, des questions à choix multiples et parfois des instances relevant du jeu de rôle ou de stratégie, le ou la protagoniste est invité·e à prendre des décisions qui influenceront l’avancée du récit.

Ces choix, ou routes, sous-entendent notamment d’initier et d’entretenir une relation, en choisissant un·e prétendant·e parmi un groupe de personnages. Explorer toutes les routes permet d’avoir une vue d’ensemble de l’intrigue et du caractère de chacun. Il est donc possible d’arriver à débloquer plusieurs fins, plus ou moins heureuses selon les interactions.

Cette niche est adaptée à une autre marotte du Japon : mettre en scène son histoire de façon attractive et ludique. Le Dit des Heike, ou Heike monogatari, est l’un des récits médiévaux les plus racontés et mis en scène. Cette épopée raconte la confrontation entre les clans Taira et Minamoto pour diriger le Japon. Genpei est une contraction du nom des deux clans lorsqu’ils sont écrits en caractères chinois, Gengi et Heike. La bataille de Genpei, qui prit place entre 1180 et 1185, est une guerre civile à l’échelle du territoire, où plusieurs samouraïs célèbres s’illustrèrent au combat.

Birushana: Rising Flower of Genpei, là où tout commence

Pour parler de Winds of Fate, il est nécessaire d’évoquer son prédécesseur, Rising Flower of Genpei. Sans gâcher l’intrigue, voici un résumé de la situation.

L’histoire

©Idea Factory

Ère Heian. Le clan Heike est au faîte de sa gloire et contrôle de nombreux territoires, aux dépens du clan Genji, en déroute depuis quinze ans. Mais un espoir subsiste. Au sein du temple des montagnes Kurama, l’héritier des Genji, Yoshitsune Minamoto, se prépare à la bataille…

Sauf que l’héritier n’est pas un homme, mais une jeune fille du nom de Shanao. Cette dernière, à l’inverse de la vie paisible à laquelle elle aspirait, se voit contrainte de prendre les armes afin de renverser les Heike, et ainsi restaurer l’honneur des Genji. À la demande de son père, les moines du temple Kurama l’ont entraînée comme un garçon, au point d’en faire une sabreuse et une stratège hors pair.

Sa mission la mettra sur le chemin de plusieurs hommes, qui deviendront ses rivaux ou ses compagnons de route. Outre leurs propres motivations politiques à suivre Shanao, ils sont très intrigués par les secrets qu’elle cache derrière ses capacités au combat… car elle fait tout pour cacher qu’elle est une femme.

Un jeu prenant

Voilà l’idée. Et ça ne couvre que la surface car le jeu est un mélange d’intrigues et d’affrontements couvrant toute la bataille de Genpei. Et qui dit combats dit évidemment samouraïs. Puisque Birushana est un otome, il est attendu que les fiers guerriers soient des individus plutôt jolis à regarder, charismatiques, et tous inspirés de figures historiques ayant pris part au conflit.

Cette fois-ci, le jeu offre une difficulté inattendue : se rappeler des noms de tous ces messieurs. Même romantisés, les personnages sont d’illustres figures historiques et leurs noms portent le poids de cet héritage. Le distant Yoritomo Minamoto, le calme stratège Tomomori Taira, le bouillant rival Noritsune Taira, l’attentif Benkei Musashibo et l’amical Shungen (le seul qui échappe aux patronymes trop longs) ont tous des caractères bien développés, même s’ils relèvent des archétypes connus de ce genre de médias (le mentor, la grande gueule, le taquin, le grincheux…). Et ils ne sont pas seuls, le casting compte une vingtaine de personnages gravitant autour de l’héroïne, pour son bien ou pour sa chute.

L’héroïne, Shanao, n’est pas en reste puisqu’elle doit garder son identité secrète et se vêtir en homme. L’éducation rigoureuse qu’elle a reçue en fait un personnage fort, capable et déterminé. La voir gérer les intrigues et la guerre, ainsi que l’attention parfois intense de ses prétendants, en font une protagoniste solide et agréable à suivre. Il est cependant bon de signaler que certaines routes peuvent comporter des éléments troublants et que certains prétendants peuvent avoir une attitude exagérément protectrice à l’égard d’une jeune femme qui a pourtant largement fait ses preuves sur les champs de bataille. À chaque joueur de juger et de décider qui sera son samouraï préféré.

Une production léchée

Étant donné qu’il s’agit de texte accompagné d’images statiques, on pourrait se dire que la création d’un jeu comme Birushana est assez simple. Mais la dizaine d’heures nécessaires à compléter la quête principale (trente pour débloquer toutes les routes, et encore plus pour platiner le jeu) montrent un produit final soigné.

Le volet artistique a été confié à Koji Haneda, un directeur de l’animation au CV long comme le bras. Il a notamment travaillé sur des projets aussi variés que DanDaDan, Beryl : de paysan à maître d’armes ou encore There’s No Freaking Way I’ll be Your Lover! Unless… pour les plus récents. Birushana est son premier jeu vidéo.

