REDLINE : La course sous acide

© 2010 Katsuhito Ishii, GASTONIA, MADHOUSE / Redline Partners

En compétition au Festival International de la Science-Fiction de Nantes en 2010, le film d’animation REDLINE est reparti avec la Mention Spéciale du Jury et le Prix SyFy du Public. Deux prix qui récompensent l’audace du choix de le réaliser en 2D et un résultat final époustouflant.

Imaginé par Katsuhito Ishii (Le Goût du thé, Shark Skin Man & Peach Hip Girl, Party 7) et mis en scène par Takeshi Koike (World Record dans Animatrix, Trava: Fist Planet), ce film d’animation estampillé MADHOUSE qui a nécessité 7 ans de travail et représente 100 000 dessins, sortira en DVD et Blu-ray le 19 octobre 2011 chez KAZÉ.

1, 2, 3, GO!
Ici, les peuples de différentes planètes co-existent et les bolides volent en rase-motte. On commence sur les chapeaux de roue. On est débarqué en pleine course automobile sur le circuit de la yellowline. Parmi les pilotes, JP, dit « le gentil », qui manque de peu la première place du podium suite à un accident avec sa « Transam ». C’est finalement Sonoshee McLaren, ou « Cherry Boy Hunter », qui sera qualifiée pour participer à la redline, la plus grande course de l’univers qui ne se déroule que tous les 5 ans. Plus tard, une annonce change la donne. La redline se déroulera sur Roboworld, une planète dirigée par un tyran qui menace ouvertement les participant.es et adeptes du circuit. Deux pilotes renoncent donc à courir et JP est amené à remplacer l’un d’entre eux pied au plancher…

© 2010 Katsuhito Ishii, GASTONIA, MADHOUSE / Redline Partners

Dans ce film, l’intrigue politique est un prétexte pour ajouter du piment à la course. Difficile de prendre au sérieux le gros méchant dictateur, une sorte de caricature de supervillain dont on ne comprend pas tellement les intentions. Difficile aussi de comprendre pourquoi la redline se retrouve au milieu d’un conflit interplanétaire et ce qui pousse chaque pilote à y participer malgré tout. Katsuhito Ishii et Takeshi Koike expliquaient dans une interview (qui figure dans les bonus du DVD) que tout était détaillé dans le concept original. Cependant, ils ont bien été obligé de couper des scènes. Plutôt que de tenter d’intégrer ce bout de scénario dans l’histoire il aurait peut-être été préférable de s’en passer complètement ?

© 2010 Katsuhito Ishii, GASTONIA, MADHOUSE / Redline Partners

Immersion psychédélique
Par contre sur le reste, c’est sûr, le réalisateur ne s’est pas loupé. Son film pète la classe. On est plongé dans un univers psychédélique, riche et ultra dynamique pour suivre la course la plus violente du monde. L’accumulation des effets de distorsion et de flottement quand les voitures prennent de la vitesse augmentent le sentiment d’immersion. De même pour l’image qui tremble au moment opportun et de la bande-son funky avec des gros beats qui épouse les rebondissements de la compétition (signée James Shimoji). Tout est fait pour qu’on ressente à fond la tension de la course.

© 2010 Katsuhito Ishii, GASTONIA, MADHOUSE / Redline Partners

Et ça va jusqu’aux personnages. Pas approfondis plus que ça, ils dégagent pourtant une identité très forte. En particulier nos deux héros JP (Takuya Kimura) et Sonoshee (Yû Aoi) dont la relation, touchante, porte le film. Même refrain pour JP et son mécano Frisbee (Tadanobu Asano). On apercevra des petites bribes de leur passé, et on n’aura pas vraiment besoin d’en savoir plus. C’est là toute la beauté des personnages et ce qui fait leur crédibilité, ils sont assez justes, ne se font pas passer pour ce qu’ils ne sont pas, ils savent ce qu’ils veulent, ils foncent. Ils se sont construits et se comprennent à travers leur passion pour la course.

© 2010 Katsuhito Ishii, GASTONIA, MADHOUSE / Redline Partners

Par ailleurs, le noir des ombres sur les personnages et les décors donnent un aspect comic book prononcé. On regarde un film de science-fiction brute un peu space-western. Le seul élément qui trahit la production est la présence du fanservice avec le duo des Super Boins, deux bombes légèrement vêtues qui conduisent chacune dans un sein de leur voiture.
REDLINE est une œuvre offrant le contraste intelligent d’une mise en images colorée et fournie avec des personnages très purs. On est complètement entraîné dans la course et séduit par le charme des héros. Impossible de leur résister. Et après avoir vu ce film, qui donne la banane, on continue de se sentir bien.

Céline Maxant

En créant le magazine Journal du Japon en 2008, je cherchais à valoriser la culture populaire japonaise auprès du grand public. Je souhaitais aussi mettre en avant les pratiques artistiques amateurs autour du manga et de l'animation comme le cosplay, et à faire vivre les événements aux passionné.es via des articles de presse et des reportages photos.

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