Thermae Romae : À la recherche du bon therme

Presque une année s’est écoulée depuis notre découverte du seinen Thermae Romae écrit par Mari Yamazaki, que nous avions interviewé lors du SDL 2012. Lors du lancement des deux premiers tomes, nous faisions la connaissance de Lucius Modestus, architecte romain au temps de l’antiquité, en mal d’idées innovantes. Il va se faire une place dans l’Empire grâce à ses découvertes sur les bains modernes au Japon.
Nous sommes en l’an 128 à Rome. Un jour, alors que notre ami prend un bain bien morose car l’inspiration ne lui vient pas… Eurêka ! Par un heureux hasard, il trouve l’astuce pour se faire mousser. Il parvient sans le vouloir à voyager dans le temps et l’espace, passant de l’antiquité à notre époque moderne et de Rome au Japon. Bien sûr, il n’a aucun contrôle sur ces sauts ce qui donne lieu à des situations bien cocasses. C’est toujours lorsqu’il prend un bain qu’il trouve un passage et qu’il disparaît de son temps pour soudainement apparaître nu au beau milieu de la salle de bain d’une famille japonaise. Mais ce qui importe c’est qu’il arrive à retenir les leçons du futur pour les appliquer à son époque. Il devient visionnaire.
Aujourd’hui 5 tomes de ses aventures sont sortis et c’est toujours le sourire aux lèvres et avec passion qu’on les suit. Le 4e tome figure à juste titre dans la sélection officielle du Festival International de la BD d’Angoulême 2013.

© Mari Yamazaki/Casterman
La série présente dans un premier temps la culture du bain au Japon – qui vient notamment de ses sources d’eau chaude naturelles : les onsen – avec un point de vue décalé mais juste. Le manga est complété de pages intermédiaires dans lesquelles l’auteure intervient. Elle y partage sa passion pour les bains et l’antiquité. Elle évoque l’importance des thermes de la Rome antique jusqu’au Japon avec études, images et chiffres à l’appui. Ces passages permettent de contextualiser le récit. La mangaka s’inspire en effet de l’histoire de Rome et des personnages qui l’ont marquée comme l’Empereur Hadrien ou son fils adoptif Aelius Caesar pour alimenter la narration.
D’ailleurs la mangaka va plus loin que la simple exploration du monde des bains – le fil rouge de l’histoire – puisque grâce à son « nouveau savoir », Lucius va devenir le chouchou de l’Empereur et va lui apporter son soutien à de nombreuses reprises. Il va donc jouer un rôle dans l’avenir de ce grand Empire.
Justement dans le 4e tome, on nage en plein rebondissements politiques. L’enjeu est de taille pour Lucius puisqu’on lui propose un projet qui va avoir un impact sur la paix. L’introduction du personnage de Satsuki apporte une certaine légèreté pour un manga qui pourrait devenir trop répétitif. Si dans le premier tome on pouvait avoir peur que le manga ne tourne en rond (combien de fois le héros va passer d’un monde à l’autre en rapportant des idées du monde contemporain avant que ça ne lasse ?), le manga est en fait très riche et drôle. Un bon moment de détente.
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