À l’exception de Shanao, l’ensemble des personnages est incarné par un doubleur, qui jouera absolument tout le texte. Et de ce côté-ci, le casting est prestigieux, surtout du côté des prétendants, avec des seiyû comme Makoto Furukawa (Saitama), Jun Fukuyama (Lelouch), ou Kengo Kawanichi (Tokitô Muichirô).

Winds of Fate, la suite pour les fans

Idea Factory a voulu être généreux avec cet opus, et les personnes qui l’ont eu entre les mains ne peuvent qu’en être satisfaites. C’est la preuve que Birushana a été une réussite. Shanao revient, entourée d’encore plus de prétendants qu’avant, dans une suite qui assume sa sensualité et son fan service (même si le jeu reste adressé aux 12 ans et plus).

After stories : et ils vécurent heureux…

Beaucoup de lectrices de romance vous le diront : c’est bien gentil de nous dire qu’ils ont vaincu l’adversité pour finir ensemble, mais après ? Qu’est-ce qui se passe ? Comment le couple fait-il face à sa nouvelle vie ? Est-ce que les tourtereaux roucoulent ou font monter la température ? La curiosité est grande.

C’est exactement ce que proposent les routes After Story, qui permettent de voir quelle vie attend Shanao auprès de chaque prétendant. Ces épilogues prennent place après la bataille navale de Dan-no-ura, qui marque la victoire des Minamoto sur les Taira et la fin de l’ère Heian. Même si les armes sont baissées, il reste des remous politiques, ou tout simplement l’envie de mener une vie plus normale.

Yoritomo, Tomomori, Noritsune, Benkei et Shungen font donc leur retour auprès de la jeune femme. Tous n’ont pas compris son secret a priori, et c’est surtout l’occasion de découvrir leurs caractères maintenant qu’ils sont plus « relâchés ». Comme pour Rising Flower, les joueurs auront à cœur de choisir et de s’extasier devant leur samouraï préféré, et d’apprécier l’approfondissement des liens avec Shanao. Certains prétendants sont… plus appréciables que d’autres.

C’est aussi une nouvelle occasion d’apprécier les CG (computer graphic), ces illustrations en plein écran qui représentent les personnages à des moments clés. Winds of Fate a cela de particulier que Shanao et ses prétendants passent la vitesse supérieure en termes de relation, juste assez pour se sentir émoustillé.

If stories : un autre chemin

Dans Rising Flower of Genpei, un petit groupe de personnages secondaires a su se faire apprécier des joueurs, assez pour regretter qu’ils ne puissent pas être romancés par Shanao. Qu’à cela ne tienne, le jeu a développé de nouvelles routes, impliquant les frères Sato, deux membres d’un clan allié aux Minamoto, Takatsuna Sasaki, un aide de camp au service du seigneur Minamoto, et Shigehira Taira, le frère de Tomomori, un individu très particulier.

Ce sont donc quatre nouvelles voies, qui ont reçu le même soin que celles développées dans le premier jeu, et une possibilité pour les joueurs d’explorer encore un peu cette période troublée et passionnée de l’histoire, et de profiter des romances qui éclosent. Tout n’est pas toujours égal, mais l’écriture reste soignée.

Que vaut Birushana: Winds of Fate ?

Tout seul ? Rien ou presque. Il est obligatoire d’avoir joué à Rising Flower of Genpei pour comprendre l’ensemble des intrigues et des forces en présence. Ce n’est qu’après qu’il sera possible d’apprécier les épilogues proposés dans Winds of Fate. C’est un peu un DLC qui ne dit pas son nom.

Malgré quelques faiblesses d’écriture (certains personnages ont parfois une attitude limite envers Shanao), et un rythme narratif plutôt lent, les After Stories sont un vrai moment pour les fans qui peuvent une nouvelle fois admirer leur chouchou dans des moments plus intimes ou romantiques, loin des conflits. Le récit est plus linéaire et à part pour certaines routes, il y a plus de moments câlins que d’enjeux dramatiques. Les If Stories, quant à elles, étendent l’univers pour toucher les joueurs les plus acharnés. Koji Haneda et toute la galerie de doubleurs prestigieux qui accompagnaient le premier jeu sont également de retour.

Et pour gâter encore plus les fans, Winds of Fate est disponible sous plusieurs formats. Outre la version téléchargeable à 40 €, le jeu est trouvable en version physique standard pour 50 €, incluant un set de cartes à collectionner. Il existe également une version Plus à 65 € avec un recueil de nouvelles, et enfin un Dual Pack à 109 € rassemblant les deux jeux.

Si vous aimez les samouraïs, la romance et les complots, Birushana est fait pour vous. Winds of Fate est un ajout bienvenu clairement destiné aux fans du premier jeu et qui souhaitent prolonger l’expérience auprès de personnages charismatiques.

Et vous, aimez-vous les otome ? Avez-vous l’intention de jouer ? Dites tout à Journal du Japon !

Albine

Née avec un manga dans la main, bibliothécaire et collectionneuse

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